Articles marqués avec ‘numérique’

Quel avenir pour le journalisme traditionnel et l’information de qualité?

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

La pandémie du Covid-19 met davantage en crise la presse traditionnelle, à travers la perte de nombreux revenus publicitaires. Secteur déjà en crise auparavant, sa situation ne s’arrange pas. Dans le cadre du dernier article du MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale », l’institut Medi@lab fait le lien entre la « Googlization des médias » et le secteur de la presse. Cela va être mis en exergue à travers l’interview d’un futur journaliste. Nous analysons via son cursus, son expérience et ses idées le futur de ce métier, entre crise du journalisme traditionnel et information de qualité toujours plus rare.

Giacomo Annicchiarico – En quelques mots, quel a été ton parcours dans l’objectif de devenir journaliste professionnel?

CV (initiales d’emprunt) – Mon parcours universitaire a débuté avec un bachelor en sciences économiques et sociales, et s’est poursuivi avec un master, toujours dans ce domaine. Ce qui est important pour entrer dans le journalisme, à mes yeux, ce n’est pas forcément d’avoir étudié la méthodologie au préalable, puisqu’elle va de toute manière être apprise sur le tas, lors des expériences professionnelles. Ce qui compte est le bagage accumulé précédemment, que ce soit en sociologie, en économie ou encore en sciences politiques, véritable clé de lecture qui permettra d’appréhender les divers sujets. Durant une grande partie de mes études, j’ai travaillé dans le journal de l’université. C’est à la fin du master que j’ai été engagé en stage de formation dans un média indépendant suisse romand.

Au regard de ton expérience lors du stage de formation, as-tu ressenti cette crise qui touche le secteur de la Presse? Et si oui, l’as-tu ressentie dans ton travail quotidien au sein de la rédaction?

Tout d’abord, la vie d’un média indépendant en Suisse est vraiment compliquée, davantage que celle d’un média comme « Le Temps » par exemple. Dès le début, j’ai ressenti le manque de moyens au sein de la rédaction du journal: les collègues en parlaient ouvertement lors des pauses. La question pour la plupart des médias indépendants suisses c’est: comment survivre financièrement lorsqu’on dépend du lectorat et/ou de l’autofinancement?

Au sein du journal, il y avait une pression pour trouver de nouveaux abonnés que ce soit pour le format print ou pour le web. En plus de couvrir l’actualité, il y avait une nécessité de réfléchir à comment attirer de nouveaux lecteurs de par les sujets. En fait, j’ai pu observer que la demande influence aussi le contenu. Pour assurer son avenir, le but du média est avant tout de vendre « sa production », et de chercher à attirer ainsi de nouveaux abonnés. Là où j’ai travaillé, le journalisme ne baissait pas en qualité pour autant.

Le véritable enjeu c’est de renouveler le lectorat, de chercher à attirer les jeunes

Après l’expérience vécue lors de ce stage de formation, considères-tu que l’avenir de la profession de journaliste traditionnel est en danger?

Le journalisme traditionnel devrait toujours exister. Un journal peut survivre grâce à la publicité ou encore au mécénat. Alors que l’on a parfaitement pu constater les limites de la publicité en ces temps de crise. Le véritable enjeu c’est de renouveler le lectorat, de chercher à attirer les jeunes. Les médias doivent réussir à « changer de génération ». Cet enjeu est clair, comme nous le démontre l’exemple de la RTS qui s’efforce d’attirer un public plus jeune en variant les contenus et les supports (utilisation d’Instagram).

Est-ce que tu considères que le journalisme numérique pourrait remplacer le journal print? Quels sont tes rapports avec le numérique?

La forme importe peu, l’essentiel c’est avant tout le fond. La forme ne doit tout simplement pas influencer négativement le fond. L’approche avec le numérique est différente, il faudrait éviter de tomber dans une logique tape-à-l’œil, à la recherche du click. Un exemple de risque lié au numérique, c’est celui du journal « Le Temps », qui produit massivement des articles chaque jour afin de faire « tourner » le site sans arrêt. La page d’accueil ne doit pas stagner, ne serait-ce même qu’une heure. Cette course à la productivité est un danger lié à la numérisation.

L’aide idéale serait représentée par la mise en place d’une aide fédérale

Est-ce que tu penses que l’information de qualité risque de disparaître? Comment pourrions-nous assurer sa survie?

Concrètement, les gens doivent continuer à chercher l’information de qualité. En fait, on en revient au problème générationnel. Il faut attirer un lectorat plus jeune et éduquer les nouvelles générations aux médias. L’aide cantonale directe, comme il y a eu au Canton de Vaud, ce n’est pas forcément la meilleure solution. Si le principal financement provient du Canton, le journal ne va pas remettre en question la politique cantonale. Disons que cela peut donc réduire la liberté d’un journal.

L’aide idéale serait représentée par la mise en place d’une aide fédérale, d’un niveau plus détaché. Le soutien de la Confédération à la Presse serait la solution la plus viable pour qu’un journal puisse garder la plus grande marge de liberté. Il faudrait peut-être repenser les aides à la Presse, surtout au regard de l’expérience actuelle, avec les chutes des revenus publicitaires liées au Covid-19.

Finalement, quels points positifs retiens-tu dans le journalisme d’aujourd’hui? Qu’est-ce qui te fais croire encore dans ce métier?

D’après moi, la profession de journaliste est essentielle à la vie d’une société démocratique. Le journal c’est le média, c’est-à-dire le médium (l’intermédiaire) entre la population et la politique. Le journaliste doit transmettre l’information de la façon la plus claire et concise possible, dans le but d’informer. Le journaliste, c’est aussi un garde-fou, il est là pour surveiller le monde politique, les entreprises, etc. Voilà les deux rôles clés du métier de journaliste.

L’éducation aux médias est fondamentale, et elle doit commencer plus tôt

Les mots de la fin…

Le journalisme ne doit pas disparaître, il doit être préservé! L’éducation aux médias est fondamentale, et elle doit commencer plus tôt. Il faudrait davantage éduquer les jeunes générations aux médias à l’école, et ce dès le plus jeune âge. Il est important de sensibiliser les jeunes générations à cette thématique, que l’on parle de radio, de télévision ou de presse écrite. L’important c’est d’aider les jeunes générations à comprendre que ce que l’on voit ce n’est pas forcément la réalité. Il faut leur donner les outils pour démêler le vrai du faux, et comprendre la différence entre une information de qualité sourcée, et une « fake news ». Voici le véritable rôle de la presse traditionnelle: un rôle de garde-fou focalisé sur la vérification de l’information!

Giacomo Annicchiarico

Retrouvez et lisez notre recueil d’articles sur « La Googlization des médias et la transformation digitale », où vous voulez et quand vous voulez!

Cet article vous a plu? N’hésitez pas à aller liker et partager sur les réseaux sociaux de Medi@LAB-Genève

« Data is King, Big Data is Emperor »

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Le Web 4.0 et les objets connectés constituent une révolution numérique déjà en marche, dont la croissance est exponentielle. L’information numérique n’est plus véhiculée seulement par votre smartphone, mais possiblement par votre voiture, votre maison et même votre montre! Quelles sont les conséquences sur nos sociétés? Est-il nécessaire d’être vigilant? Retour sur cette transformation digitale. L’institut Medi@lab de l’Université de Genève, dans le MOOC « Innovation, Médias et Transformation digitale », vous éclaire sur cette thématique d’actualité.

Êtes-vous un mobinaute 4.0?

Après le Web 1.0 et le Web 2.0, nous vivons aujourd’hui dans l’ère du Web 3.0. Ce Web Sémantique dans lequel les technologies gagnent en puissance est fondé sur l’innovation majeure qu’est la mobilité. Caractérisé par les recherches vocales, il fonctionne sur la base du langage naturel. Par exemple, Apple a instauré depuis 2010 la fonctionnalité « Siri » sur ses Iphone. Il s’agit d’une voix personnalisable, à laquelle il est possible de déléguer certaines recherches d’informations et de tâches diverses. Quel temps fait-il? Quelle est la recette de la tarte aux pommes? Dis à Maman que j’arrive… Il est encore étrange pour vous de parler à votre smartphone? Alors vous serez surpris des possibles du Web 4.0!

Web 4.0 et Big Data, un cocktail d’innovations

Le Web 4.0 est le Web Intelligent. Il est également appelé l’Internet des Objets ou « Internet of Things » (IOT).

L’Internet des Objets est une « infrastructure mondiale pour la société de l’information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets grâce aux technologies de l’information et de la communication ». UIT

Bill Gates, fondateur de Microsoft, souligne l’importance du contenu, à travers la formule « Content is King », en 1996. Cependant, la puissance des données renverse ce principe et nous parlons à présent de Big Data.

Qu’est-ce? L’essor du Big Data est caractérisé par son traitement de l’information à une échelle jamais connue auparavant! Les technologies en cours permettent des innovations majeures, prenant la forme d’objets connectés ou « smart ». Ces objets intelligents communiquent et interagissent entre eux en temps réel et récupèrent les informations sur leurs usages et usagers. Ainsi, ces nouvelles technologies renouvellent complètement la dynamique d’innovation.

Les 4V du Big Data

Le caractère pervasif du Web 4.0 dans nos vies quotidiennes

Les changements engendrés par le Web 4.0 sont nombreux et expliqués dans cette vidéo. Certains individus pensent que l’Internet des Objets possède la capacité de changer le monde par sa force de pénétration et la puissance qu’il a d’imprégner rapidement plusieurs domaines de notre quotidien.

Effectivement, les objets connectés nous dispensent de certaines tâches. Leur visée est utilitaire et veut faciliter la vie des usagers.

Dans le domaine de la santé, les objets connectés jouent sur la sécurité et l’aide à la personne, par le biais de la géolocalisation.

Par ailleurs, le concept de maison intelligente, ou « Smarthome » prend de l’ampleur via un système de domotique de plus en plus complet (portes, chauffage, lampes, réfrigérateurs, machines à laver…). Tout ce qu’il est possible de connecter devient une réalité!

Parallèlement, le phénomène de « Smart City » se développe progressivement. Les objets sont connectés cette fois à l’échelle d’une ville (voitures autonomes et partagées, drones, réalité augmentée…).

Enfin, dans le domaine de l’industrie, on voit apparaître le concept de « Industrie 4.0 ». Il s’agirait d’une nouvelle révolution industrielle, impulsée par le Web. Ce bouleversement impacte aussi bien la production que la distribution (nourriture délivrée par des robots autonomes, par exemple).

Drone connecté au smartphone

Un monde digital né sous l’impulsion de la 5G?

En télécommunications, l’appellation 5G désigne la 5ème génération des standards de téléphonie mobile. En termes de débits, ceux-ci sont encore plus rapides que la 4G! Il s’agit de la technologie clé du Web 4.0, car elle permettrait de répondre à l’innovation des objets connectés et du « tout internet » ou « Internet of Everything ».

Une innovation destructrice? Cliquez pour en apprendre plus

Charlotte Goffin

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à liker et partager sur

 

Références :

  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Séquence 7 : Communication Digitale. Pratique de la Communication, Université de Genève.

La numérisation : quels enjeux dans notre société ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Dans le cadre du MOOC proposé par Medi@LAB et l’Université de Genève, nous expliciterons les grandes phases de l’innovation et la transformation digitale, au travers de 6 articles. Cette semaine le principe de convergence et la numérisation sont à l’honneur. Cet article a pour but d’exposer brièvement les différents aspects de la numérisation.

La numérisation (source : rts.ch)

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC), comme les sites internet ou les forums, a favorisé et facilité les échanges d’informations. C’est de ce contexte que la numérisation a fortement progressé, donnant accès à d’innombrables contenus de par le monde. La numérisation est le fait transformer des fichiers, quels que soient leur format (texte, audio, vidéo, photo) en données numériques afin d’être lues et traitées par un ordinateur. Elle permet de stocker et de diffuser ces documents, alors devenus électroniques. Si le phénomène de numérisation est actuellement en pleine explosion, c’est en partie dû aux progrès technologiques. Les ordinateurs étant devenus plus puissants, il est maintenant possible de stocker de plus grandes quantités d’informations. Tout ceci est expliqué dans notre précédent article sur la Loi de Moore.

Les avantages de la numérisation

Cliquez dessus pour agrandir Numérisation et convergence (source: Canva)

Comme nous pouvons l’imaginer, la numérisation de fichiers présente de nombreux avantages. Le premier étant qu’elle offre la possibilité de lire plusieurs types de fichiers sur un seul et même appareil : c’est ce que l’on appelle la convergence. Deuxièmement, elle est tout autant utile aux professionnels qu’aux étudiants. Qui n’a pas été soulagé de trouver en ligne l’article de référence tant espéré, sans avoir besoin de se rendre dans une bibliothèque ? Cette facilité d’accès à l’information est plus que nécessaire en cette période de pandémie qui force une majorité de citoyens à rester à la maison. Grâce à la numérisation, un grand nombre de documents si précieux pour l’avancée des travaux des étudiants sont rendus disponibles.

Dans les milieux professionnels, elle est aussi importante car elle permet de stocker et de rendre visible aux employés différents documents (comptables, courriers, emails, contrats etc…) essentiels au travail quotidien des collaborateurs. La crise liée au coronavirus a rappelé l’importance du partage et de la diffusion d’informations. Difficile donc d’imaginer un monde connecté sans numérisation !

Le revers de la médaille

Comme dans bien des domaines, le nerf de la guerre est l’argent. Le financement de la digitalisation des documents conservés dans les bibliothèques se chiffre en millions. C’est ainsi que Google s’est lancé dans la numérisation de livres en 2004. Ils prévoyaient de scanner 15 millions de livres en 10 ans pour un coût de 200 millions de dollars1. Au fil des années, le géant du numérique a conclu de multiples partenariats avec des bibliothèques et compte désormais plus de 40 millions de livres numérisés. Craignant un monopole de l’entreprise américaine, l’Union Européenne s’est elle aussi organisée pour créer une bibliothèque numérique : Europeana.

Même si la numérisation permet un échange de savoirs au niveau mondial et une circulation des idées sans précédent, elle reste coûteuse. Cependant, elle pourrait rapporter gros. Beaucoup de documents en ligne sont libres d’accès mais la question de la gratuité se pose déjà. Certains fichiers sont payants alors que d’autres proposent un avant-goût gratuit avant de devoir payer pour bénéficier de la totalité du contenu. La question est à présent de savoir qui sera le ou les grands gagnants de la numérisation.

Pour aller plus loin vous pouvez consulter l’article du blog traitant de l’avenir du livre.

JN/LF

Suivez Medi@lab-Genève sur les réseaux sociaux :

     

Références :

Fake News : La maladie numérique du 21ème siècle

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Fake News: La maladie numérique du 21ème siècle

La disparition progressive d’une information de qualité au détriment de l’intox s’insère directement dans le contexte de la «Googlization des médias» et plus largement de la transformation digitale. Devenez des défenseurs avertis de l’information en seulement 5 minutes de lecture ! L’institut Medi@LAB de l’Université de Genève, autour du MOOC «Innovation, Médias et Transformation digitale», vous donne des réponses.

Fake News: Un terme à la mode aujourd’hui, mais d’où provient-il ?

Source Buzzsumo

Le 10 décembre 2016, environ un mois après son élection, Donald Trump utilise pour la première fois l’expression «fake news» dans un tweet. Au départ, le Président américain pointait du doigt les médias véhiculant des informations néfastes à son propos. Mais le phénomène a pris de l’ampleur… et s’étend en 2020 à l’échelle mondiale.

Bien que ce concept soit largement utilisé de nos jours, une fake news désigne avant tout de faux articles, des informations erronées et partagées en masse sur les réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de l’intention de l’émetteur (désinformation) ou d’une erreur (misinformation), les fake news sont en croissance exponentielle. Les réseaux sociaux ouvrent ainsi un nouveau chapitre de l’information, parfois appelé «ère de la post-vérité».

Le numérique: Acteur et coupable ?

Internet est considéré comme le 6ème média de masse, avec pour particularité la personnalisation des contenus et l’interactivité des internautes sur la Toile.

Cliquez pour agrandir! Source Statista

ATAWAD: Any Time, Any Where, Any Device. Cet acronyme résume parfaitement le monde numérique actuel, basé sur une indispensable mobilité. Les utilisateurs sont poussés implicitement à une consommation de masse de l’information, disponible en tout temps, en tout lieu et sur n’importe quel support. Les mobinautes sont actuellement plus nombreux que les internautes à l’échelle mondiale! Considérez que près de 70% de la population sur Terre navigue sur son smartphone, c’est-à-dire plus de 5 milliards d’individus!

De nombreuses expressions et néologismes ont vu le jour, décrivant alors cette surabondance de l’information en ligne.

  • «Infobésité» : contraction d’information et d’obésité
  • «Digital tsunami» (BADILLO & BOURGEOIS, 2015)
  • «Désordre informationnel» (WARDLE & DERAKHSHAN, 2017)

Finalement, elles signifient toutes la même chose: une avalanche d’informations.

La presse s’effondre dangereusement: Quels enjeux ?

Comme nous l’avons vu dans notre premier article, les piliers de la presse traditionnelle s’écroulent. Les réseaux sociaux numériques, tels que Facebook, occupent donc le terrain de l’information et s’apparentent à des acteurs indétrônables, dans la logique de «the winner takes all». Puissants et impitoyable, ils s’imposent dans le paysage médiatique de notre siècle.

D’un point de vue économique, la course au trafic et la monétisation des données amènent une défaillance de marché pour produire de l’information de qualité.

En conséquence, la crise de confiance dans les médias traditionnels grandit, car ceux-ci n’inspirent plus confiance aux lecteurs, qui perdent petit à petit goût à l’actualité…

On aperçoit également se dessiner un risque pour la démocratie. Une des solutions serait alors d’éduquer les nouvelles générations à ce paradigme digital et leur apprendre comment échanger et interagir dans l’espace public qu’est aujourd’hui Internet.

Pourquoi les Fake News sont si visibles et relayées sur Internet ?

Les fake news sont véhiculées par un mécanisme très particulier. Les réseaux sociaux, leur domaine de prédilection, contribuent fortement à leur diffusion planétaire. En effet, elles sont partagées et retweetées sur Twitter en majorité par des bots, des robots informatiques algorithmiquement construits. S’ajoute à cela la viralité de l’information: diffusion très rapide et souvent imprévisible d’un contenu. L’immédiateté du simple clic peut rapidement propulser une information à la tête de l’agenda médiatique.

Enfin, on note que les internautes 2.0 sont friands d’informations fraîches et privilégient les scoops à sensations, parfois aux dépens de leur fiabilité.

Les réseaux sociaux, par leur fonctionnement intrinsèque, sont donc les principaux acteurs du phénomène de fakes news. Soucieux de remédier à leur image et de participer à la lutte contre ces informations fallacieuses, Facebook et Twitter mettent en place une politique de signalement des contenus «partiellement faux».

Récemment, la célèbre plateforme de microblogging dénonce une vidéo, dont l’émetteur n’est autre que Donald Trump! Info ou Intox… à vous de juger!

Pour aller plus loin!

Émission Géopolitis, RTS Info – 18/01/2019

Charlotte Goffin

Vous souhaitez appliquer cette théorie à un cas d’actualité ? Allez lire «Coronavirus, l’épidémie 2.0: conseils et outils pour déceler les fake news »

Participez activement à la lutte contre les fakes news en allant liker et partager cet article sur les réseaux de Medi@LAB-Genève

 

Références :

  • Salerno, S. (2019). Séance 5 : Démocratie. Sociologie des médias, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Vanbremeersch, N. (2018). De quoi les fake news sont-elles le nom ?. Le Débat (n°200),15 – 22.
  • Daignes, G. (2019). Pour en finir avec les fake news. Le Débat (n° 204), 110 – 116.
  • Wardle, C. & Derakhshan, H. (2017). Information Disorder : Toward an interdisciplinary framework for research and policy making. Council of Europe Report (27).

Les agences de presse face au numérique

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les agences de presse : institutions du passé ou médias d'avenir ?, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Dans une société caractérisée par une presse ébranlée d’un côté et un monde numérique en constant essor de l’autre, les grandes agences de presse mondiales se voient fortement remises en cause. Mais alors, pourquoi la crise des médias actuelle menace-t-elle l’existence de ces acteurs clés de l’information ? 

Un contexte de crise de la presse dans un monde toujours plus digitalisé

En 2020, et depuis plusieurs années, il est indéniable que la presse est en grande difficulté. Aussi bien en Suisse que dans le reste du monde, cette dernière est touchée de plein fouet par la révolution numérique et se voit désormais présentée comme un secteur en perdition. Que ce soit au niveau des recettes publicitaires (elles étaient de 2,5 milliards de francs suisse en 2008 vs. environ 1,2 milliards désormais), de la monétisation, de la production de contenus ou de la distribution, le constat d’une crise est sans appel.

Graphique représentant la chute massive du nombre de tirages en Suisse        (MOOC Module 3 : Economie et management des médias, Leçon 1 : L’économie des médias, Séquence 1 : Les médias traditionnels : une crise économique violente)

Mécaniquement, les agences de presse ont donc été impactées directement et fortement par cette crise profonde des médias et de la presse. Du fait que les recettes publicitaires des médias traditionnels aient été diminuées, ils ont délaissé les agences de presse et ont arrêté leurs abonnements à celles-ci. (P.-Y. Badillo, 2020).

La pêche aux infos via les réseaux sociaux et le Web

Dans une société de l’information telle que la nôtre, énormément d’information circule, et cela sur un grand nombre de plateformes. Un contexte que l’on peut caractériser de everyone can be the media permet ainsi à tout un chacun d’agir en journaliste, d’émettre de l’information et des opinions, entraînant une modification totale des modes de consommation de l’information. L’intérêt d’être abonné aux agences de presse se voit donc amoindri. Ainsi, le numérique bouleverse à la fois la manière de s’informer et le financement de l’information.

En effet, d’une part les internautes se sont déplacés sur Internet pour vaquer à leurs pratiques informationnelles, et d’autre part, le marché publicitaire a cessé de donner du budget aux médias pour le confier aux géants comme Google ou Facebook, via lesquels les internautes accèdent aux informations. La crise des médias se fait donc sur le plan des usages, mais également sur un plan économique. (D. Cardon, 2019).

Un moyen pour la survie des agences de presse : les redevances ?

Mais alors, les agences de presse peuvent-elles se réinventer et continuer à subsister ? Le monde politique peut-il et doit-il sauver les agences de presse, telle que l’Agence télégraphique suisse (ATS) ?

En tout cas, c’est ce qu’affirme notamment le journal Le Temps : « A notre avis, seule cette nouvelle forme de financement (financement du journalisme), avec des aides d’Etat, qui existe à satisfaction dans les pays scandinaves ou en France sera à même d’enrayer la destruction graduelle du tissu journalistique. »

Pour plus d’informations quant à l’avenir des agences de presse, nous vous invitons à lire notre deuxième article « Des alliances pour survivre ou le destin incertain des agences de presse » écrit par Sven Grossenbacher ainsi que l’interview de Pascal Broulis, directeur vaudois des finances.

.

Références 

Badillo, Patrick-Yves. « Module 1 : Innovation et médias » et « Module 3 : Economie et management des médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève

Cardon, Dominique. « Les médias face à la révolution numérique », Culture numérique. Sous la direction de Cardon Dominique. Presses de Sciences Po, 2019, pp. 247-260

Le Courrier : « L’agence de presse a besoin d’aide »

Le Temps : « Crise de la presse : il est urgent d’agir »

Pigeat, Henri. « L’avenir des agences de presse mondiales », Commentaire, vol. numéro 129, no. 1, 2010, pp. 135-142.

Quinze Minutes (RTS) : « L’ATS, toujours d’actualité ? »

.
Eva MacNeill

Pour plus de contenus, n’hésitez pas à suivre Medi@LAB sur les réseaux sociaux ! 

Le monopole des GAFAM : acteurs indétrônables du Web ?

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Le monopole des GAFAM : acteurs indétrônables du Web?

Au cœur de la révolution numérique, le 21ème siècle est marqué par l’hégémonie des géants du Web. Plus communément, l’acronyme «GAFAM» désigne successivement Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Envahissant notre quotidien et détenant un pouvoir non négligeable sur nos vies d’utilisateurs, ces puissantes multinationales sont-elles vouées à devenir les « maîtres du monde » ?  

Qui sont-ils?

Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Bill Gates… Difficile de ne pas connaître ces références iconiques! En effet, ces innovateurs à succès sont souvent qualifiés de visionnaires et leur nom doit sûrement résonner dans votre esprit. Appelés également les «Big Five», ou «the Five», ils dominent aujourd’hui le marché du numérique. Plus largement, ils appartiennent à un ensemble grandissant de multinationales de l’économie digitale, comprenant par exemple AirBnB ou Uber. 

En termes de capitalisation boursière, ces entreprises ont atteint le seuil symbolique des 1 000 milliards. Cette somme faramineuse leur confère le statut d’entreprises avec les plus hautes valeurs de marché au monde. En comparaison, il s’agit de l’équivalent du PIB d’un pays tel que l’Indonésie! 

« Innover, c’est savoir abandonner des milliers de bonnes idées »

Steve JOBS

Quelle recette magique de succès?  

Cliquez dessus pour agrandir !

Le modèle économique ou «business model» est la manière dont l’entreprise va générer de la rentabilité. À ne pas confondre avec le modèle d’affaires, qui est propre à chaque entreprise et possède donc une infinité de variantes! 

Le modèle économique des GAFAM repose sur la gratuité des services. Au fond, ce n’est rien d’autre quune illusion comme le rappelle le célèbre adage «si c’est gratuit, c’est que le produit c’est vous». Effectivement, à partir d’une activité de cœur, dont le rôle n’est pas forcément de générer des revenus, le but est de créer d’autres sources de revenus indirectes.C’est le cas de Facebook, pour qui les véritables clients sont les entreprises annonceurs. La puissance de ce géant numérique n’est autre qu’un ciblage publicitaire très pertinent. 

Comment cela fonctionne? Lorsque l’internaute navigue sur le Web, vous par exemple à ce moment précis, il laisse des traces de son activité, ce que l’on appelle des «data». Ces données personnelles, une fois collectées, permettent aux entreprises de dresser un profil de consommateur. Ce dernier va des affinités, aux comportements de navigation, jusqu’à l’historique de commande… Tout ceci étant recoupé avec les données de l’entourage de l’utilisateur. 

L’enjeu ici relève de l’exploitation du data par les entreprises. Il pose ainsi diverses questions sociétales et éthiques. Les lois se développent de manière progressive afin de s’adapter à ces nouveaux acteurs et les changements qu’ils opèrent.

La mort de la concurrence?  

La toute puissance des GAFAM est basée sur de nouvelles économies numériques, provoquant une disruption avec les anciens modèles. Ainsi, un phénomène de concentration laisse peu de place à une potentielle concurrence… au point que la France détermine même une mesure spéciale, dénommée «taxe GAFA» en 2019. Cette loi concerne les services numériques et part du principe phare suivant : grâce à l’activité de l’utilisateur, créant de la valeur, les multinationales se développent et surtout s’enrichissent. Ainsi, l’idée de ce projet est de taxer ces entreprises surpuissantes à hauteur de 3% du chiffre d’affaires réalisé. 

On observe également un phénomène dit «acquisition tueuse» : explicitement, le rachat de start-up innovantes qui développent des services concurrents. Le but consiste à «les mettre en sommeil» et donc conserver une position de leader dans le domaine.  À l’avenir, la situation monopolistique des GAFAM pourrait bien constituer une menace pour l’économie et la société…

Quel futur pour les GAFAM? 

La domination de ces cinq géants du Web va provoquer incontestablement des bouleversements majeurs d’ici 2022. Leur pouvoir va-t-il se renforcer avec le temps? Ou au contraire, va-t-il s’épuiser afin de laisser place à l’apparition de nouvelles ressources?  

CG de l’équipe Medi@lab

Pour aller plus loin !

Documentaire réalisé par Yannick Adam de Villiers, diffusé sur France2 le 01/11/18

Société numérique : quel avenir pour le livre ?

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Le livre : de son origine à sa numérisation, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Dans un monde toujours plus numérisé et digitalisé, un médium tel que le livre papier va-t-il perdurer et réussir à s’adapter ? Au contraire, le livre numérique peut-il totalement éradiquer le livre classique ? Retour sur cette transition numérique. 

©Pixabay

Avec l’avènement du numérique et le développement de nouvelles technologies et d’outils toujours plus tournés vers le digital, l’avenir du livre papier peut sembler incertain. En effet, toutes ces innovations auxquelles nous faisons face dans ce « monde bouillonnant du numérique » (P.-Y.Badillo) se posent comme l’un des grands défis auquel le domaine de la culture doit faire face. Ceci vaut notamment pour les différents médias classiques tels que le livre. Récemment, nous avons ainsi pu voir un « boom » du marché des livres électroniques et avec lui, un bouleversement de nos habitudes de consommation des biens culturels que sont les livres. Ainsi, avec ces livres digitaux, nous assistons à une révolution des structures du support matériel de l’écrit, des pratiques de lecture et du mode de production et de communication.

L’avenir du livre à l’ère du numérique ?

Si l’on veut comprendre la dynamique des différents médias, l’un des outils clés pour faire cela est sans aucun doute la courbe en S. Cette approche épidémiologique de l’innovation théorisée par le sociologue et statisticien Everett Rogers, nous a été exposée par le professeur Patrick-Yves Badillo dans le Module 1 du MOOC (Innovation et médias). L’observation de cette courbe nous permet ainsi d’observer que le livre est né en 1855, a eu son âge d’or dans les années 1920-1930, puis a entamé un déclin. Par la suite, il s’est adapté avec l’apparition du livre de poche juste avant la seconde guerre mondiale, et a ainsi pu retrouver une nouvelle dynamique jusque dans les années 80. Après 1980, il a connu une nouvelle crise et de nos jours, n’a pas disparu mais tente de s’adapter au numérique et de trouver sa place dans un monde digitalisé. Ainsi, si l’on prend cette courbe « S-Média », on voit que tout médium suit cette logique : innovation, pénétration, pic, déclin et adaptation.

En ce qui concerne le nouveau média qu’est le livre numérique, deux scénarios principaux semblent se dégager quant à son avenir.

Un premier scénario dans lequel les ventes de livres numériques viennent simplement s’ajouter à celles du livre papier.

Et un second scénario où il se produirait une « cannibalisation » du livre digital sur le livre papier : les ventes de livres numériques viendraient largement prendre le dessus sur les livres papier.

Comme on le voit avec ces deux possibilités de scénarios, la courbe en S du livre digital ne peut pas encore être réalisée avec certitude étant donné que nous sommes encore au début de cette innovation et probablement dans cette phase de « pic » décrite par Rogers.

Des pronostics mitigés 

Il est donc difficile de prédire ce qu’il peut se passer, mais il est à noter que là où la presse a été fortement touchée et affaiblie par les évolutions numériques, le livre a plutôt l’air d’avoir fait preuve de résilience. En 2016, Arnaud Nourry, PDG de Hachette déclarait ainsi que la courbe du livre numérique qui semblait monter en puissance était en réalité actuellement entrain de s’inverser. « Ce phénomène s’est arrêté depuis deux ans environ, aux Etats-Unis, et on observe désormais un déclin. Au fond, je me demande si les lecteurs numérique ne se demandent pas à quoi ça sert « . Selon Nourry, aux Etats-Unis les ventes se répartissent « à 25% pour le numérique, 75% pour le papier ».

D’autres, comme le célèbre écrivain et « futurologue » Tom Cheesewright, déclarent l’inverse : « Les statistiques de l’e-book sont complètement fausses : elles ne tiennent compte que des éditeurs installés, aussi mesure-t-on mal la chose. […] Si vous englobez tous les différents modèles de publication pour les livres numériques à ce jour, leur ascension a été véritablement spectaculaire. Et en volume, ils dominent complètement le marché des livres imprimés ; ils n’ont pas décliné du tout. Ce qui a en revanche décliné, ce sont les parts de marché que détenaient les grands éditeurs. »

En conclusion, les prédictions face à l’avenir du livre semblent multiples et variées. De nos jours, il semble donc difficile de trancher sur cette question. Peut-être faut-il voir en cette révolution et omniprésence numérique, une chance pour le livre papier de se démarquer et de gagner en valeur ?

.

Références 

Patrick-Yves Badillo « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève

www.senat.fr : La politique du livre face au défi du numérique (Chapitre 2 : Le développement du livre numérique)