Articles marqués avec ‘communication’

Une présidence Online: nouveau défi pour Emmanuel Macron

Written by Veronica T.. Posted in Communication politique online : nouveau défi pour Macron, Projets 2021

L’utilisation des réseaux sociaux ne cesse d’accroître dans divers domaines pour tenter de divulguer l’information à un plus large public. Notamment, en politique Twitter permet aux Chefs d’État de communiquer. Macron tente une présidence Online durant la crise sanitaire. Une grande visibilité grâce aux nouvelles technologies numériques. 

Alors qu’une pandémie mondiale éclate, le président français Emmanuel Macron se voit plus que jamais contraint de réagir et de prendre les meilleures décisions.

Un nouveau de moyen de communiquer

Le rôle des réseaux sociaux ne fait que de se développer dans le milieu politique, passant d’une simple plateforme de divertissement à un média diffuseur d’informations. Ces nouvelles plateformes permettent d’atteindre un électorat moins présent sur les médias dit traditionnels. Emmanuel Macron va également se pencher sur ces réseaux afin de gérer la communication de crise qui éclate à cause de la COVID-19.

 

Nouvelle crise, nouveau défi

Sa présence sur les réseaux sociaux durant cette crise sanitaire lui permet une visibilité accrue. Suite à ses discours télévisés, le président prolonge sa communication sur Twitter. Des récapitulatifs des restrictions ainsi que des précisions sont ajoutés. La facilité de diffusion et de partage présente sur ces plateformes numériques permettent au leader d’être proche de son peuple, lors d’une situation où la distanciation sociale est importante.

Macron qui se filme en lançant le défi aux youtubeurs

Capture d’écran Youtube Mcfly et Carlito

Le président dans le YouTubeGang

Sa stratégie de communication change en février dernier. Le président français lance au défi deux célèbres youtubeurs à créer une chanson sur les gestes barrières à adopter dans cette situation de crise. Le but : atteindre les 10 millions de vues. Cette manœuvre permet à l’actuel président français d’atteindre un électorat beaucoup plus jeune qui délaisse les médias traditionnels. Elle tombe au bon moment pour Macron. Les prochaines élections présidentielles ont lieu en 2022, soit l’année prochaine. Sa campagne a alors déjà commencé. Mais cela amène des avis très divergents. Certains pensent que cette stratégie est ridicule. Tandis que d’autres considèrent cette nouvelle façon de faire très rusée.

 

Cette manière inédite d’approcher son peuple à travers des outils digitaux permet au Président Macron de se promouvoir. Mais en agissant ainsi, prend-il un risque de délaisser une partie de l’électorat qui n’est pas présente sur ces nouvelles plateformes numériques ?

 

Veronica Tome M et Lucia Alessia Zonno

Vaccins covid : rigueur scientifique ou prudence excessive ? Claire-Anne Siegrist et les HUG

Written by Felicie Z.. Posted in Vaccins covid : rigueur scientifique ou prudence excessive ? Claire-Anne Siegrist et les HUG

Leur campagne de vaccination lancée début 2021, les HUG ont choisi la spécialiste Claire-Anne Siegrist comme porte-parole. Mais, au cœur de la pandémie, les doutes sur les vaccins s’éveillent et ses prises de positions créent le débat. La vaccinologue a-t-elle raison de privilégier la transparence scientifique sur un sujet aussi délicat? Analyse.

 

Ouverture du centre de vaccination Covid-19 des HUG. crédit photo: © Julien Gregorio

Covid19 et vaccins : la stratégie des HUG

La pandémie de coronavirus sévit autour du globe depuis plus d’une année, mettant la société mondiale au ralenti. D’abord perçus comme la solution miracle censée permettre un retour à la vie normale, les vaccins suscitent rapidement des réserves. Pour les Hôpitaux universitaires de Genève, parler des vaccins et de leurs risques potentiels est délicat et nécessite une stratégie de communication de crise.

Claire-Anne Siegrist, experte et communicante

Claire-Anne Siegrist. crédit photo : © Anoush Abrar

Comme porte-drapeau des vaccins, les HUG ont choisi Claire-Anne Siegrist. Habituée des médias, la vaccinologue donne de nombreuses interviews dans les médias suisses-romands. Elle informe sur les évolutions autour du vaccin et la stratégie des HUG de manière claire et vulgarisée. Sa prudence face au vaccin et ses potentiels risques lui a cependant valu des critiques dans les médias.  Cela illustre la complexité de la communication au cœur de la pandémie, où experts médicaux ont dû s’improviser communicants professionnels.

Une communication de crise basée sur les faits

Durant la pandémie de covid19, la parole scientifique est devenue celle de référence. Claire-Anne Siegrist mise sur une communication visant l’intercompréhension et la transparence. Cela s’exprime lorsqu’elle communique à la fois sur les éléments positifs et négatifs liés au vaccin. Sa communication respecte les critères de sincérité et de véracité des faits. Cependant, on ne peut occulter la nécessité de convaincre la population de se faire vacciner. Entre objectivité et stratégie, l’équilibre est fragile.

La transparence : une stratégie à double tranchant?

Lorsque Claire-Anne Siegrist exprime publiquement ses doutes face au vaccin, elle est critiquée par certains journalistes, qui l’accusent de décourager une population déjà méfiante. Si sa position est basée sur le manque de données scientifiques, valider la méfiance de la population dans un climat d’anxiété généralisé peut s’apparenter à se tirer une balle dans le pied.

Convaincre ou informer : le dilemme des HUG

La position des HUG est pour le moins délicate. Si une stratégie de la transparence apparaît incontournable, la nécessité de vacciner la population contre la covid l’est aussi. Les propos de Claire-Anne Siegrist auraient pu être parfois nuancés, mais certaines critiques sont inévitables. Ainsi, l’objectivité et la vérité scientifique ne doivent en aucun cas être remises en question.

Article rédigé par C. Pictet et F. Zufferey, 12 mai 2021

Sources :

Crèvecoeur et COVID-19 : un cocktail explosif

Written by David J.. Posted in Crèvecoeur et COVID-19 : un cocktail explosif

Mars 2020, le monde bascule. En Europe et à travers le monde, la COVID-19 bat son plein et force de nombreux pays à se confiner. Plusieurs acteurs tirent avantage de cette situation inédite, à commencer par les théoriciens du complot. Parmi eux figure Jean-Jacques Crèvecoeur, qui devient rapidement l’un des complotistes les plus suivis dans le monde francophone. Enquête sur ce personnage haut en couleur et sur ses stratégies en temps de crise.

Jean-Jacques Crèvecoeur

© Full Life Channel (2020)

Un leader expérimenté…

Jean-Jacques Crèvecoeur est un conférencier, auteur et complotiste belge actif depuis de nombreuses années. Récemment, il est mis sous le feu des projecteurs grâce à la crise du coronavirus qu’il critique violemment sur internet. Selon lui, la pandémie serait en réalité un moyen pour les gouvernements de mettre en place une dictature mondiale via des nanopuces et la 5G.

Charisme, utilité, visibilité… Autant d’atouts qui permettent à Crèvecoeur de s’affirmer comme un véritable leader en ces temps troubles. Il n’hésite d’ailleurs pas à poster des vidéos toutes les semaines pour prêcher la bonne foi et délivrer la vérité à sa communauté. Malgré l’expertise douteuse du personnage, celui-ci n’hésite pas à former personnellement ses protégés pour des sommes coquettes qui peuvent aller jusqu’à 1’400 €.

… aux nombreuses stratégies

Défendu bec et ongles par ses admirateurs, Jean-Jacques Crèvecoeur profite pleinement des réseaux sociaux. Les forces du Belge ? Une réaction rapide tout d’abord. Il s’empare de la problématique « COVID-19 » dès février 2020, alors que les tous premiers cas sont recensés en Europe. Mais ce n’est pas tout : Crèvecoeur se positionne également comme victime. Victime des médias mensongers, victime des gouvernements incompétents et victime des géants pharmaceutiques corrompus.

Pour « traverser sereinement le chaos », il emploie aussi toute une série de stratégies positives, en apportant régulièrement de « bonnes nouvelles » à ses abonnés. Des individus lambdas auxquels il donne des réponses simples. Des solutions qui sont souvent loufoques, mais qui fonctionnent. Encore plus à une époque où les quotidiens sont bouleversés et où l’incertitude règne en maître.

 

Article rédigé par Laura F. et David J.

 

Sources :

  • BADILLO, Patrick-Yves (2020). Communication des organisations et communication de crise. [Notes de cours]. Université de Genève.
  • BANET, Rémi (2020). AFP Factuel | Vaccination, 5G, euthanasie : attention, cette vidéo contient de nombreuses fausses informations. [Article en ligne]. Consulté le 22 avril 2021.
  • FAVRE, Aude (2020). Manipulation : les techniques de Jean-Jacques Crèvecoeur. [Vidéo YouTube]. Consulté le 25 avril 2021.
  • MONTAY, Johane (2020). RTBF | Coronavirus : comment fonctionne la théorie du complot du belge Jean-Jacques Crèvecoeur ? [Article en ligne]. Consulté le 16 avril 2021.
  • Jean-Jacques Crèvecoeur sur internet : [Chaîne privée]. [Page Facebook]. [Site web].

Emmanuel Macron sur YouTube : communication de crise ou stratégie politique ?

Written by Olivia H.. Posted in Emmanuel Macron sur YouTube : communication de crise ou stratégie politique ?, Projets 2021

En 2021, Emmanuel Macron introduit une nouvelle stratégie de communication de crise liée au COVID-19. Pour sensibiliser les français-es aux gestes barrières, il défie deux youtubeurs. Une année avant les élections, cette communication soulève des questionnements quant aux stratégies de La République En Marche.

Source : YouTube

La stratégie française pour lutter contre le coronavirus

Virus apparu en Chine à la fin de l’année 2019, le Covid a engendré une pandémie mondiale. En France, les premiers cas officiellement déclarés sont recensés en janvier 2020. Le gouvernement du pays débute alors sa lutte contre le coronavirus. Le quotidien de la population française se voit profondément chamboulé.

Emmanuel Macron intervient publiquement à plusieurs reprises. Il fait appel à la solidarité des français-es. Conscient de la portée des médias sociaux, il sollicite régulièrement les influenceur-euse-s dans le but d’atteindre les jeunes.

Communication de crise…

Le président fait une proposition à Mcfly et Carlito, deux youtubeurs français. Il leur demande de créer un contenu qui rappelle les gestes barrières. En échange, il propose de participer au fameux concours d’anecdote des deux collègues. Ceci à condition que la vidéo atteigne 10M de vues.

Internet est un outil stratégique en temps de crise. Il permet d’informer le public à un coût très bas. Macron peut alors s’adresser facilement aux jeunes, qui sont les plus actif-ve-s sur la toile. Diffuser une information concernant les gestes barrières est primordial pour lutter contre la pandémie. Sur les réseaux sociaux, ce sont plus les influenceur-euse-s que les médias qui influencent les individus. Confier cette tâche à Mcfly et Carlito est malin. L’information est transmise directement par ces gatekeepers 2.0.

… Ou stratégie politique ?

Derrière la démarche du président, se cache un enjeu politique. Il gagne en sympathie et en visibilité. Un an avant les élections ! C’est une stratégie de communication politique bien pensée. Elle permet au mouvement La République En Marche de gagner des électeur-rice-s. La communication de crise sur les réseaux sociaux d’Emmanuel Macron s’est ainsi transformée en stratégie de communication politique du mouvement La République En Marche. Cela va-t-il fonctionner ? Nous l’apprendrons très prochainement.

 

Article rédigé par Malou C. et Olivia H.

L’ère du Big Data : Le monde à la merci des données

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Le Big Data est apparu dans les années 90 grâce aux améliorations des systèmes de stockage de l’information. Il a pris une ampleur telle que selon de nombreux économistes le Big Data représente l’or noir du 21ème siècle. Pour mieux comprendre ce que cela signifie, nous allons détailler les enjeux de ce phénomène.

Le Big Data signifie en français « données massives » ou encore « mégadonnées ». Il est question ici de toutes les informations que l’on peut récolter grâce à des appareils électroniques connectés. Lorsque l’on fait une recherche sur Google ou que l’on « like » une photo sur Facebook, ceci génère une information qui est ensuite stockée sous forme de données. Cependant, telles quelles, les données ne peuvent pas réellement être utilisées. Il a donc fallu créer des algorithmes assez puissants pour traiter, organiser et exploiter ces données.

Comprendre le Big Data en 5 points 

Pour mieux concevoir ce qu’est le Big Data, il est possible de le définir et de le décortiquer selon 5 paramètres clés, les 5V :

Une innovation à double tranchant 

Vous l’aurez compris, ces données représentent une mine d’or pour toute personne ou groupe sachant les maîtriser. Mises bout à bout, elles peuvent déterminer les habitudes de consommation d’une personne ou d’une population entière ou encore prédire des événements divers tels que la météo, le taux de remplissage d’un hôtel ou l’apparition de maladies. Cependant, comme dans toute technologie, des avantages et des inconvénients existent.

Les avantages :

  • Optimiser les ventes : que ce soit pour les entreprises privées ou publiques, les données sont primordiales. Elles permettent d’optimiser l’offre en fonction des clients ou utilisateurs. Ainsi les CFF sont capables de prévoir le taux de remplissage de leurs trains pour offrir à l’usager la possibilité de choisir la course qui lui conviendra le mieux. Dans un autre domaine, Apple par exemple utilise les données pour améliorer ses produits et augmenter ses ventes.
  • Aider les patients : dans le secteur médical, les données sont d’une aide précieuse lorsqu’il s’agit de mettre en place ou d’ajuster le traitement d’un patient.

Les inconvénients :

  • La protection des données : c’est l’inconvénient majeur car il est difficile de garantir une protection complète de la vie privée sur internet. En effet, on se souvient tous des scandales liés à des vols de données ces dernières années.
  • Garantir la démocratie : comment garantir une démocratie totale lorsque des informations sur le comportement de vote et sur les intérêts d’un peuple sont utilisées pour promouvoir un camp plutôt qu’un autre ? Cette problématique est parfaitement illustrée par l’affaire Cambridge Analytica.

Cette technologie étant relativement jeune, tout l’enjeu sera de trouver un équilibre pour que ces données profitent au plus grand nombre, et ce, avec le minimum d’effets négatifs.

Le développement du Big Data a été possible, grâce aux avancées technologiques de ces dernières années que nous vous avons détaillées dans nos précédents articles. Pour en savoir plus, découvrez le MOOC « Innovation, médias et transformation digitale » de l’Université de Genève. Il vous permettra de suivre des cours en ligne pour approfondir, entre autres, vos connaissances sur les fondements technologiques et économiques de la transformation digitale.

60 secondes pour mieux comprendre le Big data:

JN/LF

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Références:

Communicant d’entreprise : quel chemin emprunter ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

En savoir plus sur le MOOC « Innovation, médias et transformation digitale » ? Cliquez-ici ! » http://medialab-geneve.ch/

Stratège, relais d’information, bouclier médiatique, avocat, sont autant de thermes qui peuvent être utilisés afin de décrire la profession de communicant d’entreprise dont, à l’instar du journalisme, la définition est floue.  Une question se pose alors : quelle formation est efficace pour être un bon communicant ? Cet article ouvre un dialogue entre deux point de vues qui, de premier abord, s’opposent; le communicant d’entreprise doit il jouir d’une formation académique en communication ou doit-il justifier d’une « expérience de terrain » propre à l’entreprise ?

Mais que fait la police (académique)?

Dans Journalisme : l’éclatement (1992) de J-M Charon, l’auteur rapporte que si les écoles de journalisme françaises tentent d’inclure dans le cursus de journalisme la diversité scientifique, : “L’habitude des quotidiens nationaux ou de radios et télévisions de s’en remettre à des médecins pour traiter du domaine de la santé révèle bien à cet égard ses limites“ (Charon, 92). Cette constatation peut également s’appliquer dans le domaine de la communication, à notre époque. En effet, être un excellent communicant semble relever d’une aptitude de connaissance parfaite du domaine de l’entreprise. Ainsi, un académicien pur et sans expérience dans l’économie, peut-il prétendre au poste de communicant dans une entreprise à but lucratif ?

Balle au centre et on refait les équipes !

Cette question génère de multiples opinions. Cependant, dans Disrupting the Function of IC (IC Kollectif, 2019) dont les propos sont rapportés sur le blog de Madmagz.news, les multiples interventions donnent une idée précise de ce qui est nécessaire à la profession de communicant : la pluridisciplinarité. En effet, un bon communicant peut être issu de l’académie comme du secteur de l’entreprise, il n’empêche que pour être efficace, il doit savoir jouer sur plusieurs terrains. Ainsi, comme expliqué dans Déontologie dans la communication : entre loyauté et transparencel’essentiel est de respecter les principes du communicant.

En conclusion, il n’y a pas de chemin meilleur qu’un autre pour être un bon communicant. Le succès des professionnels du domaine réside dans leurs capacités à mettre à profit leurs connaissances et en apprendre de nouvelles. L’empathie, l’ouverture d’esprit comme la sociabilité sont des qualités humaines nécessaires pour exercer la profession et elle ne  s’apprennent ni au sein d’une entreprise, ni sur les bancs d’école.

Si vous souhaitez obtenir plus de renseignements sur la formation universitaire de journalisme et communication de l’Unige, n’hésitez-pas à vous rendre sur la page du Médialab ! :https://www.unige.ch/sciences-societe/medialab/

Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
-Charon Jean-Marie. Journalisme : l’éclatement. In : Réseaux, volume 10, n°52, 1992.
-Disrupting the Functions of IC, IC Kollectif, e-book, 2019
Quelles sont les compétences d’un communicant interne ?, Madmagz, Pauline, 2020.
-Image :Pixabay, 2020

 

                                                                                                                                         Kelly Chapman,
Étudiante Médialab Genève

                   

Du Web 1.0 au Web 4.0 : une évolution fulgurante

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Du monde scientifique à la vie quotidienne, le Web se développe à une vitesse impressionnante. En voulant nous simplifier la vie, il se pourrait bien qu’il en fasse trop. L’évolution du web : montée au paradis ou descente aux enfers ?

Source: cours Innovation, médias et transformation digitale (Badillo, UNIGE, 2019)

De l’invention à l’innovation

Badillo (2019) explique qu’Internet atteint 50% des ménages en moins de 5 ans (Cours Innovation, médias et transformation digitale, UNIGE, 2019). A titre comparatif, il aura fallu environ 70 ans au téléphone, 50 ans à la radio et 15 ans à la télévision pour s’imposer. Pour les réseaux sociaux qui s’ensuivent, c’est moins de 2 ans avant d’atteindre la moitié des ménages. Ces chiffres soulignent la rapidité avec laquelle cette invention « Web » pénètre la société, la changeant à jamais. En se propageant, l’invention se transforme en innovation.

Evolution du Web 

Alors que le web 1.0 se développe dans le monde scientifique du CERN, il prend quelques années seulement à atteindre le commun des mortels. Il commence par changer les mondes économiques et commerciaux. Avec les réseaux sociaux, le web 2.0 transforme le monde social : correspondre avec des individus à l’autre bout du monde n’a jamais été si simple et rapide. Les relations amicales, amoureuses et même sexuelles prennent un nouveau tournant. Le web 3.0 se met à détecter « nos » goûts : ses algorithmes orientent nos recherches et formatent nos sources d’intérêts. Émerge alors le web 4.0 qui va jusqu’à modifier la structure même des foyers : les objets connectés sont intelligents et ils vivent à nos côtés. Les robots nous accompagnent, chaque jour, sous toutes les formes.

Rien ne s’est passé comme prévu ?

Même si tout n’était pas prévu, Berners-Lee – l’inventeur du World Wide Web – a toujours rêvé d’un grand avenir pour son invention. Mais que nous réserve la suite ? Car s’il permet un accès illimité à de grandes quantités d’informations, le Web met de plus en plus en péril des valeurs fondamentales, comme le droit à la vie privée. Traquées au quotidien, dans toutes les activités, nos données personnelles sont stockées par les géants du Web qui possèdent un pouvoir gigantesque. Quelle sera la suite ? Un renforcement de ce système inégal entre traqueurs et traqués ? Ou un changement de voie pour garder le meilleur du Web… en supprimant ses mauvais côtés ?

Un avenir prometteur

Dans une interview accordée à Bosch, Berners-Lee souligne ce grand problème du Web : « Les gens se rendent compte que leurs données personnelles sont utilisées dans un système et que ce système est utilisé pour manipuler les gens. » [traduction personnelle] Pour résoudre ce problème, il travaille sur une plateforme nommée Solid. L’objectif ? « Que les données ne soient plus stockées par des entreprises individuelles telles que Google, Amazon ou les fournisseurs de médias sociaux, même si leurs logiciels sont utilisés. Elles devraient plutôt être stockées là où l’utilisateur le souhaite. De cette façon, chacun pourrait mieux contrôler ses propres données, qui seraient stockées dans des pods. Les paramètres de chaque pod permettraient aux utilisateurs de décider eux-mêmes quels fournisseurs, tels que les applications de santé, sont autorisés à accéder aux données qu’il contient. » [traduction personnelle]

Cette nouvelle invention permettra certainement au Web de continuer son chemin impressionnant, au-delà des nuages qui se dressent sur sa route.

 

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les différents « Web » ? Retrouvez nos articles sur les Web 1.0, 2.0, 3.0 et 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Berners-Lee, T. (2019). The future of the Internet. Bosch. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.bosch.com/stories/future-of-the-internet/

Bosch Global (2019). Experts@IoT: Tim Berners-Lee, Inventor of the World Wide Web. Youtube. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.youtube.com/watch?v=aEL_iVLBjrY&feature=emb_logo

Solid. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://solid.mit.edu/

Zapater, J. J. S. (2014, April). From web 1.0 to web 4.0: The evolution of the web. In Proceedings of the 7th Euro American Conference on Telematics and Information Systems (pp. 1-1).

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

Déontologie dans la communication : entre loyauté et transparence

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

Dans le cadre du projet Mooc « Innovation, médias et transformations digitales » les étudiants du master de Journalisme et communication de Genève vous invite à une réflexion sur les médias à l’ère du numérique. Les articles qui suivent passeront en revue les codes éthiques et déontologiques de deux professions liées dans la rivalité : journaliste et communicant.

Depuis l’essor du capitalisme, le métier de communicant a pris de l’importance, tout comme les mouvements sociaux qui font évoluer les moeurs. Ainsi, Nos sociétés voient naître des codes de déontologie dans toutes les professions, y compris celles relatives aux médias : la déontologie journalistique est souvent mise en lumière, mais que dire de celle des communicants ?

Dans Morale, éthique et déontologie dans la communication (1996), Pierre Bonfils explique que : « Dans le domaine de la communication (…), nous avons assisté au cours des dernières années à l’émergence, (…) d’un très fort courant moral, éthique et déontologique ». Si ces propos datent de 1996, le respect des valeurs professionnelles est de nos jours une nécessité absolue. Si certains métiers profitent d’une “ligne de conduite“ claire, il semble, selon l’auteur, que ce n’a pas toujours été le cas pour la profession de communicant. Cependant, après une prise en main fastidieuse de la part de l’association des directeurs de la communication (Entreprises & Médias) en 1992, un fil rouge se dessine. Ainsi, quatre principes éthiques font surface :

Un code de conduite des années 90 à l’ère numérique : une contradiction ?  

À l’ère numérique, les communicants font, plus que jamais, face à une forme de contrôle social. Sur les réseaux sociaux, chacun peut interférer très rapidement avec les informations sortantes. Ainsi, les communicants doivent toujours être honnêtes, et donc appliquer en permanence la transparence. Cependant, lorsque l’on observe les principes cités par Bonfils, il est possible de se demander si solidarité et transparence font toujours bon ménage.

Cette question reste ouverte, mais une réponse peut se trouver dans un autre principe : la responsabilité. Pour que transparence et loyauté fonctionnent, il suffirait, pour les communicants (comme pour toutes les professions), de prendre la responsabilité personnelle de choisir de travailler pour une entreprise éthique. Ce principe se retrouve également dans la déontologie journalistique, aujourd’hui mise à mal. L’article qui suit vous propose une réflexion sur un dilemme moral bouillant qui lie plus que jamais les journalistes à leurs opposés : les communicants http://medialab-geneve.ch/garder-ses-princ…e-du-journalisme/

Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
-Yves Agnès, Manuel de journalisme, l’écrit et le numérique, La Découverte, Paris, 2002.
-Pierre Bonfils, Morale, éthique et déontologie dans la communication, Victoires éditions « Legicom », 1996.

Kelly Chapman

La numérisation : quels enjeux dans notre société ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Dans le cadre du MOOC proposé par Medi@LAB et l’Université de Genève, nous expliciterons les grandes phases de l’innovation et la transformation digitale, au travers de 6 articles. Cette semaine le principe de convergence et la numérisation sont à l’honneur. Cet article a pour but d’exposer brièvement les différents aspects de la numérisation.

La numérisation (source : rts.ch)

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC), comme les sites internet ou les forums, a favorisé et facilité les échanges d’informations. C’est de ce contexte que la numérisation a fortement progressé, donnant accès à d’innombrables contenus de par le monde. La numérisation est le fait transformer des fichiers, quels que soient leur format (texte, audio, vidéo, photo) en données numériques afin d’être lues et traitées par un ordinateur. Elle permet de stocker et de diffuser ces documents, alors devenus électroniques. Si le phénomène de numérisation est actuellement en pleine explosion, c’est en partie dû aux progrès technologiques. Les ordinateurs étant devenus plus puissants, il est maintenant possible de stocker de plus grandes quantités d’informations. Tout ceci est expliqué dans notre précédent article sur la Loi de Moore.

Les avantages de la numérisation

Cliquez dessus pour agrandir Numérisation et convergence (source: Canva)

Comme nous pouvons l’imaginer, la numérisation de fichiers présente de nombreux avantages. Le premier étant qu’elle offre la possibilité de lire plusieurs types de fichiers sur un seul et même appareil : c’est ce que l’on appelle la convergence. Deuxièmement, elle est tout autant utile aux professionnels qu’aux étudiants. Qui n’a pas été soulagé de trouver en ligne l’article de référence tant espéré, sans avoir besoin de se rendre dans une bibliothèque ? Cette facilité d’accès à l’information est plus que nécessaire en cette période de pandémie qui force une majorité de citoyens à rester à la maison. Grâce à la numérisation, un grand nombre de documents si précieux pour l’avancée des travaux des étudiants sont rendus disponibles.

Dans les milieux professionnels, elle est aussi importante car elle permet de stocker et de rendre visible aux employés différents documents (comptables, courriers, emails, contrats etc…) essentiels au travail quotidien des collaborateurs. La crise liée au coronavirus a rappelé l’importance du partage et de la diffusion d’informations. Difficile donc d’imaginer un monde connecté sans numérisation !

Le revers de la médaille

Comme dans bien des domaines, le nerf de la guerre est l’argent. Le financement de la digitalisation des documents conservés dans les bibliothèques se chiffre en millions. C’est ainsi que Google s’est lancé dans la numérisation de livres en 2004. Ils prévoyaient de scanner 15 millions de livres en 10 ans pour un coût de 200 millions de dollars1. Au fil des années, le géant du numérique a conclu de multiples partenariats avec des bibliothèques et compte désormais plus de 40 millions de livres numérisés. Craignant un monopole de l’entreprise américaine, l’Union Européenne s’est elle aussi organisée pour créer une bibliothèque numérique : Europeana.

Même si la numérisation permet un échange de savoirs au niveau mondial et une circulation des idées sans précédent, elle reste coûteuse. Cependant, elle pourrait rapporter gros. Beaucoup de documents en ligne sont libres d’accès mais la question de la gratuité se pose déjà. Certains fichiers sont payants alors que d’autres proposent un avant-goût gratuit avant de devoir payer pour bénéficier de la totalité du contenu. La question est à présent de savoir qui sera le ou les grands gagnants de la numérisation.

Pour aller plus loin vous pouvez consulter l’article du blog traitant de l’avenir du livre.

JN/LF

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Références :

Web 3.0: un web intelligent

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Dans les années 2010, le web interactif va encore plus loin: on parle de web sémantique. En plus de connecter les gens, il connecte désormais les savoirs. Le metaweb fait son apparition, pour le meilleur et pour le pire. Et il n’est pas près de s’arrêter.

Web sémantique

La multiplicité des supports et des applications augmente encore davantage la quantité de données. Image: © geralt / Pixabay

Le web 3.0 est un web « smart ».  Son but est simple. La quantité de données stockées sur internet est énorme: il faut les exploiter! Les ordinateurs doivent pouvoir comprendre ces données afin d’apporter à l’utilisateur ce qu’il cherche réellement. Le tagging – hashtags et étiquettes – permet notamment au web de se structurer et de faciliter la connexion des savoirs des individus.

Le but final de ce web intelligent? «Transformer la masse ingérable des pages Web en un gigantesque index hiérarchisé.» (futura-sciences)

Ce web sémantique se développe dans une société marquée par le metadata: des données accessibles partout, en tout temps… et sur tout support. Avec la multiplication de smartphones, tablettes et ordinateurs en tout genre, l’individu est toujours connecté. Il génère alors continuellement des données sur ces différents supports, dans différents contextes. Le big data commence à poindre à l’horizon.

Entre algorithmes et recommandations

Le web 3.0 utilise ces données pour les intégrer et les réutiliser à travers diverses applications. C’est le début de l’automatisation des requêtes des individus. Qui n’a jamais entendu parler des algorithmes, même si leur fonctionnement exact peut parfois nous paraître flou? Qui n’a jamais reçu de recommandations, de Netflix, Spotify, Youtube et tant d’autres? Avec le web 3.0, les algorithmes se font de plus en plus puissants et les recommandations de plus en plus précises.

Ce web semble pertinent et presque louable: les intérêts et les goûts de chacun sont au centre de ses priorités. Mais ne marquerait-il pas le début d’un web trop présent?

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Getting, B. (2007). Basic Definitions: Web 1.0, Web. 2.0, Web 3.0, sur le site PracticalEcommerce. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: http:// www.practicalecommerce.com/articles/464/Basic-Definitions-Web-10-Web-20-Web-30/

La rédaction JDN (2019). Qu’est-ce que le Web 3.0 ?, sur le site Journal du net. Consulté le 23 avril 2020 à l’adresse: https://www.journaldunet.fr/web-tech/dictionnaire-du-webmastering/1203249-web-3-0-definition/

L’Évolution d’Internet – Le Web 3.0 Expliqué, sur le site Binance Academy. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.binance.vision/fr/blockchain/the-evolution-of-the-internet-web-3-0-explained

Web sémantique, sur le site futura-sciences, section tech. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/internet-web-semantique-3993/

Web sémantique, sur le site Wikipédia L’encyclopédie libre. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Web_s%C3%A9mantique

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

Web 2.0: le WikiWikiWeb de Ward Cunningham

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Exit le web statique de Berners-Lee, la révolution du web 2.0 est d’avoir connecté les individus entre eux. Ward Cunningham mise sur l’intelligence collective. En 1995, c’est l’avènement des wikis.

Un web participatif

Web 2.0 rime avec interaction et sociabilité … virtuelles.  La promesse d’une intelligence collective se concrétise. Les internautes participent à la rédaction de contenus sur les sites web. Contribution, création et confiance sont à l’oeuvre. La relation élitiste one-way du web 1.0 se transpose en une relation participative read and write. Une formule magique? WikiWikiWeb!

« Wiki is an Hawaiian word that means quick and so Wiki-Wiki means very quick so [the] WikiWikiWeb is the very quick web. » (Ward Cunningham, Interview Wikimedia, 2011).

Wikis poétiques

 

Icône Wikipédia ©Pixabay

Un wiki, c’est quoi? Une page web modifiable par tout internaute.
WikiWikiWeb. 1er concept wiki, 1995 par Ward Cunningham.
Wikipédia, l’incontournable encyclopédie wiki. Libre et collaborative.
Le World Wide Web ou l’oeuvre de millions d’internautes…

 

 

Wikipédia

 

Logotype ©Wikipédia

Wikipédia, un véritable puzzle de la connaissance auquel chacun peut apporter la pièce manquante.  Une folksonomie typique basée sur l’intelligence collective. Tout le savoir y est centralisé, chaque article parsemé de liens hypertextes renvoyant à d’autres articles.

Qui les rédige? Les internautes eux-mêmes! Chaque contributeur vient compléter la connaissance de son homologue en ajoutant son anecdote, son opinion, son contenu. Bien sûr un dispositif éditorial de contrôle de l’information existe. Il veille à l’exactitude des contributions, n’hésitant pas à bannir les détracteurs.

Un chiffre à retenir? 4 millions. C’est le nombre d’articles que contient Wikipédia!

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Lisez notre article sur le passage au web 3.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Levrel, J. (2006). Wikipedia, un dispositif médiatique de publics participants. Réseaux, no 138(4), 185-218. https://www.cairn.info/revue-reseaux1-2006-4-page-185.htm.

Interview de Matthew Roth pour Wikimédia Foundation. (2011). « Ward Cunningham, inventor of the Wiki » . Youtube. Consulté le 30 mars 2020 à l’adresse:  https://www.youtube.com/watch?v=XqxwwuUdsp4

Page « Wiki ». Wikipédia L’encyclopédie libre. Consultée le 30 mars 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki

Page « Ward Cunningham ». Wikipédia L’encyclopédie libre. Consultée le 30 mars 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ward_Cunningham

Article rédigé par Camille Dupertuis

 

Coronavirus: quelles perspectives pour le cinéma de demain ?

Written by Laura Puglisi. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Salles de cinéma fermées, sorties des derniers films reportées, voici la réalité actuelle de la cinématographie suisse depuis le début du confinement dû au Coronavirus. Alors que certaines sorties de film initialement prévues au cinéma, se feront en ligne, et que les plateformes de visionnage en ligne cartonnent, comment reprendra le marché du cinéma à la sortie du confinement ? Les consommateurs auront-ils pris goût au «Netflix-canapé» ou retourneront-ils en salle ? Cet article du MOOC Innovations, Médias et Transformation digitale, dans le cadre de Media@LAB, porte sur les habitudes et usages des consommateurs de films et l’avenir du cinéma. 

Alors qu’à Hollywood on annonce avec la crise sanitaire des pertes avoisinant les 20 milliards de dollars, il est difficile en Suisse selon la présidente de l’association de cinématographie suisse, de formuler un chiffre exact concernant le cinéma. Madame Epelbaum estime cependant qu’il faudrait compter une baisse d’exploitation de plus de 30 millions de francs. Avec la fermeture des cinémas de part le monde, certains studios préfèrent s’associer avec les géants d’internet et poster en ligne sur les plateformes, plutôt que de reporter la sortie de films. La démarche fait débat dans l’industrie cinématographique qui crie au boycott du 7ème art.

Le cinéma sous différents supports

Si la télévision et le cinéma ont su marcher main dans la main et se soutenir au milieu du 20ème siècle, il n’en est pas de même entre Netflix et le cinéma aujourd’hui. En effet, dans les années 1950, la télévision sauve le cinéma en lui donnant un deuxième souffle. Avec la programmation de films sur petit écran, les audiences sont captées sur les chaînes et celles-ci augmentent largement. Le cinéma participe donc au financement de la télévision en ouvrant ainsi des débouchés inattendus pour la télévision. La relation est plus complexe avec l’arrivée du cinéma en ligne.

 Cinéma contre Netflix : une guerre déjà déclarée

Le cinéma, élu plus grand divertissement de masse du 20ème siècle, s’est déjà vu fragilisé ces dernières années avec l’émergence du cinéma en ligne et des nouveaux usages de l’audiovisuel, tels que la fameuse plateforme Netflix. On le sait, les relations entre Netflix et Hollywood sont complexes à l’heure où les usages numériques bouleversent l’ensemble de l’audiovisuel mondial. En effet, même si la plateforme a d’abord été connue pour sa grande offre de séries, le géant du streaming a dépensé plus de 12 milliards de dollars et s’est fait un nom en produisant plus de 80 films et documentaires en 2019. La concurrence d’internet est bel et bien en augmentation.

Et demain ?

Même si les plateformes en ligne telles que Netflix ont mis en difficulté le monde du cinéma bien avant l’arrivée du COVID-19, ce virus pourrait faire accélérer le processus et s’avérer être un coup fatal. Les cinéphiles de demain se bousculeront-ils au guichet des cinémas à l’annonce des jours meilleurs ? Ou les spectateurs resteront-ils marqués par l’épidémie au point de favoriser complètement les abonnements Netflix virtuels aux tickets de cinéma ? Si cette hypothèse tend à se confirmer, les exploitants de salles peuvent craindre pour leur futur chiffre d’affaires. Cette peur a fait réagir la Fédération Nationale des Cinéma Français qui a mis en place avec Webedia, une campagne de communication pro-cinéma avec la création d’un hashtag #On ira tous au cinéma.

 

Confiné.e.s pour un temps, cinéphiles tout le temps ?

La définition du film se pose également dans ce contexte. L’expérience compte-elle avec le cinéma ? Un film reste-il un film peu importe le média ? Netflix mérite-t-il le nom de cinéma ? Le cinéma de demain restera-t-il un moment convivial et social sur grand écran ou bien partagerons-nous cette expérience immédiate depuis notre canapé en pyjama par le biais d’autres plateformes ? Que des questions qui, pour l’instant restent en suspens.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Article de la RTS : https://www.rts.ch/info/culture/cinema/11178416-l-industrie-cinematographique-victime-collaterale-du-coronavirus.html.

Article de Territoire et Cinéma : https://territoires-cinema.fr/2020/04/17/on-ira-tous-au-cinema/.

Balle, F. (2017). Les techniques et leurs usages. Dans : Francis Balle éd., Les médias (pp. 5-50). Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Chiffres trouvés sur Statista : https://fr.statista.com/themes/3090/netflix/.

Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo.

 

Chloé Pellegrin, Etudiante de MédiaL@B

L’importance des radios locales africaines dans la lutte contre le coronavirus

Written by Laura Puglisi. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Le monde entier traverse une crise historique avec la propagation du coronavirus. La situation sur le continent africain est particulièrement précaire et les radios au cœur de la communication l’ont bien compris. Cet article du MOOC dédié aux Innovations, Médias et Transformation digitale dans le cadre de Médi@LAB, est dédié au rôle des radios locales en Afrique pour lutter contre les fake news et apporter un soutien aux populations.

Traversant une crise extraordinaire, les radios et médias du monde entier sont d’une importance non-négligeable dans la lutte contre le coronavirus, mais tout particulièrement sur le continent africain. Le COVID-19 représente un danger bien plus important qu’Ébola car il est plus contagieux et s’attaque aux capitales surpeuplées où le confinement n’est pas envisageable pour la majorité des habitants (RTSinfo). Tous les pays du continent sont touchés, la courbe de progression est la même que partout ailleurs, sauf que les hôpitaux sont en nombre insuffisant et en mauvais état. La correspondante en Tunisie et en Libye pour RTSinfo est claire : « les systèmes de santé africains ne peuvent pas affronter un tel virus ». Pour limiter les dégâts sanitaires mais également économiques, il est indispensable de freiner la propagation du virus. Les populations ont besoin d’être informées et cela de la meilleure façon qu’il soit. C’est ici qu’interviennent les radios.

Studio Tamani tente de lutter contre les fake news au Mali

Un journaliste de Studio Tamani réalise une interview à distance en temps de coronavirus. Source: Fondation Hirondelle

La Fondation Hirondelle est une organisation suisse qui soutient des radios nationales et communautaires. Parmi celles-ci, il y a Studio Tamani, un programme d’information malien qui propose des journaux d’informations au quotidien. Au Mali, 72 chaînes de radio diffusent les programmes de Studio Tamani avec 2 millions d’auditeurs en moyenne. Un véritable défi de prévention pour la radio, qui a commencé à diffuser des messages de sensibilisation à l’encontre du coronavirus depuis le mois de mars. Son rédacteur en chef souligne l’importance d’introduire un reportage sur la pandémie dans chaque émission, et ce dans 5 langues. Selon lui, les radios du continent africain ont un rôle indispensable à jouer, notamment dans la lutte contre les fake news. Alors que certains sont persuadés que le virus n’existe pas ou qu’il faut s’en remettre à Dieu pour l’éradiquer, d’autres sont convaincus que l’ail ou l’eau chaude peuvent l’éliminer. Les Marabouts quant à eux proposent leurs services sur les réseaux sociaux pour soigner le peuple du COVID-19. Les radios se doivent donc de contredire les informations non-vérifiées par les autorités sanitaires.

Quand radios et artistes locaux s’allient pour sensibiliser

La tâche n’est pas si simple. La Fondation Hirondelle rappelle qu’en Afrique il est possible qu’un discours d’une autorité aille à l’encontre du message que les médias essaient de faire passer. Souvenez-vous de l’ancien président d’Afrique du Sud qui véhiculait des messages contreproductifs pour la prévention contre le sida, une pandémie qui frappait durement le pays. Pour pallier au problème des fake news, les radios tentent d’informer de façon plus directe. Et pour cela, Studio Tamani, comme bien d’autres radios du continent, reprennent des tubes d’artistes africains pour diffuser les messages de préventions contre le coronavirus à un audience plus large. Parmi ces artistes, Smarty, un rappeur burkinabé engagéAvec la chanson « Alerte Corona », composée sous le demande d’Unicef, il veut faire taire les rumeurs dans son pays: « Ça raconte que l’homme noir ça ne le tue pas, que Corona sous le soleil ne résisterait pas (…) Les rumeurs disent que c’est la maladie des Blancs, que Mamadou le guérisseur a son médicament. (…) Monsieur Rumeur finira par enterrer l’Afrique. »

 

La radio : un vecteur de soutien pour les populations africaines

La présence des radios sur le continent africain en cette période de crise est également une source de soutien pour les habitants dont la vie est en jeu. Le défi est d’un côté de trouver les mots pour informer correctement, et de l’autre ne pas être trop lourd et pesant dans les échanges avec les auditeurs. Le Monde affirmait fin mars que la Radio Salam ou Africa Radio, ouvraient davantage leurs antennes aux auditeurs pour maintenir un lien social : « elles représentent un lien fondamental pour des gens extrêmement isolés ». D’ailleurs, selon la Fondation Hirondelle, les maliens sont inquiets et s’adressent de façon abondante à Studio Tamani pour partager leurs craintes et interrogations. Preuve ici que les propos de McLuhan (1968) concernant l’audience de la radio ne sont plus tellement d’actualité. Alors que pour lui la radio était un média qui ne nécessitait pas de participation de la part du récepteur, cette tendance a bien évolué. On peut même avancer que ce lien pluridirectionnel entre auditeur et émetteur est fondamental en ces temps de crise.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Site internet de la Fondation Hirondelle: https://www.hirondelle.org/fr/qui-sommes-nous.

Article du Monde sur les radios en Afrique: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/20/les-radios-de-la-diaspora-africaine-se-mettent-a-l-heure-du-coronavirus_6033843_3212.html.

Sujet radio de La Première concernant le rôle des radio en Afrique: https://www.rts.ch/play/radio/la-matinale/audio/le-role-des-radios-locales-africaines-dans-la-crise-du-coronavirus?id=11218366.

Intervention de Maurine Mercier, correspondante RTSinfo en Tunisie et Libye: https://www.facebook.com/RTSinfo/videos/3002690683085680/.

Article de RTSinfo sur l’intervention d’artistes locaux en Afrique dans la lutte contre le coronavirus: https://www.rts.ch/info/monde/11235382-en-afrique-les-chanteurs-se-mobilisent-pour-lutter-contre-le-coronavirus.html.

McLuhan, M. (1968). « Pour comprendre les médias. Les prolongements technologiques de l’homme. » Paris: Éditions Points.

 

Isabelle Aeschlimann, Etudiante de MédiaL@B

Web 1.0 : Tim Berners-Lee et la création du World Wide Web

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. En 1989, l’informaticien britannique Tim Berners-Lee invente les prémices d’internet: le World Wide Web (WWW). Ses collègues et lui sont remplis de rêves et d’espoirs sur l’avenir de cette invention. Ils n’ont aucune idée des proportions que prendra le net, trente ans plus tard.

Tim Berners-Lee crée internet dans les années 90. Il lui prête déjà un grand avenir. Image: © Paul Clarke / ICT Journal

Quand Berners-Lee pose les jalons du Web 1.0, il travaille pour le CERN. Il a alors deux objectifs:

1. Partager toutes les informations du CERN sur un seul réseau pour faciliter la communication,

2. Connecter les membres internationaux du laboratoire.

A partir de 1990, Berners-Lee et quelques membres du CERN développent les trois principales technologies du Web. Chacun connaît leurs noms, mais peu connaissent leur origine. URL, HTTP et HTML débarquent dans la société. L’inventeur appelle ce premier programme World Wide Web (WWW).

Deux rêves 

Ce premier web est un web statique, sans interactions possibles entre les différents usagers. Avec le web 1.0, Berners-Lee a de grands rêves. Le premier consiste en «un espace commun d’information dans lequel nous communiquons en partageant des informations». Le deuxième consiste en un «Web (qui) soit utilisé de manière si générale qu’il devienne un miroir réaliste de la manière dont nous travaillons, jouons, socialisons».

Un système compatible avec tous les ordinateurs est rapidement créé. Image: © Sergei Tokmakov / Pixabay

Son premier rêve se réalise rapidement. Le World Wide Web est proposé dans le domaine public. Mais il reste limité: utilisable sur un seul type d’ordinateur et très cher. Un système compatible avec tous les ordinateurs est bientôt créé: internet peut s’exporter dans le monde! De plus en plus d’individus s’aperçoivent de son potentiel et permettent le développement de cette technologie. Des entités internationales rejoignent la course, parmi lesquelles IBM, Nokia et Microsoft. 

Son deuxième rêve n’est pas encore réalisé dans les années 90, mais des signes et des projets rendent confiant. Des langages informatiques sont conçus pour être traités par des machines plutôt que par des humains. En 1998, l’inventeur soulignait déjà: «Le potentiel de ce mélange d’humains et de machines travaillant ensemble et communiquant par le biais du web pourrait être immense.»

Internet passe donc du domaine scientifique du CERN au domaine commercial et public. Mais ce n’est que le début: avec le web 2.0, défini comme le web social, internet atteindra de nouveaux sommets. 

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 2.0Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

 

Références:

Shivalingaiah, D., & Naik, U. (2008). Comparative Study of web 1.0, web 2.0 and web 3.0. Disponible à l’adresse: https://ir.inflibnet.ac.in/bitstream/1944/1285/1/54.pdf

The World Wide Web: A very short personal history. Tim Berners-Lee on World Wide Web Consortium (W3C) (1998). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.w3.org/People/Berners-Lee/ShortHistory.html

Photographie de Berners-Lee: ICT JournalChavanne, Yannick. Tim Berners-Lee reçoit le «prix Nobel d’informatique» (2017). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.ictjournal.ch/news/2017-04-06/tim-berners-lee-recoit-le-prix-nobel-dinformatique

Article rédigé par Sophie Duperrex

Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

« Associés-rivaux » est le terme utilisé pour définir la relation entre les journalistes et les communicants. Cependant, leur association est bien plus forte qu’ils ne veulent laisser paraître : ils sont dépendants l’un de l’autre.

L’éthique journalistique et l’éthique communicante sont réputées pour défendre des valeurs différentes. La première est une supportrice de la démocratie et lutte pour la liberté. La seconde a pour priorité de défendre les intérêts commerciaux ou partisans de son employeur. Pourtant, les journalistes et les communicants ont parfois, et même souvent, intérêt à collaborer. Cette association leur est indispensable pour optimiser leur travail.

Les journalistes et les communicants trouvent leurs avantages dans une coopération

Pixabay, 2020

En effet, malgré les différends moraux, les journalistes sont avantagés par une telle collaboration pour deux motifs principaux.

D’abord, une telle collaboration leur donne un accès direct à des informations détaillées, déjà traitées et récentes. Cela leur permet également de gagner du temps car ils évitent de s’épuiser à la recherche d’informations. Grâce à ce contact avec des communicants, ils peuvent également espérer rencontrer des figures importantes d’entreprise pour des interviews par exemple. Du côté des communicants, l’échange d’information leur donne un certain pouvoir sur ce qui sera publié. En effet, ils agissent tel un filtre sur les données qui passent d’une entreprise aux médias, comme l’explique le Professeur Badillo.

Ensuite, cette collaboration constitue un revenu primordial pour la survie des journaux, grâce à la publicité. C’est bien connu, les journaux subissent aujourd’hui une crise financière qui menace leur existence. La publicité faisant partie intégrante des stratégies de communication, elle offre des avantages aux deux professions : un revenu aux journalistes et une visibilité aux projets des communicants.

Une relation compromise dans l’arène des réseaux sociaux

C’est pourquoi, aujourd’hui la collaboration entre journalistes et communicants devient de plus en plus importante. Elle sert les deux causes équitablement. Pour les journalistes, elle représente une aide indéniable pour le processus d’écriture et financièrement. Pour les communicants, elle constitue un appui décisif pour mener à bien leur stratégie de communication. Cependant, les règles de cette relation changent dans le monde des médias sociaux. En effet, les réseaux sociaux offrent de nombreux services, qui peuvent compromettre la bonne entente entre journalistes et communicants.