La COVID-19, un « cygne noir » sur le sol français ?

Written by Lucas S.. Posted in La COVID-19, un « cygne noir » sur le sol français ?

Le terme “cygne noir” se caractérise en trois points : il ne peut être anticipé, il a des conséquences considérables et son apparition peut être expliquée a postériori. Tout comme la pandémie actuelle

Black Swan

Selon Nassim N. Taleb, théoricien du risque, le monde est souvent présenté de manière artificielle et trompeuse. Sa métaphore du Cygne Noir désigne des évènements imprévisibles.

L’homme, désemparé face à ces cygnes noirs, n’apprécie guère l’inconnu et a besoin de trouver des explications a posteriori.

La COVID-19 peut correspondre aux caractéristiques du cygne noir soit : la rareté, le fort impact et la prévisibilité rétrospective. L’importance de cette crise, parfois comparée à celle de la grippe espagnole, en est un témoignage. La pandémie a eu un fort impact mondial avec des conséquences humaines et économiques. Le nombre de cas s’est accru et les mesures restreignant les habitudes et déplacements se sont succédées.  

 

Un déni du danger

Lors des premières phases de la crise, la communication s’est avérée périlleuse. Le virus est “une sorte de grippe”, “il n’y aura pas d’épidémie en France”. Le déni évident des autorités et des spécialistes, la succession des discours dans les médias mêlés aux volte-face de l’Etat, met la crédibilité des autorités à rude épreuve. La population peine à s’y retrouver dans ce chaos informationnel. Pénuries, port du masque ? Nous avons une communication houleuse avec des contradictions successives. 

 

La médecine occidentale dite “supérieure”

A partir de 2019, on devra attendre plusieurs mois pour que les équipes scientifiques mondiales synchronisent leurs informations sur le virus. On parle alors de quelques semaines pour trouver un traitement. Des termes comme chloroquine, hydroxychloroquine, repositioning vont de la bouche des scientifiques français aux oreilles du grand public.  

La COVID-19 n’étant pas le premier coronavirus, les scientifiques restent confiants. Mais entre recherche et débats médiatiques, la situation n’avance pas. En constat d’échec, la science élabore un vaccin qui prendra plusieurs mois avant d’être opérationnel. 

N.Taleb fait un constat intéressant : seul l’inconnu devient automatiquement cygne noir, le connu demeure cygne blanc. Dès janvier 2020, le spectre de Wuhan planait déjà sur la population française. La pandémie était un scénario tout à fait envisageable, n’est-elle pas finalement qu’un cygne blanc ?

 

 

Sources :

  • Badillo, P-Y. (2020). Séance 2 : Cygne Noir. Communication des organisations et communication de crise, Université de Genève.
  • Haug, N. (2020). Ranking the effectiveness of worldwide COVID-19 government interventions. Nature Human Behaviour, 4, 18.
  • Nassim Nicholas Taleb (2010). Le cygne noir : La puissance de l’imprévisible, Paris : Les Belles Lettres, 496 p.
  • Rioust de Largentaye, A. (2011). Nassim Nicholas Taleb, Le Cygne noir, la puissance de l’imprévisible. Afrique contemporaine, 237(1), 157. https://doi.org/10.3917/afco.237.0157
  • S.Klapproth & P.Nussbaum. Séance 5 : Nassim N. Taleb: ‘The impact of the highly improbable’.Information et communication : Acteurs, missions et espace public, Université de Neuchâtel.

Mots-clefs : , , , , , , , , , , , , , , , , , ,