Allocutions télévisées : Emmanuel Macron et Alain Berset à l’épreuve des grandes théories

Written by Baptiste L.. Posted in Allocutions télévisées : Macron et Berset à l'épreuve des grandes théories

Les deux leaders ont été parmi les visages de la crise du Covid-19 dans leur pays. Voici quelques clés d’analyse théoriques pour juger leurs performances.

« Nous sommes en guerre ». Ces 4 mots, prononcés par Macron le 16 mars 2020, seront de ceux dont on se souviendra peut-être une fois la crise terminée. Dans son bureau, seul face à la caméra, le ton grave, Macron parle à son peuple. De l’autre côté de la frontière, Berset adopte une tactique différente. Le conseiller fédéral est en conférence de presse, avec ses collègues, il parle aux journalistes. Mais voyons ce qu’en disent les théories de communication de crise.

Habermas : 4 critères pour une allocution réussie

Observons dans les allocutions de MM. Macron & Berset à la lumière de ce qu’explique le philosophe allemand (voir encadré). Le français ressort comme le champion de la sincérité. La mise en scène, le ton, la première personne (au singulier comme au pluriel), les formules comme « nous sommes en guerre » ou « nous allons tenir ensemble » disent que le président est investi et croit en ce qu’il dit.

Son homologue suisse prend l’avantage sur la justesse et la vérité. Berset est moins « lyrique », plus efficace. Plus de place aux faits, aux chiffres, pour justifier l’action du conseil fédéral. Les questions des journalistes, dont Macron est dispensé, l’y aident sûrement.

Pour l’intelligibilité, c’est compliqué pour les deux leaders. Longues phrases, formules littéraires et décisions parfois incohérentes pour le français. 45 conférences de presse en 62 semaines pour le suisse. Il y a de quoi s’y perdre, et Habermas y aurait sûrement trouvé à redire.

Des leaders très observés…