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Devenir journaliste: les exigences ont changé !

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

Dans le cadre du projet MOOC « Innovation, médias et transformations digitales » les étudiants du master de Journalisme et communication de Genève vous invitent à une réflexion sur les médias à l’ère du numérique. Les articles qui suivent proposent un questionnement sur les formations des journalistes et des communicants.

Aujourd’hui, pour accéder au respectable titre de journaliste, une formation dans le domaine n’est plus requise. Alors que les écoles de journalisme continuent à offrir des formations de qualité, les journaux embauchent aussi bien des diplômés d’autres spécialisations tel que droit, mathématique ou encore géographie. Ce phénomène est qualifié de « malaise » entre les écoles de journalisme et les journaux (Sales, 1998).

Les exigences d’aujourd’hui pour accéder au métier de journaliste ne sont plus les mêmes qu’autrefois, c’est un fait. Les journalistes peuvent aujourd’hui avoir suivi différentes formations n’ayant aucun lien avec le domaine et présenter, pourtant, un bon profil pour le job. Comment cela se fait-il ?
Plusieurs spécialistes se sont penchés sur la question et en ont déduit que la révolution médiatique accompagnée de la crise économique sont les facteurs principaux qui ont influencé ce changement d’exigence au sein des agences de presse (Sales, 1998). Ainsi, c’est « un véritable festival de nouveaux médias, qui a bouleversé le paysage de la presse » (Sales, 1998). Autrement dit, l’informatique a totalement « modifié les processus de fabrication et (…) les métiers du journalisme ».

Un saut dans le passé

A l’époque, « les journalistes étaient issus des milieux intellectuels » (Charon, 1992,). Ils avaient fait de longues études et avaient des connaissances généralistes. Au fil du temps, des formations spécialisées en journalisme ont vu le jour, principalement afin de doter les journalistes d’une expertise dans les nouveaux médias (Charon, 1992) et de répondre aux exigences déontologiques des populations. Les écoles les plus réputées sont l’école de journalisme de Paris qui forme depuis 1899 et celle de Lille qui existe depuis 1924 (Badillo, 2020). Aujourd’hui, on considère que seulement 40% des journalistes sont des « vrais journalistes » (Sales, 1998). Comment conserver une certaine légitimité professionnelle dans la formation journalistque lorsque 60% des pigistes n’en ont pas suivi mais qu’ils possèdent autant de compétences que de « vrais journalistes ?»

Canva

Comment distinguer les « vrais journalistes » des « faux journalistes » ?

Un journaliste sur cinq a suivi une formation dans ce domaine (Sales, 1998). C’est un chiffre extrêmement bas. L’enquête de Sales débouche sur la création d’un nouveau concept : le vrai vs le faux journaliste. Sans surprise, le vrai est celui qui a suivi une formation structurée autour des dilemmes et des stratégies du journalisme. Il est préparé à subir toutes les pressions de la profession et connaît l’éthique et la déontologie du métier par coeur. Contrairement aux « faux journalistes », ayant suivi une spécialisation particulière dans un autre domaine et qui se forment au métier de journalisme par les expériences médiatiques qu’ils trouvent. Peut-être, qu’au final, tous deux sont aptes à nous transmettre clairement les informations que nous désirons. Cependant, le traitement de l’information ne sera pas le même.

À chacun son titre !

Ainsi, Sales propose une solution intéressante et cohérente : celle de spécifier exactement le titre des employés au sein des structures médiatiques(1998). Ceux ayant suivi une formation de journalisme obtiennent, par conséquent, le titre de journaliste qui témoigne de leur parcours académique. Les autres employés, qui, aujourd’hui, sont appelé journalistes car, concrètement, ils effectuent la même tâche que les journalistes eux-même avec une approche différente, se verront affecter une carte de presse (Sales, 1998). De cette manière, le titre de « journaliste » sera justement assigné aux personnes ayant étudié cette discipline dans des établissements qui portent son nom. Et, c’est ainsi que le terme « faux » journaliste n’aura plus raison d’être.

Pauline Sitbon
étudiante de Medi@LAB

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Références:
Charon J.-M., (1992). Journalisme : l’éclatement, dans : Réseaux, volume 10, n°52. La radio. pp. 97-114;
Sales C., (1998). Les écoles de journalisme : analyse d’un malaise, dans : Communication et langages, n°116, 2ème trimestre.
Cours « Innovation, médias et transformation digitale » donné par le Professeur Patrick-Yves Badillo, 2020

 

 

Le nouveau modèle économique des médias de masse

Written by Sven G.. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les piliers des mass media : vers une modification des paradigmes, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Il ne fait plus aucun doute, Internet et le numérique ont complètement bouleversé nos vies. Alors qu’aujourd’hui le monde entier surfe sur le web, les médias de masse se trouvent à un tournant de leur existence : leur modèle économique d’antan est chamboulé par les grands acteurs du numérique. Ce nouveau modèle ne met-il pas en péril le journalisme dans son ensemble ?

La création du World Wide Web a considérablement changé notre façon de vivre. Cette innovation a accéléré notre monde à une vitesse que personne n’aurait pu imaginer il y a une trentaine d’année. Petit à petit, Internet a touché tous les domaines possibles et aujourd’hui, il est au centre d’une problématique actuelle et récurrente : la crise des médias. En effet, la Googlization, ce phénomène d’expansion des technologies de recherche de l’entreprise homonyme dans divers marchés, semble radicalement changer le journalisme, quitte même à supprimer la profession telle qu’on la connaît aujourd’hui. Mais pourquoi ? Pour le comprendre, revenons d’abord sur le concept même de Googlization.

Le SEO, des entreprises aux médias

Toute entreprise de nos jours développe son positionnement sur Internet. Afin de donner plus de visibilité à un produit ou simplement à la marque, cette dernière a recours au procédé du Search Engine Optimization. Ce dernier consiste à augmenter le trafic sur la page web de l’entreprise en la référençant sur les moteurs de recherche. Mieux cette dernière est référencée, plus elle gagne en visibilité. Récemment, cette pratique s’est transposée aux médias. En effet, une étude menée en 2016 par Giomelakis and Veglis (Badillo, 2020) a démontré que les sites Internet des médias grecs ayant le plus de trafic étaient aussi ceux qui avaient le meilleur référencement. Il y a donc un effet direct entre les moteurs de recherche et le trafic sur les sites web des médias et de ce fait, sur la production médiatique en elle-même. En effet, cette recherche de trafic a donné lieu à ce que l’on considère comme le nouveau modèle économique des médias.

La Googlization, nouvel acteur économique

Il y a peu, le modèle managérial de base des médias était considéré « à deux versants »: il reposait d’une part sur les abonnements des consommateurs et d’autre part sur les annonces publicitaires. Avec l’avènement d’Internet, les annonceurs ont petit-à-petit délaissé les médias de masse classiques pour se tourner vers Internet, dont le coût est radicalement moins cher. En pleine crise, les médias ont donc dû trouver d’autres moyens de se financer et, c’est là toute l’innovation de ceux-ci ces dernières années, ils ont suivi le mouvement pour voir leur activité fleurir sur le web. L’utilisation du Search Engine Optimization par les médias leur est bénéfique car elle leur permet d’augmenter le trafic et ainsi récolter des données sur les internautes qui visitent leur site Internet. On parle ainsi d’un nouveau modèle économique car ce ne sont plus uniquement les abonnements et la publicité qui constituent le revenu principal des médias, mais bien la recherche de données (Badillo, 2020). De ce fait une question se pose : ce nouveau modèle a-t-il toujours pour objectif de produire de l’information ?

Le nouveau modèle économique tend à privilégier la recherche de données plus que la création de contenu de qualité. (Badillo, 2020)

Cette recherche constante de données afin de cibler le contenu à proposer aux consommateurs est à la base d’une destruction créatrice des médias (Badillo, 2020). En effet la recherche constante de données a détruit le modèle économique de base pour créer un nouveau système dans l’industrie, qui semble détruire le journalisme tel qu’il est connu aujourd’hui. Cette course aux données pousse les médias à proposer un contenu ciblé qui parfois n’est pas en accord avec leur ligne éditoriale et cela uniquement afin de créer du trafic. Une pratique qui tend vers une limitation de la créativité. Les plateformes de réseaux sociaux et les moteurs de recherche valorisant désormais l’information, ces derniers incitent les organismes de presse à produire un certain type de contenu, comme les vidéos, ou en dictant les activités éditoriales au travers des normes de conception. Les plateformes et les moteurs de recherche sont donc devenu explicitement éditoriaux de contenu (Badillo, 2020).

Ainsi, le numérique, et en particulier le concept de Googlization, bouleverse le journalisme et les trois piliers des médias de masse que sont la production, la conception et la diffusion de l’information. Une notion que ma collègue Eva MacNeill a approfondi dans son article « Les piliers des médias traditionnels ou la pression des changements de réseaux » que nous vous invitons à lire pour approfondir le sujet.

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Références

Article en cours de publication chez Ringier Axel Springer : Badillo, P.-Y. (2020), Innovation and Media: Googlization and Limited Creativity.

Badillo, P.-Y. « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève.

Ville de Genève (12 juin 2019). ActMédia – 14 septembre 2018 | Googlization et concentration des médias. Consulté à partir de https://www.youtube.com/watch?v=9wKK9hteXpE 

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Sven Grossenbacher 

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« Le User Generated Content », Trendyword ou potentiel levier de succès pour les stratégies SEO ?

Written by Mariama M.. Posted in L'innovation ou la destruction créatrice des médias, Medi@studies, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Genève, le 13 Mai 2020

Durant le semestre de Printemps 2020, l’Université de Genève à travers Medialab propose ce cours aux étudiants et experts en communication. Le troisième volet de ce MOOC, L’innovation ou la destruction créatrice et les médias est consacré à la notion de « User Generated Content ». Cette leçon se propose de démystifier ce concept afin de le rendre accessible à tous. L’objectif est d’en avoir les connaissances fondamentales en évoquant son contexte d’émergence, sa pratique et son impact dans une stratégie de communication efficiente.

 

Une genèse impulsée par les usagers ?          

L’audience, composée d’internautes, est passé du stade passif à celui d’actif (Jenkins, 2006). Avec cette convergence, une participation active sur la création et la diffusion de contenus pousse l’usager au-devant de la scène. C’est là que le User Generated Content prend tout son sens en faisant participer l’usager/consommateur. Historiquement, les années 2000, avec l’avènement du web, marquent le début de ce nouveau paradigme. Dans le jargon communicationnel, ce concept « favorise l’intelligence collective par le biais des échanges entre utilisateurs et donne ainsi naissance à de nouveaux phénomènes, tel que le crowdsourcing » (Badillo, 2013). Il va s’en dire que ces contributions permettent de connaître et comprendre les consommateurs, leurs réactions, ce à quoi ils sont sensibles et leurs attentes. L’analyse de ces données grâce à des algorithmes peut s’avérer cruciale quand la marque réfléchit à de nouveaux produits ou services, ou comment renforcer ou infléchir sa stratégie.

L’engagement des cibles marquée par l’usage des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux permettent l’émergence d’une stratégie marketing conversationnelle, où l’échange avec les utilisateurs est valorisé. En ce sens, comment peut-on définir cette notion ? elle désigne « un groupe d’applications basées sur Internet qui s’appuient sur les fondements idéologiques et technologiques du Web 2.0 et qui permettent la création et l’échange de contenu généré par l’utilisateur » (Kaplan et Haenlein, 2010). A partir de là, l’UGC devient une aubaine pour les entreprises grâce à ce contenu généré par la contribution des internautes. L’avantage de cette technologie sociale résulte en la facilité d’utilisation et de partage des photos/vidéos sur ces réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Instagram, etc. Quand la marque est mise en valeur par son public, l’impact est conséquent avec un taux d’engagement efficient.

LEGO ou la nouvelle voie de conception des jeux !

Sur internet, les contenus se retrouvent sous différentes formes : les tweets et post, le partage de vidéos/ photos. Ceux-là sont ensuite massivement utilisés car constituant une mine d’or pour les entreprises et grandes marques. C’est le cas de Lego. Lego est une marque danoise qui fabrique des jeux basés sur des briques élémentaires à assembler. Afin de maintenir son statut de leader, la marque profite de la sortie du film LEGO Movie 2 (2018) pour lancer le Projet Kronkiwongi. La marque, à travers ce dit projet veut rappeler aux parents que ce jeu LEGO est une question de créativité et de sensibilisation, tout en capturant les apprentissages pour stimuler l’innovation marketing. Le concept du projet est aisé ! Les enfants doivent construire un « Kronkiwongi », puis présenter leur création sur les réseaux sociaux. Aussi simplet soit-il, il en découle des résultats mondiaux impressionnants. Le taux d’engagement sur leurs réseaux sociaux augmente affectant positivement leur chiffre d’affaires.

Mariama Faye MANE

Concepts clés : User Generated Content, Usager, Réseaux sociaux, Marque

Références

  • BADILLO, Patrick-Yves, COLL, Sami, ZIMMERLI, Virginie. « La ré-innovation numérique et les nouveaux usages ». In : Le futur est-il e-media ? Paris : Economica, 2014. p. 146-157.
  • BADILLO, Patrick-Yves, ROUX, Dominique. « Des réseaux sociaux aux technologies sociales : une ré-innovation numérique ascendante ». In : Economica (Ed.). Le futur est-il e-media ? Paris : Economica, 2014. p. 20-34.
  • Kaplan, A. M., Haenlein, M., « Users of the world, unite! The challenges and opportunities of Social Media », Business Horizons, n° 53, 2010, p. 61

L’ère du Big Data : Le monde à la merci des données

Written by Jennifer N.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Le Big Data est apparu dans les années 90 grâce aux améliorations des systèmes de stockage de l’information. Il a pris une ampleur telle que selon de nombreux économistes le Big Data représente l’or noir du 21ème siècle. Pour mieux comprendre ce que cela signifie, nous allons détailler les enjeux de ce phénomène.

Le Big Data signifie en français « données massives » ou encore « mégadonnées ». Il est question ici de toutes les informations que l’on peut récolter grâce à des appareils électroniques connectés. Lorsque l’on fait une recherche sur Google ou que l’on « like » une photo sur Facebook, ceci génère une information qui est ensuite stockée sous forme de données. Cependant, telles quelles, les données ne peuvent pas réellement être utilisées. Il a donc fallu créer des algorithmes assez puissants pour traiter, organiser et exploiter ces données.

Comprendre le Big Data en 5 points 

Pour mieux concevoir ce qu’est le Big Data, il est possible de le définir et de le décortiquer selon 5 paramètres clés, les 5V :

Une innovation à double tranchant 

Vous l’aurez compris, ces données représentent une mine d’or pour toute personne ou groupe sachant les maîtriser. Mises bout à bout, elles peuvent déterminer les habitudes de consommation d’une personne ou d’une population entière ou encore prédire des événements divers tels que la météo, le taux de remplissage d’un hôtel ou l’apparition de maladies. Cependant, comme dans toute technologie, des avantages et des inconvénients existent.

Les avantages :

  • Optimiser les ventes : que ce soit pour les entreprises privées ou publiques, les données sont primordiales. Elles permettent d’optimiser l’offre en fonction des clients ou utilisateurs. Ainsi les CFF sont capables de prévoir le taux de remplissage de leurs trains pour offrir à l’usager la possibilité de choisir la course qui lui conviendra le mieux. Dans un autre domaine, Apple par exemple utilise les données pour améliorer ses produits et augmenter ses ventes.
  • Aider les patients : dans le secteur médical, les données sont d’une aide précieuse lorsqu’il s’agit de mettre en place ou d’ajuster le traitement d’un patient.

Les inconvénients :

  • La protection des données : c’est l’inconvénient majeur car il est difficile de garantir une protection complète de la vie privée sur internet. En effet, on se souvient tous des scandales liés à des vols de données ces dernières années.
  • Garantir la démocratie : comment garantir une démocratie totale lorsque des informations sur le comportement de vote et sur les intérêts d’un peuple sont utilisées pour promouvoir un camp plutôt qu’un autre ? Cette problématique est parfaitement illustrée par l’affaire Cambridge Analytica.

Cette technologie étant relativement jeune, tout l’enjeu sera de trouver un équilibre pour que ces données profitent au plus grand nombre, et ce, avec le minimum d’effets négatifs.

Le développement du Big Data a été possible, grâce aux avancées technologiques de ces dernières années que nous vous avons détaillées dans nos précédents articles. Pour en savoir plus, découvrez le MOOC « Innovation, médias et transformation digitale » de l’Université de Genève. Il vous permettra de suivre des cours en ligne pour approfondir, entre autres, vos connaissances sur les fondements technologiques et économiques de la transformation digitale.

60 secondes pour mieux comprendre le Big data:

JN/LF

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Références:

Les algorithmes : amis ou ennemis de notre société ?

Written by Lisa F.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

MOOC en innovation, médias et transformation digitale – La semaine passée, nous vous présentions la numérisation et la convergence. De ces innovations se sont développées l’intelligence artificielle et le machine learning, des procédés qui permettent notamment l’usage d’algorithmes sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous vous présentons les divers domaines d’application de ces calculs et faisons le point sur leur portée et leurs effets pour notre société.

Avec l’arrivée de la numérisation, l’intelligence artificielle et le machine learning se sont aussi développés. Les réseaux sociaux en particulier, sont au cœur de cette évolution via l’usage des algorithmes : ceux-ci permettent de sélectionner des types de publications bien spécifiques à mettre en avant, grâce aux instructions contenues dans l’algorithme. Leur fonctionnement n’étant pas toujours rendu public par les sociétés qui les utilisent, comme Facebook ou Google, ils suscitent nombre d’interrogations chez les internautes et dans la société en général. Notamment car leurs effets concrets sur notre population sont encore flous.

Leur portée n’étant pas limitée aux influenceurs qui opèrent sur les réseaux sociaux, nous avons recensé leurs domaines d’activité en fonction de leur rôle dans la société (cliquez sur les images pour les agrandir!) :

Peut-on échapper aux algorithmes ?

L’utilisation d’algorithmes est donc en pleine croissance et s’étend au-delà des réseaux sociaux. Leurs effets négatifs ont notamment des impacts sur les médias qui dépendent de ces plateformes : ils doivent redéfinir leur stratégie de contenu afin de bénéficier des retombées publicitaires liées à leur usage. Et ce, parfois au détriment de leurs employés, comme VoxMedia qui a dû licencier une cinquantaine d’employés actifs dans le secteur vidéo. Alors s’il n’est pas possible d’échapper à cette innovation, ni d’en freiner son déploiement, il est en revanche envisageable d’apprendre à vivre avec les algorithmes. Selon un rapport du CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) publié en 2017, il faut former les citoyens et les utilisateurs d’algorithmes afin de rendre ces derniers plus compréhensibles et ainsi favoriser leur transparence. Ils doivent aussi être testés et contrôlés fréquemment afin d’éviter les dérives éthiques.

Nous vivons dans une ère qui ne cesse d’innover, souvent pour nous faciliter la vie et parfois au détriment de notre libre-arbitre. La solution pour en tirer tous les avantages, sans y laisser sa capacité de décision, réside dans la formation et l’apprivoisement de ces outils technologiques. Le MOOC en innovation, médias et transformation digitale de l’Université de Genève prodigue des enseignements-clés pour comprendre les transformations de notre société.

LF/JN

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Références:

  • Badillo, P.-Y. (8 mars 2019). Médias: le piège « algorithmique ». Consulté à partir de https://www.tdg.ch/reflexions/medias-piege-algorithmique/story/10332801
  • Delmi, D. (12 septembre 2019). Comment les réseaux sociaux nous enferment dans des bulles de filtres ! Consulté à partir de https://www.bilan.ch/opinions/david-delmi/comment-les-reseaux-sociaux-nous-enferment-dans-des-bulles-de-filtres
  • Gola, R. (20 février 2020). Publicité numérique et encadrement des algorithmes. Consulté à partir de https://theconversation.com/publicite-numerique-et-encadrement-des-algorithmes-89389
  • Höinghaus, C. (7 juillet 2016). Des algorithmes pour l’économie? Consulté à partir de https://www.ictjournal.ch/news/2016-07-08/des-algorithmes-pour-leconomiewww.ictjournal.ch
  • Khal, P. (10 octobre 2019). Les algorithmes des médias sociaux: des amis qui vous veulent du bien (ou pas?) Consulté à partir de https://swello.com/fr/blog/algorithmes-medias-sociaux/
  • Neuer, L. (30 janvier 2018). Algorithmes :  » Ce sont les individus qu’il faut responsabiliser « . Consulté à partir de https://www.lepoint.fr/editos-du-point/laurence-neuer/algorithmes-ce-sont-les-individus-qu-il-faut-responsabiliser-29-01-2018-2190382_56.php
  • Van Cutsem, N. (23 février 2020). Ils traquent le coronavirus sur les réseaux sociaux. (2020, February 23). Consulté à partir de https://www.rts.ch/info/monde/11102769-ils-traquent-le-coronavirus-sur-les-reseaux-sociaux.html

Télévision, symbole de la galaxie Marconi: trois générations pour trois usages différents

Written by Isabelle A.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] La télévision, grand média de la Marconi, voit le jour en 1926. Son évolution va passer par trois générations. Avant d’être la télévision telle que nous la connaissons aujourd’hui, elle était diffusée par voie hertzienne dès 1929, puis apparaissent le câble ainsi que le satellite dans les années 70. L’arrivée d’internet donne naissance à la télévision 3.0. Ces différentes étapes ont radicalement changé les manières de consommer l’information. Si les théories de l’innovation, de l’information et de la numérisation vous parlent, cet article dans le cadre d’une thématique du MOOC est fait pour vous.

 

Télévision de salon vers 1960. Source: Musée de la communication de Berne

La télévision hertzienne: le temps d’une télévision unificatrice

La première génération représente la télévision hertzienne qui comporte peu de chaînes et ne permet que peu d’heures de visionnage par jour. C’est la BBC qui a commencé à émettre la première chaîne en 1929, mais la qualité de l’image n’attirait pas encore un grand public (Badillo et Roux, 2009). C’est à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, grâce à la technologie de télévision à balayage électronique, que la télévision va connaître un grand succès. (Bertho-Lavenir, 2009). A cette époque, elle est très familiale et rassembleuse puisque tous regardent la même émission au même moment, ce qui permet d’imaginer la population en tant que communauté et tendre vers un « nous » rapproché. La télévision est comme imposée aux téléspectateurs et ce qui était diffusé à l’écran était considéré comme acquis. La télévision était pensée comme une contribution à la construction de l’identité nationale. Elle avait un projet de service public qui consistait à élever le téléspectateur et lui permettait de mieux comprendre les communautés et son entourage. S’adressant à un public de masse, elle représentait un médium de flux qui permettait une certaine synchronisation de la population.

 

L’apparition de la télévision par câble et satellite

La seconde génération débute dans les années 1970 et correspond à la télévision « multi-channels ». La transmission est toujours majoritairement hertzienne, mais le câble fait son apparition. Alors que la télévision par câble naît aux Etats-Unis à la fin des années 40 grâce à John Watson, ce n’est que dans les années 70 qu’elle connaît une progression. Le câble permet une meilleure réception des signaux hertziens de télévision dans les régions montagneuses ou excentrées (Badillo et Roux, 2009). A la fin des années 70, aux États-Unis, ce sont près de 16 millions de ménages qui sont abonnés. En parallèle, en 1975, Gérald Levin introduit, avec HBO (Home Box Office), le principe de la télévision payante en s’appuyant sur des satellites. C’est la première fois dans l’histoire de la télévision qu’une chaîne utilise la voie des câbles et des satellites qui était auparavant réservées à la radio (Balle, 1995).

L’émission de Temps présent de la RTS s’est rendue en décembre 1980 au Québec pour un reportage présentant « la télévision de demain », selon le journaliste. Celui-ci a visité le siège de Videotron, une entreprise pionnière de la télévision par câble qui comptait à cette époque 100’000 abonnés et qui proposait 35 programmes. Regardez le reportage:

Ces innovations permettent une diversité au niveau des chaînes, ce qui créé une segmentation de l’offre. « Avant, c’est la télévision qui donnait rendez-vous au téléspectateur, aujourd’hui, de plus en plus souvent, c’est le téléspectateur qui donne rendez-vous à la télévision » (Balle, 1995). Cela tend vers une « asynchronisation » de la population. Alors qu’avant la télévision construisait un agenda, un menu de discussion, la télévision d’aujourd’hui ne créé plus cet esprit rassembleur.

 

Vers la TV 3.0

Cette troisième génération se caractérise par l’ajout d’internet aux autres moyens (hertz, câble et satellite). Si la phrase de Balle citée plus haut, faisait déjà sens en 1996 avec la révolution numérique, elle prend encore plus d’importance aujourd’hui. Avec l’avènement d’internet, les programmes sont à la demande et le visionnement d’émissions est possible en tout temps. Le support a également changé : alors qu’avant la télévision se regardait à travers un téléviseur, aujourd’hui, les contenus télévisés voyagent sur de multiples plateformes. De plus, les plateformes de streaming viennent faire de l’ombre à la télévision et semblent créer un clivage générationnel. La question qui reste en suspens est alors: comment rendre la télévision attrayante pour les milléniaux ?

Pour en savoir plus sur l’usage d’internet à travers le satellite, lisez l’article qui suit: « Empreinte satellite: du sol lausannois à l’espace ». ⬇️

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article :

Badillo, Patrick-Yves, et Dominique Roux. « Les 100 mots des télécommunications »Presses Universitaires de France, 2009, pp. 29-63.

Balle, Francis. « Chapitre III. Les médias en question », Francis Balle éd., Les médias. Presses Universitaires de France, 2020, pp. 80-114.

Balle, Francis. « L’école, la télévision et les technologies nouvelles », Réseaux, vol. 71, no. 3, 1995, pp. 117-127.

Bertho-Lavenir, Catherine. « La main sur le signal : changement technique et identité collective dans la télévision française (1935-1995) », Le Temps des médias, vol. 13, no. 2, 2009, pp. 122-140.

Les archives de la RTS, Temps présent « Bienvenue chez Videotron » (1980, 11 décembre): https://www.rts.ch/archives/tv/information/temps-present/11205578-bienvenue-chez-videotron.html.

 

 

Isabelle Aeschlimann, étudiante de Medi@LAB.

Empreinte satellite: du sol lausannois à l’espace

Written by Chloe P.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Si le satellite fait son apparition durant la guerre froide, dans un contexte de course à la technologie, il est aujourd’hui utilisé pour tout ce qui relève des télécommunications et de la recherche scientifique. Selon le Bureau des affaires spatiales de l’ONU, il y aurait environ 5’000 satellites artificiels en orbite autour de notre terre. Ceux-ci volent à environ 36’000 km de la surface terrestre. Dans cet article rédigé dans le cadre d’une thématique du MOOC de Médi@LAB, nous aborderons la puissance des connexions satellites aujourd’hui et l’impact de l’entreprise ViaSat à Lausanne concurrençant la fibre optique. 

Les satellites artificiels lancés par l’Homme dédiés aux télécommunications comprennent la téléphonie, la télévision, la radio et internet. Depuis les années 2010, nous sommes dans une apogée du satellite. Jusqu’aux années 80, deux types de satellites étaient distingués dans l’espace concernant la communication : les satellites de télévision et les satellites de télécommunications. Aujourd’hui notre technologie permet un seul et même type de satellite plus puissant (Badillo, 2009). 

Satellite de télécommunication en orbite. Source : Wikipedia

Lausanne, base européenne du marché satellitaire ? 

En 2007, l’entreprise de communication ViaSat Antenna Systems pose sa station terrestre à Lausanne, au sein de l’EPFL avec une antenne dans le bâtiment du Parc de l’innovation. L’entreprise développe des antennes et des terminaux destinés aux appareils sans connexion wifi. Elle a pour but d’être la première à fournir un accès généralisé à internet haut débit. La puissance satellitaire de ViaSat permettrait également de fournir le Moyen-Orient et une partie du continent Africain en débit internet (Bilan). D’ici à 2022, l’entreprise espère proposer internet à échelle mondiale. Selon le Temps, l’entreprise compte déjà 150 000 utilisateurs en Europe de ViaSat Antenna Systems, de quoi être prometteur! En 2019, ViaSat enregistre un chiffre d’affaire record par rapport aux autres entreprises de Telecom. D’autres innovations technologiques émergent à l’EPFL tel que SWISSto12, une start-up de cette école polytechnique qui développe des antennes pour des applications de télécommunications.

Antenne de l’entreprise ViaSat. Source : Télé Satellite.

 

Vers une extinction de la fibre optique ?

Moins chère que la fibre optique, le satellite permet d’être connecté en permanence, à n’importe quel endroit, tel que dans les trains et les transports. Pour faire passer la fibre optique, il faut creuser des sillons, pour permettre à la fibre optique ou le câble d’y passer, avec le satellite c’est plus simple, tout passe par les airs, dans l’espace sans encombrement terrestre.

Selon Bilan, « là où le déploiement de la fibre optique reviendrait à plus de 1500 dollars par an et par foyer, la solution satellitaire ne coûterait que 600 à 700 de dollars d’investissement par foyer. «  Une différence notable. De plus selon ViaSat « Le satellite ViaSat-3 devrait être opérationnel en 2020 pour fournir une capacité d’un térabit par seconde, permettant d’atteindre des vitesses comparables au meilleur de la fibre optique« . 

 

Une connexion dans les airs ? 

Outre le domaine du haut débit résidentiel terrestre, le domaine de l’aviation a connu une grande croissance également. L’entreprise ViaSat a permis à 500 avions aux USA d’être paré d’une connexion internet en leur sein, et ce, durant les vols. Pour ce faire, l’avion doit être équipé de modems et d’une petite antenne externe pour être relié aux satellites de télécommunications. Un grand nombre de compagnies aériennes a déjà signé des contrats avec l’entreprise ViaSat en collaboration avec Eutelsat tel que United Airlines ou Israël Airlines. La couverture comprend principalement les Etats-Unis et l’Europe.

Carte de la couverture satellite pour les vols exploités par ViaSat. Source : United Airlines.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article:

Badillo Patrick-Yves, Roux Dominique, « Économie des télécommunications, marchés, acteurs et réglementation », dans : Patrick-Yves Badillo éd., Les 100 mots des télécommunications. Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 2009, p. 13-15, p. 16-18, 26-27, p.31-33, p. 44-46, p. 46-47.

Bilan : https://www.bilan.ch/techno/lausanne_capitale_de_l_internet_par_satellite. Consulté le 10 mai 2020.

Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo.

Le Temps : https://www.letemps.ch/economie/pme-romandes-se-lancent-lassaut-lespace. Consulté le 10 mai 2020.

Télé Satelitte : https://www.telesatellite.com/actu/52852-chiffre-affaires-record-pour-viasat.html. Consulté le 8 mai 2020.

United Nations : Office for Outer Space Affairs : http://www.unoosa.org/oosa/en/ourwork/psa/satellite-communications.html. Consulté le 9 mai 2020.

United Airlines : https://www.united.com/ual/fr/fr/fly/travel/inflight/wifi.html. Consulté le 11 mai 2020.

 

Chloé Pellegrin, étudiante de Medi@LAB.

 

Quel avenir pour le journalisme traditionnel et l’information de qualité?

Written by Giacomo A.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

La pandémie du Covid-19 met davantage en crise la presse traditionnelle, à travers la perte de nombreux revenus publicitaires. Secteur déjà en crise auparavant, sa situation ne s’arrange pas. Dans le cadre du dernier article du MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale », l’institut Medi@lab fait le lien entre la « Googlization des médias » et le secteur de la presse. Cela va être mis en exergue à travers l’interview d’un futur journaliste. Nous analysons via son cursus, son expérience et ses idées le futur de ce métier, entre crise du journalisme traditionnel et information de qualité toujours plus rare.

Giacomo Annicchiarico – En quelques mots, quel a été ton parcours dans l’objectif de devenir journaliste professionnel?

CV (initiales d’emprunt) – Mon parcours universitaire a débuté avec un bachelor en sciences économiques et sociales, et s’est poursuivi avec un master, toujours dans ce domaine. Ce qui est important pour entrer dans le journalisme, à mes yeux, ce n’est pas forcément d’avoir étudié la méthodologie au préalable, puisqu’elle va de toute manière être apprise sur le tas, lors des expériences professionnelles. Ce qui compte est le bagage accumulé précédemment, que ce soit en sociologie, en économie ou encore en sciences politiques, véritable clé de lecture qui permettra d’appréhender les divers sujets. Durant une grande partie de mes études, j’ai travaillé dans le journal de l’université. C’est à la fin du master que j’ai été engagé en stage de formation dans un média indépendant suisse romand.

Au regard de ton expérience lors du stage de formation, as-tu ressenti cette crise qui touche le secteur de la Presse? Et si oui, l’as-tu ressentie dans ton travail quotidien au sein de la rédaction?

Tout d’abord, la vie d’un média indépendant en Suisse est vraiment compliquée, davantage que celle d’un média comme « Le Temps » par exemple. Dès le début, j’ai ressenti le manque de moyens au sein de la rédaction du journal: les collègues en parlaient ouvertement lors des pauses. La question pour la plupart des médias indépendants suisses c’est: comment survivre financièrement lorsqu’on dépend du lectorat et/ou de l’autofinancement?

Au sein du journal, il y avait une pression pour trouver de nouveaux abonnés que ce soit pour le format print ou pour le web. En plus de couvrir l’actualité, il y avait une nécessité de réfléchir à comment attirer de nouveaux lecteurs de par les sujets. En fait, j’ai pu observer que la demande influence aussi le contenu. Pour assurer son avenir, le but du média est avant tout de vendre « sa production », et de chercher à attirer ainsi de nouveaux abonnés. Là où j’ai travaillé, le journalisme ne baissait pas en qualité pour autant.

Le véritable enjeu c’est de renouveler le lectorat, de chercher à attirer les jeunes

Après l’expérience vécue lors de ce stage de formation, considères-tu que l’avenir de la profession de journaliste traditionnel est en danger?

Le journalisme traditionnel devrait toujours exister. Un journal peut survivre grâce à la publicité ou encore au mécénat. Alors que l’on a parfaitement pu constater les limites de la publicité en ces temps de crise. Le véritable enjeu c’est de renouveler le lectorat, de chercher à attirer les jeunes. Les médias doivent réussir à « changer de génération ». Cet enjeu est clair, comme nous le démontre l’exemple de la RTS qui s’efforce d’attirer un public plus jeune en variant les contenus et les supports (utilisation d’Instagram).

Est-ce que tu considères que le journalisme numérique pourrait remplacer le journal print? Quels sont tes rapports avec le numérique?

La forme importe peu, l’essentiel c’est avant tout le fond. La forme ne doit tout simplement pas influencer négativement le fond. L’approche avec le numérique est différente, il faudrait éviter de tomber dans une logique tape-à-l’œil, à la recherche du click. Un exemple de risque lié au numérique, c’est celui du journal « Le Temps », qui produit massivement des articles chaque jour afin de faire « tourner » le site sans arrêt. La page d’accueil ne doit pas stagner, ne serait-ce même qu’une heure. Cette course à la productivité est un danger lié à la numérisation.

L’aide idéale serait représentée par la mise en place d’une aide fédérale

Est-ce que tu penses que l’information de qualité risque de disparaître? Comment pourrions-nous assurer sa survie?

Concrètement, les gens doivent continuer à chercher l’information de qualité. En fait, on en revient au problème générationnel. Il faut attirer un lectorat plus jeune et éduquer les nouvelles générations aux médias. L’aide cantonale directe, comme il y a eu au Canton de Vaud, ce n’est pas forcément la meilleure solution. Si le principal financement provient du Canton, le journal ne va pas remettre en question la politique cantonale. Disons que cela peut donc réduire la liberté d’un journal.

L’aide idéale serait représentée par la mise en place d’une aide fédérale, d’un niveau plus détaché. Le soutien de la Confédération à la Presse serait la solution la plus viable pour qu’un journal puisse garder la plus grande marge de liberté. Il faudrait peut-être repenser les aides à la Presse, surtout au regard de l’expérience actuelle, avec les chutes des revenus publicitaires liées au Covid-19.

Finalement, quels points positifs retiens-tu dans le journalisme d’aujourd’hui? Qu’est-ce qui te fais croire encore dans ce métier?

D’après moi, la profession de journaliste est essentielle à la vie d’une société démocratique. Le journal c’est le média, c’est-à-dire le médium (l’intermédiaire) entre la population et la politique. Le journaliste doit transmettre l’information de la façon la plus claire et concise possible, dans le but d’informer. Le journaliste, c’est aussi un garde-fou, il est là pour surveiller le monde politique, les entreprises, etc. Voilà les deux rôles clés du métier de journaliste.

L’éducation aux médias est fondamentale, et elle doit commencer plus tôt

Les mots de la fin…

Le journalisme ne doit pas disparaître, il doit être préservé! L’éducation aux médias est fondamentale, et elle doit commencer plus tôt. Il faudrait davantage éduquer les jeunes générations aux médias à l’école, et ce dès le plus jeune âge. Il est important de sensibiliser les jeunes générations à cette thématique, que l’on parle de radio, de télévision ou de presse écrite. L’important c’est d’aider les jeunes générations à comprendre que ce que l’on voit ce n’est pas forcément la réalité. Il faut leur donner les outils pour démêler le vrai du faux, et comprendre la différence entre une information de qualité sourcée, et une « fake news ». Voici le véritable rôle de la presse traditionnelle: un rôle de garde-fou focalisé sur la vérification de l’information!

Giacomo Annicchiarico

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Communicant d’entreprise : quel chemin emprunter ?

Written by Kelly C.. Posted in Journalisme et communication

En savoir plus sur le MOOC « Innovation, médias et transformation digitale » ? Cliquez-ici ! » http://medialab-geneve.ch/

Stratège, relais d’information, bouclier médiatique, avocat, sont autant de thermes qui peuvent être utilisés afin de décrire la profession de communicant d’entreprise dont, à l’instar du journalisme, la définition est floue.  Une question se pose alors : quelle formation est efficace pour être un bon communicant ? Cet article ouvre un dialogue entre deux point de vues qui, de premier abord, s’opposent; le communicant d’entreprise doit il jouir d’une formation académique en communication ou doit-il justifier d’une « expérience de terrain » propre à l’entreprise ?

Mais que fait la police (académique)?

Dans Journalisme : l’éclatement (1992) de J-M Charon, l’auteur rapporte que si les écoles de journalisme françaises tentent d’inclure dans le cursus de journalisme la diversité scientifique, : “L’habitude des quotidiens nationaux ou de radios et télévisions de s’en remettre à des médecins pour traiter du domaine de la santé révèle bien à cet égard ses limites“ (Charon, 92). Cette constatation peut également s’appliquer dans le domaine de la communication, à notre époque. En effet, être un excellent communicant semble relever d’une aptitude de connaissance parfaite du domaine de l’entreprise. Ainsi, un académicien pur et sans expérience dans l’économie, peut-il prétendre au poste de communicant dans une entreprise à but lucratif ?

Balle au centre et on refait les équipes !

Cette question génère de multiples opinions. Cependant, dans Disrupting the Function of IC (IC Kollectif, 2019) dont les propos sont rapportés sur le blog de Madmagz.news, les multiples interventions donnent une idée précise de ce qui est nécessaire à la profession de communicant : la pluridisciplinarité. En effet, un bon communicant peut être issu de l’académie comme du secteur de l’entreprise, il n’empêche que pour être efficace, il doit savoir jouer sur plusieurs terrains. Ainsi, comme expliqué dans Déontologie dans la communication : entre loyauté et transparencel’essentiel est de respecter les principes du communicant.

En conclusion, il n’y a pas de chemin meilleur qu’un autre pour être un bon communicant. Le succès des professionnels du domaine réside dans leurs capacités à mettre à profit leurs connaissances et en apprendre de nouvelles. L’empathie, l’ouverture d’esprit comme la sociabilité sont des qualités humaines nécessaires pour exercer la profession et elle ne  s’apprennent ni au sein d’une entreprise, ni sur les bancs d’école.

Si vous souhaitez obtenir plus de renseignements sur la formation universitaire de journalisme et communication de l’Unige, n’hésitez-pas à vous rendre sur la page du Médialab ! :https://www.unige.ch/sciences-societe/medialab/

Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
-Charon Jean-Marie. Journalisme : l’éclatement. In : Réseaux, volume 10, n°52, 1992.
-Disrupting the Functions of IC, IC Kollectif, e-book, 2019
Quelles sont les compétences d’un communicant interne ?, Madmagz, Pauline, 2020.
-Image :Pixabay, 2020

 

                                                                                                                                         Kelly Chapman,
Étudiante Médialab Genève

                   

Comment les médias publics réagissent face au Covid-19?

Written by Chen X.. Posted in Service public et médias

Genève, le 12 mai 2020 | Dans le cadre du MOOC « Innovation, médias et transformation digitale », les étudiants en Journalisme et Communication de l’Université de Genève étudient le rôle des médias publics. Les médias jouent un rôle primordial pour communiquer l’information, guider l’opinion publique et rassurer la population, et ce d’autant plus dans le cas du coronavirus.

Capture d’écran du nombre de cas confirmés, de morts et de guéris du Covid-19, réalisée le 11/05/2020. Source : Worldometer

Depuis le début de la pandémie en décembre 2019, le Covid-19 a touché 212 pays et territoires dans le monde. En tout, Worldometer décompte plus de 4,2 millions de cas confirmés et 284’335 décès. Quant à la Suisse, le pays a enregistré 30’300 cas positifs et 1833 victimes depuis son premier cas, apparu le 25 février 2020.

 

 Le rôle des médias publics

Épidémie de panique à l’échelle mondiale. Image publiée sur Courrier international le 02/03/2020. Auteur : Rube L. Oppenheimer

Suite au déclenchement de la pandémie, la demande d’information du public est devenue très urgente. La divulgation et l’interprétation d’informations précises et complètes en temps réel par les médias doivent répondre aux besoins des citoyens. Les médias ont le devoir d’être le plus objectif possible (Mindich, 1998), de rassurer et de calmer le public. Dans le cas où la divulgation d’informations n’est pas faite en temps réel, elle conduit le public à porter un jugement vague sur la situation et même à de la confusion.

Au début de la pandémie, le Covid-19 représentait de la soudaineté, de l’urgence et de l’incertitude, ce qui développait une vague d’inquiétude et de panique au sein de la population. Pendant ce temps, le site AgoraVox déplore que « la psychose autour du coronavirus s’intensifie. Chaque matin, tous les journaux font le compte des morts et des infectés […]. Au fur et à mesure que la maladie se propage, […] l’intérêt […] continue de grandir ». Les médias publics suivent de près l’évolution de la pandémie, et ils reportent les décisions et mesures prises par le Conseil Fédéral. Ils gardent aussi un oeil sur la situation dans les autres pays. Les médias publics démontrent alors leur rôle irremplaçable en ce temps de crise sanitaire.

 

 

Saturation des informations sur le coronavirus

Depuis que l’épidémie a dépassé la frontière chinoise fin janvier, plusieurs journaux, comme la Tribune de Genève ou Le Temps, ont créé un fil d’actualité en continu. Le but est de diffuser les dernières informations liées au Covid-19. « C’était la première fois que l’on mettait en place un fil en ligne renouvelé tous les jours », indique Nicolas Dufour, chef d’édition numérique du journal Le Temps. En plus du fil d’actualité mis à jour automatiquement, des articles plus approfondis sur le Covid-19 ont aussi occupé les premières pages des journaux durant les trois derniers mois. Le  Temps a écrit jusqu’à six éditions sur le coronavirus par semaine, chacune occupant les premières pages du journal.

Capture d’écran du nombre de résultats pour Coronavirus sur RTS.ch, réalisée le 11/05/2020. Source : RTS

Depuis début 2020, nous retrouvons plus de 2795 articles de la Tribune de Genève, et plus de 2634 résultats de la RTS liés au Coronavirus. Notre vie est saturée par l’abondance d’informations sur le coronavirus.

 

À ce stade d’explosion des informations, comment reconnaître les sources crédibles diffusées par les médias publics et les différencier des autres médias privés ou numériques ?

 

 

 

Références :

MINDICH David T.Z.. (1998). Just the facts. New York : New York University Press

Worldometer. (11 mai 2020). Covid-19 Coronavirus Pandemic. Consulté à partir de https://www.worldometers.info/coronavirus/ 

PERRIN Olivier. (3 mars 2020). Le coronavirus colonise les médias et les conversations, la saturation guette… Consulté à partir de https://www.letemps.ch/opinions/coronavirus-colonise-medias-conversations-saturation-guette

Oppenheimer Rube L.. (2 mars 2020). Épidémie de panique à l’échelle mondiale. Consulté à partir de https://www.courrierinternational.com/dessin/le-dessin-du-jour-epidemie-de-panique-lechelle-mondiale

MEYER-VACHERAND Etienne. (2 mars 2020). Coronavirus: «Le Temps» en fait-il trop? Consulté à partir de https://www.letemps.ch/societe/coronavirus-temps-faitil

 

C.X. Etudiante de Medi@LAB

La survie des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Genève, le 12 mai 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | L’apparition d’Internet et des réseaux sociaux a profondément changé la consommation des médias. La question de l’avenir des médias de service public est centrale face aux transformations digitales. Comment faire évoluer les médias publics à l’ère numérique ?

 

Un changement d’habitudes

 

Les médias sociaux au cœur de l’information. 

Avec l’apparition d’Internet, les habitudes de consommation des médias ont été bouleversées. Auparavant, il suffisait d’attirer les lecteurs ou téléspectateurs grâce à un contenu de qualité. Aujourd’hui, cela n’est plus possible. Avec Internet, une masse d’informations est accessible gratuitement. Un coup dur pour les médias publics. Le secteur des médias est désormais hautement concurrentiel. La multitude de choix n’avantage pas les médias publics. Selon le Digital News Report 2018, les individus suisses entre 18 et 34 ans choisissent des sites en ligne et des médias sociaux comme source d’information. Ils sont habitués à se rendre directement sur les moteurs de recherche, perçus d’ailleurs comme des sources directes plutôt que comme des agrégateurs de contenus. Ils passent aussi par les réseaux sociaux qui sont dans leurs habitudes consommation. Les jeunes ne considèrent donc pas du tout les médias publics. Ils ont pourtant une opinion favorable de ceux-ci. Ils estiment même que les radiodiffuseurs publics sont les plus fiables du pays. Pourquoi donc ne les consomment-t-ils pas ? Les médias publics sont moins adaptés à une expérience personnalisée que les jeunes affectionnent particulièrement. Ces médias sont aussi perçus comme « dépassés ». Les jeunes ne veulent pas consommer les mêmes médias que leurs parents et essaient donc de se démarquer avec une consommation différente.

 

Se reconnecter avec les jeunes

La question de lavenir des médias publics inquiète. La première Conférence internationale des médias publics a eu lieu le 4 mars 2019. Ils ont discuté de l’avenir des médias publics et de la façon dont ils réagissent aux changements politiques, financiers et technologiques. Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF s’est exprimé à ce sujet :  « Notre mission aujourd’hui est de toucher les plus jeunes. Nous devons nous adresser à eux sur des supports et des modes qui correspondent à leurs attentes ». Pour toucher des publics différents sur des supports multiples, les médias publics devraient avoir un plein accès à ces supports. Une des possibilités pour les médias publics suisses serait d’investir dans des contenus suisses produits localement qui pourraient être mis ensuite à disposition sur des plateformes de streaming plus innovantes et sur mesure. L’un des points sur lequel tout le monde est d’accord est que « seuls ceux qui sont bien informés peuvent prendre des décisions éclairées » (étude de l’EPFZ, 2017). Dans le contexte démocratique suisse où les citoyens sont amenés à voter très régulièrement, la survie des médias publics est cruciale.

En temps de crise sanitaire que l’on connaît actuellement, l’information fiable est une réelle nécessité. Comment vont évoluer les médias publics ?

 

Références

 

A.B. Etudiante Medi@LAB

Ubérisation au centre de la disruption digitale

Written by Laeticia F.. Posted in Innovation, information et numérisation

MOOC “Innovation, Médias et Transformation Digitale”|Les théories de l’innovation, de l’information et de la numérisation vous intéresse et vous souhaitez en savoir davantage ? Découvrez le cours proposé par l’Institut Medi@Lab qui s’intéresse aux innovations disruptives ainsi qu’au concept d’ubérisation.

 

Les mutations digitales

De par la révolution digitale, le champ des possibles s’est élargi en créant une place aux nouvelles formes de consommation, de pratiques et d’usages. Les modes de vie actuels, où chacun peut se connecter sur différents supports technologiques, ont amené certaines entreprises à orienter leurs activités en fonction de ces mutations digitales. De cette manière, elles se sont positionnées au-devant de la scène en répondant aux besoins des consommateurs avec des offres innovantes.

 

 

La disruption digitale avec Uber

Uber, soit l’entreprise qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport, a bousculé le marché du transport privé.

« C’est un tournant pour le marché économique marqué par Uber. » Maurice Levy 

En élaborant un service permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact directement, Uber a en quelque sorte, redéfinit les contours de cette industrie, grâce à ses prix compétitifs. Si le marché traditionnel des taxis doit faire face à ce nouveau concurrent, il en est de même pour d’autres domaines qui se sont vus également uberiser tels que celui l’hôtellerie, de la location de voiture ou encore du secteur bancaire.

 

La désintermédiation

Ce qui différencie ces nouvelles entreprises telles que Uber, c’est la relation directe entre le client et le prestataire. En supprimant les intermédiaires qui liaient le client et le prestataire, cela a transformé leurs rapports, permettant ainsi à ces derniers de se mettre en contact en quelques clics.

À cela s’est ajouté le système de notation où le chauffeur comme le client peut attribuer des points l’un à l’autre. Ainsi, cela a permis de noter les chauffeurs de par leur service et les clients de par leurs attitudes et comportements. En ce sens, ce système d’auto-contrôle s’est révélé être un bon moyen de suivi du bon déroulement des prestations ainsi que du personnel indépendant.

https://mbamci.com/uberisation-se-faire-uberiser

 

 

L’arrivée de Uber Eats 

Depuis peu, le leader des transports privés a étendu son offre en proposant le transport de marchandises alimentaires, Uber Eats. La création de ce dernier, arrivé sur le marché en 2016, a également fait concurrence aux livreurs déjà présents, tels que Smood et Just-Eat.

Cette nouvelle place dans le marché a permis à certains restaurateurs de proposer des plats livrables à domicile par l’intermédiaire de Uber Eats. Bien que cela facilite le quotidien des consommateurs à domicile, ce n’est pas le cas des serveurs qui se doivent de travailler dans les restaurants où une partie de la clientèle n’est que rarement présente et où les pourboires sont désormais octroyés aux livreurs.

 

Vers l’innovation sociale ?

En somme, les mutations digitales ont créé des opportunités pour certains mais ont également soulevé des craintes chez d’autres, notamment en matière de destruction de l’emploi. En effet, si la transformation digitale a modifié plusieurs secteurs d’activité, ne faudrait-il pas repenser à cadrer les modalités de la disruption digitale? Selon le Professeur Badillo, il n’est pas nécessaire de les cadrer mais plutôt de réfléchir à l’innovation sociale en définissant les conditions d’orientation des innovations vers les besoins sociétaux fondamentaux afin d’y répondre (Badillo, 2016). 

Actuellement, quelques entreprises se sont intéressées à développer des technologies adaptées aux besoins des personnes âgées. Si la transformation digitale qui s’opère dans ce cadre vous interpelle, n’hésitez pas à lire cet article. 

 

LFO / bma

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Références:

BADILLO, Patrick-Yves. Réfléchir à l’innovation sociale. In: Carrefour Media : magazine de l’union suisse des attachés de presse , 2016, vol. 41, p. 24-25.

Delphine Cuny, « Tout le monde a peur de se faire Uberiser » : Maurice Lévy », La Tribune (en ligne),‎ 17 décembre 2014. consulté le 5 mai 2020.

 

GAFAM et NATU : la nouvelle économie digitale

Written by Laeticia F.. Posted in Innovation, information et numérisation

MOOC “Innovation, Médias et Transformation Digitale”| Vous voulez en savoir davantage sur les géants du web que l’on nomme communément les GAFAM et les NATU? Suivez sans plus attendre le cours dédié aux des théories de l’innovation, de l’information et de la numérisation de l’Institut Medi@Lab.  

 

Les Géants du Web

Google, Apple, Facebook, Amazon représentent les pionniers dans le marché numérique. Ces Géants du Web que l’on surnomme les GAFA ou GAFAM si l’on inclut Microsoft, se sont imposés en redéfinissant les frontières de l’informatique grâce à leur capacité d’innovation. Cependant, depuis ces dernières années, leur position sur le marché tend à être concurrencée par les NATU; Netflix, Airbnb, Tesla, Uber. Dès lors, il s’agit de se demander si ces derniers sont de réels concurrents ou simplement des entités qui viennent compléter les lacunes numériques préexistantes.

 

 

Les GAFAM produisent un chiffre d’affaires équivalant à plus de 800 milliards de dollars et possèdent la plupart des agents économiques disponibles en ligne. Leurs principales caractéristiques sont leur envergure internationale en termes d’utilisateurs et de stockages de données.

À l’instar des Big Five, l’on retrouve les NATU, qui valent plus de 58 milliards de dollars. Ces nouveaux acteurs se sont créés un public, une audience et des consommateurs prêts à utiliser leur service et ce en peu de temps. Tout comme les GAFAM, ils ont su user de la transformation digitale pour développer une offre en corrélation avec les nouvelles pratiques émergentes de cette décennie. Bien que leur croissance soit exponentielle, les NATU n’ont pas encore le poids économique des GAFAM, à l’heure actuelle.

Retrouverez un graphique représentant les chiffres d’affaire des GAFAM et NATU.

Complémentarité et concurrence : le cas des plateformes de VoD? 

Amazon a lancé Amazon Prime Video, soit un service VoD, en 2007. À son tour, Netflix développe une plateforme similaire, la même année, soit un service de vidéos en streaming sur abonnement. La facilité d’accès aux contenus, ajoutée à la richesse de l’offre et aux forfaits attractifs ont permis à tous deux d’obtenir le succès désiré, amenant ainsi à une concurrence certaine. Netflix totalise 183 millions d’abonnés payants en mars 2020 contre 150 millions en janvier 2020 pour Amazon Prime Video. Bien que Netflix soit le n°1, il semblerait que le challenge soit de taille. Face à ce géant américain, les offres de plateformes VoD se sont multipliées. L’on retrouve parmi les plus connues :

  • Canal + Series
  • OCS Go
  • Apple TV
  • Disney Chanel

Chaque service offre des catalogues, des fonctionnalités et des prix différents, il conviendra de choisir celui qui vous convient le mieux en fonction des atouts et des inconvénients.

Et vous, est-ce que vous utilisez les plateformes VoD ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à nous communiquer vos préférences en laissant un commentaire ?

LFO / bma

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Références:

BADILLO, Patrick-Yves. Réfléchir à l’innovation sociale. In: Carrefour Media : magazine de l’union suisse des attachés de presse , 2016, vol. 41, p. 24-25.

BUSINESS, BFM. « Airbnb: un chiffre d’affaires trimestriel record ». BFM BUSINESS. https://bfmbusiness.bfmtv.com/airbnb-un-chiffre-d-affaires-trimestriel-record-1568739.html (11 mai 2020).

« Infographie: L’ascension des GAFAM ». Statista Infographies. https://fr.statista.com/infographie/12778/evolution-du-chiffre-affaires-des-gafam/ (11 mai 2020).

« Résultats entreprise NETFLIX, chiffre d’affaires (CA) et bilan NETFLIX NFLX NASDAQ – Boursorama ». https://www.boursorama.com/cours/societe/chiffres-cles/NFLX/ (11 mai 2020).

« Résultats entreprise TESLA, chiffre d’affaires (CA) et bilan TESLA TSLA NASDAQ – Boursorama ». https://www.boursorama.com/cours/societe/chiffres-cles/TSLA/ (11 mai 2020).

« Uber a perdu 8,5 milliards de dollars en 2019 ». 2020. Siècle Digital. https://siecledigital.fr/2020/02/10/uber-a-perdu-85-milliards-de-dollars-en-2019/ (11 mai 2020).

 

Du Web 1.0 au Web 4.0 : une évolution fulgurante

Written by Sophie D.. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Du monde scientifique à la vie quotidienne, le Web se développe à une vitesse impressionnante. En voulant nous simplifier la vie, il se pourrait bien qu’il en fasse trop. L’évolution du web : montée au paradis ou descente aux enfers ?

Source: cours Innovation, médias et transformation digitale (Badillo, UNIGE, 2019)

De l’invention à l’innovation

Badillo (2019) explique qu’Internet atteint 50% des ménages en moins de 5 ans (Cours Innovation, médias et transformation digitale, UNIGE, 2019). A titre comparatif, il aura fallu environ 70 ans au téléphone, 50 ans à la radio et 15 ans à la télévision pour s’imposer. Pour les réseaux sociaux qui s’ensuivent, c’est moins de 2 ans avant d’atteindre la moitié des ménages. Ces chiffres soulignent la rapidité avec laquelle cette invention « Web » pénètre la société, la changeant à jamais. En se propageant, l’invention se transforme en innovation.

Evolution du Web 

Alors que le web 1.0 se développe dans le monde scientifique du CERN, il prend quelques années seulement à atteindre le commun des mortels. Il commence par changer les mondes économiques et commerciaux. Avec les réseaux sociaux, le web 2.0 transforme le monde social : correspondre avec des individus à l’autre bout du monde n’a jamais été si simple et rapide. Les relations amicales, amoureuses et même sexuelles prennent un nouveau tournant. Le web 3.0 se met à détecter « nos » goûts : ses algorithmes orientent nos recherches et formatent nos sources d’intérêts. Émerge alors le web 4.0 qui va jusqu’à modifier la structure même des foyers : les objets connectés sont intelligents et ils vivent à nos côtés. Les robots nous accompagnent, chaque jour, sous toutes les formes.

Rien ne s’est passé comme prévu ?

Même si tout n’était pas prévu, Berners-Lee – l’inventeur du World Wide Web – a toujours rêvé d’un grand avenir pour son invention. Mais que nous réserve la suite ? Car s’il permet un accès illimité à de grandes quantités d’informations, le Web met de plus en plus en péril des valeurs fondamentales, comme le droit à la vie privée. Traquées au quotidien, dans toutes les activités, nos données personnelles sont stockées par les géants du Web qui possèdent un pouvoir gigantesque. Quelle sera la suite ? Un renforcement de ce système inégal entre traqueurs et traqués ? Ou un changement de voie pour garder le meilleur du Web… en supprimant ses mauvais côtés ?

Un avenir prometteur

Dans une interview accordée à Bosch, Berners-Lee souligne ce grand problème du Web : « Les gens se rendent compte que leurs données personnelles sont utilisées dans un système et que ce système est utilisé pour manipuler les gens. » [traduction personnelle] Pour résoudre ce problème, il travaille sur une plateforme nommée Solid. L’objectif ? « Que les données ne soient plus stockées par des entreprises individuelles telles que Google, Amazon ou les fournisseurs de médias sociaux, même si leurs logiciels sont utilisés. Elles devraient plutôt être stockées là où l’utilisateur le souhaite. De cette façon, chacun pourrait mieux contrôler ses propres données, qui seraient stockées dans des pods. Les paramètres de chaque pod permettraient aux utilisateurs de décider eux-mêmes quels fournisseurs, tels que les applications de santé, sont autorisés à accéder aux données qu’il contient. » [traduction personnelle]

Cette nouvelle invention permettra certainement au Web de continuer son chemin impressionnant, au-delà des nuages qui se dressent sur sa route.

 

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les différents « Web » ? Retrouvez nos articles sur les Web 1.0, 2.0, 3.0 et 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Berners-Lee, T. (2019). The future of the Internet. Bosch. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.bosch.com/stories/future-of-the-internet/

Bosch Global (2019). Experts@IoT: Tim Berners-Lee, Inventor of the World Wide Web. Youtube. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.youtube.com/watch?v=aEL_iVLBjrY&feature=emb_logo

Solid. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://solid.mit.edu/

Zapater, J. J. S. (2014, April). From web 1.0 to web 4.0: The evolution of the web. In Proceedings of the 7th Euro American Conference on Telematics and Information Systems (pp. 1-1).

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

« Le coronavirus illustre les limites du numérique »

Written by Timon S.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Comment faire en sorte que l’humanité profite plus du progrès technologique ? Professeur Patrick-Yves-Badillo, Directeur du Medi@Lab Genève, nous explique tout dans cet interview. C’est notre dernier article sur les trois horloges de la société numérique.

Vos recherches le démontrent : Les horloges technologique, économique et sociale tournent à des rythmes désynchronisés. Est-ce qu’on a encore une chance de les harmoniser ?

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

Patrick-Yves Badillo : Nous sommes en direction de la dystopie car l’horloge technologique semble sans pilote. La pandémie du coronavirus illustre cette thématique : la solution a semblé hors de portée. Certes le numérique est utile, mais il ne constitue pas l’alpha et l’omega d’une société. Le virtuel a cédé la place au réel. En quelques clics vous avez de nouveaux amis sur Facebook, vous accédez à la twittosphère. Mais le monde réel, par exemple les masques, les médicaments de base, demande toute une logistique qui prend du temps. J’ajouterai aux trois horloges l’horloge du réel, l’horloge de la production. Pour cette horloge le temps est incompressible. Produire, organiser, transporter ne se fait pas à la vitesse de la lumière, comme à travers les réseaux en fibre optique. Il faut réfléchir à notre organisation et tenir compte de cette « incompressibilité » physique du réel. Une partie de notre modèle économique devra être étudiée à nouveau pour retrouver progressivement le chemin de l’harmonie. Cela va prendre beaucoup de temps pour effectuer une révolution copernicienne !

 

Nous sommes habitués d’accéder à nos désirs en quelques clics. Le coronavirus nous rappelle l’incompressibilité du monde réel. La production des masques par exemple prend un certain temps.

Prenons un exemple concret. Les médias traditionnels sont en difficulté. Qu’est-ce qui peut se faire pour qu’ils puissent assurer l’information de qualité dans le futur ?

Les médias sont effectivement dans une situation difficile, notamment la presse écrite. Elle perd les recettes de publicité au profit de Google et Facebook. Ce problème s’accentue encore avec la crise du coronavirus. Les recettes s’effondrent. La presse cherche en ce moment des manières de s’adapter. Par exemple, en rendant payant leur contenu en ligne avec des paywalls. Le journal en ligne suisse alémanique « Die Republik » a réussi à se financer grâce au crowdfunding. Il existe donc des exemples des médias qui profitent des possibilités et retrouvent une certaine rentabilité grâce au digital. Notons que le Conseil Fédéral, conscient de ces difficultés, vient d’accorder (fin avril 2020) une aide aux médias suisses. Une initiative positive pour préserver la qualité de l’information !

Il existe donc des exemples des médias qui profitent des possibilités et retrouvent une certaine rentabilité grâce au digital.

Regardons maintenant l’horloge sociale. Comment faire en sorte que tout le monde profite du progrès technologique ? Dans un article scientifique (Badillo et Bourgeois 2016) vous avancez l’exemple du paiement des impôts en ligne pour expliquer la problématique.

Patrick-Yves Badillo est directeur de Medi@LAB Genève et organise le MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Source : patrickbadillo.com

Les utopistes de la technologie vous diraient que payer les impôts en ligne, c’est facile et rapide à faire pour tout le monde. Mais comment les personnes âgé

es, ou pauvres, déconnectées, feront-elles ? Cet exemple met en lumière que les utopistes réfléchissent dans le temps court. Ils supposent que les personnes peuvent s’adapter rapidement aux nouvelles technologies. Or, ce n’est pas vrai pour tout le monde. Le social ne peut bénéficier des progrès techniques que s’il est inclus dans une problématique de long terme. Dans le cas des impôts en ligne, cela impliquerait de se demander comment on peut assurer qu’aussi les personnes âgées et les pauvres peuvent utiliser Internet. Cela nécessite non seulement une connexion, mais aussi des compétences.

 

Pour finir une question qui intéresse sans doute celles et ceux qui réfléchissent à s’inscrire au MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Comment la science de la communication contribue-t-elle à harmoniser les horloges ?

Pour résoudre un problème, il faut d’abord comprendre les mécanismes sous-jacents. C’est le rôle essentiel des sciences. Il s’agit donc d’étudier les technologies sous l’angle d’une réalité humaine et sociale difficile. Aux personnes qui s’intéressent au MOOC : vous y apprenez notamment comment les horloges technologique, économique et sociale interagissent. Mon espoir est qu’ainsi un jour les participants au MOOC pourront contribuer eux-mêmes à « harmoniser » les horloges. En tant que scientifique, journaliste, politicien, fonctionnaire, entrepreneur… ou autre.

Timon Stuber

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Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161
  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les trois horloges des sociétés « numériques » : le temps et les approches socio-techno-économiques de l’information-communication. In: XXème Congrès 2016 de la SFSIC, Metz, 8-9 et 10 juin, 2016