Articles marqués avec ‘MOOC Unige 2020’

L’UGC, trois lettres au service du marketing

Written by Amizero N.. Posted in La première ère de la transformation digitale E-commerce et Longue Traine

Genève, 13 mai 2020. Avec le web 2.0, le monde du web a évolué vers l’interactivité et cela a notamment permis aux utilisateurs de prendre le pouvoir. Les entreprises peuvent profiter jouir de ce nouvel aspect en utilisant le contenu généré par les utilisateurs (UGC).   A sa prochaine rentrée, l’Université de Genève va proposer une formation MOOC « Innovation, Médias et Transformation digitale » qui répondra à vos questionnements sur le sujet.

Qu’est-ce que l’UGC ?

Créer du contenu fait partie intégrante de n’importe quelle stratégie marketing mais cela reste un défi permanent pour les entreprises n’ayant pas les ressources et/ou l’expertise nécessaires pour en créer à une large échelle. Comment donc créer du contenu en moins de temps et avec moins d’efforts ?

La réponse se trouve grâce au contenu généré par les utilisateurs (Badillo et al. , 2014) – user generated content en anglais – qui permet aux utilisateurs d’aider une entreprise en créant du contenu. Ce serait donc de la publicité gratuite et d’une certaine manière plus fiable et crédibles pour les consommateurs car la confiance envers les publicités faites par les marques baisse. Il se décline de plusieurs manières (articles de blog, des photos, des vidéos ou encore des commentaires) et s’oppose aux contenus traditionnels créés par des marques.

L’UGC, si bien utilisé, peut être un indispensable à intégrer dans la stratégie de votre entreprise. Il favorise l’implication et la fidélisation des clients. A travers ce contenu, les consommateurs ont le sentiment d’appartenir à une communauté et que leurs avis et commentaires sont appréciés et sont utiles : ils se considèrent comme des ambassadeurs de la marque.

Médias Sociaux, Aide, Prise En Charge

2 types d’outils pour augmenter son UGC

  1. Sites de partage et de conversion

L’UGC a une certaine valeur uniquement s’il est partagé. Il est donc nécessaire d’utiliser permettent de stimuler des ventes et d’augmenter les conversions si un bouton Call to action les encourage. Les sites Tint et Stackla recherchent pour vous le contenu généré par les utilisateurs et vous permettent de créer et de modérer des flux d’UGC sur votre site internet.

  1. Logiciels de concours

L’un des moyens les plus simples pour accroître son UGC est d’organiser un concours sur les réseaux sociaux afin de générer puis collecter du contenu. Pour ce faire, les concours de partage de photos et les concours d’hashtag sont deux excellents moyens pour obtenir de l’UGC de haute qualité.

Les logiciels de concours, tels que Shortstack et Wishpond, vous permettent de créer des landing pages et des widgets à placer sur son site afin d’agrandir la portée du concours sur plusieurs plateformes.

La thématique de l’UGC demande beaucoup d’attention. Avec son MOOC, l’Université de Genève permettra de s’y intéresser plus en profondeur dès la rentrée !

 

JNA – étudiante Medi@-Lab

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Sources :

BADILLO, Patrick-Yves, ROUX, Dominique. Des réseaux sociaux aux technologies sociales : une ré-innovation numérique ascendante. In: Economica (Ed.). Le futur est-il e-media ?. Paris : Economica, 2014. p. 20-34.

https://www.youtube.com/watch?v=6Jv0wsAlFnU

https://www.digitalcorsaire.com/qu-est-ce-que-user-generated-content/

 

 

Devenir journaliste: les exigences ont changé !

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

Dans le cadre du projet MOOC « Innovation, médias et transformations digitales » les étudiants du master de Journalisme et communication de Genève vous invitent à une réflexion sur les médias à l’ère du numérique. Les articles qui suivent proposent un questionnement sur les formations des journalistes et des communicants.

Aujourd’hui, pour accéder au respectable titre de journaliste, une formation dans le domaine n’est plus requise. Alors que les écoles de journalisme continuent à offrir des formations de qualité, les journaux embauchent aussi bien des diplômés d’autres spécialisations tel que droit, mathématique ou encore géographie. Ce phénomène est qualifié de « malaise » entre les écoles de journalisme et les journaux (Sales, 1998).

Les exigences d’aujourd’hui pour accéder au métier de journaliste ne sont plus les mêmes qu’autrefois, c’est un fait. Les journalistes peuvent aujourd’hui avoir suivi différentes formations n’ayant aucun lien avec le domaine et présenter, pourtant, un bon profil pour le job. Comment cela se fait-il ?
Plusieurs spécialistes se sont penchés sur la question et en ont déduit que la révolution médiatique accompagnée de la crise économique sont les facteurs principaux qui ont influencé ce changement d’exigence au sein des agences de presse (Sales, 1998). Ainsi, c’est « un véritable festival de nouveaux médias, qui a bouleversé le paysage de la presse » (Sales, 1998). Autrement dit, l’informatique a totalement « modifié les processus de fabrication et (…) les métiers du journalisme ».

Un saut dans le passé

A l’époque, « les journalistes étaient issus des milieux intellectuels » (Charon, 1992,). Ils avaient fait de longues études et avaient des connaissances généralistes. Au fil du temps, des formations spécialisées en journalisme ont vu le jour, principalement afin de doter les journalistes d’une expertise dans les nouveaux médias (Charon, 1992) et de répondre aux exigences déontologiques des populations. Les écoles les plus réputées sont l’école de journalisme de Paris qui forme depuis 1899 et celle de Lille qui existe depuis 1924 (Badillo, 2020). Aujourd’hui, on considère que seulement 40% des journalistes sont des « vrais journalistes » (Sales, 1998). Comment conserver une certaine légitimité professionnelle dans la formation journalistque lorsque 60% des pigistes n’en ont pas suivi mais qu’ils possèdent autant de compétences que de « vrais journalistes ?»

Canva

Comment distinguer les « vrais journalistes » des « faux journalistes » ?

Un journaliste sur cinq a suivi une formation dans ce domaine (Sales, 1998). C’est un chiffre extrêmement bas. L’enquête de Sales débouche sur la création d’un nouveau concept : le vrai vs le faux journaliste. Sans surprise, le vrai est celui qui a suivi une formation structurée autour des dilemmes et des stratégies du journalisme. Il est préparé à subir toutes les pressions de la profession et connaît l’éthique et la déontologie du métier par coeur. Contrairement aux « faux journalistes », ayant suivi une spécialisation particulière dans un autre domaine et qui se forment au métier de journalisme par les expériences médiatiques qu’ils trouvent. Peut-être, qu’au final, tous deux sont aptes à nous transmettre clairement les informations que nous désirons. Cependant, le traitement de l’information ne sera pas le même.

À chacun son titre !

Ainsi, Sales propose une solution intéressante et cohérente : celle de spécifier exactement le titre des employés au sein des structures médiatiques(1998). Ceux ayant suivi une formation de journalisme obtiennent, par conséquent, le titre de journaliste qui témoigne de leur parcours académique. Les autres employés, qui, aujourd’hui, sont appelé journalistes car, concrètement, ils effectuent la même tâche que les journalistes eux-même avec une approche différente, se verront affecter une carte de presse (Sales, 1998). De cette manière, le titre de « journaliste » sera justement assigné aux personnes ayant étudié cette discipline dans des établissements qui portent son nom. Et, c’est ainsi que le terme « faux » journaliste n’aura plus raison d’être.

Pauline Sitbon
étudiante de Medi@LAB

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Références:
Charon J.-M., (1992). Journalisme : l’éclatement, dans : Réseaux, volume 10, n°52. La radio. pp. 97-114;
Sales C., (1998). Les écoles de journalisme : analyse d’un malaise, dans : Communication et langages, n°116, 2ème trimestre.
Cours « Innovation, médias et transformation digitale » donné par le Professeur Patrick-Yves Badillo, 2020

 

 

L’ère du Big Data : Le monde à la merci des données

Written by Jennifer N.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Le Big Data est apparu dans les années 90 grâce aux améliorations des systèmes de stockage de l’information. Il a pris une ampleur telle que selon de nombreux économistes le Big Data représente l’or noir du 21ème siècle. Pour mieux comprendre ce que cela signifie, nous allons détailler les enjeux de ce phénomène.

Le Big Data signifie en français « données massives » ou encore « mégadonnées ». Il est question ici de toutes les informations que l’on peut récolter grâce à des appareils électroniques connectés. Lorsque l’on fait une recherche sur Google ou que l’on « like » une photo sur Facebook, ceci génère une information qui est ensuite stockée sous forme de données. Cependant, telles quelles, les données ne peuvent pas réellement être utilisées. Il a donc fallu créer des algorithmes assez puissants pour traiter, organiser et exploiter ces données.

Comprendre le Big Data en 5 points 

Pour mieux concevoir ce qu’est le Big Data, il est possible de le définir et de le décortiquer selon 5 paramètres clés, les 5V :

Une innovation à double tranchant 

Vous l’aurez compris, ces données représentent une mine d’or pour toute personne ou groupe sachant les maîtriser. Mises bout à bout, elles peuvent déterminer les habitudes de consommation d’une personne ou d’une population entière ou encore prédire des événements divers tels que la météo, le taux de remplissage d’un hôtel ou l’apparition de maladies. Cependant, comme dans toute technologie, des avantages et des inconvénients existent.

Les avantages :

  • Optimiser les ventes : que ce soit pour les entreprises privées ou publiques, les données sont primordiales. Elles permettent d’optimiser l’offre en fonction des clients ou utilisateurs. Ainsi les CFF sont capables de prévoir le taux de remplissage de leurs trains pour offrir à l’usager la possibilité de choisir la course qui lui conviendra le mieux. Dans un autre domaine, Apple par exemple utilise les données pour améliorer ses produits et augmenter ses ventes.
  • Aider les patients : dans le secteur médical, les données sont d’une aide précieuse lorsqu’il s’agit de mettre en place ou d’ajuster le traitement d’un patient.

Les inconvénients :

  • La protection des données : c’est l’inconvénient majeur car il est difficile de garantir une protection complète de la vie privée sur internet. En effet, on se souvient tous des scandales liés à des vols de données ces dernières années.
  • Garantir la démocratie : comment garantir une démocratie totale lorsque des informations sur le comportement de vote et sur les intérêts d’un peuple sont utilisées pour promouvoir un camp plutôt qu’un autre ? Cette problématique est parfaitement illustrée par l’affaire Cambridge Analytica.

Cette technologie étant relativement jeune, tout l’enjeu sera de trouver un équilibre pour que ces données profitent au plus grand nombre, et ce, avec le minimum d’effets négatifs.

Le développement du Big Data a été possible, grâce aux avancées technologiques de ces dernières années que nous vous avons détaillées dans nos précédents articles. Pour en savoir plus, découvrez le MOOC « Innovation, médias et transformation digitale » de l’Université de Genève. Il vous permettra de suivre des cours en ligne pour approfondir, entre autres, vos connaissances sur les fondements technologiques et économiques de la transformation digitale.

60 secondes pour mieux comprendre le Big data:

JN/LF

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Références:

« Le coronavirus illustre les limites du numérique »

Written by Timon S.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Comment faire en sorte que l’humanité profite plus du progrès technologique ? Professeur Patrick-Yves-Badillo, Directeur du Medi@Lab Genève, nous explique tout dans cet interview. C’est notre dernier article sur les trois horloges de la société numérique.

Vos recherches le démontrent : Les horloges technologique, économique et sociale tournent à des rythmes désynchronisés. Est-ce qu’on a encore une chance de les harmoniser ?

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

Patrick-Yves Badillo : Nous sommes en direction de la dystopie car l’horloge technologique semble sans pilote. La pandémie du coronavirus illustre cette thématique : la solution a semblé hors de portée. Certes le numérique est utile, mais il ne constitue pas l’alpha et l’omega d’une société. Le virtuel a cédé la place au réel. En quelques clics vous avez de nouveaux amis sur Facebook, vous accédez à la twittosphère. Mais le monde réel, par exemple les masques, les médicaments de base, demande toute une logistique qui prend du temps. J’ajouterai aux trois horloges l’horloge du réel, l’horloge de la production. Pour cette horloge le temps est incompressible. Produire, organiser, transporter ne se fait pas à la vitesse de la lumière, comme à travers les réseaux en fibre optique. Il faut réfléchir à notre organisation et tenir compte de cette « incompressibilité » physique du réel. Une partie de notre modèle économique devra être étudiée à nouveau pour retrouver progressivement le chemin de l’harmonie. Cela va prendre beaucoup de temps pour effectuer une révolution copernicienne !

 

Nous sommes habitués d’accéder à nos désirs en quelques clics. Le coronavirus nous rappelle l’incompressibilité du monde réel. La production des masques par exemple prend un certain temps.

Prenons un exemple concret. Les médias traditionnels sont en difficulté. Qu’est-ce qui peut se faire pour qu’ils puissent assurer l’information de qualité dans le futur ?

Les médias sont effectivement dans une situation difficile, notamment la presse écrite. Elle perd les recettes de publicité au profit de Google et Facebook. Ce problème s’accentue encore avec la crise du coronavirus. Les recettes s’effondrent. La presse cherche en ce moment des manières de s’adapter. Par exemple, en rendant payant leur contenu en ligne avec des paywalls. Le journal en ligne suisse alémanique « Die Republik » a réussi à se financer grâce au crowdfunding. Il existe donc des exemples des médias qui profitent des possibilités et retrouvent une certaine rentabilité grâce au digital. Notons que le Conseil Fédéral, conscient de ces difficultés, vient d’accorder (fin avril 2020) une aide aux médias suisses. Une initiative positive pour préserver la qualité de l’information !

Il existe donc des exemples des médias qui profitent des possibilités et retrouvent une certaine rentabilité grâce au digital.

Regardons maintenant l’horloge sociale. Comment faire en sorte que tout le monde profite du progrès technologique ? Dans un article scientifique (Badillo et Bourgeois 2016) vous avancez l’exemple du paiement des impôts en ligne pour expliquer la problématique.

Patrick-Yves Badillo est directeur de Medi@LAB Genève et organise le MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Source : patrickbadillo.com

Les utopistes de la technologie vous diraient que payer les impôts en ligne, c’est facile et rapide à faire pour tout le monde. Mais comment les personnes âgé

es, ou pauvres, déconnectées, feront-elles ? Cet exemple met en lumière que les utopistes réfléchissent dans le temps court. Ils supposent que les personnes peuvent s’adapter rapidement aux nouvelles technologies. Or, ce n’est pas vrai pour tout le monde. Le social ne peut bénéficier des progrès techniques que s’il est inclus dans une problématique de long terme. Dans le cas des impôts en ligne, cela impliquerait de se demander comment on peut assurer qu’aussi les personnes âgées et les pauvres peuvent utiliser Internet. Cela nécessite non seulement une connexion, mais aussi des compétences.

 

Pour finir une question qui intéresse sans doute celles et ceux qui réfléchissent à s’inscrire au MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Comment la science de la communication contribue-t-elle à harmoniser les horloges ?

Pour résoudre un problème, il faut d’abord comprendre les mécanismes sous-jacents. C’est le rôle essentiel des sciences. Il s’agit donc d’étudier les technologies sous l’angle d’une réalité humaine et sociale difficile. Aux personnes qui s’intéressent au MOOC : vous y apprenez notamment comment les horloges technologique, économique et sociale interagissent. Mon espoir est qu’ainsi un jour les participants au MOOC pourront contribuer eux-mêmes à « harmoniser » les horloges. En tant que scientifique, journaliste, politicien, fonctionnaire, entrepreneur… ou autre.

Timon Stuber

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Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161
  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les trois horloges des sociétés « numériques » : le temps et les approches socio-techno-économiques de l’information-communication. In: XXème Congrès 2016 de la SFSIC, Metz, 8-9 et 10 juin, 2016

Garder ses principes ou survivre : le dilemme du journalisme

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

Le monde d’aujourd’hui a évolué de telle sorte que même les principes fondamentaux doivent être mis à jour. Il en est donc de même pour l’éthique journalistique dont la charte n’est plus respectée entièrement par ses professionnels.

Tout d’abord, rappelons-nous brièvement les principes et devoirs du métier de journaliste. Un journaliste a pour mission de rassembler des informations, de les traiter et de les diffuser à travers les médias à l’attention de la population. Il représente une sorte d’intermédiaire entre le pouvoir et le peuple et a donc une responsabilité sociale conséquente de par la légitimité que le peuple lui donne (Brunet P. J., 2001). D’ailleurs, celle-ci est rarement remise en cause, étant donné la stricte déontologie journalistique.


Pixabay

En effet, le journaliste se doit de respecter la vérité, de ne pas plagier, de « Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire » (OIJ, 1971) ou encore « faire la distinction entre nouvelle et publicité et éviter les informations qui mêlent les deux » (Sigma Delta Chi, 1996). Ces deux derniers points, provenant de deux chartes journalistes différentes, rappellent à quel point les métiers de journaliste et de communicant sont éthiquement opposés, malgré la relation d’interdépendance qui les lie (Lire aussi Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité ou Réseaux sociaux : une nouvelle arène et de nouvelles règles pour les journalistes et les communicants. pour mieux comprendre les enjeux de cette relation).

Le journalisme traverse aujourd’hui une crise dans laquelle il dépend financièrement des métiers de la communication, malgré leurs positions opposées. La situation des journalistes, principalement dans la presse, est si délicate qu’ils sont obligés de se promouvoir afin de retrouver une position stable dans le monde médiatique (Brunet P. J., 2001). Mais quelles sont les meilleures techniques permettant d’obtenir une meilleure visibilité auprès de la population et pouvant la séduire ?

Les techniques de la communication : un outil non-négligeable pour la reconquête de la presse.

Les journalistes se trouvent donc face à un dilemme. Le seul moyen qui leur permet de remonter la pente est officiellement condamné par leur charte. Inutile de rappeler qu’enfreindre les règles de la charte concernant les relations avec les communicants compromet leur légitimité auprès de leurs lecteurs. Cependant, la réalité d’aujourd’hui est différente et il serait peut-être temps pour cette institution de s’adapter à ce nouveau monde en évoluant avec lui. Ainsi, les lignes de la charte concernant les métiers de la communication devraient être légèrement assouplies de sorte à permettre aux divers médias souffrant de l’arrivée des nouvelles technologies d’utiliser ouvertement les techniques de communication pour se promouvoir. Cette visibilité leur permettra d’attirer plus d’audience et garantira une certaine sécurité financière. Nous conclurons notre réflexion par cette phrase énoncée par le Professeur P.-Y Badillo qui résume merveilleusement bien la situation :

« Cela ne sert à rien de changer ou d’opprimer le média, il faut l’accompagner et l’adapter à la société. »

Pauline Sitbon
étudiante de Medi@LAB

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Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
– Brunet Patrick J. , L’éthique dans la société de l’information, 2001.
– Organisation internationale des journalistes (OIJ), Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, 1971.
– Sigma Delta Chi, Code déontologique de la société journaliste américaine, 1996.
– Cours « Innovation, médias et transformation digitale » donné par le Professeur Patrick-Yves Badillo

En savoir plus sur les MOOCs? Cliquez ici!

La fin de la mort ? Quatre questions sur le rêve techniciste

Written by Timon S.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Bientôt l’intelligence artificielle résoudra tous nos problèmes, à point de tromper la mort. Cette vision n’est-elle pas un peu trop bonne pour être vrai ? Vous apprendrez cela dans le cours en ligne de l’Université de Genève. Dans cet article nous vous donnons déjà une idée avec quatre questions et réponses.

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

1) Quand la technique rendra-t-elle l’homme immortel ?  

En 2045. Ou peu après. Dans cet an, l’intelligence artificielle (IA) atteindra une telle puissance qu’elle résoudra tous les défis principaux de l’humanité. Les futuristes du Silicon Valley comme Ray Kurzweil appellent ce moment,  » la  singularité  ».  Selon Ray Kurzweil, l’IA améliorera l’infrastructure urbaine et rendra l’énergie solaire. Ce n’est pas tout : l’IA donnera l’accès de l’eau potable à tous, créera des médicaments plus efficaces et comprendra le fonctionnement du cerveau. Cela permettra aussi de tromper la mort. En 2045 au lieu de mourir, nous pourrons télécharger notre conscience sur un ordinateur. Ainsi continuera la vie.  

Téléchargons-nous bientôt notre conscience sur un ordinateur ? Source : unsplash

2) Cette prédiction sur l’immortalité est-elle fiable ? 

Non. Cette prédiction repose sur des calculs. Rien ne garantit déjà que la singularité devienne réelle en 2045. La réalisabilité même de la singularité est remise en question. Ray Kurzweil se base par exemple sur la loi de Moore, selon laquelle le progrès technologique suit inévitablement une croissance exponentielle. L’informaticien et philosophe Jean-Gabriel Ganascia critique que cette loi est une simple loi d’observation. Sa validité future n’est donc pas garantie.  

La singularité technologique est-elle réalisable ? Jean-Claude Heudin, expert de l’intelligence artificielle, répond à cette question à partir de 1:29 dans la vidéo. Source : Youtube

 3) Mais la technologie assure toutefois un progrès accéléré pour l’humanité ?  

Oui et non. Certains secteurs de l’économie profitent incontestablement des nouvelles technologies. Ce sont notamment les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft). Mais tout le monde n’en profite pas. Vous trouverez plus d’informations dans nos articles « Le bonheur des GAFAM fait le malheur de la presse» et « 4 chiffres qui montrent les inégalités de la société numérique » 

4) Comment peut-on apprendre plus sur comment la technologie façonne notre monde ?  

Pour mieux comprendre ces phénomènes, l’approche scientifique des trois horloges vous sera certainement très utile. D’ailleurs, les chercheurs Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois expliquent comment les horloges technologique, économique et sociale interagissent dans un article publié en 2016. Patrick-Yves Badillo enseignera cette approche dans le cours en ligne « Innovation, Médias et Transformation Digitale » de l’Université de Genève. N’hésitez pas à vous y inscrire !  

Timon Stuber

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Sources

  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les trois horloges des sociétés «numériques » : le temps et les approches socio-techno-économiques de l’information-communication. In: XXème Congrès 2016 de la SFSIC, Metz, 8-9 et 10 juin, 2016
  • Giles Daoust. Ray Kurzweil et la Singularité.  https://www.beci.be/2018/01/26/ray-kurzweil-et-la-singularite (27.04.2020), 2018
  • Mark Hunyadi. Singularité et transhumanité, ces fables de l’intelligence artificielle. https://www.letemps.ch/culture/singularite-transhumanite-fables-lintelligence-artificielle (27.04.2020), 2017

Coronavirus: quelles perspectives pour le cinéma de demain ?

Written by Chloe P.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Salles de cinéma fermées, sorties des derniers films reportées, voici la réalité actuelle de la cinématographie suisse depuis le début du confinement dû au Coronavirus. Alors que certaines sorties de film initialement prévues au cinéma, se feront en ligne, et que les plateformes de visionnage en ligne cartonnent, comment reprendra le marché du cinéma à la sortie du confinement ? Les consommateurs auront-ils pris goût au «Netflix-canapé» ou retourneront-ils en salle ? Cet article du MOOC Innovations, Médias et Transformation digitale, dans le cadre de Media@LAB, porte sur les habitudes et usages des consommateurs de films et l’avenir du cinéma. 

Alors qu’à Hollywood on annonce avec la crise sanitaire des pertes avoisinant les 20 milliards de dollars, il est difficile en Suisse selon la présidente de l’association de cinématographie suisse, de formuler un chiffre exact concernant le cinéma. Madame Epelbaum estime cependant qu’il faudrait compter une baisse d’exploitation de plus de 30 millions de francs. Avec la fermeture des cinémas de part le monde, certains studios préfèrent s’associer avec les géants d’internet et poster en ligne sur les plateformes, plutôt que de reporter la sortie de films. La démarche fait débat dans l’industrie cinématographique qui crie au boycott du 7ème art.

Le cinéma sous différents supports

Si la télévision et le cinéma ont su marcher main dans la main et se soutenir au milieu du 20ème siècle, il n’en est pas de même entre Netflix et le cinéma aujourd’hui. En effet, dans les années 1950, la télévision sauve le cinéma en lui donnant un deuxième souffle. Avec la programmation de films sur petit écran, les audiences sont captées sur les chaînes et celles-ci augmentent largement. Le cinéma participe donc au financement de la télévision en ouvrant ainsi des débouchés inattendus pour la télévision. La relation est plus complexe avec l’arrivée du cinéma en ligne.

 Cinéma contre Netflix : une guerre déjà déclarée

Le cinéma, élu plus grand divertissement de masse du 20ème siècle, s’est déjà vu fragilisé ces dernières années avec l’émergence du cinéma en ligne et des nouveaux usages de l’audiovisuel, tels que la fameuse plateforme Netflix. On le sait, les relations entre Netflix et Hollywood sont complexes à l’heure où les usages numériques bouleversent l’ensemble de l’audiovisuel mondial. En effet, même si la plateforme a d’abord été connue pour sa grande offre de séries, le géant du streaming a dépensé plus de 12 milliards de dollars et s’est fait un nom en produisant plus de 80 films et documentaires en 2019. La concurrence d’internet est bel et bien en augmentation.

Et demain ?

Même si les plateformes en ligne telles que Netflix ont mis en difficulté le monde du cinéma bien avant l’arrivée du COVID-19, ce virus pourrait faire accélérer le processus et s’avérer être un coup fatal. Les cinéphiles de demain se bousculeront-ils au guichet des cinémas à l’annonce des jours meilleurs ? Ou les spectateurs resteront-ils marqués par l’épidémie au point de favoriser complètement les abonnements Netflix virtuels aux tickets de cinéma ? Si cette hypothèse tend à se confirmer, les exploitants de salles peuvent craindre pour leur futur chiffre d’affaires. Cette peur a fait réagir la Fédération Nationale des Cinéma Français qui a mis en place avec Webedia, une campagne de communication pro-cinéma avec la création d’un hashtag #On ira tous au cinéma.

 

Confiné.e.s pour un temps, cinéphiles tout le temps ?

La définition du film se pose également dans ce contexte. L’expérience compte-elle avec le cinéma ? Un film reste-il un film peu importe le média ? Netflix mérite-t-il le nom de cinéma ? Le cinéma de demain restera-t-il un moment convivial et social sur grand écran ou bien partagerons-nous cette expérience immédiate depuis notre canapé en pyjama par le biais d’autres plateformes ? Que des questions qui, pour l’instant restent en suspens.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Article de la RTS : https://www.rts.ch/info/culture/cinema/11178416-l-industrie-cinematographique-victime-collaterale-du-coronavirus.html.

Article de Territoire et Cinéma : https://territoires-cinema.fr/2020/04/17/on-ira-tous-au-cinema/.

Balle, F. (2017). Les techniques et leurs usages. Dans : Francis Balle éd., Les médias (pp. 5-50). Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Chiffres trouvés sur Statista : https://fr.statista.com/themes/3090/netflix/.

Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo.

 

Chloé Pellegrin, Etudiante de MédiaL@B

La presse digitale guidée par la destruction créatrice

Written by Amizero N.. Posted in L'innovation ou la destruction créatrice des médias

MOOC « Innovation, médias et transformation digitale ». Genève, le 07 avril 2020. Cette année, L’Université de Genève va proposer des formations en ligne MOOC. Elles abordent principalement les sujets concernant l’innovation et la transformation digitale. Ces cours pourront être disponibles sur la plateforme Coursera. L’une d’elle porte sur le concept de destruction créatrice en lien avec la presse. 

 Qu’est-ce que la destruction créatrice ?

La destruction créatrice est une théorie mise en place par l’économiste Joseph Schumpeter. Ce qu’il faut retenir de ce concept est que l’innovation est la force motrice de la croissance économique sur le long terme. Le système n’est pas figé, l’innovation redéfinit continuellement les dynamiques économiques. En effet les innovations provoquent d’abord une destruction du capital, puis se diffusent ensuite et permettent la croissance de nouveaux emplois. Il faut voir cela comme un cycle contre lequel il est n’est pas possible de lutter. Pour exemple dans la façon de consommer sa musique, les disques vinyle ont disparu au profit de CD qui eux-mêmes ont été bousculés par les fichiers MP3. Aujourd’hui, ces fichiers MP3 ont laissé place aux plateformes de streaming tel que Apple Music. Ce qu’il faut comprendre est qu’un produit ou un service finit par s’adapter à l’ère du temps. Est-ce le cas pour le monde de la presse également ?

 

Ampoule symbolisant une idée

© Pixabay

La presse face à ce processus

Avec ce concept de destruction créatrice, le neuf bouscule l’ancien. La presse est un domaine qui a connu une forte baisse de consommation ces dernières années. Ce média traditionnel a su rassembler un public large lors du 20ème siècle mais a dû partager la scène avec la radio puis l’arrivée des grands magazines puis de la télévision. Aujourd’hui, partout en Europe, les grands quotidiens connaissent un déclin au niveau des lecteurs. La presse écrite doit donc chercher un moyen de s’adapter et de survivre, il y a un besoin d’innovation. Pour ce, face à l’avènement de la digitalisation également, les journaux tentent de se renouveler. Les gens passent de plus en plus de temps sur les écrans et ce temps n’est plus engagé pour la lecture de presse écrite traditionnelle. Les journaux essaient donc de se trouver où leur audience a migré et cela passe par la digitalisation de l’information. Ils deviennent donc des médias multicanaux proposant différents formats de contenu sur une variété de plateformes (audio et vidéo notamment). On perd quelque chose mais de la nouveauté suit cette perte. Au final, doit-on voir un verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

« Associés-rivaux » est le terme utilisé pour définir la relation entre les journalistes et les communicants. Cependant, leur association est bien plus forte qu’ils ne veulent laisser paraître : ils sont dépendants l’un de l’autre.

L’éthique journalistique et l’éthique communicante sont réputées pour défendre des valeurs différentes. La première est une supportrice de la démocratie et lutte pour la liberté. La seconde a pour priorité de défendre les intérêts commerciaux ou partisans de son employeur. Pourtant, les journalistes et les communicants ont parfois, et même souvent, intérêt à collaborer. Cette association leur est indispensable pour optimiser leur travail.

Les journalistes et les communicants trouvent leurs avantages dans une coopération

Pixabay, 2020

En effet, malgré les différends moraux, les journalistes sont avantagés par une telle collaboration pour deux motifs principaux.

D’abord, une telle collaboration leur donne un accès direct à des informations détaillées, déjà traitées et récentes. Cela leur permet également de gagner du temps car ils évitent de s’épuiser à la recherche d’informations. Grâce à ce contact avec des communicants, ils peuvent également espérer rencontrer des figures importantes d’entreprise pour des interviews par exemple. Du côté des communicants, l’échange d’information leur donne un certain pouvoir sur ce qui sera publié. En effet, ils agissent tel un filtre sur les données qui passent d’une entreprise aux médias, comme l’explique le Professeur Badillo.

Ensuite, cette collaboration constitue un revenu primordial pour la survie des journaux, grâce à la publicité. C’est bien connu, les journaux subissent aujourd’hui une crise financière qui menace leur existence. La publicité faisant partie intégrante des stratégies de communication, elle offre des avantages aux deux professions : un revenu aux journalistes et une visibilité aux projets des communicants.

Une relation compromise dans l’arène des réseaux sociaux

C’est pourquoi, aujourd’hui la collaboration entre journalistes et communicants devient de plus en plus importante. Elle sert les deux causes équitablement. Pour les journalistes, elle représente une aide indéniable pour le processus d’écriture et financièrement. Pour les communicants, elle constitue un appui décisif pour mener à bien leur stratégie de communication. Cependant, les règles de cette relation changent dans le monde des médias sociaux. En effet, les réseaux sociaux offrent de nombreux services, qui peuvent compromettre la bonne entente entre journalistes et communicants.

Réseaux sociaux : une nouvelle arène et de nouvelles règles pour les journalistes et les communicants.

Written by Kelly C.. Posted in Journalisme et communication

L’essor d’internet et la montée en puissance des réseaux sociaux offre à la population connectée une vitrine sur l’information mondiale. Faits, avis et opinions défilent à toute vitesse pour arriver sur nos écrans. Ce nouveau mode de consommation de l’information impacte un grand nombre de métiers; le journaliste et le communicant n’échappent pas à la règle, bien au contraire

Sur les réseaux sociaux, l’accès aux informations est très rapide. Si cela est désormais un avantage pour les journalistes, cet accès facilité aux nouvelles fraiches peut également être un piège : sur internet, les fake News sont nombreuses. Ainsi, si traditionnellement, journalistes et communicants coopèrent, l’ère des réseaux sociaux numériques semble changer un peu la donne…

Association-rivalité des origines

Journalistes et communicants partagent à l’origine des valeurs et des principes communs en plus d’une formation indéniablement semblable. Ainsi, traditionnellement, si une certaine rivalité échauffe les esprits de ces professionnels, une relation de collaboration concernant les échanges d’informations  est également en œuvre, comme l’explique le professeur Badillo.

 Pixabay, 2020.

Les T.I.C désenchantent la relation entre les experts de l’information

Mais à l’heure du numérique et de l’hyper-connexion, les informations affluent de partout. Ce qui permet à tous d’être renseignés extrêmement rapidement sur tout et n’importe quoi. « Tous les jours nous recevons des quantités d’informations. Ces informations constituent un flux diversifié et permanent. Ces informations vraies ou fausses, manipulées un peu, pas du tout ou beaucoup, non hiérarchisées, sont répandues à une vitesse accélérée avec un nouveau média comme Internet. » (Badillo, 2008) Ainsi, l’usage notamment des réseaux sociaux fait surgir une nouvelle interrogation concernant les rapports entre journalistes et communicants : qu’en est-il désormais de la collaboration qui lie à l’origine les experts des informations ?

S’il n’est pas possible de donner une réponse définitive à cette question, la concurrence entre ces deux professions semble avoir désormais prit le dessus : l’accessibilité directe à l’information par tous paraît effacer sur internet le partenariat et l’entre-aide présents initialement entre le communicant et le journaliste. En conclusion, si les nouvelles technologies de l’information et de la communication offrent de nombreux avantages, elles augmentent néanmoins la concurrence et la méfiance entre des corps de métiers qui pourtant partagent la même éthique.

Le bonheur des GAFAM fait le malheur de la presse

Written by Marie O.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »¦ Le cours en ligne de l’Université de Genève et du Medi@LAB vous propose une approche afin de comprendre la transformation digitale et la société numérique : les trois horloges.  Cette approche aide à saisir la montée en puissance des GAFAM et la chute des médias traditionnels.

L’horloge technologique imprime le tempo de l’économie mondiale. L’horloge économique suit le mouvement, les GAFAM en sont l’exemple.

Mille milliards de dollars. C’est en 2019 la valeur boursière astronomique de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft selon les statistique du site statista.fr. Les dites GAFAM deviennent à ce jour, les plus grosses sociétés numériques jamais cotées. Mille milliards de dollars. C’est plus que le produit intérieur brut de pays comme les Pays-Bas, l’Arabie Saoudite, la Turquie ou la Suisse. L’évolution des GAFAM est vertigineux : Parmi ces entreprises stars de la Silicon Valley californienne, certaines ont à peine 20 ans. Facebook, créé en 2004 va totaliser en début d’année 2019 plus de 2,3 milliards d’utilisateurs actifs mensuels.  Google voit le jour en 1998 et rachètera Youtube en 2006. Le site comptabilise à l’heure actuelle plus d’un milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour. Comment expliquer cette montée des GAFAM ?

GAFAM s’emparent des dernières technologies

Pour répondre à cette question on peut se servir du concept des trois horloges présenté dans l’article « Allons-nous vers une utopie ou vers une dystopie numérique ? ». Le voile est levé par le Professeur Badillo dans sa récente thèse  des « trois horloges de la société de l’information ». L’horloge technologique « imprime le tempo de l’économie mondiale », écrit-il. L’horloge économique suit le mouvement, les GAFAM en sont l’exemple. La montée en puissance des GAFAM est donc conditionnée par la technologie dont les GAFAM s’en servent : l’internet, le smartphone, les algorithmes ou la technologie des circuits intégrés. Ces derniers deviennent par exemple rapidement le point fort d’Apple qui propose dans ses produits, une autonomie de batterie plus préservée.

Les jeunes s’informent plus sur les réseaux sociaux qu’avec les médias traditionnels. Image: Canva

Des gagnants et des perdants

Ce développement implique non seulement des gagnants mais aussi des perdants. Qui sont-ils ? L’exemple emblématique sont les médias traditionnels. Les consommateurs cherchent à s’informer de plus en plus via les réseaux sociaux ou les moteurs de recherches. Ils sollicitent donc moins les canaux de médias traditionnels tels que la radio, la télévision et la presse écrite. Résultat : Une chute des revenus des médias traditionnels qui en paient fort le prix. 31 pays de l’OCDE, enregistrent entre 2000 et 2008, une baisse de 2,7% du tirage total de leur quotidiens. Cette évolution ne fait pas halte devant la Suisse. Elle engendre par exemple un lot des difficultés pour la presse Suisse. À commencer par la disparition de l’Hebdo et du Matin papier ou la consolidation de la presse à travers des reprises ou des fusions.

Est-ce qu’il est déjà trop tard pour les médias pour attraper leur décalage à l’horloge technologique et les GAFAM ? Quelles stratégies pourraient-ils employer ? Ces questions restent ouvertes. Inscrivez-vous au MOOC pour trouver vos propres réponses.

Marie Oyomo

Retrouvez Medi@LAB-Genève sur les réseaux sociaux !

Was ist Twitter? Einfach erklärt - CHIP

 

Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161

Allons-nous vers une utopie ou vers une dystopie numérique ?

Written by Timon S.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦ MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Vous êtes en recherche d’une formation continu pour mieux comprendre la transformation digitale ? Un cours en ligne de l’Université de Genève et du Medi@LAB pourrait être la solution parfaite pour vous. Il porte notamment sur un concept clé pour comprendre la société numérique : les trois horloges.

Les horloges technologique, économique et sociale tournent avec des rythmes différents.

La technologie c’est dieu. Elle va résoudre tous les maux de l’homme. Voire le rendre immortel. Ayez un peu de patience. Bientôt vous auriez le paradis sur terre. Cette vision n’est pas un conte de fées mais le projet poursuit par des futuristes de la Silicon Valley dont le plus connu est Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google. La technologie de communication nous a notamment offert des inventions exceptionnelles ces dernières décennies : le smartphone, les réseaux sociaux, et l’intelligence artificielle. Mais ces inventions sont-ils vraiment au profit de tout le monde ? Ou est-ce seulement un nombre restreint d’entreprises, de régions de la terre et de groupes sociaux qui en profitent principalement ? Pour mettre la lumière sur ces questions les chercheurs s’appuient sur« les trois horloges de la société numérique ».

L’horloge technologique serait sans pilote

L’idée de base de cette approche est que la dynamique de nos sociétés numériques peut être décryptée à travers trois horloges : Les horloges technologique, économique et sociale. « Notre approche distingue les rythmes désynchronisés de ces trois horloges », écrivent les chercheurs Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois dans un article publié en 2016. Patrick-Yves Badillo est Directeur du Medi@LAB de l’Université de Genève et Maître de conférences du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Le MOOC porte sur les trois horloges en guise de conclusion. Dans leur article, Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois constatent que l’horloge technologique accélère sans cesse et répond de moins en moins aux besoins sociaux. Elle serait mue par des mécanismes économiques privilégiant la rentabilité à court terme. Ils concluent que « nous sommes en direction de la dystopie ».

La technologie va-t-elle nous rendre immortel ? Image: canva

 

Comment tourner la roue ?

Pouvons-nous encore tourner la roue et aller vers l’utopie ? Dans les cinq articles prochains nous montrerons les enjeux de la société numériques et des solutions potentielles.

  1. Nous montrerons l’essor vertigineux des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les conséquences drastiques sur d’autres acteurs économiques comme la presse.
  2. Nous expliquerons le mythe techniciste de Ray Kurzweil et les critiques envers elle.
  3. Nous vous montrerons les disparités sociales suscitées ou amplifiées par les horloges économiques et techniques.
  4. Nous vous raconterons l’histoire de la TIC (technologie de l’information et de la communication) de la presse Gutenberg jusqu’aux réseaux sociaux.
  5. Enfin nous nous interrogerons sur les possibilités pour mieux harmoniser les rythmes des trois horloges et rapprocher l’humanité le plus que possible au paradis décrit par Ray Kurzweil.

Bonne lecture ! Et peut-être, à bientôt dans une salle numérique du MOOC.