Articles marqués avec ‘médias’

Le nouveau modèle économique des médias de masse

Written by Sven G.. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les piliers des mass media : vers une modification des paradigmes, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Il ne fait plus aucun doute, Internet et le numérique ont complètement bouleversé nos vies. Alors qu’aujourd’hui le monde entier surfe sur le web, les médias de masse se trouvent à un tournant de leur existence : leur modèle économique d’antan est chamboulé par les grands acteurs du numérique. Ce nouveau modèle ne met-il pas en péril le journalisme dans son ensemble ?

La création du World Wide Web a considérablement changé notre façon de vivre. Cette innovation a accéléré notre monde à une vitesse que personne n’aurait pu imaginer il y a une trentaine d’année. Petit à petit, Internet a touché tous les domaines possibles et aujourd’hui, il est au centre d’une problématique actuelle et récurrente : la crise des médias. En effet, la Googlization, ce phénomène d’expansion des technologies de recherche de l’entreprise homonyme dans divers marchés, semble radicalement changer le journalisme, quitte même à supprimer la profession telle qu’on la connaît aujourd’hui. Mais pourquoi ? Pour le comprendre, revenons d’abord sur le concept même de Googlization.

Le SEO, des entreprises aux médias

Toute entreprise de nos jours développe son positionnement sur Internet. Afin de donner plus de visibilité à un produit ou simplement à la marque, cette dernière a recours au procédé du Search Engine Optimization. Ce dernier consiste à augmenter le trafic sur la page web de l’entreprise en la référençant sur les moteurs de recherche. Mieux cette dernière est référencée, plus elle gagne en visibilité. Récemment, cette pratique s’est transposée aux médias. En effet, une étude menée en 2016 par Giomelakis and Veglis (Badillo, 2020) a démontré que les sites Internet des médias grecs ayant le plus de trafic étaient aussi ceux qui avaient le meilleur référencement. Il y a donc un effet direct entre les moteurs de recherche et le trafic sur les sites web des médias et de ce fait, sur la production médiatique en elle-même. En effet, cette recherche de trafic a donné lieu à ce que l’on considère comme le nouveau modèle économique des médias.

La Googlization, nouvel acteur économique

Il y a peu, le modèle managérial de base des médias était considéré « à deux versants »: il reposait d’une part sur les abonnements des consommateurs et d’autre part sur les annonces publicitaires. Avec l’avènement d’Internet, les annonceurs ont petit-à-petit délaissé les médias de masse classiques pour se tourner vers Internet, dont le coût est radicalement moins cher. En pleine crise, les médias ont donc dû trouver d’autres moyens de se financer et, c’est là toute l’innovation de ceux-ci ces dernières années, ils ont suivi le mouvement pour voir leur activité fleurir sur le web. L’utilisation du Search Engine Optimization par les médias leur est bénéfique car elle leur permet d’augmenter le trafic et ainsi récolter des données sur les internautes qui visitent leur site Internet. On parle ainsi d’un nouveau modèle économique car ce ne sont plus uniquement les abonnements et la publicité qui constituent le revenu principal des médias, mais bien la recherche de données (Badillo, 2020). De ce fait une question se pose : ce nouveau modèle a-t-il toujours pour objectif de produire de l’information ?

Le nouveau modèle économique tend à privilégier la recherche de données plus que la création de contenu de qualité. (Badillo, 2020)

Cette recherche constante de données afin de cibler le contenu à proposer aux consommateurs est à la base d’une destruction créatrice des médias (Badillo, 2020). En effet la recherche constante de données a détruit le modèle économique de base pour créer un nouveau système dans l’industrie, qui semble détruire le journalisme tel qu’il est connu aujourd’hui. Cette course aux données pousse les médias à proposer un contenu ciblé qui parfois n’est pas en accord avec leur ligne éditoriale et cela uniquement afin de créer du trafic. Une pratique qui tend vers une limitation de la créativité. Les plateformes de réseaux sociaux et les moteurs de recherche valorisant désormais l’information, ces derniers incitent les organismes de presse à produire un certain type de contenu, comme les vidéos, ou en dictant les activités éditoriales au travers des normes de conception. Les plateformes et les moteurs de recherche sont donc devenu explicitement éditoriaux de contenu (Badillo, 2020).

Ainsi, le numérique, et en particulier le concept de Googlization, bouleverse le journalisme et les trois piliers des médias de masse que sont la production, la conception et la diffusion de l’information. Une notion que ma collègue Eva MacNeill a approfondi dans son article « Les piliers des médias traditionnels ou la pression des changements de réseaux » que nous vous invitons à lire pour approfondir le sujet.

.

Références

Article en cours de publication chez Ringier Axel Springer : Badillo, P.-Y. (2020), Innovation and Media: Googlization and Limited Creativity.

Badillo, P.-Y. « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève.

Ville de Genève (12 juin 2019). ActMédia – 14 septembre 2018 | Googlization et concentration des médias. Consulté à partir de https://www.youtube.com/watch?v=9wKK9hteXpE 

.
Sven Grossenbacher 

Pour plus de contenus, n’hésitez pas à suivre Medi@LAB sur les réseaux sociaux ! 

    

Du Web 1.0 au Web 4.0 : une évolution fulgurante

Written by Sophie D.. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Du monde scientifique à la vie quotidienne, le Web se développe à une vitesse impressionnante. En voulant nous simplifier la vie, il se pourrait bien qu’il en fasse trop. L’évolution du web : montée au paradis ou descente aux enfers ?

Source: cours Innovation, médias et transformation digitale (Badillo, UNIGE, 2019)

De l’invention à l’innovation

Badillo (2019) explique qu’Internet atteint 50% des ménages en moins de 5 ans (Cours Innovation, médias et transformation digitale, UNIGE, 2019). A titre comparatif, il aura fallu environ 70 ans au téléphone, 50 ans à la radio et 15 ans à la télévision pour s’imposer. Pour les réseaux sociaux qui s’ensuivent, c’est moins de 2 ans avant d’atteindre la moitié des ménages. Ces chiffres soulignent la rapidité avec laquelle cette invention « Web » pénètre la société, la changeant à jamais. En se propageant, l’invention se transforme en innovation.

Evolution du Web 

Alors que le web 1.0 se développe dans le monde scientifique du CERN, il prend quelques années seulement à atteindre le commun des mortels. Il commence par changer les mondes économiques et commerciaux. Avec les réseaux sociaux, le web 2.0 transforme le monde social : correspondre avec des individus à l’autre bout du monde n’a jamais été si simple et rapide. Les relations amicales, amoureuses et même sexuelles prennent un nouveau tournant. Le web 3.0 se met à détecter « nos » goûts : ses algorithmes orientent nos recherches et formatent nos sources d’intérêts. Émerge alors le web 4.0 qui va jusqu’à modifier la structure même des foyers : les objets connectés sont intelligents et ils vivent à nos côtés. Les robots nous accompagnent, chaque jour, sous toutes les formes.

Rien ne s’est passé comme prévu ?

Même si tout n’était pas prévu, Berners-Lee – l’inventeur du World Wide Web – a toujours rêvé d’un grand avenir pour son invention. Mais que nous réserve la suite ? Car s’il permet un accès illimité à de grandes quantités d’informations, le Web met de plus en plus en péril des valeurs fondamentales, comme le droit à la vie privée. Traquées au quotidien, dans toutes les activités, nos données personnelles sont stockées par les géants du Web qui possèdent un pouvoir gigantesque. Quelle sera la suite ? Un renforcement de ce système inégal entre traqueurs et traqués ? Ou un changement de voie pour garder le meilleur du Web… en supprimant ses mauvais côtés ?

Un avenir prometteur

Dans une interview accordée à Bosch, Berners-Lee souligne ce grand problème du Web : « Les gens se rendent compte que leurs données personnelles sont utilisées dans un système et que ce système est utilisé pour manipuler les gens. » [traduction personnelle] Pour résoudre ce problème, il travaille sur une plateforme nommée Solid. L’objectif ? « Que les données ne soient plus stockées par des entreprises individuelles telles que Google, Amazon ou les fournisseurs de médias sociaux, même si leurs logiciels sont utilisés. Elles devraient plutôt être stockées là où l’utilisateur le souhaite. De cette façon, chacun pourrait mieux contrôler ses propres données, qui seraient stockées dans des pods. Les paramètres de chaque pod permettraient aux utilisateurs de décider eux-mêmes quels fournisseurs, tels que les applications de santé, sont autorisés à accéder aux données qu’il contient. » [traduction personnelle]

Cette nouvelle invention permettra certainement au Web de continuer son chemin impressionnant, au-delà des nuages qui se dressent sur sa route.

 

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les différents « Web » ? Retrouvez nos articles sur les Web 1.0, 2.0, 3.0 et 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Berners-Lee, T. (2019). The future of the Internet. Bosch. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.bosch.com/stories/future-of-the-internet/

Bosch Global (2019). Experts@IoT: Tim Berners-Lee, Inventor of the World Wide Web. Youtube. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.youtube.com/watch?v=aEL_iVLBjrY&feature=emb_logo

Solid. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://solid.mit.edu/

Zapater, J. J. S. (2014, April). From web 1.0 to web 4.0: The evolution of the web. In Proceedings of the 7th Euro American Conference on Telematics and Information Systems (pp. 1-1).

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

Les piliers des médias traditionnels sous la pression des changements de réseaux

Written by Eva Pauline M.. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les piliers des mass media : vers une modification des paradigmes, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Le constat à l’heure du Web 2.0 est sans appel : les médias de l’ère Gutenberg sont remis en cause. Mais alors quels sont les piliers de ces médias traditionnels dits de masse, et par quel phénomène se voient-ils mis en danger de la sorte ?
Une réponse sous l’angle des changements d’utilisation des réseaux.

Les 3 piliers des médias de masse

Les médias imprimés sont caractéristiques du 19ème siècle : machinerie gigantesque, industrie lourde, bref, un capital investi colossal. Mais à l’heure du numérique, les piliers clés de ces médias traditionnels se voient remis en cause.

Mais alors, quels sont ces piliers ?
Selon le professeur Badillo, il existe « 3 piliers des médias de masse » (P.-Y. Badillo), ainsi définis :

  1. Contenu
  2. Distribution
  3. Supports

Par rapport à la Galaxie Gutenberg, le premier pilier, soit la production de contenu, ne se voit pas vraiment ébranlé à l’ère digitale. Par contre, le changement majeur se situe au niveau du second pilier, autrement dit, autour de tout ce qui concerne la distribution. Concrètement, avec la poussée du numérique, nous n’avons plus besoin de rotatives ni de moyens de transports pour assurer la distribution, comme cela était le cas avec les journaux traditionnels. Désormais, les médias sont consultables en 1 clic, via le numérique et l’univers de ces médias de masse se voit donc considérablement révolutionné du fait d’un recul des contraintes techniques.

La distribution et les changements d’utilisation des réseaux 

« Dès le xixe siècle, les réseaux – chemin de fer, eau, gaz et électricité – exercent de puissants effets structurants sur l’économie. C’est aussi le cas des réseaux de télécommunications qui, aujourd’hui, constituent le cœur de nos économies » (Patrick-Yves Badillo et Dominique Roux, 2009). En effet, en quelques années, les réseaux ont eux aussi subi une véritable révolution. Nous sommes ainsi passés des réseaux de diffusion « classiques » hiérarchisés (descendants de masse) aux réseaux maillés point à point (personnalisés et ciblés). Les réseaux hiérarchisés (également appelés « en arbre ») permettent aux utilisateurs d’être connectés les uns aux autres, via un appareil central qui contrôle les différentes connexions et le trafic sur le réseau. Alors que les réseaux maillés point à point possèdent un mode de transfert différent. Dans un réseau maillé, n’importe quel appareil du réseau peut servir de plateforme ou de point central, et, dans certains cas, le réseau peut même ne pas avoir de point central du tout. Il n’y a donc pas cette notion de hiérarchie centrale, mais une topologie « en filet ».

Ci-dessous, un exemple des deux types de réseaux mentionnés.

Un réseau hiérarchisé (Source : Wikipedia)

Un réseau maillé (Source : Wikipedia)

 

 

 

 

 

 

 

Avec ce changement d’utilisation des réseaux, nous sommes donc entrés dans une communication de masse personnalisée, qui entraîne à son tour une consommation de masse personnalisée. On dépasse la simple consommation d’un produit médiatique, et on entre dans une logique de distribution et de relation « ultra-ciblées ». Il devient désormais possible de combiner « action de masse » avec une diffusion plus sélective en fonction de la cible visée. On dépasse donc le stade d’une interactivité qui était très limitée jusque-là et on passe d’une logique pull, à une logique push où l’information est poussée vers les consommateurs. Pour les médias, cela a pour conséquence une modification de leurs modèles économiques, que nous vous invitons à découvrir dans notre second article « Le nouveau modèle économique des médias de masse » écrit par mon collègue Sven Grossenbacher.

.

Références 

Badillo, P.-Y. « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève.

Badillo, P.-Y. & Roux, D. (2009). Les 100 mots des télécommunications. Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Introduction aux réseaux maillés. Consulté à partir de https://commotionwireless.net/fr/docs/cck/networking/intro-to-mesh/

Les médias de masse et les limites de leur efficacité. Consulté à partir de http://tpe-influencedesmedias.e-monsite.com/pages/ii-les-medias-de-masse-et-les-limites-de-leur-efficacite.html#page1

.
Eva MacNeill

Pour plus de contenus, n’hésitez pas à suivre Medi@LAB sur les réseaux sociaux ! 

    

L’innovation médiatique est-elle vraiment créatrice ?

Written by Luana G.. Posted in La première ère de la transformation digitale E-commerce et Longue Traine, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Genève, avril 2020 – La leçon 1 de ce mooc “L’innovation ou la destruction créatrice des médias” apporte une réflexion sur le paradoxe que vivent les médias actuellement. La digitalisation et même la “googlisation” des médias a bouleversé le type de contenu proposé par les médias, qui ont dû se tourner vers le digital afin d’obtenir plus de trafic en ligne, de données et de publicité. Ce nouveau modèle économique a considérablement modifié les processus de production et de diffusion, mais qu’en est-il de la qualité du contenu journalistique?

Googlisation, PTD… qu’est-ce que c’est ?

Traditionnellement, on parle de “marché à deux versants” pour désigner le modèle économique des médias. Or, l’innovation actuelle d’internet a poussé la presse des pays développés à se tourner vers un nouveau marché qui inclurait l’audience digitale. On parle alors de “marché PDT” : publicité, données,Data Science – Mastertrafic. Ce modèle, inspiré par le géant Google, est centré sur les trafics en ligne, les données des visiteurs et la publicité comme source de revenu. Grâce à cette googlisation, les médias pourraient devenir une source importante dans la récolte d’informations sur les préférences des consommateurs.  Les journalistes ont donc dû repenser leur travail afin de prendre en compte ces nouveaux objectifs digitaux, ce qui implique notamment une innovation au niveau technologique. Mais pour autant, la qualité du contenu ne semble pas avoir énormément évolué.

Audience ou qualité du contenu : faut-il vraiment choisir ?
La baisse des ressources traditionnelles de la presse écrite a poussé les rédactions à se tourner vers des contenus attractifs en terme d’audience, afin de générer des revenus publicitaires. La digitalisation des médias a apporté un certain nombre de processus innovants et créatifs, notamment les contenus vidéos, l’interaction avec le public etc. Mais à côté de cela, on peut s’interroger sur la qualité des contenus. La presse est désormais en partie guidée par ses objectifs de produire du trafic, des données et de la publicité, ce qui laisse parfois de côté la créativité et la qualité des contenus. Comme exemple actuel, on peut citer le nombre effarant de fake news circulant autour de la crise sanitaire. Pourquoi des informations fausses sont-elles relayées? Peut-être par manque de temps, qui empêcherait de vérifier l’information des autres/de produire son propre contenu original.
Aujourd’hui, “le véritable défi pour les médias et la société est de stimuler la créativité pour produire de l’information et améliorer la qualité de l’information.” (Badillo et Bourgeois, 2018)

LG

 

Sources :
BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les mutations des médias : quel modèle de
destruction « créatrive » ? Analyse théorique et étude de cas des médias suisses. Actes du
congrès de la SFSIC 2018, Création, créativité et médiations. MSH Paris Nord : [s.n.], 2018.
BADILLO, Patrick-Yves. Réorganisation des médias : la « presse » d’information en France,
entre destructions et créations. In: Pélissier, Nicolas & Maas, Elise (Ed.). Vers une culture
médi@TIC? – Médias, journalisme et espace public à l’épreuve de la numérisation. Paris :
Editions l’Harmattan, 2015.

Web 3.0: un web intelligent

Written by Sophie D.. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Dans les années 2010, le web interactif va encore plus loin: on parle de web sémantique. En plus de connecter les gens, il connecte désormais les savoirs. Le metaweb fait son apparition, pour le meilleur et pour le pire. Et il n’est pas près de s’arrêter.

Web sémantique

La multiplicité des supports et des applications augmente encore davantage la quantité de données. Image: © geralt / Pixabay

Le web 3.0 est un web « smart ».  Son but est simple. La quantité de données stockées sur internet est énorme: il faut les exploiter! Les ordinateurs doivent pouvoir comprendre ces données afin d’apporter à l’utilisateur ce qu’il cherche réellement. Le tagging – hashtags et étiquettes – permet notamment au web de se structurer et de faciliter la connexion des savoirs des individus.

Le but final de ce web intelligent? «Transformer la masse ingérable des pages Web en un gigantesque index hiérarchisé.» (futura-sciences)

Ce web sémantique se développe dans une société marquée par le metadata: des données accessibles partout, en tout temps… et sur tout support. Avec la multiplication de smartphones, tablettes et ordinateurs en tout genre, l’individu est toujours connecté. Il génère alors continuellement des données sur ces différents supports, dans différents contextes. Le big data commence à poindre à l’horizon.

Entre algorithmes et recommandations

Le web 3.0 utilise ces données pour les intégrer et les réutiliser à travers diverses applications. C’est le début de l’automatisation des requêtes des individus. Qui n’a jamais entendu parler des algorithmes, même si leur fonctionnement exact peut parfois nous paraître flou? Qui n’a jamais reçu de recommandations, de Netflix, Spotify, Youtube et tant d’autres? Avec le web 3.0, les algorithmes se font de plus en plus puissants et les recommandations de plus en plus précises.

Ce web semble pertinent et presque louable: les intérêts et les goûts de chacun sont au centre de ses priorités. Mais ne marquerait-il pas le début d’un web trop présent?

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Getting, B. (2007). Basic Definitions: Web 1.0, Web. 2.0, Web 3.0, sur le site PracticalEcommerce. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: http:// www.practicalecommerce.com/articles/464/Basic-Definitions-Web-10-Web-20-Web-30/

La rédaction JDN (2019). Qu’est-ce que le Web 3.0 ?, sur le site Journal du net. Consulté le 23 avril 2020 à l’adresse: https://www.journaldunet.fr/web-tech/dictionnaire-du-webmastering/1203249-web-3-0-definition/

L’Évolution d’Internet – Le Web 3.0 Expliqué, sur le site Binance Academy. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.binance.vision/fr/blockchain/the-evolution-of-the-internet-web-3-0-explained

Web sémantique, sur le site futura-sciences, section tech. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/internet-web-semantique-3993/

Web sémantique, sur le site Wikipédia L’encyclopédie libre. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Web_s%C3%A9mantique

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

L’importance des radios locales africaines dans la lutte contre le coronavirus

Written by Isabelle A.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Le monde entier traverse une crise historique avec la propagation du coronavirus. La situation sur le continent africain est particulièrement précaire et les radios au cœur de la communication l’ont bien compris. Cet article du MOOC dédié aux Innovations, Médias et Transformation digitale dans le cadre de Médi@LAB, est dédié au rôle des radios locales en Afrique pour lutter contre les fake news et apporter un soutien aux populations.

Traversant une crise extraordinaire, les radios et médias du monde entier sont d’une importance non-négligeable dans la lutte contre le coronavirus, mais tout particulièrement sur le continent africain. Le COVID-19 représente un danger bien plus important qu’Ébola car il est plus contagieux et s’attaque aux capitales surpeuplées où le confinement n’est pas envisageable pour la majorité des habitants (RTSinfo). Tous les pays du continent sont touchés, la courbe de progression est la même que partout ailleurs, sauf que les hôpitaux sont en nombre insuffisant et en mauvais état. La correspondante en Tunisie et en Libye pour RTSinfo est claire : « les systèmes de santé africains ne peuvent pas affronter un tel virus ». Pour limiter les dégâts sanitaires mais également économiques, il est indispensable de freiner la propagation du virus. Les populations ont besoin d’être informées et cela de la meilleure façon qu’il soit. C’est ici qu’interviennent les radios.

Studio Tamani tente de lutter contre les fake news au Mali

Un journaliste de Studio Tamani réalise une interview à distance en temps de coronavirus. Source: Fondation Hirondelle

La Fondation Hirondelle est une organisation suisse qui soutient des radios nationales et communautaires. Parmi celles-ci, il y a Studio Tamani, un programme d’information malien qui propose des journaux d’informations au quotidien. Au Mali, 72 chaînes de radio diffusent les programmes de Studio Tamani avec 2 millions d’auditeurs en moyenne. Un véritable défi de prévention pour la radio, qui a commencé à diffuser des messages de sensibilisation à l’encontre du coronavirus depuis le mois de mars. Son rédacteur en chef souligne l’importance d’introduire un reportage sur la pandémie dans chaque émission, et ce dans 5 langues. Selon lui, les radios du continent africain ont un rôle indispensable à jouer, notamment dans la lutte contre les fake news. Alors que certains sont persuadés que le virus n’existe pas ou qu’il faut s’en remettre à Dieu pour l’éradiquer, d’autres sont convaincus que l’ail ou l’eau chaude peuvent l’éliminer. Les Marabouts quant à eux proposent leurs services sur les réseaux sociaux pour soigner le peuple du COVID-19. Les radios se doivent donc de contredire les informations non-vérifiées par les autorités sanitaires.

Quand radios et artistes locaux s’allient pour sensibiliser

La tâche n’est pas si simple. La Fondation Hirondelle rappelle qu’en Afrique il est possible qu’un discours d’une autorité aille à l’encontre du message que les médias essaient de faire passer. Souvenez-vous de l’ancien président d’Afrique du Sud qui véhiculait des messages contreproductifs pour la prévention contre le sida, une pandémie qui frappait durement le pays. Pour pallier au problème des fake news, les radios tentent d’informer de façon plus directe. Et pour cela, Studio Tamani, comme bien d’autres radios du continent, reprennent des tubes d’artistes africains pour diffuser les messages de préventions contre le coronavirus à un audience plus large. Parmi ces artistes, Smarty, un rappeur burkinabé engagéAvec la chanson « Alerte Corona », composée sous le demande d’Unicef, il veut faire taire les rumeurs dans son pays: « Ça raconte que l’homme noir ça ne le tue pas, que Corona sous le soleil ne résisterait pas (…) Les rumeurs disent que c’est la maladie des Blancs, que Mamadou le guérisseur a son médicament. (…) Monsieur Rumeur finira par enterrer l’Afrique. »

 

La radio : un vecteur de soutien pour les populations africaines

La présence des radios sur le continent africain en cette période de crise est également une source de soutien pour les habitants dont la vie est en jeu. Le défi est d’un côté de trouver les mots pour informer correctement, et de l’autre ne pas être trop lourd et pesant dans les échanges avec les auditeurs. Le Monde affirmait fin mars que la Radio Salam ou Africa Radio, ouvraient davantage leurs antennes aux auditeurs pour maintenir un lien social : « elles représentent un lien fondamental pour des gens extrêmement isolés ». D’ailleurs, selon la Fondation Hirondelle, les maliens sont inquiets et s’adressent de façon abondante à Studio Tamani pour partager leurs craintes et interrogations. Preuve ici que les propos de McLuhan (1968) concernant l’audience de la radio ne sont plus tellement d’actualité. Alors que pour lui la radio était un média qui ne nécessitait pas de participation de la part du récepteur, cette tendance a bien évolué. On peut même avancer que ce lien pluridirectionnel entre auditeur et émetteur est fondamental en ces temps de crise.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Site internet de la Fondation Hirondelle: https://www.hirondelle.org/fr/qui-sommes-nous.

Article du Monde sur les radios en Afrique: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/20/les-radios-de-la-diaspora-africaine-se-mettent-a-l-heure-du-coronavirus_6033843_3212.html.

Sujet radio de La Première concernant le rôle des radio en Afrique: https://www.rts.ch/play/radio/la-matinale/audio/le-role-des-radios-locales-africaines-dans-la-crise-du-coronavirus?id=11218366.

Intervention de Maurine Mercier, correspondante RTSinfo en Tunisie et Libye: https://www.facebook.com/RTSinfo/videos/3002690683085680/.

Article de RTSinfo sur l’intervention d’artistes locaux en Afrique dans la lutte contre le coronavirus: https://www.rts.ch/info/monde/11235382-en-afrique-les-chanteurs-se-mobilisent-pour-lutter-contre-le-coronavirus.html.

McLuhan, M. (1968). « Pour comprendre les médias. Les prolongements technologiques de l’homme. » Paris: Éditions Points.

 

Isabelle Aeschlimann, Etudiante de MédiaL@B

Qu’est-ce qu’une information de qualité ?

Written by Geraldine O.. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Qu’est-ce qu’une information de qualité ? | Mai 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias. Cet article interrogera plus particulièrement la qualité journalistique. Internet permet la diffusion rapide d’une quantité d’informations toujours plus grande. Dans ce contexte, savoir différencier une bonne information d’une mauvaise est primordial !


Infographie expliquant les différents critères nécessaires à une information de qualité

Infographie – Fonction des médias

Depuis le mois de mars, le coronavirus s’est imposé comme sujet privilégié de toutes les discussions. Les informations autour du covid-19 sont omniprésentes à la radio, à la TV, dans la presse, mais également sur internet et les réseaux sociaux. Dans cette masse de messages, il est important de discerner quelles sont les informations de qualité auxquelles se fier. Alors quels sont les critères qui font une bonne information ?

Comment définir la qualité d’une information ?

Pour qu’une information de qualité soit considérée comme telle, elle est soumise à quatre critères : l’intelligibilité, la vérité, la sincérité et la justesse.

  • Intelligibilité : tout discours doit être compris, au préalable, de toutes les parties concernées
  • Vérité : les faits décrits doivent être objectivement exacts
  • Sincérité : l’évaluation de l’exactitude d’un message est subjective
  • Justesse : les énoncés doivent être conformes aux normes qui régissent le contexte

L’intérêt de ces critères pour les médias

Ces critères doivent absolument être respectés par les médias traditionnels dont l’activité principale est d’informer.

  • L’intelligibilité consiste en une information claire et facile à comprendre. Elle permet une économie d’effort de compréhension et d’analyse de la part des récepteurs.
  • La vérité concerne les faits pouvant être justes ou faux. Dans le cas des médias, il est primordial que la vérité soit recherchée à la fois par les émetteurs et les récepteurs afin d’éviter la propagation de fake news.
  • La sincérité instaure un climat de confiance entre un lectorat et un journaliste ou un journal. Ce critère remplace parfois celui de vérité pour des informations qui ne sont pas directement vérifiables.
  • La justesse oblige les médias à construire des énoncés qui sont pertinents et qui sont conformes à différentes normes établies. Par exemple, l’écriture journalistique nécessite le choix d’un angle et le respect de la règle des 5W (what ? who ? where ? when ? why ?).

D’où viennent ces critères ?

Les critères d’intelligibilité, de vérité, de sincérité et de justesse proviennent de l’agir communicationnel inventé par Jürgen Habermas. Jürgen Habermas est un théoricien allemand en philosophie et en sciences sociales qui fait partie de l’École de Francfort. L’agir communicationnel est une nouvelle théorie de la société basée sur la communication. Lors d’un acte de communication, si ces quatre critères sont respectés, un consensus se forme et une compréhension intersubjective apparaît.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé sur la base de publications scientifiques et d’extraits du cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • RTS. (16 mars 2020). Comment se prémunir contre les fausses informations sur le Covid-19 ?. En ligne https://www.rts.ch/info/sciences-tech/11168250-comment-se-premunir-contre-les-fausses-informations-sur-le-covid-19-.html, consulté le 11 mai.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Fonctions des médias

 

Le rôle principal des médias : informer

Written by Geraldine O.. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Le rôle principal des médias : informer | Avril 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article questionnera le rôle premier des médias, celui d’informer. Dans le contexte actuel de crise sanitaire, la population montre un intérêt particulier pour les informations des médias traditionnels, illustrant ainsi l’importance de cette fonction.


L'infographie illustre les différentes fonctions des médias et plus particulièrement la fonction d'information

© Infographie – Fonction des médias

En cette période de coronavirus, le rôle des médias traditionnels se résume principalement à informer la population. Les lecteurs, les téléspectateurs et les internautes sont à la recherche d’informations fiables. Cet engouement peut aisément se comprendre au vu du grand nombre de fake news autour du covid-19.

Qui sont les médias et quels sont leurs rôles ?

Les médias traditionnels se voient attribuer plusieurs rôles tels que transmettre la culture, divertir, faire acheter à travers la publicité ou encore servir de forum, cependant leur objectif principal reste d’informer. À l’origine, le terme « média » fait référence aux médias de masse traditionnels. Il comprend la presse écrite, la télévision, la radio, l’affichage et le cinéma. De nos jours, ce terme englobe des éléments supplémentaires. Internet et les réseaux sociaux constituent les médias de masse personnalisés. Désormais, tout un chacun peut être considéré comme un média.

Informations et internet : quelles dysfonctions ?

Depuis le début des années 2000, les informations ne sont plus uniquement produites par les médias de masse traditionnels, mais par un panel toujours plus large d’utilisateurs. Le flux des informations se répand à une vitesse accélérée. Internet et le web 2.0 permettent le passage d’un modèle linéaire à un modèle interactif où l’usager est à la fois émetteur et récepteur. Les audiences, considérées jusqu’alors comme passives, deviennent actives.

Parmi les différents rôles des médias, la fonction d’information a pour but de surveiller l’environnement et de fournir une image du monde. Cette activité peut dysfonctionner si les individus ne contrôlent pas leurs sources ou donnent une image déformée de la réalité. Certains internautes partagent des informations de mauvaise qualité. Les utilisateurs sont face à une « pollution informationnelle » avec certaines informations qui sont des rumeurs, des mensonges ou des tentatives de manipulation.

Pourquoi est-il primordial de diffuser des informations vraies ?

Dans ce tourbillon médiatique, la capacité du récepteur à intégrer et hiérarchiser les informations reste limitée. Face à cette quantité de messages provenant de sources diverses, il est parfois difficile de démêler le vrai du faux. La vérité doit donc être considérée comme la qualité essentielle de toute information. Fournir des informations véridiques est la responsabilité de chaque individu et plus particulièrement celle des médias traditionnels car la population leur accorde un degré de confiance supérieur.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé en s’appuyant sur une publication scientifique et le cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Fonctions des médias

Web 1.0 : Tim Berners-Lee et la création du World Wide Web

Written by Sophie D.. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. En 1989, l’informaticien britannique Tim Berners-Lee invente les prémices d’internet: le World Wide Web (WWW). Ses collègues et lui sont remplis de rêves et d’espoirs sur l’avenir de cette invention. Ils n’ont aucune idée des proportions que prendra le net, trente ans plus tard.

Tim Berners-Lee crée internet dans les années 90. Il lui prête déjà un grand avenir. Image: © Paul Clarke / ICT Journal

Quand Berners-Lee pose les jalons du Web 1.0, il travaille pour le CERN. Il a alors deux objectifs:

1. Partager toutes les informations du CERN sur un seul réseau pour faciliter la communication,

2. Connecter les membres internationaux du laboratoire.

A partir de 1990, Berners-Lee et quelques membres du CERN développent les trois principales technologies du Web. Chacun connaît leurs noms, mais peu connaissent leur origine. URL, HTTP et HTML débarquent dans la société. L’inventeur appelle ce premier programme World Wide Web (WWW).

Deux rêves 

Ce premier web est un web statique, sans interactions possibles entre les différents usagers. Avec le web 1.0, Berners-Lee a de grands rêves. Le premier consiste en «un espace commun d’information dans lequel nous communiquons en partageant des informations». Le deuxième consiste en un «Web (qui) soit utilisé de manière si générale qu’il devienne un miroir réaliste de la manière dont nous travaillons, jouons, socialisons».

Un système compatible avec tous les ordinateurs est rapidement créé. Image: © Sergei Tokmakov / Pixabay

Son premier rêve se réalise rapidement. Le World Wide Web est proposé dans le domaine public. Mais il reste limité: utilisable sur un seul type d’ordinateur et très cher. Un système compatible avec tous les ordinateurs est bientôt créé: internet peut s’exporter dans le monde! De plus en plus d’individus s’aperçoivent de son potentiel et permettent le développement de cette technologie. Des entités internationales rejoignent la course, parmi lesquelles IBM, Nokia et Microsoft. 

Son deuxième rêve n’est pas encore réalisé dans les années 90, mais des signes et des projets rendent confiant. Des langages informatiques sont conçus pour être traités par des machines plutôt que par des humains. En 1998, l’inventeur soulignait déjà: «Le potentiel de ce mélange d’humains et de machines travaillant ensemble et communiquant par le biais du web pourrait être immense.»

Internet passe donc du domaine scientifique du CERN au domaine commercial et public. Mais ce n’est que le début: avec le web 2.0, défini comme le web social, internet atteindra de nouveaux sommets. 

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 2.0Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

 

Références:

Shivalingaiah, D., & Naik, U. (2008). Comparative Study of web 1.0, web 2.0 and web 3.0. Disponible à l’adresse: https://ir.inflibnet.ac.in/bitstream/1944/1285/1/54.pdf

The World Wide Web: A very short personal history. Tim Berners-Lee on World Wide Web Consortium (W3C) (1998). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.w3.org/People/Berners-Lee/ShortHistory.html

Photographie de Berners-Lee: ICT JournalChavanne, Yannick. Tim Berners-Lee reçoit le «prix Nobel d’informatique» (2017). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.ictjournal.ch/news/2017-04-06/tim-berners-lee-recoit-le-prix-nobel-dinformatique

Article rédigé par Sophie Duperrex

Société numérique : quel avenir pour le livre ?

Written by Eva Pauline M.. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Le livre : de son origine à sa numérisation, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Dans un monde toujours plus numérisé et digitalisé, un médium tel que le livre papier va-t-il perdurer et réussir à s’adapter ? Au contraire, le livre numérique peut-il totalement éradiquer le livre classique ? Retour sur cette transition numérique. 

©Pixabay

Avec l’avènement du numérique et le développement de nouvelles technologies et d’outils toujours plus tournés vers le digital, l’avenir du livre papier peut sembler incertain. En effet, toutes ces innovations auxquelles nous faisons face dans ce « monde bouillonnant du numérique » (P.-Y.Badillo) se posent comme l’un des grands défis auquel le domaine de la culture doit faire face. Ceci vaut notamment pour les différents médias classiques tels que le livre. Récemment, nous avons ainsi pu voir un « boom » du marché des livres électroniques et avec lui, un bouleversement de nos habitudes de consommation des biens culturels que sont les livres. Ainsi, avec ces livres digitaux, nous assistons à une révolution des structures du support matériel de l’écrit, des pratiques de lecture et du mode de production et de communication.

L’avenir du livre à l’ère du numérique ?

Si l’on veut comprendre la dynamique des différents médias, l’un des outils clés pour faire cela est sans aucun doute la courbe en S. Cette approche épidémiologique de l’innovation théorisée par le sociologue et statisticien Everett Rogers, nous a été exposée par le professeur Patrick-Yves Badillo dans le Module 1 du MOOC (Innovation et médias). L’observation de cette courbe nous permet ainsi d’observer que le livre est né en 1855, a eu son âge d’or dans les années 1920-1930, puis a entamé un déclin. Par la suite, il s’est adapté avec l’apparition du livre de poche juste avant la seconde guerre mondiale, et a ainsi pu retrouver une nouvelle dynamique jusque dans les années 80. Après 1980, il a connu une nouvelle crise et de nos jours, n’a pas disparu mais tente de s’adapter au numérique et de trouver sa place dans un monde digitalisé. Ainsi, si l’on prend cette courbe « S-Média », on voit que tout médium suit cette logique : innovation, pénétration, pic, déclin et adaptation.

En ce qui concerne le nouveau média qu’est le livre numérique, deux scénarios principaux semblent se dégager quant à son avenir.

Un premier scénario dans lequel les ventes de livres numériques viennent simplement s’ajouter à celles du livre papier.

Et un second scénario où il se produirait une « cannibalisation » du livre digital sur le livre papier : les ventes de livres numériques viendraient largement prendre le dessus sur les livres papier.

Comme on le voit avec ces deux possibilités de scénarios, la courbe en S du livre digital ne peut pas encore être réalisée avec certitude étant donné que nous sommes encore au début de cette innovation et probablement dans cette phase de « pic » décrite par Rogers.

Des pronostics mitigés 

Il est donc difficile de prédire ce qu’il peut se passer, mais il est à noter que là où la presse a été fortement touchée et affaiblie par les évolutions numériques, le livre a plutôt l’air d’avoir fait preuve de résilience. En 2016, Arnaud Nourry, PDG de Hachette déclarait ainsi que la courbe du livre numérique qui semblait monter en puissance était en réalité actuellement entrain de s’inverser. « Ce phénomène s’est arrêté depuis deux ans environ, aux Etats-Unis, et on observe désormais un déclin. Au fond, je me demande si les lecteurs numérique ne se demandent pas à quoi ça sert « . Selon Nourry, aux Etats-Unis les ventes se répartissent « à 25% pour le numérique, 75% pour le papier ».

D’autres, comme le célèbre écrivain et « futurologue » Tom Cheesewright, déclarent l’inverse : « Les statistiques de l’e-book sont complètement fausses : elles ne tiennent compte que des éditeurs installés, aussi mesure-t-on mal la chose. […] Si vous englobez tous les différents modèles de publication pour les livres numériques à ce jour, leur ascension a été véritablement spectaculaire. Et en volume, ils dominent complètement le marché des livres imprimés ; ils n’ont pas décliné du tout. Ce qui a en revanche décliné, ce sont les parts de marché que détenaient les grands éditeurs. »

En conclusion, les prédictions face à l’avenir du livre semblent multiples et variées. De nos jours, il semble donc difficile de trancher sur cette question. Peut-être faut-il voir en cette révolution et omniprésence numérique, une chance pour le livre papier de se démarquer et de gagner en valeur ?

.

Références 

Patrick-Yves Badillo « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève

www.senat.fr : La politique du livre face au défi du numérique (Chapitre 2 : Le développement du livre numérique)

Les cinq fonctions des médias

Written by Cecilia L.. Posted in L'ère des médias, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Les cinq fonctions | Avril 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article listera les principales fonctions des médias afin de comprendre les pratiques et usages qui en découlent.


© Infographie – Fonction des médias

Un poste de télévision, un ordinateur, un site web, une tablette, un téléphone mais également une entreprise, tout est média. Donner une définition précise au terme « média » est  donc une tâche complexe. Alors, quelles sont les caractéristiques qui désignent un supposé média comme tel ?

Remise en question du fonctionnement

Après la Première Guerre Mondiale, la réflexion est dédiée au fonctionnement de la presse traditionnelle. Elle énonce quelques principes qui sont toujours en vigueur dans le système contemporain. Les fonctions de l’information, de divertissement et de vente sont mis au premier plan des activités. La presse est là pour résoudre les conflits et aplanir les discussions. Les consommateurs, les professionnelles ou n’importe quel individu peut intervenir dans les médias. On retrouve cette logique de nos jours, notamment avec les débats télévisés ou alors sur les réseaux sociaux.

Les cinq fonctions

1. La fonction première d’un média est d’informer. Les médias vont décider de ce qui est important ou non dans la masse des événements. Ils surveillent l’environnement et fournissent une image du monde en fonction de choix éditoriaux. 

2. La deuxième fonction est de transmettre la culture. En général, le lieu de la transmission est l’école. Les médias transmettent quant à eux les tâches culturelles des générations.

3. La troisième fonction des médias est la mise en relation. Le media s’offre comme un forum, un espace d’expression publique. Ainsi, il permet la création d’une opinion publique.

Ces paramètres semblent s’accorder sur les fonctionnalités d’un média. Mais n’oublions pas qu’un média est également un espace de visibilité.

4. Une autre fonction attribuée aux médias est la vente. Ils sont les principaux bénéficiaires de la publicité. Rupert Murdoch, mania de la presse, souligne cette fonction en affirmant que « le journal est un support de l’information et un vendeur de publicité ».

5. La dernière fonction est celle du divertissement. La culture de masse s’octroie du bien-être à travers les médias. Cette fonction n’est pas des moindres puisqu’elle agit comme un calmant des sociétés qui sont envahies par une masse d’informations. De plus, la recherche du divertissement est une préoccupation actuelle si l’on observe la popularité des médias tels que les réseaux sociaux, Netflix, etc. 

.Les médias ne sont pas une science exacte

Les multiples approches constituent des points d’entrée possibles pour cerner la complexité du monde des médias. En réalité, il n’existe pas de régime pur et absolument parfait. Gardons à l’esprit que les médias oscillent selon les périodes et qu’ils détiennent un fort potentiel d’influence. La télévision, la radio, les films, Internet et la presse influent sur notre culture, nos comportements et nos esprits. La puissance des médias réside dans la capacité de façonner le monde.


Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !


Cet article a été rédigé sur la base de publications scientifiques et d’extraits du cours « Innovation, media et transformation digitale » :  

  • Les médias : de l’éthique de l’information aux critères de qualité de l’information rédigé par Pierre-Yves Badillo, Dominique Bourgeois, Jean Baptiste Lesourd et Steven Schilizzi.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Information et organisations internationales; fonctions des médias

Le livre et l’origine de la société

Written by Sven G.. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Le livre : de son origine à sa numérisation, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Depuis la nuit des temps, les inventions de l’Homme n’ont cessé de le faire évoluer. Et parmi toutes celles que l’on pourrait citer, une seule invention semblerait être à l’origine de la société telle que nous la connaissons aujourd’hui : celle de l’imprimerie.

Il est indéniable, les médias prennent une place non négligeable dans nos vies. Aujourd’hui de plus en plus numériques, les médias ont pour fonction première d’informer. Cependant, ces derniers constituent bien plus qu’un simple organisme informationnel, comme l’ont montré Kietzmann et al (2012). En effet, sociologiquement, les médias ont, depuis le milieu du XXe siècle, assuré la fonction de régulateur de la société en créant notamment une sorte d’agenda, qui provoquait une synchronisation des horloges, pour une société qui avait l’impression de faire un. En effet, toute la population, du moins celle qui avait les moyens de s’offrir le luxe qu’était le poste de télévision à l’époque, suivait avec ferveur le téléjournal, chaque jour à la même heure. Les médias ont en ce sens défini un certain environnement sociologique de l’Homme. Mais comment en sont-ils arrivés là ? Les médias sont-ils réellement à l’origine de notre société ? Ou celle-ci pourrait se trouver ailleurs, à des siècles des premiers médias ?

Marshall McLuhan et sa Galaxie Gutenberg

Cette question n’est pas récente et a fait l’objet de plusieurs études, et ce dès la seconde moitié du siècle précédent. C’est chez un grand intellectuel canadien qu’elle est apparue pour la première fois. Marshall McLuhan, professeur de littérature anglaise et théoricien de la communication, avait la conviction profonde que les médias bouleversent tous les aspects de la vie humaine.

Le médium, ou processus, de notre temps —la technologie électrique — remodèle et
restructure les modes d’interdépendance sociale et tous les aspects de notre vie
personnelle. Il nous force à reconsidérer et réévaluer pratiquement chaque pensée et
chaque action, chaque institution antérieurement prise pour acquise. Tout change —
vous, votre famille, votre voisin, votre éducation, votre emploi, votre gouvernement, votre
relation « aux autres ». Et ils changent radicalement. (The Medium is the Massage, p. 8)

Pour lui, l’évolution des médias permet de comprendre l’histoire humaine dans son ensemble. Une histoire qu’il divise en trois périodes :  la civilisation de l’oralité, la civilisation de l’imprimerie (la galaxie Gutenberg) et la civilisation de l’électricité (la galaxie Marconi). La question qui reste donc à se poser est la suivante : à partir de quand parle-t-on de médias ? Dans son livre La Galaxie Gutenberg, Marshall McLuhan donne une réponse. Pour lui, tout a commencé à partir de l’invention de l’imprimerie.

L’imprimerie à l’origine de notre société

Si l’oralité et l’écriture sont un art, l’imprimerie a constitué une mécanisation de celui-ci, ce qui a profondément bouleversé et remodelé la société de l’époque. Pour l’auteur de La Galaxie Gutenberg, l’imprimerie a permis le tirage de millions de livres, dans toutes les langues possibles, ce qui a donné naissance au nationalisme. Puis, le livre étant portable, il a permis à l’Homme de penser individuellement, ce qui a donné naissance à l’individualisme. Finalement, le monde livresque sorti de l’imprimerie a habitué l’Homme a utiliser son sens de l’observation uniquement, excluant ainsi l’ouïe, le goût et l’odorat, ce qui a fait de lui un être linéaire et unidimensionnel tel qu’il a été connu à cette période. En somme, pour Marshall McLuhan, l’âge de l’imprimé a conduit à la révolution industrielle, aux progrès dans le domaine de la physique, et à la création du roman de narration. En soi, l’imprimerie et le livre, peuvent être considérés comme se trouvant à l’origine de tout ce qui s’est passé, de la Renaissance à nos jours. 

.

Références 

McLuhan M., The Gutenberg Galaxy: The Making of Typographic Man, University of Toronto Press, 1962.

Tremblay G., « De Marshall McLuhan à Harold Innis ou du village global à l’empire mondial », tic&société, Vol. 1, n°1 | 2007

Vidéo Youtube : McLuhan – La Galaxie Gutenberg