Daniel Pillard

Daniel Pillard

Par David Trotta

Entre disparition de titres, perte de revenus et changements structurels, pour le directeur de Ringier Romandie, la plupart des groupes de presse ont dû entrer dans des processus de diversification.
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A coup de chiffres, Daniel Pillard trace un bilan alarmant pour la presse de ces 20 dernières années. Si la Suisse comptabilisait plus de 250 quotidiens dans les années 1990, presque un quart d’entre eux ont disparu aujourd’hui. En grande partie, la faute incombe aux pertes de ressources publicitaires enregistrées par les industries de presse. Contrairement à la pensée commune, c’est la télévision et non le web qui voit sa part grandir. «Depuis les années 2000, les ressources publicitaires de la télévision sont passées de 11 à 31%. Le web, lui, stagne à un peu moins de 10%. Comme le disait Patrick Le Lay [ancien PDG de TF1] il y a déjà quelques années, la télévision reste la meilleure manière pour préparer les cerveaux à la consommation du lendemain.»

Depuis, les changements structurels et les processus de diversification ont sévi sur la plupart des groupes de presse. Ringier ne fait pas exception. Depuis 2010, les différents titres du Blick ont fait peau neuve, tous rassemblés en une «newsroom» unique. Les rubriques désormais unifiées comptabilisent un total de 220 journalistes dans une même pièce. La nouvelle mouture a ainsi permis la réduction de 15% des coûts.

Loin de l’univers rédactionnel, différents partenariats et la montée en puissance du e-commerce se sont multipliés au sein de Ringier. Parmi leurs «poules aux œufs d’or», on peut notamment citer le réseau Scout (AutoScout24, JobScout24), ainsi que Jobs.ch. Le bénéfice se monte à plus de 40 millions de francs.

Le succès du processus de diversification de Ringier pose toutefois des questions de fond. En premier lieu, la probabilité pour le groupe de se séparer de ses titres dans une optique où ceux-ci perdraient de leur rentabilité. Sur ce point, Daniel Pillard se veut momentanément rassurant : «le groupe Ringier a une véritable tradition de presse. De plus, l’an passé, les magazines ont fait 25 millions de marge.»