Les médias publics en Suisse

Written by Chen X.. Posted in Service public et médias

Les médias publics suisses existent depuis presque cent ans, mais ils étaient confrontés, en 2018, à l’heure du grand débat « No Billag » : Faudrait-il supprimer les redevances radio et télévision ?

Source de l’image : https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/detec/votations/initiative-no-billag.html

 

Le parcours de la Société Suisse de radiodiffusion et télévision

Afin de permettre à de nombreuses radios régionales dispersées de réaliser une planification globale et des opérations coordonnées, la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) a été officiellement fondée en 1931. Les premières stations nationales de radio et de télévision de la SSR étaient installées en Suisse romande, puis dans les régions germanophones et italophones, finalement en Suisse romanche, suite à l’introduction de la langue romanche comme quatrième langue nationale en 1938.

Les programmes aux chaînes de radio et de télévision diffusés s’agissent de Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) en allemand, Radio Télévision Suisse (RTS) en français, Radiotelevisione svizzera (RSI) en italien et Radiotelevisiun Svizra Rumantscha (RTR) en romanche. En plus de ces programmes, le site swissinfo.ch (SWI) propose les services internationaux de diffusion d’informations de radio et de télévision de la Suisse en dix langues.

 

Initiative « No Billag », oui ou non ?

Le 4 mars 2018, les Suisses faisaient face à l’initiative « Oui à la suppression des redevances radio et télévision », connue sous le nom de « No Billag ». Les entreprises et les ménages privés devaient s’acquitter de la redevance audiovisuelle qui s’élevait à 451 francs par année. Cette initiative populaire fédérale visant la suppression de la redevance audiovisuelle favorise l’accès gratuit au contenu des médias publics. Toutefois, une ressource financière moins élevée pourrait affaiblir les agences de service public, qui nuirait la qualité et la diversité des médias suisses.

Le résultat des votations du 4 mars 2018 avait conduit à un résultat opposé de 71,6%, l’idée de s’appuyer sur la technologie digitale pour obtenir des informations gratuites et de qualité n’a finalement pas convaincu le peuple suisse. Suite à ce débat, les médias publics suisses se retrouvent face à une révolution économique et stratégique : ils doivent minimiser les coûts de production, tout en gardant la même qualité de contenu. A l’avenir, l’arrivée de l’ère numérique est un défi à relever pour capter l’audience des jeunes.

Les enjeux des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Aujourd’hui, le devenir des médias publics est une question centrale dans notre société. Le numérique prend peu à peu la place des médias traditionnels. En Suisse, les médias publics sont l’objet d’un grand débat parlementaire et public. Quel est l’avenir des médias de service public ?

 

Service public et médias

Le service public s’occupe de la gestion des biens publics purs et des biens collectifs. Ces biens ont deux caractéristiques importantes : la non-rivalité et la non-exclusion. La télévision a toujours répondu à ces deux critères mais cela a changé avec le numérique où il est possible de faire payer. En Suisse, le service public audiovisuel est confié à la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) et à des entreprises privées ayant un mandat de service public.

Le média public doit pouvoir répondre aux besoins de la population en intégrant la logique du service public. La notion de médias publics est apparue très récemment avec l’idée que le cloisonnement des différents médias n’a plus de sens. Les informations doivent pouvoir être transmises en s’adaptant aux différents publics et donc utiliser différents supports. Le numérique a totalement bouleversé les médias.

 

Le paradoxe des médias publics

Les médias de service publics ont pour vocation d’informer l’ensemble des citoyens. Cette vocation va à l’encontre des médias privés qui, eux, ont pour but de maximiser leur audience. Ce but de maximisation découle directement du financement par la publicité ou l’abonnement : plus il y a d’audience, plus il y aura d’abonnements, ainsi, le coût des publicités sera plus élevé.

Les médias privés ne sont donc pas indépendants, au contraire des médias de service publics qui se doivent de l’être. Cet objectif n’est pourtant pas simple à mettre en œuvre. Les médias de service public veulent attirer des publics diversifiés pour pouvoir continuer à vivre face au numérique. Mais ils doivent aussi fournir des services pas forcément demandés par les usagers afin de répondre à ses devoirs. La question de la « valeur publique » est centrale face à ces enjeux de taille.