Comment les médias publics réagissent face au Covid-19?

Written by Chen X.. Posted in Service public et médias

Genève, le 12 mai 2020 | Dans le cadre du MOOC « Innovation, médias et transformation digitale », les étudiants en Journalisme et Communication de l’Université de Genève étudient le rôle des médias publics. Les médias jouent un rôle primordial pour communiquer l’information, guider l’opinion publique et rassurer la population, et ce d’autant plus dans le cas du coronavirus.

Capture d’écran du nombre de cas confirmés, de morts et de guéris du Covid-19, réalisée le 11/05/2020. Source : Worldometer

Depuis le début de la pandémie en décembre 2019, le Covid-19 a touché 212 pays et territoires dans le monde. En tout, Worldometer décompte plus de 4,2 millions de cas confirmés et 284’335 décès. Quant à la Suisse, le pays a enregistré 30’300 cas positifs et 1833 victimes depuis son premier cas, apparu le 25 février 2020.

 

 Le rôle des médias publics

Épidémie de panique à l’échelle mondiale. Image publiée sur Courrier international le 02/03/2020. Auteur : Rube L. Oppenheimer

Suite au déclenchement de la pandémie, la demande d’information du public est devenue très urgente. La divulgation et l’interprétation d’informations précises et complètes en temps réel par les médias doivent répondre aux besoins des citoyens. Les médias ont le devoir d’être le plus objectif possible (Mindich, 1998), de rassurer et de calmer le public. Dans le cas où la divulgation d’informations n’est pas faite en temps réel, elle conduit le public à porter un jugement vague sur la situation et même à de la confusion.

Au début de la pandémie, le Covid-19 représentait de la soudaineté, de l’urgence et de l’incertitude, ce qui développait une vague d’inquiétude et de panique au sein de la population. Pendant ce temps, le site AgoraVox déplore que « la psychose autour du coronavirus s’intensifie. Chaque matin, tous les journaux font le compte des morts et des infectés […]. Au fur et à mesure que la maladie se propage, […] l’intérêt […] continue de grandir ». Les médias publics suivent de près l’évolution de la pandémie, et ils reportent les décisions et mesures prises par le Conseil Fédéral. Ils gardent aussi un oeil sur la situation dans les autres pays. Les médias publics démontrent alors leur rôle irremplaçable en ce temps de crise sanitaire.

 

 

Saturation des informations sur le coronavirus

Depuis que l’épidémie a dépassé la frontière chinoise fin janvier, plusieurs journaux, comme la Tribune de Genève ou Le Temps, ont créé un fil d’actualité en continu. Le but est de diffuser les dernières informations liées au Covid-19. « C’était la première fois que l’on mettait en place un fil en ligne renouvelé tous les jours », indique Nicolas Dufour, chef d’édition numérique du journal Le Temps. En plus du fil d’actualité mis à jour automatiquement, des articles plus approfondis sur le Covid-19 ont aussi occupé les premières pages des journaux durant les trois derniers mois. Le  Temps a écrit jusqu’à six éditions sur le coronavirus par semaine, chacune occupant les premières pages du journal.

Capture d’écran du nombre de résultats pour Coronavirus sur RTS.ch, réalisée le 11/05/2020. Source : RTS

Depuis début 2020, nous retrouvons plus de 2795 articles de la Tribune de Genève, et plus de 2634 résultats de la RTS liés au Coronavirus. Notre vie est saturée par l’abondance d’informations sur le coronavirus.

 

À ce stade d’explosion des informations, comment reconnaître les sources crédibles diffusées par les médias publics et les différencier des autres médias privés ou numériques ?

 

 

 

Références :

MINDICH David T.Z.. (1998). Just the facts. New York : New York University Press

Worldometer. (11 mai 2020). Covid-19 Coronavirus Pandemic. Consulté à partir de https://www.worldometers.info/coronavirus/ 

PERRIN Olivier. (3 mars 2020). Le coronavirus colonise les médias et les conversations, la saturation guette… Consulté à partir de https://www.letemps.ch/opinions/coronavirus-colonise-medias-conversations-saturation-guette

Oppenheimer Rube L.. (2 mars 2020). Épidémie de panique à l’échelle mondiale. Consulté à partir de https://www.courrierinternational.com/dessin/le-dessin-du-jour-epidemie-de-panique-lechelle-mondiale

MEYER-VACHERAND Etienne. (2 mars 2020). Coronavirus: «Le Temps» en fait-il trop? Consulté à partir de https://www.letemps.ch/societe/coronavirus-temps-faitil

 

C.X. Etudiante de Medi@LAB

La survie des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Genève, le 12 mai 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | L’apparition d’Internet et des réseaux sociaux a profondément changé la consommation des médias. La question de l’avenir des médias de service public est centrale face aux transformations digitales. Comment faire évoluer les médias publics à l’ère numérique ?

 

Un changement d’habitudes

 

Les médias sociaux au cœur de l’information. 

Avec l’apparition d’Internet, les habitudes de consommation des médias ont été bouleversées. Auparavant, il suffisait d’attirer les lecteurs ou téléspectateurs grâce à un contenu de qualité. Aujourd’hui, cela n’est plus possible. Avec Internet, une masse d’informations est accessible gratuitement. Un coup dur pour les médias publics. Le secteur des médias est désormais hautement concurrentiel. La multitude de choix n’avantage pas les médias publics. Selon le Digital News Report 2018, les individus suisses entre 18 et 34 ans choisissent des sites en ligne et des médias sociaux comme source d’information. Ils sont habitués à se rendre directement sur les moteurs de recherche, perçus d’ailleurs comme des sources directes plutôt que comme des agrégateurs de contenus. Ils passent aussi par les réseaux sociaux qui sont dans leurs habitudes consommation. Les jeunes ne considèrent donc pas du tout les médias publics. Ils ont pourtant une opinion favorable de ceux-ci. Ils estiment même que les radiodiffuseurs publics sont les plus fiables du pays. Pourquoi donc ne les consomment-t-ils pas ? Les médias publics sont moins adaptés à une expérience personnalisée que les jeunes affectionnent particulièrement. Ces médias sont aussi perçus comme « dépassés ». Les jeunes ne veulent pas consommer les mêmes médias que leurs parents et essaient donc de se démarquer avec une consommation différente.

 

Se reconnecter avec les jeunes

La question de lavenir des médias publics inquiète. La première Conférence internationale des médias publics a eu lieu le 4 mars 2019. Ils ont discuté de l’avenir des médias publics et de la façon dont ils réagissent aux changements politiques, financiers et technologiques. Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF s’est exprimé à ce sujet :  « Notre mission aujourd’hui est de toucher les plus jeunes. Nous devons nous adresser à eux sur des supports et des modes qui correspondent à leurs attentes ». Pour toucher des publics différents sur des supports multiples, les médias publics devraient avoir un plein accès à ces supports. Une des possibilités pour les médias publics suisses serait d’investir dans des contenus suisses produits localement qui pourraient être mis ensuite à disposition sur des plateformes de streaming plus innovantes et sur mesure. L’un des points sur lequel tout le monde est d’accord est que « seuls ceux qui sont bien informés peuvent prendre des décisions éclairées » (étude de l’EPFZ, 2017). Dans le contexte démocratique suisse où les citoyens sont amenés à voter très régulièrement, la survie des médias publics est cruciale.

En temps de crise sanitaire que l’on connaît actuellement, l’information fiable est une réelle nécessité. Comment vont évoluer les médias publics ?

 

Références

 

A.B. Etudiante Medi@LAB

Presse payante ou gratuite : le débat sur la valeur des informations

Written by Chen X.. Posted in Service public et médias

Genève, le 28 avril 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | Ce cours en ligne de l’Université de Genève et de l’Institut Medi@LAB a pour but d’éclaircir les médias publics dans notre société. Le sujet de cet article porte sur le débat entre la presse payante et gratuite, un sujet incontournable dans l’écosystème médiatique suisse et international.

 

La valeur de l’information aux yeux des médias de presse. Source : Unsplash

 

L’essor de la presse gratuite, est-ce toujours le cas aujourd’hui?

Le premier journal gratuit au monde a été créé à Stockholm, en Suède, en 1995. Depuis, la presse gratuite est apparue dans plus de vingt pays, principalement en Europe. Le succès de la distribution gratuite de journaux apporte non seulement une nouvelle croissance à l’industrie de la presse, mais surtout, elle favorise l’habitude de lecture parmi la jeune génération. L’émergence de la presse gratuite a également eu un fort impact sur la presse payante, de sorte que de nombreux journaux payants se tournent vers la gratuité les uns après les autres.

Pour certains, la valeur des informations gratuites est peu élevée car les journaux gratuits informent seulement de l’actualité, notamment par les « breaking news ». Alors que les articles payants vont plus en profondeur d’un sujet, ils possèdent un angle plus précis et demandent plus de temps à lire. En réalité, de plus en plus de jeunes habitués des titres gratuits se tournent plus tard vers des titres payants, car ces derniers présentent des informations plus fiables, selon une étude Ipsos Média (2013).

 

 

Les difficultés face à la presse payante sont-elles résolues ?

Les difficultés sont présentes dans la presse payante comme dans la presse gratuite. Il faut savoir si les individus ont envie de payer pour les nouvelles en ligne, car ils ont pris l’habitude de tout lire en ligne gratuitement. Il est également difficile de faire évoluer la situation actuelle dans l’ère digitale car les informations sont presque accessibles partout sur Internet. Une fois la lecture gratuite transformée en lecture payante, la presse verra probablement son influence et son prix publicitaire diminuer.

Le maintien d’un revenu diversifié est devenu un point de vue généralement accepté. La presse maintient une partie du revenu des journaux imprimés, et en même temps, la lecture payante en ligne devrait être partiellement avancée et progressivement promue selon la situation. Offrir d’abord des titres gratuits avec les informations universelles ; inciter par la suite ses lecteurs à s’abonner aux titres payants, en offrant des articles approfondis avec des informations plus crédibles. Il s’agit du modèle Freemium, soit le mixte de la gratuité et du premium.

Aujourd’hui, les utilisateurs génèrent du contenu en ligne gratuit tandis que le contenu professionnel est difficile d’accès. Est-ce parce que la volonté de payer devient-elle plus forte, ou la logique de gratuité de l’Internet devient-elle défaillante ?

 

 

Références :

  • BADILLO Patrick-Yves, AMEZ-DROZ Philippe, Payroll, versioning, blended media… Quel est l’avenir pour la presse écrite? 2014
  • https://journalmetro.com/a-propos-de-metro/
  • https://www.lesechos.fr/2013/02/la-presse-payante-vante-son-modele-317191
  • https://www.tdg.ch/suisse/rapprochons-jeunes-presse-payante/story/29333911

 

C. X. Etudiante de Medi@LAB

Médias publics et « fake news »

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Genève, le 28 avril 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | L’ère du numérique pose de nouvelles questions sur la fiabilité des informations. Dans ce contexte, les médias publics restent une source d’information fiable. Pourtant, ceux-ci sont de moins en moins consommé au profit notamment des médias sociaux. Comment éviter les « fake news » dans un cadre où l’information est partout ?

 

Source : pixabay

 

Combattre la désinformation

Se poser les bonnes questions. Source : pixabay

Aujourd’hui, la démultiplication de l’information est telle que l’on retrouve de l’information partout. Chacun peut d’ailleurs être son propre média. Les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information et amplifie sa propagation via notamment les retweets et partages. Les « fake news » propagées sur Internet n’ont aucun contrôle éditorial. Pour les combattre, des entreprises ont mis un œuvre le « fact checking ». Il a pour but de vérifier la véracité et l’exactitude des faits tout en évaluant le niveau d’objectivité du média communiquant l’information. Un travail peut aussi être fait à un niveau individuel. Chacun peut détecter les « fake news ». Il est nécessaire pour cela de vérifier la fiabilité de la source, de lire l’article en entier, de déterminer le type de média ainsi que de consulter d’autres articles provenant d’autres médias afin d‘avoir une perspective plus large. Le plus important face à l’information est de garder un esprit critique.

 

L’union francophone fait la force

Dans la lutte contre les « fake news », les médias publics se sont associés pour créer Les Médias Francophones Publics en janvier 2016. Cette association regroupe dix médias publics suisse, français, belge et canadien. Elle a pour mission de favoriser les collaborations et échanges entre les médias publics francophones. Face au changement médiatique, elle accompagne les médias et tente de faire entendre la voix des diffuseurs publics. Les médias publics se sont engagés dans une démarche volontaire pour renforcer la qualité et la pertinence de l’information. La fiabilité de ces organismes est primordiale dans ce contexte numérique. D’autant plus que la population suisse fait confiance aux médias publics. Selon elle, les médias de service public doivent freiner la diffusion de ces « fake news ». Près de 55% de la population considère ces médias comme des « institutions de vérité« . Pour 44% d’entre eux, c’est bien à l’Etat de contrer les « fake news ». La survie des médias publics suisses est donc primordiale. Mais comment la réaliser ?

 

Références

  • https://wp.unil.ch/tvelargie/2017/05/les-medias-francophones-publics-a-lassaut-des-fake-news/
  • https://www.letemps.ch/opinions/face-fake-news-necessaire-union-medias-publics-francophones
  • https://www.lenouvelliste.ch/articles/suisse/medias-les-suisses-considerent-les-fake-news-comme-un-danger-pour-la-democratie-789913
  • Source chiffres : Sondage en ligne du centre de recherche Sotomo, 2018

 

A.B. Etudiante Medi@LAB

 

Les médias publics en Suisse

Written by Chen X.. Posted in Service public et médias

Les médias publics suisses existent depuis presque cent ans, mais ils étaient confrontés, en 2018, à l’heure du grand débat « No Billag » : Faudrait-il supprimer les redevances radio et télévision ?

Source de l’image : https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/detec/votations/initiative-no-billag.html

 

La Société Suisse de radiodiffusion et télévision

Afin de permettre à de nombreuses radios régionales dispersées de réaliser une planification globale et des opérations coordonnées, la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) a été officiellement fondée en 1931. Les premières stations nationales de radio et de télévision de la SSR étaient installées en Suisse romande, puis dans les régions germanophones et italophones, finalement en Suisse romanche, suite à l’introduction de la langue romanche comme quatrième langue nationale en 1938.

Les programmes aux chaînes de radio et de télévision diffusés s’agissent de Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) en allemand, Radio Télévision Suisse (RTS) en français, Radiotelevisione svizzera (RSI) en italien et Radiotelevisiun Svizra Rumantscha (RTR) en romanche. En plus de ces programmes, le site swissinfo.ch (SWI) propose les services internationaux de diffusion d’informations de radio et de télévision de la Suisse en dix langues.

 

Initiative « No Billag », oui ou non ?

Le 4 mars 2018, les Suisses faisaient face à l’initiative « Oui à la suppression des redevances radio et télévision », connue sous le nom de « No Billag ». Les entreprises et les ménages privés devaient s’acquitter de la redevance audiovisuelle qui s’élevait à 451 francs par année. Cette initiative populaire fédérale visant la suppression de la redevance audiovisuelle favorise l’accès gratuit au contenu des médias publics. Toutefois, une ressource financière moins élevée pourrait affaiblir les agences de service public, qui nuirait la qualité et la diversité des médias suisses.

Le résultat des votations du 4 mars 2018 avait conduit à un résultat opposé de 71,6%, l’idée de s’appuyer sur la technologie digitale pour obtenir des informations gratuites et de qualité n’a finalement pas convaincu le peuple suisse. Suite à ce débat, les médias publics suisses se retrouvent face à une révolution économique et stratégique : ils doivent minimiser les coûts de production, tout en gardant la même qualité de contenu. A l’avenir, l’arrivée de l’ère numérique est un défi à relever pour capter l’audience des jeunes.

Les enjeux des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Aujourd’hui, le devenir des médias publics est une question centrale dans notre société. Le numérique prend peu à peu la place des médias traditionnels. En Suisse, les médias publics sont l’objet d’un grand débat parlementaire et public. Quel est l’avenir des médias de service public ?

 

Service public et médias

Le service public s’occupe de la gestion des biens publics purs et des biens collectifs. Ces biens ont deux caractéristiques importantes : la non-rivalité et la non-exclusion. La télévision a toujours répondu à ces deux critères mais cela a changé avec le numérique où il est possible de faire payer. En Suisse, le service public audiovisuel est confié à la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) et à des entreprises privées ayant un mandat de service public.

Le média public doit pouvoir répondre aux besoins de la population en intégrant la logique du service public. La notion de médias publics est apparue très récemment avec l’idée que le cloisonnement des différents médias n’a plus de sens. Les informations doivent pouvoir être transmises en s’adaptant aux différents publics et donc utiliser différents supports. Le numérique a totalement bouleversé les médias.

 

Le paradoxe des médias publics

Les médias de service publics ont pour vocation d’informer l’ensemble des citoyens. Cette vocation va à l’encontre des médias privés qui, eux, ont pour but de maximiser leur audience. Ce but de maximisation découle directement du financement par la publicité ou l’abonnement : plus il y a d’audience, plus il y aura d’abonnements, ainsi, le coût des publicités sera plus élevé.

Les médias privés ne sont donc pas indépendants, au contraire des médias de service publics qui se doivent de l’être. Cet objectif n’est pourtant pas simple à mettre en œuvre. Les médias de service public veulent attirer des publics diversifiés pour pouvoir continuer à vivre face au numérique. Mais ils doivent aussi fournir des services pas forcément demandés par les usagers afin de répondre à ses devoirs. La question de la « valeur publique » est centrale face à ces enjeux de taille.