Web 1.0 : Tim Berners-Lee et la création du World Wide Web

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. En 1989, l’informaticien britannique Tim Berners-Lee invente les prémices d’internet: le World Wide Web (WWW). Ses collègues et lui sont remplis de rêves et d’espoirs sur l’avenir de cette invention. Ils n’ont aucune idée des proportions que prendra le net, trente ans plus tard.

Tim Berners-Lee crée internet dans les années 90. Il lui prête déjà un grand avenir. Image: © Paul Clarke / ICT Journal

Quand Berners-Lee pose les jalons du Web 1.0, il travaille pour le CERN. Il a alors deux objectifs:

1. Partager toutes les informations du CERN sur un seul réseau pour faciliter la communication,

2. Connecter les membres internationaux du laboratoire.

A partir de 1990, Berners-Lee et quelques membres du CERN développent les trois principales technologies du Web. Chacun connaît leurs noms, mais peu connaissent leur origine. URL, HTTP et HTML débarquent dans la société. L’inventeur appelle ce premier programme World Wide Web (WWW).

Deux rêves 

Ce premier web est un web statique, sans interactions possibles entre les différents usagers. Avec le web 1.0, Berners-Lee a de grands rêves. Le premier consiste en «un espace commun d’information dans lequel nous communiquons en partageant des informations». Le deuxième consiste en un «Web (qui) soit utilisé de manière si générale qu’il devienne un miroir réaliste de la manière dont nous travaillons, jouons, socialisons».

Un système compatible avec tous les ordinateurs est rapidement créé. Image: © Sergei Tokmakov / Pixabay

Son premier rêve se réalise rapidement. Le World Wide Web est proposé dans le domaine public. Mais il reste limité: utilisable sur un seul type d’ordinateur et très cher. Un système compatible avec tous les ordinateurs est bientôt créé: internet peut s’exporter dans le monde! De plus en plus d’individus s’aperçoivent de son potentiel et permettent le développement de cette technologie. Des entités internationales rejoignent la course, parmi lesquelles IBM, Nokia et Microsoft. 

Son deuxième rêve n’est pas encore réalisé dans les années 90, mais des signes et des projets rendent confiant. Des langages informatiques sont conçus pour être traités par des machines plutôt que par des humains. En 1998, l’inventeur soulignait déjà: «Le potentiel de ce mélange d’humains et de machines travaillant ensemble et communiquant par le biais du web pourrait être immense.»

Internet passe donc du domaine scientifique du CERN au domaine commercial et public. Mais ce n’est que le début: avec le web 2.0, défini comme le web social, internet atteindra de nouveaux sommets. 

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 2.0Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

 

Références:

Shivalingaiah, D., & Naik, U. (2008). Comparative Study of web 1.0, web 2.0 and web 3.0. Disponible à l’adresse: https://ir.inflibnet.ac.in/bitstream/1944/1285/1/54.pdf

The World Wide Web: A very short personal history. Tim Berners-Lee on World Wide Web Consortium (W3C) (1998). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.w3.org/People/Berners-Lee/ShortHistory.html

Photographie de Berners-Lee: ICT JournalChavanne, Yannick. Tim Berners-Lee reçoit le «prix Nobel d’informatique» (2017). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.ictjournal.ch/news/2017-04-06/tim-berners-lee-recoit-le-prix-nobel-dinformatique

Article rédigé par Sophie Duperrex

L’innovation technologique peut-elle aussi être au service des aînés ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Innovation, information et numérisation

L’ère digitale a rendu le quotidien plus facile pour certains. En revanche, cela n’a que très peu séduit les personnes âgées. Dès lors, plusieurs entreprises se sont intéressées aux besoins de cette population en conjuguant confort, sécurité et santé afin de leur permettre d’améliorer leur quotidien tout en jouissant de la bienfaisance des technologies.

 

Congerdesign, 2019. Pixabay

L’accélération digital a permis de développer d’innombrables technologies. Ces dernières soulagent les activités du quotidien tout en insufflant un rythme de vie plus rapide.En quelques clics, il est possible de se faire livrer à domicile des mets tout chauds, de regarder une émission à l’heure désirée tout en faisant du shopping en ligne.

Téléphone mobile, tablette, Laptop, TV ; voilà plusieurs supports sur lesquels l’innovation se mue. En quelques mots, l’impensable est devenu réalité. Cependant, alors que le développement des technologies allège le quotidien de certains, cela n’est peut-être pas le cas pour les personnes du troisième âge, qui par ailleurs représente une population en croissance. 

 

Les séniors au cœur de l’innovation 

La Suisse, tout comme de nombreux pays, se trouve confrontée au défi que représente le vieillissement de la population. En 2018, le pourcentage des personnes âgées de 65+ ans se situait à 19%. En 2030, L’Office fédérale de la statistique s’attend à ce que la Suisse atteigne les 23 %, soit une augmentation de 0,6 millions. 

Dès lors, il serait intéressant de réfléchir au développement de technologies en faveur des aînés afin de répondre aussi à leurs besoins. En d’autres termes, c’est l’innovation sociale qui doit aussi être développée. Ainsi les séniors pourront s’approprier cet univers technologique.

 
L’environnement de la maison entre confort, santé et sécurité

Actuellement, plusieurs entreprises dont des start-up ont élaboré des dispositifs technologiques pour l’environnement de la maison en conjuguant confort, santé et sécurité. Parmi ces derniers l’on retrouve :

  • WALK : un dispositif qui vient en aide aux personnes ayant des troubles de la marche.
  • eSMART : le premier tableau de bord interactif et connecté de l’habitat.
  • E-vone : la chaussure connectée qui détecte les chutes et est capable de localiser son porteur à l’intérieur comme à l’extérieur.
  • ETOLYA : Un chemin lumineux qui ne s’allume que lorsque la personne se lève, avant que ses pieds ne touchent le sol.
  • Cutii : Le robot équipé d’un système de reconnaissance vocale qui se déplace à volonté et peut appeler les proches grâce à la visioconférence. D’ailleurs ces derniers ont été mis à la disposition de maison de retraite dans le Nord de la France pendant le confinement, relate France3.
  • Auxivia : Un verre connecté et doté d’une partie lumineuse qui s’active lorsqu’il faut boire.

 

Le robot Cutii, le nouveau compagnon des seniors. © Cutii, 2020

Voici quelques-unes des idées innovantes du moment. Et vous, est-ce que vous y avez pensé ? Voilà de quoi vous occuper durant cette période de ralentissement général.

BMA / lfo

Références:

BADILLO, Patrick-Yves. Paradoxe et défis de « l’accélération digitale ». La Tribune de Genève, 2017.

Office fédéral de la statistique—OFS. (s. d.). Consulté 7 avril 2020, à l’adresse https://www.media-stat.admin.ch/animated/chart/01pyramid/ga-q-01.03.02-dashboard.html.

 

 

Fausses promesses du web

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Les promesses initiales du web se sont profondément transformées au fil de son évolution. Du partage à la marchandisation de la connaissance, quels sont les ressorts de cette métamorphose? 

Entre innovation et développement technologique, la société de l’information n’a cessé de progresser. Les réseaux de connaissances se sont étendus et interreliés jusqu’à former une toile. On la nomme le web.

Société de l’information et de la connaissance

Économie du partage (web 1.0)  ©Gerd Altmann / Pixabay

Le point d’ancrage de cette société de l’information est la connaissance. Une connaissance accessible à tous et co-construite par les utilisateurs du web.

Concept clé de cet Internet: l’économie du partage! L’interconnexion entre les cerveaux des individus assure la production d’une connaissance de qualité.

Information, diffusion et collaboration font régner une certaine euphorie autour de la digitalisation de la société. La démultiplication des possibilités offertes par ces technologies semble irréelle. C’est un vent nouveau et libertaire qui souffle sur cette société de la fin du 20ème siècle.

La promesse du web: «L’égalité totale associée à la liberté absolue pour atteindre la sagesse universelle.» (Bruno Patino, La civilisation du poisson rouge) Un beau projet!

Désillusion

Course aux likes sur Facebook ©GraphicsSC / Pixabay

L’utopie est souvent bien différente de la réalité… Dans ce nouveau modèle économique, information et connaissance deviennent marchandise. La promesse d’une intelligence collective basée sur la collaboration et l’interactivité est supplantée par une course aux likes, aux shares et aux views. La compétition a détrôné la collaboration.

Les fake news s’immiscent pour contrebalancer l’euphorie initiale. Les algorithmes comptabilisent pour restreindre la liberté individuelle. Les réseaux sociaux rassemblent pour mieux isoler. Sans parler de l’intelligence artificielle… D’un web 1.0 vers un web 4.0 en seulement quelques années, c’est une profonde transformation digitale qui s’opère.

L’évolution du web en un mot: métamorphose économique.

 

Vous souhaitez en savoir plus? Dans nos prochains articles, vous retrouverez un panorama des différents stades du web (1.0, 2.0, 3.0 et 4.0). Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

 

Références:

Badillo P.-Y., Bourgeois D. (2014) « Information and knowledge society and network economy: from euphoria to reality », communication pour “Economics for the future”, major international conference organised by the Cambridge Journal of Economics in Celebration of the Centenary of Cambridge Economics, Cambridge UK, 17-19 Septembre 2003. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:77630

Article rédigé par Camille Dupertuis

La presse digitale guidée par la destruction créatrice

Written by Laura Puglisi. Posted in L'innovation ou la destruction créatrice des médias

MOOC « Innovation, médias et transformation digitale ». Genève, le 07 avril 2020. Cette année, L’Université de Genève va proposer des formations en ligne MOOC. Elles abordent principalement les sujets concernant l’innovation et la transformation digitale. Ces cours pourront être disponibles sur la plateforme Coursera. L’une d’elle porte sur le concept de destruction créatrice en lien avec la presse. 

 Qu’est-ce que la destruction créatrice ?

La destruction créatrice est une théorie mise en place par l’économiste Joseph Schumpeter. Ce qu’il faut retenir de ce concept est que l’innovation est la force motrice de la croissance économique sur le long terme. Le système n’est pas figé, l’innovation redéfinit continuellement les dynamiques économiques. En effet les innovations provoquent d’abord une destruction du capital, puis se diffusent ensuite et permettent la croissance de nouveaux emplois. Il faut voir cela comme un cycle contre lequel il est n’est pas possible de lutter. Pour exemple dans la façon de consommer sa musique, les disques vinyle ont disparu au profit de CD qui eux-mêmes ont été bousculés par les fichiers MP3. Aujourd’hui, ces fichiers MP3 ont laissé place aux plateformes de streaming tel que Apple Music. Ce qu’il faut comprendre est qu’un produit ou un service finit par s’adapter à l’ère du temps. Est-ce le cas pour le monde de la presse également ?

 

Ampoule symbolisant une idée

© Pixabay

La presse face à ce processus

Avec ce concept de destruction créatrice, le neuf bouscule l’ancien. La presse est un domaine qui a connu une forte baisse de consommation ces dernières années. Ce média traditionnel a su rassembler un public large lors du 20ème siècle mais a dû partager la scène avec la radio puis l’arrivée des grands magazines puis de la télévision. Aujourd’hui, partout en Europe, les grands quotidiens connaissent un déclin au niveau des lecteurs. La presse écrite doit donc chercher un moyen de s’adapter et de survivre, il y a un besoin d’innovation. Pour ce, face à l’avènement de la digitalisation également, les journaux tentent de se renouveler. Les gens passent de plus en plus de temps sur les écrans et ce temps n’est plus engagé pour la lecture de presse écrite traditionnelle. Les journaux essaient donc de se trouver où leur audience a migré et cela passe par la digitalisation de l’information. Ils deviennent donc des médias multicanaux proposant différents formats de contenu sur une variété de plateformes (audio et vidéo notamment). On perd quelque chose mais de la nouveauté suit cette perte. Au final, doit-on voir un verre à moitié vide ou à moitié plein ?

PRESSE EN LIGNE : INNOVATION OU DESTRUCTION CREATRICE?

Written by Laura Puglisi. Posted in L'innovation ou la destruction créatrice des médias, La première ère de la transformation digitale E-commerce et Longue Traine, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Genève, 7 avril 2019 – La leçon 1 de ce mooc “L’innovation ou la destruction créatrice des médias” apporte une réflexion sur le paradoxe que vivent les médias actuellement. L’arrivée d’internet a mis en danger la presse “traditionnelle”, tout en apportant un nouveau souffle de création. La presse papier est plus que jamais en danger, et on peut donc se demander : les apports apportés par la numérisation de l’information vont-ils compenser les pertes à prévoir ?

Innovation VS Destruction 

La presse d’information payante connaît un déclin depuis les années 2000, et continue de chuter depuis. Des journaux qui mettent la clé sous la porte, des postes supprimés, des baisses de revenus considérables… tous ces éléments sont révélateurs du processus de destruction de la pression d’information. Un exemple : les revenus de la presse en France ont diminué de moitié entre 2000 et 2012, et pourrait même venir à disparaître durant la décennie actuelle. Une explication cela s’inscrit dans l’apparition du numérique, à savoir internet et la presse d’information gratuite. Effectivement, le digital a modifié les méthodes de production de l’information et une nouvelle vague d’utilisateurs est arrivée : les millenials. La presse a donc dû innover pour répondre à ses changements organisationnels, s’en est donc suivi la naissance des sites webs d’information et de la presse gratuite. Mais alors comment fonctionnent-ils ? 

 

L’information 2.0 

La presse gratuite et l’information en ligne ont de toute évidence pris une importance considérable. La question est donc de déterminer leur impact économique et sociétal. La presse gratuite permet aux citoyens un accès à l’information simplifié, mais comme nous le savons tous, lorsque c’est gratuit : nous sommes le produit. Effectivement, ce type de presse apporte des revenus publicitaires importants aux groupes de presse et donc permet d’amortir les pertes liées au déclin de la presse payante. 

Une autre innovation dans l’information est liée à l’essor d’internet : les sites web d’informations prennent de plus en plus d’importance et représentent également une source de recettes publicitaires importantes. Ils correspondent à la nouvelle façon de consommer l’information des lecteurs qui veulent une information accessible partout et rapidement. Par exemple, le site français du journal Le Monde a été visité par 7.8 millions de personnes en février 2014. 

 

La perte engendrée par la crise de la presse “papier” n’est cependant pas compensée par ces nouveaux apports engendrés par les revenus publicitaires. L’enjeu réside donc dans le challenge auquel est confrontée la science de l’information, qui doit continuer de garantir le pluralisme et la qualité des informations, tout en faisant face à des difficultés économiques. Les années qui suivent vont être décisives pour l’avenir de la presse d’information payante qui va devoir se réinventer pour survivre. Affaire à suivre… 

Le tour de la question en une minute : https://www.youtube.com/watch?v=Fbyqt4TSHZY

Mots clés : digital, presse, destruction créatrice, innovation, information en ligne

LG

 

Sources

  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les mutations des médias : quel modèle de

destruction « créatrive » ? Analyse théorique et étude de cas des médias suisses. Actes du

congrès de la SFSIC 2018, Création, créativité et médiations. MSH Paris Nord : [s.n.], 2018.

  • BADILLO, Patrick-Yves. Réorganisation des médias : la « presse » d’information en France,

entre destructions et créations. In: Pélissier, Nicolas & Maas, Elise (Ed.). Vers une culture

médi@TIC? – Médias, journalisme et espace public à l’épreuve de la numérisation. Paris :

Editions l’Harmattan, 2015.

Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

« Associés-rivaux » est le terme utilisé pour définir la relation entre les journalistes et les communicants. Cependant, leur association est bien plus forte qu’ils ne veulent laisser paraître : ils sont dépendants l’un de l’autre.

L’éthique journalistique et l’éthique communicante sont réputées pour défendre des valeurs différentes. La première est une supportrice de la démocratie et lutte pour la liberté. La seconde a pour priorité de défendre les intérêts commerciaux ou partisans de son employeur. Pourtant, les journalistes et les communicants ont parfois, et même souvent, intérêt à collaborer. Cette association leur est indispensable pour optimiser leur travail.

Les journalistes et les communicants trouvent leurs avantages dans une coopération

Pixabay, 2020

En effet, malgré les différends moraux, les journalistes sont avantagés par une telle collaboration pour deux motifs principaux.

D’abord, une telle collaboration leur donne un accès direct à des informations détaillées, déjà traitées et récentes. Cela leur permet également de gagner du temps car ils évitent de s’épuiser à la recherche d’informations. Grâce à ce contact avec des communicants, ils peuvent également espérer rencontrer des figures importantes d’entreprise pour des interviews par exemple. Du côté des communicants, l’échange d’information leur donne un certain pouvoir sur ce qui sera publié. En effet, ils agissent tel un filtre sur les données qui passent d’une entreprise aux médias, comme l’explique le Professeur Badillo.

Ensuite, cette collaboration constitue un revenu primordial pour la survie des journaux, grâce à la publicité. C’est bien connu, les journaux subissent aujourd’hui une crise financière qui menace leur existence. La publicité faisant partie intégrante des stratégies de communication, elle offre des avantages aux deux professions : un revenu aux journalistes et une visibilité aux projets des communicants.

Une relation compromise dans l’arène des réseaux sociaux

C’est pourquoi, aujourd’hui la collaboration entre journalistes et communicants devient de plus en plus importante. Elle sert les deux causes équitablement. Pour les journalistes, elle représente une aide indéniable pour le processus d’écriture et financièrement. Pour les communicants, elle constitue un appui décisif pour mener à bien leur stratégie de communication. Cependant, les règles de cette relation changent dans le monde des médias sociaux. En effet, les réseaux sociaux offrent de nombreux services, qui peuvent compromettre la bonne entente entre journalistes et communicants.

Réseaux sociaux : une nouvelle arène et de nouvelles règles pour les journalistes et les communicants.

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

L’essor d’internet et la montée en puissance des réseaux sociaux offre à la population connectée une vitrine sur l’information mondiale. Faits, avis et opinions défilent à toute vitesse pour arriver sur nos écrans. Ce nouveau mode de consommation de l’information impacte un grand nombre de métiers; le journaliste et le communicant n’échappent pas à la règle, bien au contraire

Sur les réseaux sociaux, l’accès aux informations est très rapide. Si cela est désormais un avantage pour les journalistes, cet accès facilité aux nouvelles fraiches peut également être un piège : sur internet, les fake News sont nombreuses. Ainsi, si traditionnellement, journalistes et communicants coopèrent, l’ère des réseaux sociaux numériques semble changer un peu la donne…

Association-rivalité des origines

Journalistes et communicants partagent à l’origine des valeurs et des principes communs en plus d’une formation indéniablement semblable. Ainsi, traditionnellement, si une certaine rivalité échauffe les esprits de ces professionnels, une relation de collaboration concernant les échanges d’informations  est également en œuvre, comme l’explique le professeur Badillo.

 Pixabay, 2020.

Les T.I.C désenchantent la relation entre les experts de l’information

Mais à l’heure du numérique et de l’hyper-connexion, les informations affluent de partout. Ce qui permet à tous d’être renseignés extrêmement rapidement sur tout et n’importe quoi. « Tous les jours nous recevons des quantités d’informations. Ces informations constituent un flux diversifié et permanent. Ces informations vraies ou fausses, manipulées un peu, pas du tout ou beaucoup, non hiérarchisées, sont répandues à une vitesse accélérée avec un nouveau média comme Internet. » (Badillo, 2008) Ainsi, l’usage notamment des réseaux sociaux fait surgir une nouvelle interrogation concernant les rapports entre journalistes et communicants : qu’en est-il désormais de la collaboration qui lie à l’origine les experts des informations ?

S’il n’est pas possible de donner une réponse définitive à cette question, la concurrence entre ces deux professions semble avoir désormais prit le dessus : l’accessibilité directe à l’information par tous paraît effacer sur internet le partenariat et l’entre-aide présents initialement entre le communicant et le journaliste. En conclusion, si les nouvelles technologies de l’information et de la communication offrent de nombreux avantages, elles augmentent néanmoins la concurrence et la méfiance entre des corps de métiers qui pourtant partagent la même éthique.

La destruction créatrice des Médias, de Schumpeter à nos jours.

Written by Laura Puglisi. Posted in L'innovation ou la destruction créatrice des médias, MOOC Innovation, médias, transformation digitale



Genève, le 07 Avril 2020

Ce MOOC s’adresse aux étudiants de Master de toutes les disciplines afin de les guider dans la compréhension du concept d’innovation. Dans cette section, la leçon une met en perspective les industries anciennes et actuelles. Elle montre le processus de destruction créatrice liée aux médias, à travers les théories élaborées et certains cas pour l’illustrer.

La destruction créatrice, un concept intemporel.

Les différentes révolutions, qu’elles soient antiques ou industrielles, sont à l’origine du changement de comportement des individus. En 1942, Joseph Schumpeter, dans son livre « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » évoque le concept de destruction créatrice. Cependant les travaux de Karl Marx, influencés par l’auteur, explicitent clairement cette théorie. Selon lui, l’innovation est le moteur de la croissance économique sur le long terme. La destruction créatrice désigne alors le transfert de position dominante des entreprises historiques vers les entreprises les plus innovantes. Face à cela, les mutations dans plusieurs secteurs marquent une grande période d’incertitude. L’automatisation, l’intelligence artificielle créés par le numérique en sont des exemples. Les changements économiques et sociétaux que nous vivons génèrent beaucoup de difficultés envers les acteurs médiatiques. Dans ce contexte, il est difficile pour les médias de masse traditionnels de faire face au géant Internet.

L’innovation avec les enceintes connectées

Nous sommes à l’ère du ‘Multi Task’ et de l’information à temps réel. Le contrôle à la voix de nos appareils commence à prendre de l’ampleur. Et ce qui importe pour les individus est le gain de temps. Face à cette demande, les fabricants intègrent souvent un assistant vocal ou une fonction connectée sur leurs appareils domestiques : les aspirateurs, les téléviseurs, les fours ou réfrigérateurs, etc. Jusqu’à ce que des technologies comme les enceintes connectées font leur apparition. Des outils comme le récepteur radio, les journaux, les livres, les lecteurs CD tendent à disparaître, car remplacés par cet outil digital. Ces enceintes connectées ont une assistance vocale intégrée. Ce qui signifie que l’individu peut contrôler une enceinte connectée en mains libres depuis l’autre côté de la pièce. Ainsi, vous pouvez jouer et mettre en pause la musique. Faire lire un article de presse ou un livre de cuisine. S’informer de l’actualité sans avoir à acheter un journal. Faire des achats en ligne, écouter la radio à travers cet enceinte connectée. Tout cela en utilisant uniquement la voix sans même sortir votre smartphone. Amazon Echo, Google Home ou encore Apple Homepod sont des exemples illustrant cette innovation.
Cependant, ce mode de transmission d’informations peut nuire aux médias traditionnels. Ce qui les pousse à innover car internet est un marché à conquérir. Ces médias doivent aussi répondre à la demande de leur public. Car une chose est certaine, le contrôle par la voix va devenir omniprésent.
Mariama Faye MANE

Mots clés : destruction créatrice, intelligence artificielle, médias, enceintes connectées

Sources :
• BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. « Les mutations des médias : quel modèle de destruction « créatrice » ? Analyse théorique et étude de cas des médias suisses. Actes du congrès de la SFSIC 2018, Création, créativité et médiations. MSH Paris Nord : [s.n.], 2018.
• Robert Boyer, Benjamin Coriat. « De la crise comme « destruction créatrice » … ou le retour de Schumpeter ». Le Monde diplomatique, septembre 1984
Enceinte connectées

La «Googlization des médias»: un changement de paradigme

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

La «Googlization des médias»: un changement de paradigme

La «Googlization des médias» correspond à un changement de paradigme. Il s’agit du passage d’un modèle de presse traditionnel à un nouveau, centré sur les grands acteurs du numérique. Ce nouveau modèle, basé sur la transformation digitale, crée une concentration des médias et transforme l’information en bien public.

Du modèle traditionnel de la presse à la «Googlization des médias» 

Dans l’ancien modèle de presse, les journaux définissaient une ligne éditoriale finalisée à la création d’une information et d’une audience. La presse fonctionnait donc sur un marché à deux versants: les recettes d’un journal étaient basées d’un côté sur le paiement des lecteurs et de l’autre côté sur les ressources de la publicité. 

Orl’information est aujourd’hui consommée avant tout sur les réseaux sociaux et sur le Web. En outre, la majorité des recettes de la publicité est vampirisée par les grands acteurs du numérique, avec les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) en figure de proue. Ces éléments ont favorisé l’émergence d’un nouveau modèle, celui de la  «Googlization des médias», introduit par les professeurs Badillo (Université de Genève) et Bourgeois (Université de Fribourg).  

Selon ce nouveau modèle, les médias recherchent avant tout du trafic sur le web et non plus de l’audience. La ligne éditoriale disparaît donc au détriment des données et du trafic de ces dernières. Voici les points clés qui caractérisent la «Googlization des médias». 

La concentration des médias, conséquence de la «Googlization»

La concentration des médias ne cesse d’augmenter en Suisse. En conséquence, le pluralisme diminue et les médias se concentrent toujours davantage.

En effet, les quatre grands groupes suisse(RingierTamediaAdmeira et NZZ) équivalaient à 54% du marché en 2005, alors qu’en 2017 le pourcentage s’élevait à 81%.

Aujourd’hui l’information de qualité se raréfie de plus en pluspuisque les entreprises du numérique se focalisent sur le trafic des données, point central de la «Googlization des médias». 

À titre d’exemple, Facebook et Google contrôlent les flux entrants du journal «Le Temps». En effet, en comparant la source de trafic des réseaux sociaux et celle dérivante des moteurs de recherche, le résultat est le suivant: 86% du trafic dérive de Facebook, tandis que 99% (ouivous avez bien lu!) provient de Google. 

Vous pouvez donc constater que Google et Facebook ont la mainmise sur les flux entrants de données menant à la majorité des médias! 

L’information devenue bien public 

En parlant d’information, nous nous référons à une information de qualitéessentiellement produite par la presse écrite. Le passage à l’ère de la «Googlization» fait de l’information un bien public. Un bien public est par définition non excluable, et non rivalEn effetl’information est non excluable car elle circule amplement via les sites web et les réseaux sociaux ; elle est non rivale, car la lecture d’un article online nen privera pas quelqu’un d’autre. 

Nous en revenons à la notion de gestion du trafic et des Data, objectif prioritaire des acteurs du numérique. En effet, ces derniers ne produisent pas d’information, mais ils se limitent à la polariser au moyen du trafic des données. Le grand perdant se trouve être la presse qui voit fuiter son information de qualité tout en perdant ses recettes publicitaires au détriment des grands acteurs du numérique.

Comment la Presse va-t-elle renouveler son modèle pour faire face à cette information rendue accessible gratuitement?

La suite dans les prochains articles!

GA de l’équipe Medi@lab

 

 

Le monopole des GAFAM : acteurs indétrônables du Web ?

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Le monopole des GAFAM : acteurs indétrônables du Web?

Au cœur de la révolution numérique, le 21ème siècle est marqué par l’hégémonie des géants du Web. Plus communément, l’acronyme «GAFAM» désigne successivement Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Envahissant notre quotidien et détenant un pouvoir non négligeable sur nos vies d’utilisateurs, ces puissantes multinationales sont-elles vouées à devenir les « maîtres du monde » ?  

Qui sont-ils?

Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Bill Gates… Difficile de ne pas connaître ces références iconiques! En effet, ces innovateurs à succès sont souvent qualifiés de visionnaires et leur nom doit sûrement résonner dans votre esprit. Appelés également les «Big Five», ou «the Five», ils dominent aujourd’hui le marché du numérique. Plus largement, ils appartiennent à un ensemble grandissant de multinationales de l’économie digitale, comprenant par exemple AirBnB ou Uber. 

En termes de capitalisation boursière, ces entreprises ont atteint le seuil symbolique des 1 000 milliards. Cette somme faramineuse leur confère le statut d’entreprises avec les plus hautes valeurs de marché au monde. En comparaison, il s’agit de l’équivalent du PIB d’un pays tel que l’Indonésie! 

« Innover, c’est savoir abandonner des milliers de bonnes idées »

Steve JOBS

Quelle recette magique de succès?  

Cliquez dessus pour agrandir !

Le modèle économique ou «business model» est la manière dont l’entreprise va générer de la rentabilité. À ne pas confondre avec le modèle d’affaires, qui est propre à chaque entreprise et possède donc une infinité de variantes! 

Le modèle économique des GAFAM repose sur la gratuité des services. Au fond, ce n’est rien d’autre quune illusion comme le rappelle le célèbre adage «si c’est gratuit, c’est que le produit c’est vous». Effectivement, à partir d’une activité de cœur, dont le rôle n’est pas forcément de générer des revenus, le but est de créer d’autres sources de revenus indirectes.C’est le cas de Facebook, pour qui les véritables clients sont les entreprises annonceurs. La puissance de ce géant numérique n’est autre qu’un ciblage publicitaire très pertinent. 

Comment cela fonctionne? Lorsque l’internaute navigue sur le Web, vous par exemple à ce moment précis, il laisse des traces de son activité, ce que l’on appelle des «data». Ces données personnelles, une fois collectées, permettent aux entreprises de dresser un profil de consommateur. Ce dernier va des affinités, aux comportements de navigation, jusqu’à l’historique de commande… Tout ceci étant recoupé avec les données de l’entourage de l’utilisateur. 

L’enjeu ici relève de l’exploitation du data par les entreprises. Il pose ainsi diverses questions sociétales et éthiques. Les lois se développent de manière progressive afin de s’adapter à ces nouveaux acteurs et les changements qu’ils opèrent.

La mort de la concurrence?  

La toute puissance des GAFAM est basée sur de nouvelles économies numériques, provoquant une disruption avec les anciens modèles. Ainsi, un phénomène de concentration laisse peu de place à une potentielle concurrence… au point que la France détermine même une mesure spéciale, dénommée «taxe GAFA» en 2019. Cette loi concerne les services numériques et part du principe phare suivant : grâce à l’activité de l’utilisateur, créant de la valeur, les multinationales se développent et surtout s’enrichissent. Ainsi, l’idée de ce projet est de taxer ces entreprises surpuissantes à hauteur de 3% du chiffre d’affaires réalisé. 

On observe également un phénomène dit «acquisition tueuse» : explicitement, le rachat de start-up innovantes qui développent des services concurrents. Le but consiste à «les mettre en sommeil» et donc conserver une position de leader dans le domaine.  À l’avenir, la situation monopolistique des GAFAM pourrait bien constituer une menace pour l’économie et la société…

Quel futur pour les GAFAM? 

La domination de ces cinq géants du Web va provoquer incontestablement des bouleversements majeurs d’ici 2022. Leur pouvoir va-t-il se renforcer avec le temps? Ou au contraire, va-t-il s’épuiser afin de laisser place à l’apparition de nouvelles ressources?  

CG de l’équipe Medi@lab

Pour aller plus loin !

Documentaire réalisé par Yannick Adam de Villiers, diffusé sur France2 le 01/11/18

Société numérique : quel avenir pour le livre ?

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Le livre : de son origine à sa numérisation, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Dans un monde toujours plus numérisé et digitalisé, un médium tel que le livre papier va-t-il perdurer et réussir à s’adapter ? Au contraire, le livre numérique peut-il totalement éradiquer le livre classique ? Retour sur cette transition numérique. 

©Pixabay

Avec l’avènement du numérique et le développement de nouvelles technologies et d’outils toujours plus tournés vers le digital, l’avenir du livre papier peut sembler incertain. En effet, toutes ces innovations auxquelles nous faisons face dans ce « monde bouillonnant du numérique » (P.-Y.Badillo) se posent comme l’un des grands défis auquel le domaine de la culture doit faire face. Ceci vaut notamment pour les différents médias classiques tels que le livre. Récemment, nous avons ainsi pu voir un « boom » du marché des livres électroniques et avec lui, un bouleversement de nos habitudes de consommation des biens culturels que sont les livres. Ainsi, avec ces livres digitaux, nous assistons à une révolution des structures du support matériel de l’écrit, des pratiques de lecture et du mode de production et de communication.

L’avenir du livre à l’ère du numérique ?

Si l’on veut comprendre la dynamique des différents médias, l’un des outils clés pour faire cela est sans aucun doute la courbe en S. Cette approche épidémiologique de l’innovation théorisée par le sociologue et statisticien Everett Rogers, nous a été exposée par le professeur Patrick-Yves Badillo dans le Module 1 du MOOC (Innovation et médias). L’observation de cette courbe nous permet ainsi d’observer que le livre est né en 1855, a eu son âge d’or dans les années 1920-1930, puis a entamé un déclin. Par la suite, il s’est adapté avec l’apparition du livre de poche juste avant la seconde guerre mondiale, et a ainsi pu retrouver une nouvelle dynamique jusque dans les années 80. Après 1980, il a connu une nouvelle crise et de nos jours, n’a pas disparu mais tente de s’adapter au numérique et de trouver sa place dans un monde digitalisé. Ainsi, si l’on prend cette courbe « S-Média », on voit que tout médium suit cette logique : innovation, pénétration, pic, déclin et adaptation.

En ce qui concerne le nouveau média qu’est le livre numérique, deux scénarios principaux semblent se dégager quant à son avenir.

Un premier scénario dans lequel les ventes de livres numériques viennent simplement s’ajouter à celles du livre papier.

Et un second scénario où il se produirait une « cannibalisation » du livre digital sur le livre papier : les ventes de livres numériques viendraient largement prendre le dessus sur les livres papier.

Comme on le voit avec ces deux possibilités de scénarios, la courbe en S du livre digital ne peut pas encore être réalisée avec certitude étant donné que nous sommes encore au début de cette innovation et probablement dans cette phase de « pic » décrite par Rogers.

Des pronostics mitigés 

Il est donc difficile de prédire ce qu’il peut se passer, mais il est à noter que là où la presse a été fortement touchée et affaiblie par les évolutions numériques, le livre a plutôt l’air d’avoir fait preuve de résilience. En 2016, Arnaud Nourry, PDG de Hachette déclarait ainsi que la courbe du livre numérique qui semblait monter en puissance était en réalité actuellement entrain de s’inverser. « Ce phénomène s’est arrêté depuis deux ans environ, aux Etats-Unis, et on observe désormais un déclin. Au fond, je me demande si les lecteurs numérique ne se demandent pas à quoi ça sert « . Selon Nourry, aux Etats-Unis les ventes se répartissent « à 25% pour le numérique, 75% pour le papier ».

D’autres, comme le célèbre écrivain et « futurologue » Tom Cheesewright, déclarent l’inverse : « Les statistiques de l’e-book sont complètement fausses : elles ne tiennent compte que des éditeurs installés, aussi mesure-t-on mal la chose. […] Si vous englobez tous les différents modèles de publication pour les livres numériques à ce jour, leur ascension a été véritablement spectaculaire. Et en volume, ils dominent complètement le marché des livres imprimés ; ils n’ont pas décliné du tout. Ce qui a en revanche décliné, ce sont les parts de marché que détenaient les grands éditeurs. »

En conclusion, les prédictions face à l’avenir du livre semblent multiples et variées. De nos jours, il semble donc difficile de trancher sur cette question. Peut-être faut-il voir en cette révolution et omniprésence numérique, une chance pour le livre papier de se démarquer et de gagner en valeur ?

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Références 

Patrick-Yves Badillo « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève

www.senat.fr : La politique du livre face au défi du numérique (Chapitre 2 : Le développement du livre numérique)

Le naufrage du Titanic : d’où l’importance de la radiocommunication universelle

Written by Laura Puglisi. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Dans le cadre d’un cours au sein du master de Médi@LAB de l’Université de Genève, notre intérêt se porte dans cet article sur les prémices de la radio. C’est au physicien italien Guglielmo Marconi que l’on doit son invention. Cette transmission radiophonique se fait par le biais d’ondes électromagnétiques basées sur des signaux. Alors que la première transmission de l’histoire se fait en Suisse en 1895, ce nouveau système sera en plein essor dans le domaine maritime les années suivantes. A ce stade, cette communication connaît toutefois ses limites, dont le Titanic paiera les frais.

 

La salle de télégraphie sans fil du Titanic. Source: RTS Photo: Albert Harlingue Roger Viollet

Guglielmo Marconi poursuit en 1895 les recherches sur la radio entamées par Heinrich Rudolf Herz sept ans plus tôt. Grâce à la première transmission radio transatlantique émise depuis le sud de l’Angleterre, il reçoit le prix Nobel en 1909. En 1913, il développe sa propre société et équipe plus de 435 navires et 30 stations de son système de communication. Le Titanic fait partie des navires équipés du système de télégraphie sans fil fabriqué par la Société Marconi. L’émetteur radio du fameux paquebot avait une portée de 400 kilomètres en mer, dans n’importe quelles conditions météorologiques, ce qui était pour l’époque un système moderne et performant. Lors de la traversée, les passagers à bord du Titanic pouvaient communiquer avec des récepteurs à terre, utilisant ainsi, avec l’aide des opérateurs radiotélégraphistes, ce système radio de communication comme une messagerie personnelle.

Un appel SOS brouillé

La Convention Radiotélégraphique Internationale définit à Berlin, en 1906, le code d’alerte SOS universel en Morse dans une optique de coordonner les usages de ces nouvelles technologies. C’est le Titanic qui, en 1912, utilise pour la première fois le code SOS du système de radio Marconi pour alerter de la situation. Pendant plusieurs heures, les télégraphistes à bord du paquebot lancent des appels au secours en morse, puis en SOS, permettant de sauver une partie des passagers. Cependant, tout ne se déroule pas comme imaginé : les messages radios des passagers se mêlent à ceux émis par les postes de transmission des bateaux en mer. Le message d’alerte prévenant du danger d’un iceberg se noie dans le flux de communication, et ne se transmet pas à la passerelle du fameux paquebot. Seulement 700 personnes sont sauvées lors de la catastrophe…

 

Les titres des journaux ne retranscrivent pas le naufrage du Titanic de la même manière. Source: The Evening Sun/The New York Times

La tragédie vue par les journaux

Rapidement, les messages de détresse envoyés depuis le navire atteignent les stations de radiotélégraphie à terre. Cela dit, certaines informations se perdent, se déforment ou se mélangent, laissant place à la spéculation dans les titres des principaux journaux du monde. Le 15 avril 1912, on peut lire par exemple dans The Seattle Star « Le Titanic coule, les passagers sauvés », ou dans The Evening Sun « Tous les passagers sont sauvés, transférés dans des bateaux de sauvetage », et même scénario dans le Binghamton Press qui affirme que « Le Titanic frappe un Iceberg, 1470 personnes sauvées ». Nombre de journaux reproduisent ces dépêchent persuadés que rien de grave ne peut arriver au fabuleux paquebot. Seul le rédacteur en chef du New York Times garde son sang froid et annonce le 15 avril de simples faits. C’est le lendemain qu’il mesure l’ampleur de la catastrophe et se distingue des autres journaux en titrant « Probablement 1200 passagers périssent à bord du Titanic ». Les jours qui suivent, le suivi de l’événement est assuré et la presse du monde entier reprend les mots du New York Times. A cette époque déjà les journalistes font face au dilemme entre la rapidité à divulguer une information et à la véracité de celle-ci.

 

Visionnez la vidéo pour obtenir plus d’informations concernant la radio à bord du Titanic, et ce que cette tragédie à mis en lumière:

Fake News, faux likes, faux avis : Les outils populaires d’internet deviennent la dérive digitale.

Written by Laura Puglisi. Posted in Innovation, information et numérisation

Dans le cadre du MOOC “Innovation, Médias et Transformation Digitale”, le professeur Badillo vous explicitera les dérives digitales dont celle que l’on va traiter sous cet article: Les fake news. Les réseaux sociaux sont à la recherche de vus et d’une grande réactivité au sein de ses utilisateurs.Une des conséquences de ce phénomène est l’apparition de faux likes, faux avis et fake news qui sont de plus en plus nombreux dans le monde du digital. Celles-ci ont toujours fait partie du quotidien, mais avec l’avènement des technologies de l’information cette pratique s’est répandu dans le monde numérique ou digital. 

 

Image en écriture : info ou intox?

Que sont les fake news?

Le concept de fake news présent dans cette article provient de Wardle et Derakhshan (2017). Les fake news sont des informations fausses qui circulent sur internet principalement, mais elles peuvent aussi être présentes dans la vie quotidienne. Internet lui a néanmoins permis un fort développement. Les fake news deviennent populaires très rapidement dû à des algorithmes mathématiques, où une fausse information circule 2x plus vite qu’une information vérifiée. Par exemple, les détracteurs d’internet qui ont pour but de diffuser une fausse nouvelle sur un forum, ou autre réseau social numérique. Ils espèrent que leur contenu soit repris par d’autres utilisateurs, puis par un média de référence afin de créer un désordre informationnel.

Faux Likes et faux avis, comment y échapper?

Comment déceler le vrai du faux? N’est-ce pas le rôle de l’internaute de faire ce travail? Lorsque celui-ci doute de l’honnêteté du site sur les avis visibles, il doit alors vérifier les propos. Pour cela, voici quelques questions clés décelées pour vous afin de rendre compte de la véracité de ces avis et likes.

Les questions qui suivent remettent en cause un avis laissé sur un site qui vous semble suspect : L’avis en question correspond-il à la majorité des autres commentaires? La personne qui l’a posté a-t-elle un lien étroit avec le gérant du site? Un lien peut-il être décelé entre un moment de crise et ce commentaire précis dont vous doutez? 

Les faux likes sont apparus dès lors que l’on a appris que l’on pouvait acheter des likes sur un réseau social. Ceci afin d’accroître sa visibilité auprès d’une certaine communauté. Les prochaines questions concernent donc les faux likes. Peut-on voir une corrélation entre le nombre d’abonnés et le nombre de likes sur un post? Les comptes qui likes sont-ils de réels comptes ou sont-ils créés et gérés par des robots? 

 

Et les fake news alors? 

Qu’en est-il de la source, est-elle fiable?  Les médias traditionnels et ou numériques se sont-ils intéressés par ces faits? Ces derniers ont-ils été relatés par des témoins ?

Il faudrait que les internautes ne partagent pas aussi rapidement les informations vu sur un site. Ils devraient plutôt étudier les faits racontés et les vérifier via d’autres sites web. Ils empêcheront ainsi l’algorithme de propager des fausses informations.  Le mot d’ordre est prudence quant aux informations présentes sur les réseaux sociaux. Ce mot a gagné de l’importance depuis que le coronavirus a commencé à se propager dans le monde. Depuis quelques semaines maintenant, une ascension de fake news est apparue sur nos réseaux. Elles sont si nombreuses que la Confédération suisse a averti sa population pour qu’ils les ignorent et n’écoutent que les vraies informations diffusées sur leur site. Soyez prudent et vérifiez vos sources!

>> Lire aussi: Ils traquent le coronavirus sur les réseaux sociaux

 

Vérifiez vos sources!

LFO / bma

Références:

BADILLO, Patrick-Yves. Paradoxe et défis de « l’accélération digitale ». La Tribune de Genève, 2017.

DERAKHSHAN, Hossein. & WARDLE, Claire. Information Disorder: Definitions. In AA.VV., Understanding and Addressing the Disinformation Ecosystem (pp. 5-12). Pennsylvania: Annenberg School for Communication, 2017.

Réseaux de diffusion: l’implantation tardif du télégraphe en Suisse

Written by Laura Puglisi. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Multiples sont les découvertes majeures à travers l’histoire, théories et innovations qui ont mené à une communication qui s’exploite pourtant de façon si évidente aujourd’hui. Dans le cadre d’un cours au sein du master de Médi@LAB de l’Université de Genève, nous nous sommes intéressées à l’implantation du télégraphe, qui se situe au commencement de cette épopée, et plus particulièrement au cas de la Suisse.

Transmettre des informations simples d’un point à un autre. Voilà le but du télégraphe optique de Chappe, créé en 1794 en France. Ce premier outil de télécommunication a permis de relier Lille à Paris et à ce stade, il est utilisé à des fins militaires uniquement. Si cette communication à distance paraissait comme une réelle innovation, elle ne garantissait cependant pas la transmission en cas de mauvais temps. Selon l’ouvrage « Les 100 mots de la télécommunication » de Dominique Roux et Patrick-Yves Badillo, c’est grâce à des découvertes essentielles quelques années plus tard, la première ligne de télégraphe électrique est inaugurée et mise à disposition de la population en 1839. Et même si le système restait limité à 17 mots par minutes, on assistait aux prémices de la communication en Europe !

 

Le personnel télégraphique du bureau du télégraphe de Lucerne, 1856-7. Source: Musée de la communication, Berne

La Suisse va à son rythme…

Il faudra attendre le début des années 1850 pour que la Confédération implante ses premières lignes, se positionnant en dernière place des pays en voie d’industrialisation. L’impulsion du développement des infrastructures télégraphiques et par la suite téléphoniques, est la guerre civile du Sonderbund en 1847. Diffuser le télégraphe au moment où la Confédération est transformée en un État moderne permettait « une influence salutaire fortifiante sur l’unité morale ou matérielle du pays ». C’est ce qu’a affirmé la Commission du Conseil national sur l’établissement du réseau télégraphe électrique en Suisse dans un rapport le 27 décembre 1851. Si elle a, elle aussi, opté pour la création d’un réseau télégraphique, c’est pour une utilisation de contrôle et de défense du territoire en premier lieu.

D’une utilisation militaire à une cohésion sociale

Télégraphe, 1850. Source: Musée de la communication/Daniel Rihs (photo)

1848 est une date qui fait tilt en Suisse ! La nouvelle Confédération connaissait à cette période un réel processus de démocratisation, et le domaine des télécommunications n’en a pas été épargné. Il lui paraissait important de donner accès aux réseaux au plus grand nombre de la population, contrairement à la majorité des pays voisins qui eux limitaient l’autorisation à certaines classes sociales. C’est pourquoi des directives de tarifs bas donnaient la possibilité d’utiliser les télégraphes dans un but de faciliter les relations des publics. Le gouvernement suisse jugeait les télécommunications comme indispensables à la vie sociale du pays. Bien que la Suisse soit souvent considérée comme retardataire dans certains domaines, on ne peut lui reprocher d’avoir été sur le premier front des aspects sociaux dans les télécommunications.

Les médias publics en Suisse

Written by Laura Puglisi. Posted in Service public et médias

Les médias publics suisses existent depuis presque cent ans, mais ils étaient confrontés, en 2018, à l’heure du grand débat « No Billag » : Faudrait-il supprimer les redevances radio et télévision ?

Source de l’image : https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/detec/votations/initiative-no-billag.html

 

La Société Suisse de radiodiffusion et télévision

Afin de permettre à de nombreuses radios régionales dispersées de réaliser une planification globale et des opérations coordonnées, la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) a été officiellement fondée en 1931. Les premières stations nationales de radio et de télévision de la SSR étaient installées en Suisse romande, puis dans les régions germanophones et italophones, finalement en Suisse romanche, suite à l’introduction de la langue romanche comme quatrième langue nationale en 1938.

Les programmes aux chaînes de radio et de télévision diffusés s’agissent de Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) en allemand, Radio Télévision Suisse (RTS) en français, Radiotelevisione svizzera (RSI) en italien et Radiotelevisiun Svizra Rumantscha (RTR) en romanche. En plus de ces programmes, le site swissinfo.ch (SWI) propose les services internationaux de diffusion d’informations de radio et de télévision de la Suisse en dix langues.

 

Initiative « No Billag », oui ou non ?

Le 4 mars 2018, les Suisses faisaient face à l’initiative « Oui à la suppression des redevances radio et télévision », connue sous le nom de « No Billag ». Les entreprises et les ménages privés devaient s’acquitter de la redevance audiovisuelle qui s’élevait à 451 francs par année. Cette initiative populaire fédérale visant la suppression de la redevance audiovisuelle favorise l’accès gratuit au contenu des médias publics. Toutefois, une ressource financière moins élevée pourrait affaiblir les agences de service public, qui nuirait la qualité et la diversité des médias suisses.

Le résultat des votations du 4 mars 2018 avait conduit à un résultat opposé de 71,6%, l’idée de s’appuyer sur la technologie digitale pour obtenir des informations gratuites et de qualité n’a finalement pas convaincu le peuple suisse. Suite à ce débat, les médias publics suisses se retrouvent face à une révolution économique et stratégique : ils doivent minimiser les coûts de production, tout en gardant la même qualité de contenu. A l’avenir, l’arrivée de l’ère numérique est un défi à relever pour capter l’audience des jeunes.