L’innovation médiatique est-elle vraiment créatrice ?

Written by Laura Puglisi. Posted in La première ère de la transformation digitale E-commerce et Longue Traine, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Genève, avril 2020 – La leçon 1 de ce mooc “L’innovation ou la destruction créatrice des médias” apporte une réflexion sur le paradoxe que vivent les médias actuellement. La digitalisation et même la “googlisation” des médias a bouleversé le type de contenu proposé par les médias, qui ont dû se tourner vers le digital afin d’obtenir plus de trafic en ligne, de données et de publicité. Ce nouveau modèle économique a considérablement modifié les processus de production et de diffusion, mais qu’en est-il de la qualité du contenu journalistique?

Googlisation, PTD… qu’est-ce que c’est ?

Traditionnellement, on parle de “marché à deux versants” pour désigner le modèle économique des médias. Or, l’innovation actuelle d’internet a poussé la presse des pays développés à se tourner vers un nouveau marché qui inclurait l’audience digitale. On parle alors de “marché PDT” : publicité, données,Data Science – Mastertrafic. Ce modèle, inspiré par le géant Google, est centré sur les trafics en ligne, les données des visiteurs et la publicité comme source de revenu. Grâce à cette googlisation, les médias pourraient devenir une source importante dans la récolte d’informations sur les préférences des consommateurs.  Les journalistes ont donc dû repenser leur travail afin de prendre en compte ces nouveaux objectifs digitaux, ce qui implique notamment une innovation au niveau technologique. Mais pour autant, la qualité du contenu ne semble pas avoir énormément évolué.

Audience ou qualité du contenu : faut-il vraiment choisir ?
La baisse des ressources traditionnelles de la presse écrite a poussé les rédactions à se tourner vers des contenus attractifs en terme d’audience, afin de générer des revenus publicitaires. La digitalisation des médias a apporté un certain nombre de processus innovants et créatifs, notamment les contenus vidéos, l’interaction avec le public etc. Mais à côté de cela, on peut s’interroger sur la qualité des contenus. La presse est désormais en partie guidée par ses objectifs de produire du trafic, des données et de la publicité, ce qui laisse parfois de côté la créativité et la qualité des contenus. Comme exemple actuel, on peut citer le nombre effarant de fake news circulant autour de la crise sanitaire. Pourquoi des informations fausses sont-elles relayées? Peut-être par manque de temps, qui empêcherait de vérifier l’information des autres/de produire son propre contenu original.
Aujourd’hui, “le véritable défi pour les médias et la société est de stimuler la créativité pour produire de l’information et améliorer la qualité de l’information.” (Badillo et Bourgeois, 2018)

LG

 

Sources :
BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les mutations des médias : quel modèle de
destruction « créatrive » ? Analyse théorique et étude de cas des médias suisses. Actes du
congrès de la SFSIC 2018, Création, créativité et médiations. MSH Paris Nord : [s.n.], 2018.
BADILLO, Patrick-Yves. Réorganisation des médias : la « presse » d’information en France,
entre destructions et créations. In: Pélissier, Nicolas & Maas, Elise (Ed.). Vers une culture
médi@TIC? – Médias, journalisme et espace public à l’épreuve de la numérisation. Paris :
Editions l’Harmattan, 2015.

Web 3.0: un web intelligent

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Dans les années 2010, le web interactif va encore plus loin: on parle de web sémantique. En plus de connecter les gens, il connecte désormais les savoirs. Le metaweb fait son apparition, pour le meilleur et pour le pire. Et il n’est pas près de s’arrêter.

Web sémantique

La multiplicité des supports et des applications augmente encore davantage la quantité de données. Image: © geralt / Pixabay

Le web 3.0 est un web « smart ».  Son but est simple. La quantité de données stockées sur internet est énorme: il faut les exploiter! Les ordinateurs doivent pouvoir comprendre ces données afin d’apporter à l’utilisateur ce qu’il cherche réellement. Le tagging – hashtags et étiquettes – permet notamment au web de se structurer et de faciliter la connexion des savoirs des individus.

Le but final de ce web intelligent? «Transformer la masse ingérable des pages Web en un gigantesque index hiérarchisé.» (futura-sciences)

Ce web sémantique se développe dans une société marquée par le metadata: des données accessibles partout, en tout temps… et sur tout support. Avec la multiplication de smartphones, tablettes et ordinateurs en tout genre, l’individu est toujours connecté. Il génère alors continuellement des données sur ces différents supports, dans différents contextes. Le big data commence à poindre à l’horizon.

Entre algorithmes et recommandations

Le web 3.0 utilise ces données pour les intégrer et les réutiliser à travers diverses applications. C’est le début de l’automatisation des requêtes des individus. Qui n’a jamais entendu parler des algorithmes, même si leur fonctionnement exact peut parfois nous paraître flou? Qui n’a jamais reçu de recommandations, de Netflix, Spotify, Youtube et tant d’autres? Avec le web 3.0, les algorithmes se font de plus en plus puissants et les recommandations de plus en plus précises.

Ce web semble pertinent et presque louable: les intérêts et les goûts de chacun sont au centre de ses priorités. Mais ne marquerait-il pas le début d’un web trop présent?

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Getting, B. (2007). Basic Definitions: Web 1.0, Web. 2.0, Web 3.0, sur le site PracticalEcommerce. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: http:// www.practicalecommerce.com/articles/464/Basic-Definitions-Web-10-Web-20-Web-30/

La rédaction JDN (2019). Qu’est-ce que le Web 3.0 ?, sur le site Journal du net. Consulté le 23 avril 2020 à l’adresse: https://www.journaldunet.fr/web-tech/dictionnaire-du-webmastering/1203249-web-3-0-definition/

L’Évolution d’Internet – Le Web 3.0 Expliqué, sur le site Binance Academy. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.binance.vision/fr/blockchain/the-evolution-of-the-internet-web-3-0-explained

Web sémantique, sur le site futura-sciences, section tech. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/internet-web-semantique-3993/

Web sémantique, sur le site Wikipédia L’encyclopédie libre. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Web_s%C3%A9mantique

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

Presse payante ou gratuite : le débat sur la valeur des informations

Written by Laura Puglisi. Posted in Service public et médias

Genève, le 28 avril 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | Ce cours en ligne de l’Université de Genève et de l’Institut Medi@LAB a pour but d’éclaircir les médias publics dans notre société. Le sujet de cet article porte sur le débat entre la presse payante et gratuite, un sujet incontournable dans l’écosystème médiatique suisse et international.

 

La valeur de l’information aux yeux des médias de presse. Source : Unsplash

 

L’essor de la presse gratuite, est-ce toujours le cas aujourd’hui?

Le premier journal gratuit au monde a été créé à Stockholm, en Suède, en 1995. Depuis, la presse gratuite est apparue dans plus de vingt pays, principalement en Europe. Le succès de la distribution gratuite de journaux apporte non seulement une nouvelle croissance à l’industrie de la presse, mais surtout, elle favorise l’habitude de lecture parmi la jeune génération. L’émergence de la presse gratuite a également eu un fort impact sur la presse payante, de sorte que de nombreux journaux payants se tournent vers la gratuité les uns après les autres.

Pour certains, la valeur des informations gratuites est peu élevée car les journaux gratuits informent seulement de l’actualité, notamment par les « breaking news ». Alors que les articles payants vont plus en profondeur d’un sujet, ils possèdent un angle plus précis et demandent plus de temps à lire. En réalité, de plus en plus de jeunes habitués des titres gratuits se tournent plus tard vers des titres payants, car ces derniers présentent des informations plus fiables, selon une étude Ipsos Média (2013).

 

 

Les difficultés face à la presse payante sont-elles résolues ?

Les difficultés sont présentes dans la presse payante comme dans la presse gratuite. Il faut savoir si les individus ont envie de payer pour les nouvelles en ligne, car ils ont pris l’habitude de tout lire en ligne gratuitement. Il est également difficile de faire évoluer la situation actuelle dans l’ère digitale car les informations sont presque accessibles partout sur Internet. Une fois la lecture gratuite transformée en lecture payante, la presse verra probablement son influence et son prix publicitaire diminuer.

Le maintien d’un revenu diversifié est devenu un point de vue généralement accepté. La presse maintient une partie du revenu des journaux imprimés, et en même temps, la lecture payante en ligne devrait être partiellement avancée et progressivement promue selon la situation. Offrir d’abord des titres gratuits avec les informations universelles ; inciter par la suite ses lecteurs à s’abonner aux titres payants, en offrant des articles approfondis avec des informations plus crédibles. Il s’agit du modèle Freemium, soit le mixte de la gratuité et du premium.

Aujourd’hui, les utilisateurs génèrent du contenu en ligne gratuit tandis que le contenu professionnel est difficile d’accès. Est-ce parce que la volonté de payer devient-elle plus forte, ou la logique de gratuité de l’Internet devient-elle défaillante ?

 

 

Références :

  • BADILLO Patrick-Yves, AMEZ-DROZ Philippe, Payroll, versioning, blended media… Quel est l’avenir pour la presse écrite? 2014
  • https://journalmetro.com/a-propos-de-metro/
  • https://www.lesechos.fr/2013/02/la-presse-payante-vante-son-modele-317191
  • https://www.tdg.ch/suisse/rapprochons-jeunes-presse-payante/story/29333911

 

C. X. Etudiante de Medi@LAB

Médias publics et « fake news »

Written by Laura Puglisi. Posted in Service public et médias

Genève, le 28 avril 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | L’ère du numérique pose de nouvelles questions sur la fiabilité des informations. Dans ce contexte, les médias publics restent une source d’information fiable. Pourtant, ceux-ci sont de moins en moins consommé au profit notamment des médias sociaux. Comment éviter les « fake news » dans un cadre où l’information est partout ?

 

Source : pixabay

 

Combattre la désinformation

Se poser les bonnes questions. Source : pixabay

Aujourd’hui, la démultiplication de l’information est telle que l’on retrouve de l’information partout. Chacun peut d’ailleurs être son propre média. Les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information et amplifie sa propagation via notamment les retweets et partages. Les « fake news » propagées sur Internet n’ont aucun contrôle éditorial. Pour les combattre, des entreprises ont mis un œuvre le « fact checking ». Il a pour but de vérifier la véracité et l’exactitude des faits tout en évaluant le niveau d’objectivité du média communiquant l’information. Un travail peut aussi être fait à un niveau individuel. Chacun peut détecter les « fake news ». Il est nécessaire pour cela de vérifier la fiabilité de la source, de lire l’article en entier, de déterminer le type de média ainsi que de consulter d’autres articles provenant d’autres médias afin d‘avoir une perspective plus large. Le plus important face à l’information est de garder un esprit critique.

 

L’union francophone fait la force

Dans la lutte contre les « fake news », les médias publics se sont associés pour créer Les Médias Francophones Publics en janvier 2016. Cette association regroupe dix médias publics suisse, français, belge et canadien. Elle a pour mission de favoriser les collaborations et échanges entre les médias publics francophones. Face au changement médiatique, elle accompagne les médias et tente de faire entendre la voix des diffuseurs publics. Les médias publics se sont engagés dans une démarche volontaire pour renforcer la qualité et la pertinence de l’information. La fiabilité de ces organismes est primordiale dans ce contexte numérique. D’autant plus que la population suisse fait confiance aux médias publics. Selon elle, les médias de service public doivent freiner la diffusion de ces « fake news ». Près de 55% de la population considère ces médias comme des « institutions de vérité« . Pour 44% d’entre eux, c’est bien à l’Etat de contrer les « fake news ». La survie des médias publics suisses est donc primordiale. Mais comment la réaliser ?

 

Références

  • https://wp.unil.ch/tvelargie/2017/05/les-medias-francophones-publics-a-lassaut-des-fake-news/
  • https://www.letemps.ch/opinions/face-fake-news-necessaire-union-medias-publics-francophones
  • https://www.lenouvelliste.ch/articles/suisse/medias-les-suisses-considerent-les-fake-news-comme-un-danger-pour-la-democratie-789913
  • Source chiffres : Sondage en ligne du centre de recherche Sotomo, 2018

 

A.B. Etudiante Medi@LAB

 

4 chiffres qui montrent les inégalités de la société numérique 

Written by Laura Puglisi. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Le progrès technologique crée la richesse et facilite nos vies. Or, une grande partie de l’humanité peine à s’approprier des technologies. Pourquoi un tel fossé ? Vous apprendrez cela dans le cours de l’Université de Genève. Voici déjà 4 données surprenants qui révèlent comment le progrès des TICS, aggravent les disparités sociales. 

1. Seulement 3.5 % de l’Afrique subsaharienne a accès à la TV

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

C’est le constat des chercheurs Dominique Bourgeois et Patrick-Yves Badillo dans un article publié en 2008.  Pour comparaison, les 90% des ménages des pays développés sont équipés d’un poste de télévision.  

2. 3,9 milliards d’habitants de la terre n’ont toujours pas accès aux ressources d’Internet

Ces chiffres de l’Union internationale des télécommunications datent de 2016.  Presque la moitié de la population mondiale ne profite donc pas  de la baisse des prix des TIC (technologies de l’information et de la communication). Le World Wide Web  semble être omniprésent de nos jours mais il ne l’est pas encore partout.  

3. 15% de la population mondiale est à l’origine de la quasi-totalité des TICS.

La glocalisation illustre comment la mondialisation des TICS ne rend pas les richesses homogènes. Au lieu de valoriser les pratiques locales, 70 % du DigiWorld se trouve dans les pays de l’OCDE. Pendant ce temps, l’activité d’entreprises de pays sous-développés reste faible, étant mal équipées en télécommunications.

3,9 milliards d’habitants de la terre n’ont toujours pas accès aux ressources d’Internet. Source: Canva

4. Le revenu de 2,7 millions d’américains riches est celui des 1,34 milliard des plus pauvres 

Ce chiffre présenté par Patrick-Yves Badillo, illustre bien les inégalités. D’ailleurs en Suisse, l’OFS démontre que l’utilisation des TICS varie également selon le revenu. Sachant que 35% des salarié-e-s gagnent moins de 4’000 franc. 

Ces chiffres illustrent donc que le monde s’organise dans une économie qui sépare les vainqueurs des autres. Accéder à l’information reste une fracture pour les  3 milliards de personnes vivant avec 2 dollars par jour.  Il y a un décalage entre la performance des TICS et communication humaine, mais aussi entre les horloges technologiques et sociales (voir l’article introduisant le concept des trois horloges).   Comment cet accroissement des écarts peut-il être stoppé ?  Vous trouverez ces réponses dans notre dernier article. Cette question trouve réponse également dans le MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » . 

Marie Oyomo

Retrouvez Medi@LAB-Genève sur les réseaux sociaux !

Was ist Twitter? Einfach erklärt - CHIP

 

 

Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161
  • OFS. Utilisation d’internet. https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/culture-medias-societe-information-sport/societe-information/indicateurs-generaux/menages-population/utilisation-internet.html, (14.04.2020 ), 2020

La fin de la mort ? Quatre questions sur le rêve techniciste

Written by Laura Puglisi. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Bientôt l’intelligence artificielle résoudra tous nos problèmes, à point de tromper la mort. Cette vision n’est-elle pas un peu trop bonne pour être vrai ? Vous apprendrez cela dans le cours en ligne de l’Université de Genève. Dans cet article nous vous donnons déjà une idée avec quatre questions et réponses.

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

1) Quand la technique rendra-t-elle l’homme immortel ?  

En 2045. Ou peu après. Dans cet an, l’intelligence artificielle (IA) atteindra une telle puissance qu’elle résoudra tous les défis principaux de l’humanité. Les futuristes du Silicon Valley comme Ray Kurzweil appellent ce moment,  » la  singularité  ».  Selon Ray Kurzweil, l’IA améliorera l’infrastructure urbaine et rendra l’énergie solaire. Ce n’est pas tout : l’IA donnera l’accès de l’eau potable à tous, créera des médicaments plus efficaces et comprendra le fonctionnement du cerveau. Cela permettra aussi de tromper la mort. En 2045 au lieu de mourir, nous pourrons télécharger notre conscience sur un ordinateur. Ainsi continuera la vie.  

Téléchargons-nous bientôt notre conscience sur un ordinateur ? Source : unsplash

2) Cette prédiction sur l’immortalité est-elle fiable ? 

Non. Cette prédiction repose sur des calculs. Rien ne garantit déjà que la singularité devienne réelle en 2045. La réalisabilité même de la singularité est remise en question. Ray Kurzweil se base par exemple sur la loi de Moore, selon laquelle le progrès technologique suit inévitablement une croissance exponentielle. L’informaticien et philosophe Jean-Gabriel Ganascia critique que cette loi est une simple loi d’observation. Sa validité future n’est donc pas garantie.  

La singularité technologique est-elle réalisable ? Jean-Claude Heudin, expert de l’intelligence artificielle, répond à cette question à partir de 1:29 dans la vidéo. Source : Youtube

 3) Mais la technologie assure toutefois un progrès accéléré pour l’humanité ?  

Oui et non. Certains secteurs de l’économie profitent incontestablement des nouvelles technologies. Ce sont notamment les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft). Mais tout le monde n’en profite pas. Vous trouverez plus d’informations dans nos articles « Le bonheur des GAFAM fait le malheur de la presse» et « 4 chiffres qui montrent les inégalités de la société numérique » 

4) Comment peut-on apprendre plus sur comment la technologie façonne notre monde ?  

Pour mieux comprendre ces phénomènes, l’approche scientifique des trois horloges vous sera certainement très utile. D’ailleurs, les chercheurs Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois expliquent comment les horloges technologique, économique et sociale interagissent dans un article publié en 2016. Patrick-Yves Badillo enseignera cette approche dans le cours en ligne « Innovation, Médias et Transformation Digitale » de l’Université de Genève. N’hésitez pas à vous y inscrire !  

Timon Stuber

Retrouvez Medi@LAB-Genève sur les réseaux sociaux !

Was ist Twitter? Einfach erklärt - CHIP

 

 

Sources

  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les trois horloges des sociétés «numériques » : le temps et les approches socio-techno-économiques de l’information-communication. In: XXème Congrès 2016 de la SFSIC, Metz, 8-9 et 10 juin, 2016
  • Giles Daoust. Ray Kurzweil et la Singularité.  https://www.beci.be/2018/01/26/ray-kurzweil-et-la-singularite (27.04.2020), 2018
  • Mark Hunyadi. Singularité et transhumanité, ces fables de l’intelligence artificielle. https://www.letemps.ch/culture/singularite-transhumanite-fables-lintelligence-artificielle (27.04.2020), 2017

Fake News : La maladie numérique du 21ème siècle

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Fake News: La maladie numérique du 21ème siècle

La disparition progressive d’une information de qualité au détriment de l’intox s’insère directement dans le contexte de la «Googlization des médias» et plus largement de la transformation digitale. Devenez des défenseurs avertis de l’information en seulement 5 minutes de lecture ! L’institut Medi@LAB de l’Université de Genève, autour du MOOC «Innovation, Médias et Transformation digitale», vous donne des réponses.

Fake News: Un terme à la mode aujourd’hui, mais d’où provient-il ?

Source Buzzsumo

Le 10 décembre 2016, environ un mois après son élection, Donald Trump utilise pour la première fois l’expression «fake news» dans un tweet. Au départ, le Président américain pointait du doigt les médias véhiculant des informations néfastes à son propos. Mais le phénomène a pris de l’ampleur… et s’étend en 2020 à l’échelle mondiale.

Bien que ce concept soit largement utilisé de nos jours, une fake news désigne avant tout de faux articles, des informations erronées et partagées en masse sur les réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de l’intention de l’émetteur (désinformation) ou d’une erreur (misinformation), les fake news sont en croissance exponentielle. Les réseaux sociaux ouvrent ainsi un nouveau chapitre de l’information, parfois appelé «ère de la post-vérité».

Le numérique: Acteur et coupable ?

Internet est considéré comme le 6ème média de masse, avec pour particularité la personnalisation des contenus et l’interactivité des internautes sur la Toile.

Cliquez pour agrandir! Source Statista

ATAWAD: Any Time, Any Where, Any Device. Cet acronyme résume parfaitement le monde numérique actuel, basé sur une indispensable mobilité. Les utilisateurs sont poussés implicitement à une consommation de masse de l’information, disponible en tout temps, en tout lieu et sur n’importe quel support. Les mobinautes sont actuellement plus nombreux que les internautes à l’échelle mondiale! Considérez que près de 70% de la population sur Terre navigue sur son smartphone, c’est-à-dire plus de 5 milliards d’individus!

De nombreuses expressions et néologismes ont vu le jour, décrivant alors cette surabondance de l’information en ligne.

  • «Infobésité» : contraction d’information et d’obésité
  • «Digital tsunami» (BADILLO & BOURGEOIS, 2015)
  • «Désordre informationnel» (WARDLE & DERAKHSHAN, 2017)

Finalement, elles signifient toutes la même chose: une avalanche d’informations.

La presse s’effondre dangereusement: Quels enjeux ?

Comme nous l’avons vu dans notre premier article, les piliers de la presse traditionnelle s’écroulent. Les réseaux sociaux numériques, tels que Facebook, occupent donc le terrain de l’information et s’apparentent à des acteurs indétrônables, dans la logique de «the winner takes all». Puissants et impitoyable, ils s’imposent dans le paysage médiatique de notre siècle.

D’un point de vue économique, la course au trafic et la monétisation des données amènent une défaillance de marché pour produire de l’information de qualité.

En conséquence, la crise de confiance dans les médias traditionnels grandit, car ceux-ci n’inspirent plus confiance aux lecteurs, qui perdent petit à petit goût à l’actualité…

On aperçoit également se dessiner un risque pour la démocratie. Une des solutions serait alors d’éduquer les nouvelles générations à ce paradigme digital et leur apprendre comment échanger et interagir dans l’espace public qu’est aujourd’hui Internet.

Pourquoi les Fake News sont si visibles et relayées sur Internet ?

Les fake news sont véhiculées par un mécanisme très particulier. Les réseaux sociaux, leur domaine de prédilection, contribuent fortement à leur diffusion planétaire. En effet, elles sont partagées et retweetées sur Twitter en majorité par des bots, des robots informatiques algorithmiquement construits. S’ajoute à cela la viralité de l’information: diffusion très rapide et souvent imprévisible d’un contenu. L’immédiateté du simple clic peut rapidement propulser une information à la tête de l’agenda médiatique.

Enfin, on note que les internautes 2.0 sont friands d’informations fraîches et privilégient les scoops à sensations, parfois aux dépens de leur fiabilité.

Les réseaux sociaux, par leur fonctionnement intrinsèque, sont donc les principaux acteurs du phénomène de fakes news. Soucieux de remédier à leur image et de participer à la lutte contre ces informations fallacieuses, Facebook et Twitter mettent en place une politique de signalement des contenus «partiellement faux».

Récemment, la célèbre plateforme de microblogging dénonce une vidéo, dont l’émetteur n’est autre que Donald Trump! Info ou Intox… à vous de juger!

Pour aller plus loin!

Émission Géopolitis, RTS Info – 18/01/2019

Charlotte Goffin

Vous souhaitez appliquer cette théorie à un cas d’actualité ? Allez lire «Coronavirus, l’épidémie 2.0: conseils et outils pour déceler les fake news »

Participez activement à la lutte contre les fakes news en allant liker et partager cet article sur les réseaux de Medi@LAB-Genève

 

Références :

  • Salerno, S. (2019). Séance 5 : Démocratie. Sociologie des médias, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Vanbremeersch, N. (2018). De quoi les fake news sont-elles le nom ?. Le Débat (n°200),15 – 22.
  • Daignes, G. (2019). Pour en finir avec les fake news. Le Débat (n° 204), 110 – 116.
  • Wardle, C. & Derakhshan, H. (2017). Information Disorder : Toward an interdisciplinary framework for research and policy making. Council of Europe Report (27).

Web 2.0: le WikiWikiWeb de Ward Cunningham

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Exit le web statique de Berners-Lee, la révolution du web 2.0 est d’avoir connecté les individus entre eux. Ward Cunningham mise sur l’intelligence collective. En 1995, c’est l’avènement des wikis.

Un web participatif

Web 2.0 rime avec interaction et sociabilité … virtuelles.  La promesse d’une intelligence collective se concrétise. Les internautes participent à la rédaction de contenus sur les sites web. Contribution, création et confiance sont à l’oeuvre. La relation élitiste one-way du web 1.0 se transpose en une relation participative read and write. Une formule magique? WikiWikiWeb!

« Wiki is an Hawaiian word that means quick and so Wiki-Wiki means very quick so [the] WikiWikiWeb is the very quick web. » (Ward Cunningham, Interview Wikimedia, 2011).

Wikis poétiques

 

Icône Wikipédia ©Pixabay

Un wiki, c’est quoi? Une page web modifiable par tout internaute.
WikiWikiWeb. 1er concept wiki, 1995 par Ward Cunningham.
Wikipédia, l’incontournable encyclopédie wiki. Libre et collaborative.
Le World Wide Web ou l’oeuvre de millions d’internautes…

 

 

Wikipédia

 

Logotype ©Wikipédia

Wikipédia, un véritable puzzle de la connaissance auquel chacun peut apporter la pièce manquante.  Une folksonomie typique basée sur l’intelligence collective. Tout le savoir y est centralisé, chaque article parsemé de liens hypertextes renvoyant à d’autres articles.

Qui les rédige? Les internautes eux-mêmes! Chaque contributeur vient compléter la connaissance de son homologue en ajoutant son anecdote, son opinion, son contenu. Bien sûr un dispositif éditorial de contrôle de l’information existe. Il veille à l’exactitude des contributions, n’hésitant pas à bannir les détracteurs.

Un chiffre à retenir? 4 millions. C’est le nombre d’articles que contient Wikipédia!

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Lisez notre article sur le passage au web 3.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Levrel, J. (2006). Wikipedia, un dispositif médiatique de publics participants. Réseaux, no 138(4), 185-218. https://www.cairn.info/revue-reseaux1-2006-4-page-185.htm.

Interview de Matthew Roth pour Wikimédia Foundation. (2011). « Ward Cunningham, inventor of the Wiki » . Youtube. Consulté le 30 mars 2020 à l’adresse:  https://www.youtube.com/watch?v=XqxwwuUdsp4

Page « Wiki ». Wikipédia L’encyclopédie libre. Consultée le 30 mars 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Wiki

Page « Ward Cunningham ». Wikipédia L’encyclopédie libre. Consultée le 30 mars 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ward_Cunningham

Article rédigé par Camille Dupertuis

 

Des alliances pour survivre ou le destin incertain des agences de presse

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les agences de presse : institutions du passé ou médias d'avenir ?, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Elles travaillent dans l’ombre mais sont essentielles à la société actuelle : les agences de presse, à défaut d’être au coeur des discussions, se retrouvent au coeur de la crise des médias. Les titres de presse résiliant leur abonnements et dépourvues d’aide extérieure, elles doivent se réinventer pour survivre. Mais comment ? Ne témoignerions-nous pas des prémices d’un nouveau monde informationnel ?

Tout le monde connaît l’importance des journaux, ils sont notre source d’information quotidienne et chaque pays est le berceau d’un grand nombre de titres de presse. Cependant, les agences de presse, dont les journaux en sont les principaux clients, sont quant à elles souvent inconnues du grand public. En effet, elles agissent dans l’ombre et pourtant, les quatre plus importantes agences de presse mondiales (Agence France-Presse, Thomson Reuters, Associated Press et Deutsche Press-Agentur) influencent à elles seules toute la société actuelle. Pourtant, ces grands acteurs du monde médiatique ne sont pas épargnés par la crise actuelle. Délaissées par les titres de presse et dépourvues d’aide extérieure, les agences de presse doivent rapidement trouver des solutions si elles ne veulent pas définitivement disparaître du paysage médiatique international. Une adaptation qui chamboule le décor informationnel et dessine le futur des agences de presse dans le monde.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »

Les agences de presse autour du globe sont nombreuses. Entre celles qui sont nationales, mondiales généralistes ou spécialisées, elles fournissent aux médias traditionnels des informations sur des pays où ils n’ont pas suffisamment, voire pas du tout, de correspondants. Si elles constituent incontestablement des acteurs incontournables de la diffusion d’information, elles sont frappées de plein fouet par la crise des médias : L’agence DDP (anciennement AP) supprime son service en Suisse alémanique, économies sur les masses salariales à l’AFP, suppression d’emplois à l’ATS.

Les nouvelles sur les restructurations des agences de presse font la une de tous les journaux et son ponctuées par des grèves dans certains pays. Des restructurations qui forcent les grands groupes à revoir leurs stratégies, et à se réinventer pour survivre. Ainsi, le monde médiatique a commencé à observer des fusions entre différentes agences généralistes ou spécialisées afin de continuer à proposer un service de couverture généralisé. La première fut Reuters, une agence de presse généraliste mais ayant un penchant pour les informations financières, rachetée en 2007 par Thomson, son homologue canadien. Devenue Thomson Reuters, l’agence a assis son expertise dans le domaine financier et détient à ce jour un tiers du marché mondial des données financières.

En Suisse, c’est l’Agence Télégraphique Suisse qui a vu son organisation changer du tout au tout. En dépit du renouvellement des contrats avec les principaux titres de presse de Suisse et de ses clients, l’ATS voyait son chiffre d’affaire au cours de l’exercice 2018 reculer de 3,1 millions de francs suisses. Une situation critique pour le média, d’autant plus que l’information brute et sans service public a une valeur considérable.

Les dépêches de l’ATS représentent en moyenne plus de la moitié du contenu des médias romands. RTS Info.

Alors qu’elle produisait près de 60% du contenu pour divers titres de presse romands, le manque d’aide extérieure et les licenciements ont forcé l’entreprise à fusionner avec KEYSTONE, une agence photographique autrichienne (P.-Y. Badillo, 2020). Une fusion qui permet toutefois de garantir la survie de l’entreprise, tout comme l’a été Thomson avec Reuters en 2007, la nouvelle entité désirant devenir un partenaire fort des médias dans le domaine à la fois photographique et vidéographique, textuel et infographique.

L’audiovisuel, futur des agences de presse ?

Un changement de structure semble donc permettre un futur plus probable à certaines agences de presse. Outre une métamorphose organisationnelle, ces médias ne devront-ils pas opérer un tournant dans le type de contenu qu’ils proposent afin de leur permettre une activité sur le long terme ? D’après Fabrice Fries, PDG de l’AFP, le futur des agences de presse est avant tout vidéographique :

Il y a un appétit énorme d’images dans le monde des news. Il fut un temps, l’image et la vidéo venaient en illustration du texte. Aujourd’hui, l’image et la vidéo sont les portes d’entrée dans l’information, le texte venant en support. (Fabrice Fries, conférence lors du festival Media en Seine 2018)

Dans un monde toujours plus numérique, où les titres de presse se muent sur Internet et produisent de plus en plus de contenu digital, et à l’heure du visual first la vidéo semble être en passe de remplacer le texte et ainsi devenir la seule solution possible pour permettre la survie des agences d’information.

Cependant, cette survie ne dépend pas uniquement d’un changement à l’interne, mais dépend de facteurs externes plus complexes. Pour avoir une vue d’ensemble de ce problème, nous vous invitons à lire notre deuxième article « Les agences de presse face au numérique » écrit par Eva MacNeill.

.

Références 

Arc info : « Il n’y a plus qu’une seule agence de presse suisse »

Quinze Minutes (RTS) : « L’ATS, toujours d’actualité ? »

RTS Info : « L’ATS fournit jusqu’à 60% du contenu des médias en ligne romands »

Swissinfo.ch : « La grande agence de presse suisse dégraisse à son tour »

Vidéo Youtube : « La vidéo est-elle le futur des agences de presse ? »

.

Sven Grossenbacher

Pour plus de contenus, n’hésitez pas à suivre Medi@LAB sur les réseaux sociaux ! 

    

Coronavirus: quelles perspectives pour le cinéma de demain ?

Written by Laura Puglisi. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Salles de cinéma fermées, sorties des derniers films reportées, voici la réalité actuelle de la cinématographie suisse depuis le début du confinement dû au Coronavirus. Alors que certaines sorties de film initialement prévues au cinéma, se feront en ligne, et que les plateformes de visionnage en ligne cartonnent, comment reprendra le marché du cinéma à la sortie du confinement ? Les consommateurs auront-ils pris goût au «Netflix-canapé» ou retourneront-ils en salle ? Cet article du MOOC Innovations, Médias et Transformation digitale, dans le cadre de Media@LAB, porte sur les habitudes et usages des consommateurs de films et l’avenir du cinéma. 

Alors qu’à Hollywood on annonce avec la crise sanitaire des pertes avoisinant les 20 milliards de dollars, il est difficile en Suisse selon la présidente de l’association de cinématographie suisse, de formuler un chiffre exact concernant le cinéma. Madame Epelbaum estime cependant qu’il faudrait compter une baisse d’exploitation de plus de 30 millions de francs. Avec la fermeture des cinémas de part le monde, certains studios préfèrent s’associer avec les géants d’internet et poster en ligne sur les plateformes, plutôt que de reporter la sortie de films. La démarche fait débat dans l’industrie cinématographique qui crie au boycott du 7ème art.

Le cinéma sous différents supports

Si la télévision et le cinéma ont su marcher main dans la main et se soutenir au milieu du 20ème siècle, il n’en est pas de même entre Netflix et le cinéma aujourd’hui. En effet, dans les années 1950, la télévision sauve le cinéma en lui donnant un deuxième souffle. Avec la programmation de films sur petit écran, les audiences sont captées sur les chaînes et celles-ci augmentent largement. Le cinéma participe donc au financement de la télévision en ouvrant ainsi des débouchés inattendus pour la télévision. La relation est plus complexe avec l’arrivée du cinéma en ligne.

 Cinéma contre Netflix : une guerre déjà déclarée

Le cinéma, élu plus grand divertissement de masse du 20ème siècle, s’est déjà vu fragilisé ces dernières années avec l’émergence du cinéma en ligne et des nouveaux usages de l’audiovisuel, tels que la fameuse plateforme Netflix. On le sait, les relations entre Netflix et Hollywood sont complexes à l’heure où les usages numériques bouleversent l’ensemble de l’audiovisuel mondial. En effet, même si la plateforme a d’abord été connue pour sa grande offre de séries, le géant du streaming a dépensé plus de 12 milliards de dollars et s’est fait un nom en produisant plus de 80 films et documentaires en 2019. La concurrence d’internet est bel et bien en augmentation.

Et demain ?

Même si les plateformes en ligne telles que Netflix ont mis en difficulté le monde du cinéma bien avant l’arrivée du COVID-19, ce virus pourrait faire accélérer le processus et s’avérer être un coup fatal. Les cinéphiles de demain se bousculeront-ils au guichet des cinémas à l’annonce des jours meilleurs ? Ou les spectateurs resteront-ils marqués par l’épidémie au point de favoriser complètement les abonnements Netflix virtuels aux tickets de cinéma ? Si cette hypothèse tend à se confirmer, les exploitants de salles peuvent craindre pour leur futur chiffre d’affaires. Cette peur a fait réagir la Fédération Nationale des Cinéma Français qui a mis en place avec Webedia, une campagne de communication pro-cinéma avec la création d’un hashtag #On ira tous au cinéma.

 

Confiné.e.s pour un temps, cinéphiles tout le temps ?

La définition du film se pose également dans ce contexte. L’expérience compte-elle avec le cinéma ? Un film reste-il un film peu importe le média ? Netflix mérite-t-il le nom de cinéma ? Le cinéma de demain restera-t-il un moment convivial et social sur grand écran ou bien partagerons-nous cette expérience immédiate depuis notre canapé en pyjama par le biais d’autres plateformes ? Que des questions qui, pour l’instant restent en suspens.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Article de la RTS : https://www.rts.ch/info/culture/cinema/11178416-l-industrie-cinematographique-victime-collaterale-du-coronavirus.html.

Article de Territoire et Cinéma : https://territoires-cinema.fr/2020/04/17/on-ira-tous-au-cinema/.

Balle, F. (2017). Les techniques et leurs usages. Dans : Francis Balle éd., Les médias (pp. 5-50). Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Chiffres trouvés sur Statista : https://fr.statista.com/themes/3090/netflix/.

Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo.

 

Chloé Pellegrin, Etudiante de MédiaL@B

Les agences de presse face au numérique

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les agences de presse : institutions du passé ou médias d'avenir ?, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Dans une société caractérisée par une presse ébranlée d’un côté et un monde numérique en constant essor de l’autre, les grandes agences de presse mondiales se voient fortement remises en cause. Mais alors, pourquoi la crise des médias actuelle menace-t-elle l’existence de ces acteurs clés de l’information ? 

Un contexte de crise de la presse dans un monde toujours plus digitalisé

En 2020, et depuis plusieurs années, il est indéniable que la presse est en grande difficulté. Aussi bien en Suisse que dans le reste du monde, cette dernière est touchée de plein fouet par la révolution numérique et se voit désormais présentée comme un secteur en perdition. Que ce soit au niveau des recettes publicitaires (elles étaient de 2,5 milliards de francs suisse en 2008 vs. environ 1,2 milliards désormais), de la monétisation, de la production de contenus ou de la distribution, le constat d’une crise est sans appel.

Graphique représentant la chute massive du nombre de tirages en Suisse        (MOOC Module 3 : Economie et management des médias, Leçon 1 : L’économie des médias, Séquence 1 : Les médias traditionnels : une crise économique violente)

Mécaniquement, les agences de presse ont donc été impactées directement et fortement par cette crise profonde des médias et de la presse. Du fait que les recettes publicitaires des médias traditionnels aient été diminuées, ils ont délaissé les agences de presse et ont arrêté leurs abonnements à celles-ci. (P.-Y. Badillo, 2020).

La pêche aux infos via les réseaux sociaux et le Web

Dans une société de l’information telle que la nôtre, énormément d’information circule, et cela sur un grand nombre de plateformes. Un contexte que l’on peut caractériser de everyone can be the media permet ainsi à tout un chacun d’agir en journaliste, d’émettre de l’information et des opinions, entraînant une modification totale des modes de consommation de l’information. L’intérêt d’être abonné aux agences de presse se voit donc amoindri. Ainsi, le numérique bouleverse à la fois la manière de s’informer et le financement de l’information.

En effet, d’une part les internautes se sont déplacés sur Internet pour vaquer à leurs pratiques informationnelles, et d’autre part, le marché publicitaire a cessé de donner du budget aux médias pour le confier aux géants comme Google ou Facebook, via lesquels les internautes accèdent aux informations. La crise des médias se fait donc sur le plan des usages, mais également sur un plan économique. (D. Cardon, 2019).

Un moyen pour la survie des agences de presse : les redevances ?

Mais alors, les agences de presse peuvent-elles se réinventer et continuer à subsister ? Le monde politique peut-il et doit-il sauver les agences de presse, telle que l’Agence télégraphique suisse (ATS) ?

En tout cas, c’est ce qu’affirme notamment le journal Le Temps : « A notre avis, seule cette nouvelle forme de financement (financement du journalisme), avec des aides d’Etat, qui existe à satisfaction dans les pays scandinaves ou en France sera à même d’enrayer la destruction graduelle du tissu journalistique. »

Pour plus d’informations quant à l’avenir des agences de presse, nous vous invitons à lire notre deuxième article « Des alliances pour survivre ou le destin incertain des agences de presse » écrit par Sven Grossenbacher ainsi que l’interview de Pascal Broulis, directeur vaudois des finances.

.

Références 

Badillo, Patrick-Yves. « Module 1 : Innovation et médias » et « Module 3 : Economie et management des médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève

Cardon, Dominique. « Les médias face à la révolution numérique », Culture numérique. Sous la direction de Cardon Dominique. Presses de Sciences Po, 2019, pp. 247-260

Le Courrier : « L’agence de presse a besoin d’aide »

Le Temps : « Crise de la presse : il est urgent d’agir »

Pigeat, Henri. « L’avenir des agences de presse mondiales », Commentaire, vol. numéro 129, no. 1, 2010, pp. 135-142.

Quinze Minutes (RTS) : « L’ATS, toujours d’actualité ? »

.
Eva MacNeill

Pour plus de contenus, n’hésitez pas à suivre Medi@LAB sur les réseaux sociaux ! 

L’importance des radios locales africaines dans la lutte contre le coronavirus

Written by Laura Puglisi. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Le monde entier traverse une crise historique avec la propagation du coronavirus. La situation sur le continent africain est particulièrement précaire et les radios au cœur de la communication l’ont bien compris. Cet article du MOOC dédié aux Innovations, Médias et Transformation digitale dans le cadre de Médi@LAB, est dédié au rôle des radios locales en Afrique pour lutter contre les fake news et apporter un soutien aux populations.

Traversant une crise extraordinaire, les radios et médias du monde entier sont d’une importance non-négligeable dans la lutte contre le coronavirus, mais tout particulièrement sur le continent africain. Le COVID-19 représente un danger bien plus important qu’Ébola car il est plus contagieux et s’attaque aux capitales surpeuplées où le confinement n’est pas envisageable pour la majorité des habitants (RTSinfo). Tous les pays du continent sont touchés, la courbe de progression est la même que partout ailleurs, sauf que les hôpitaux sont en nombre insuffisant et en mauvais état. La correspondante en Tunisie et en Libye pour RTSinfo est claire : « les systèmes de santé africains ne peuvent pas affronter un tel virus ». Pour limiter les dégâts sanitaires mais également économiques, il est indispensable de freiner la propagation du virus. Les populations ont besoin d’être informées et cela de la meilleure façon qu’il soit. C’est ici qu’interviennent les radios.

Studio Tamani tente de lutter contre les fake news au Mali

Un journaliste de Studio Tamani réalise une interview à distance en temps de coronavirus. Source: Fondation Hirondelle

La Fondation Hirondelle est une organisation suisse qui soutient des radios nationales et communautaires. Parmi celles-ci, il y a Studio Tamani, un programme d’information malien qui propose des journaux d’informations au quotidien. Au Mali, 72 chaînes de radio diffusent les programmes de Studio Tamani avec 2 millions d’auditeurs en moyenne. Un véritable défi de prévention pour la radio, qui a commencé à diffuser des messages de sensibilisation à l’encontre du coronavirus depuis le mois de mars. Son rédacteur en chef souligne l’importance d’introduire un reportage sur la pandémie dans chaque émission, et ce dans 5 langues. Selon lui, les radios du continent africain ont un rôle indispensable à jouer, notamment dans la lutte contre les fake news. Alors que certains sont persuadés que le virus n’existe pas ou qu’il faut s’en remettre à Dieu pour l’éradiquer, d’autres sont convaincus que l’ail ou l’eau chaude peuvent l’éliminer. Les Marabouts quant à eux proposent leurs services sur les réseaux sociaux pour soigner le peuple du COVID-19. Les radios se doivent donc de contredire les informations non-vérifiées par les autorités sanitaires.

Quand radios et artistes locaux s’allient pour sensibiliser

La tâche n’est pas si simple. La Fondation Hirondelle rappelle qu’en Afrique il est possible qu’un discours d’une autorité aille à l’encontre du message que les médias essaient de faire passer. Souvenez-vous de l’ancien président d’Afrique du Sud qui véhiculait des messages contreproductifs pour la prévention contre le sida, une pandémie qui frappait durement le pays. Pour pallier au problème des fake news, les radios tentent d’informer de façon plus directe. Et pour cela, Studio Tamani, comme bien d’autres radios du continent, reprennent des tubes d’artistes africains pour diffuser les messages de préventions contre le coronavirus à un audience plus large. Parmi ces artistes, Smarty, un rappeur burkinabé engagéAvec la chanson « Alerte Corona », composée sous le demande d’Unicef, il veut faire taire les rumeurs dans son pays: « Ça raconte que l’homme noir ça ne le tue pas, que Corona sous le soleil ne résisterait pas (…) Les rumeurs disent que c’est la maladie des Blancs, que Mamadou le guérisseur a son médicament. (…) Monsieur Rumeur finira par enterrer l’Afrique. »

 

La radio : un vecteur de soutien pour les populations africaines

La présence des radios sur le continent africain en cette période de crise est également une source de soutien pour les habitants dont la vie est en jeu. Le défi est d’un côté de trouver les mots pour informer correctement, et de l’autre ne pas être trop lourd et pesant dans les échanges avec les auditeurs. Le Monde affirmait fin mars que la Radio Salam ou Africa Radio, ouvraient davantage leurs antennes aux auditeurs pour maintenir un lien social : « elles représentent un lien fondamental pour des gens extrêmement isolés ». D’ailleurs, selon la Fondation Hirondelle, les maliens sont inquiets et s’adressent de façon abondante à Studio Tamani pour partager leurs craintes et interrogations. Preuve ici que les propos de McLuhan (1968) concernant l’audience de la radio ne sont plus tellement d’actualité. Alors que pour lui la radio était un média qui ne nécessitait pas de participation de la part du récepteur, cette tendance a bien évolué. On peut même avancer que ce lien pluridirectionnel entre auditeur et émetteur est fondamental en ces temps de crise.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Site internet de la Fondation Hirondelle: https://www.hirondelle.org/fr/qui-sommes-nous.

Article du Monde sur les radios en Afrique: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/20/les-radios-de-la-diaspora-africaine-se-mettent-a-l-heure-du-coronavirus_6033843_3212.html.

Sujet radio de La Première concernant le rôle des radio en Afrique: https://www.rts.ch/play/radio/la-matinale/audio/le-role-des-radios-locales-africaines-dans-la-crise-du-coronavirus?id=11218366.

Intervention de Maurine Mercier, correspondante RTSinfo en Tunisie et Libye: https://www.facebook.com/RTSinfo/videos/3002690683085680/.

Article de RTSinfo sur l’intervention d’artistes locaux en Afrique dans la lutte contre le coronavirus: https://www.rts.ch/info/monde/11235382-en-afrique-les-chanteurs-se-mobilisent-pour-lutter-contre-le-coronavirus.html.

McLuhan, M. (1968). « Pour comprendre les médias. Les prolongements technologiques de l’homme. » Paris: Éditions Points.

 

Isabelle Aeschlimann, Etudiante de MédiaL@B

Qu’est-ce qu’une information de qualité ?

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Qu’est-ce qu’une information de qualité ? | Mai 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias. Cet article interrogera plus particulièrement la qualité journalistique. Internet permet la diffusion rapide d’une quantité d’informations toujours plus grande. Dans ce contexte, savoir différencier une bonne information d’une mauvaise est primordial !


Infographie expliquant les différents critères nécessaires à une information de qualité

Infographie – Fonction des médias

Depuis le mois de mars, le coronavirus s’est imposé comme sujet privilégié de toutes les discussions. Les informations autour du covid-19 sont omniprésentes à la radio, à la TV, dans la presse, mais également sur internet et les réseaux sociaux. Dans cette masse de messages, il est important de discerner quelles sont les informations de qualité auxquelles se fier. Alors quels sont les critères qui font une bonne information ?

Comment définir la qualité d’une information ?

Pour qu’une information de qualité soit considérée comme telle, elle est soumise à quatre critères : l’intelligibilité, la vérité, la sincérité et la justesse.

  • Intelligibilité : tout discours doit être compris, au préalable, de toutes les parties concernées
  • Vérité : les faits décrits doivent être objectivement exacts
  • Sincérité : l’évaluation de l’exactitude d’un message est subjective
  • Justesse : les énoncés doivent être conformes aux normes qui régissent le contexte

L’intérêt de ces critères pour les médias

Ces critères doivent absolument être respectés par les médias traditionnels dont l’activité principale est d’informer.

  • L’intelligibilité consiste en une information claire et facile à comprendre. Elle permet une économie d’effort de compréhension et d’analyse de la part des récepteurs.
  • La vérité concerne les faits pouvant être justes ou faux. Dans le cas des médias, il est primordial que la vérité soit recherchée à la fois par les émetteurs et les récepteurs afin d’éviter la propagation de fake news.
  • La sincérité instaure un climat de confiance entre un lectorat et un journaliste ou un journal. Ce critère remplace parfois celui de vérité pour des informations qui ne sont pas directement vérifiables.
  • La justesse oblige les médias à construire des énoncés qui sont pertinents et qui sont conformes à différentes normes établies. Par exemple, l’écriture journalistique nécessite le choix d’un angle et le respect de la règle des 5W (what ? who ? where ? when ? why ?).

D’où viennent ces critères ?

Les critères d’intelligibilité, de vérité, de sincérité et de justesse proviennent de l’agir communicationnel inventé par Jürgen Habermas. Jürgen Habermas est un théoricien allemand en philosophie et en sciences sociales qui fait partie de l’École de Francfort. L’agir communicationnel est une nouvelle théorie de la société basée sur la communication. Lors d’un acte de communication, si ces quatre critères sont respectés, un consensus se forme et une compréhension intersubjective apparaît.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé sur la base de publications scientifiques et d’extraits du cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • RTS. (16 mars 2020). Comment se prémunir contre les fausses informations sur le Covid-19 ?. En ligne https://www.rts.ch/info/sciences-tech/11168250-comment-se-premunir-contre-les-fausses-informations-sur-le-covid-19-.html, consulté le 11 mai.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Fonctions des médias

 

Quel est l’intérêt de la déontologie dans le journalisme ?

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Quel est l’intérêt de la déontologie dans le journalisme ? | Mai 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article questionnera plus particulièrement l’importance de la déontologie dans la pratique du journalisme. Les différentes règles qui composent le métier de journaliste permettent à la population d’obtenir des informations auxquelles elle peut se fier.


Infographie expliquant l'intérêt de la déontologie dans le métier de journaliste

© Infographie – Fonction des médias

À l’ère des réseaux sociaux, les messages voyagent à vitesse accélérée et les fake news se propagent encore plus rapidement. Les utilisateurs ont parfois du mal à distinguer les informations fiables. Les médias traditionnels doivent donc constituer des sources auxquelles la population peut se référer. Le métier de journaliste repose sur différents principes tirés de l’éthique et de la déontologie qui assurent une information de qualité.

La déontologie à la base du métier de journaliste

Depuis longtemps, les syndicats de journalistes ont affirmé leurs soucis déontologiques. Afin d’avoir des règles précises et éthiques, ils ont défini des codes ou des chartes au sein des différents journaux. En 1918, la charte des devoirs professionnels des journalistes français fut adoptée. Révisée en 1938, elle souligne la responsabilité du journaliste, le refus de la calomnie, l’intégrité du journaliste, le refus du plagiat, l’importance du secret professionnel et l’honnêteté. Quant à la Déclaration des devoirs et des droits de journalistes, elle insiste sur le respect de la vérité, de la liberté de l’information et le respect de la vie privée.

Ces règles sont en partie tirées de différents courants éthiques. L’éthique est une branche philosophique permettant de réfléchir sur la morale. Elle permet de justifier les grandes règles du journalisme telles que la recherche de vérité ou le respect des sources et des autres acteurs de la communauté.

Un métier de journaliste radicalement différent selon les régime politique

Il y a toujours eu un lien étroit entre les fonctions des médias et les régimes économiques et politiques. Durant les derniers siècles, plusieurs régimes se sont imposés et ont défini des éléments centraux concernant l’éthique et le rôle journalistique. Quatre grandes théories de la presse se sont formées.

  • La théorie autoritaire considère les médias comme un instrument de soutien pour la politique en place. Elle est appliquée à partir du XVIIème siècle par la monarchie absolue. Par exemple, sous le règne du Roi Henry VIII, il faut une autorisation royale pour publier un journal et la critique du gouvernement est interdite.
  • La théorie du système soviétique est appliquée dans les régimes totalitaires. Dans ce type de régime, les médias sont utilisés par les membres d’un parti. Il est interdit de contredire le gouvernement et ces médias contribuent au succès du parti.
  • La théorie libérale de la presse, promue dès le XVIIème siècle par John Milton, définit les objectifs d’une presse libre : informer, divertir, faire de la publicité, aider à découvrir la vérité, contrôler le gouvernement. En d’autres termes, les médias doivent surveiller l’environnement.
  • La théorie de la responsabilité sociale détermine que les médias ont le devoir de répondre aux besoins et aux désirs la société. La commission Hutchins consacre une réflexion sur les pratiques des médias. Il en résulte que les interventions dans les débats sont libres et que l’intérêt privé doit être écarté.

Les objectifs majeurs du journalisme

Un consensus se forme sur la base des théories de la presse, d’approches philosophiques et de la déontologie journalistique. Ce consensus établit cinq objectifs majeurs du journalisme dans les pays démocratiques. Ces objectifs sont : chercher la vérité, être socialement responsable, informer, servir la population de façon indépendante et ne pas servir de chien de garde au gouvernement.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé sur la base de publications scientifiques et d’extraits du cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • Conseil suisse de la presse. (2008) La Déclaration des devoirs et des droits du/de la Journaliste. En ligne http://www.mediateur.tamedia.ch/wp-content/images/Declaration_2008_fra.pdf, consulté le 11 mai 2020.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 2: Médias, régimes politiques/économiques et rôle des organisations internationales
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 2: Journalisme et communication | Séquence 3: Des principes éthiques à la déontologie journalistique

 

Le rôle principal des médias : informer

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Le rôle principal des médias : informer | Avril 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article questionnera le rôle premier des médias, celui d’informer. Dans le contexte actuel de crise sanitaire, la population montre un intérêt particulier pour les informations des médias traditionnels, illustrant ainsi l’importance de cette fonction.


L'infographie illustre les différentes fonctions des médias et plus particulièrement la fonction d'information

© Infographie – Fonction des médias

En cette période de coronavirus, le rôle des médias traditionnels se résume principalement à informer la population. Les lecteurs, les téléspectateurs et les internautes sont à la recherche d’informations fiables. Cet engouement peut aisément se comprendre au vu du grand nombre de fake news autour du covid-19.

Qui sont les médias et quels sont leurs rôles ?

Les médias traditionnels se voient attribuer plusieurs rôles tels que transmettre la culture, divertir, faire acheter à travers la publicité ou encore servir de forum, cependant leur objectif principal reste d’informer. À l’origine, le terme « média » fait référence aux médias de masse traditionnels. Il comprend la presse écrite, la télévision, la radio, l’affichage et le cinéma. De nos jours, ce terme englobe des éléments supplémentaires. Internet et les réseaux sociaux constituent les médias de masse personnalisés. Désormais, tout un chacun peut être considéré comme un média.

Informations et internet : quelles dysfonctions ?

Depuis le début des années 2000, les informations ne sont plus uniquement produites par les médias de masse traditionnels, mais par un panel toujours plus large d’utilisateurs. Le flux des informations se répand à une vitesse accélérée. Internet et le web 2.0 permettent le passage d’un modèle linéaire à un modèle interactif où l’usager est à la fois émetteur et récepteur. Les audiences, considérées jusqu’alors comme passives, deviennent actives.

Parmi les différents rôles des médias, la fonction d’information a pour but de surveiller l’environnement et de fournir une image du monde. Cette activité peut dysfonctionner si les individus ne contrôlent pas leurs sources ou donnent une image déformée de la réalité. Certains internautes partagent des informations de mauvaise qualité. Les utilisateurs sont face à une « pollution informationnelle » avec certaines informations qui sont des rumeurs, des mensonges ou des tentatives de manipulation.

Pourquoi est-il primordial de diffuser des informations vraies ?

Dans ce tourbillon médiatique, la capacité du récepteur à intégrer et hiérarchiser les informations reste limitée. Face à cette quantité de messages provenant de sources diverses, il est parfois difficile de démêler le vrai du faux. La vérité doit donc être considérée comme la qualité essentielle de toute information. Fournir des informations véridiques est la responsabilité de chaque individu et plus particulièrement celle des médias traditionnels car la population leur accorde un degré de confiance supérieur.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé en s’appuyant sur une publication scientifique et le cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Fonctions des médias