Du Web 1.0 au Web 4.0 : une évolution fulgurante

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Du monde scientifique à la vie quotidienne, le Web se développe à une vitesse impressionnante. En voulant nous simplifier la vie, il se pourrait bien qu’il en fasse trop. L’évolution du web : montée au paradis ou descente aux enfers ?

Source: cours Innovation, médias et transformation digitale (Badillo, UNIGE, 2019)

De l’invention à l’innovation

Badillo (2019) explique qu’Internet atteint 50% des ménages en moins de 5 ans (Cours Innovation, médias et transformation digitale, UNIGE, 2019). A titre comparatif, il aura fallu environ 70 ans au téléphone, 50 ans à la radio et 15 ans à la télévision pour s’imposer. Pour les réseaux sociaux qui s’ensuivent, c’est moins de 2 ans avant d’atteindre la moitié des ménages. Ces chiffres soulignent la rapidité avec laquelle cette invention « Web » pénètre la société, la changeant à jamais. En se propageant, l’invention se transforme en innovation.

Evolution du Web 

Alors que le web 1.0 se développe dans le monde scientifique du CERN, il prend quelques années seulement à atteindre le commun des mortels. Il commence par changer les mondes économiques et commerciaux. Avec les réseaux sociaux, le web 2.0 transforme le monde social : correspondre avec des individus à l’autre bout du monde n’a jamais été si simple et rapide. Les relations amicales, amoureuses et même sexuelles prennent un nouveau tournant. Le web 3.0 se met à détecter « nos » goûts : ses algorithmes orientent nos recherches et formatent nos sources d’intérêts. Émerge alors le web 4.0 qui va jusqu’à modifier la structure même des foyers : les objets connectés sont intelligents et ils vivent à nos côtés. Les robots nous accompagnent, chaque jour, sous toutes les formes.

Rien ne s’est passé comme prévu ?

Même si tout n’était pas prévu, Berners-Lee – l’inventeur du World Wide Web – a toujours rêvé d’un grand avenir pour son invention. Mais que nous réserve la suite ? Car s’il permet un accès illimité à de grandes quantités d’informations, le Web met de plus en plus en péril des valeurs fondamentales, comme le droit à la vie privée. Traquées au quotidien, dans toutes les activités, nos données personnelles sont stockées par les géants du Web qui possèdent un pouvoir gigantesque. Quelle sera la suite ? Un renforcement de ce système inégal entre traqueurs et traqués ? Ou un changement de voie pour garder le meilleur du Web… en supprimant ses mauvais côtés ?

Un avenir prometteur

Dans une interview accordée à Bosch, Berners-Lee souligne ce grand problème du Web : « Les gens se rendent compte que leurs données personnelles sont utilisées dans un système et que ce système est utilisé pour manipuler les gens. » [traduction personnelle] Pour résoudre ce problème, il travaille sur une plateforme nommée Solid. L’objectif ? « Que les données ne soient plus stockées par des entreprises individuelles telles que Google, Amazon ou les fournisseurs de médias sociaux, même si leurs logiciels sont utilisés. Elles devraient plutôt être stockées là où l’utilisateur le souhaite. De cette façon, chacun pourrait mieux contrôler ses propres données, qui seraient stockées dans des pods. Les paramètres de chaque pod permettraient aux utilisateurs de décider eux-mêmes quels fournisseurs, tels que les applications de santé, sont autorisés à accéder aux données qu’il contient. » [traduction personnelle]

Cette nouvelle invention permettra certainement au Web de continuer son chemin impressionnant, au-delà des nuages qui se dressent sur sa route.

 

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les différents « Web » ? Retrouvez nos articles sur les Web 1.0, 2.0, 3.0 et 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Berners-Lee, T. (2019). The future of the Internet. Bosch. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.bosch.com/stories/future-of-the-internet/

Bosch Global (2019). Experts@IoT: Tim Berners-Lee, Inventor of the World Wide Web. Youtube. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.youtube.com/watch?v=aEL_iVLBjrY&feature=emb_logo

Solid. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://solid.mit.edu/

Zapater, J. J. S. (2014, April). From web 1.0 to web 4.0: The evolution of the web. In Proceedings of the 7th Euro American Conference on Telematics and Information Systems (pp. 1-1).

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

« Le coronavirus illustre les limites du numérique »

Written by Laura Puglisi. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Comment faire en sorte que l’humanité profite plus du progrès technologique ? Professeur Patrick-Yves-Badillo, Directeur du Medi@Lab Genève, nous explique tout dans cet interview. C’est notre dernier article sur les trois horloges de la société numérique.

Vos recherches le démontrent : Les horloges technologique, économique et sociale tournent à des rythmes désynchronisés. Est-ce qu’on a encore une chance de les harmoniser ?

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

Patrick-Yves Badillo : Nous sommes en direction de la dystopie car l’horloge technologique semble sans pilote. La pandémie du coronavirus illustre cette thématique : la solution a semblé hors de portée. Certes le numérique est utile, mais il ne constitue pas l’alpha et l’omega d’une société. Le virtuel a cédé la place au réel. En quelques clics vous avez de nouveaux amis sur Facebook, vous accédez à la twittosphère. Mais le monde réel, par exemple les masques, les médicaments de base, demande toute une logistique qui prend du temps. J’ajouterai aux trois horloges l’horloge du réel, l’horloge de la production. Pour cette horloge le temps est incompressible. Produire, organiser, transporter ne se fait pas à la vitesse de la lumière, comme à travers les réseaux en fibre optique. Il faut réfléchir à notre organisation et tenir compte de cette « incompressibilité » physique du réel. Une partie de notre modèle économique devra être étudiée à nouveau pour retrouver progressivement le chemin de l’harmonie. Cela va prendre beaucoup de temps pour effectuer une révolution copernicienne !

 

Nous sommes habitués d’accéder à nos désirs en quelques clics. Le coronavirus nous rappelle l’incompressibilité du monde réel. La production des masques par exemple prend un certain temps.

Prenons un exemple concret. Les médias traditionnels sont en difficulté. Qu’est-ce qui peut se faire pour qu’ils puissent assurer l’information de qualité dans le futur ?

Les médias sont effectivement dans une situation difficile, notamment la presse écrite. Elle perd les recettes de publicité au profit de Google et Facebook. Ce problème s’accentue encore avec la crise du coronavirus. Les recettes s’effondrent. La presse cherche en ce moment des manières de s’adapter. Par exemple, en rendant payant leur contenu en ligne avec des paywalls. Le journal en ligne suisse alémanique « Die Republik » a réussi à se financer grâce au crowdfunding. Il existe donc des exemples des médias qui profitent des possibilités et retrouvent une certaine rentabilité grâce au digital. Notons que le Conseil Fédéral, conscient de ces difficultés, vient d’accorder (fin avril 2020) une aide aux médias suisses. Une initiative positive pour préserver la qualité de l’information !

Il existe donc des exemples des médias qui profitent des possibilités et retrouvent une certaine rentabilité grâce au digital.

Regardons maintenant l’horloge sociale. Comment faire en sorte que tout le monde profite du progrès technologique ? Dans un article scientifique (Badillo et Bourgeois 2016) vous avancez l’exemple du paiement des impôts en ligne pour expliquer la problématique.

Patrick-Yves Badillo est directeur de Medi@LAB Genève et organise le MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Source : patrickbadillo.com

Les utopistes de la technologie vous diraient que payer les impôts en ligne, c’est facile et rapide à faire pour tout le monde. Mais comment les personnes âgé

es, ou pauvres, déconnectées, feront-elles ? Cet exemple met en lumière que les utopistes réfléchissent dans le temps court. Ils supposent que les personnes peuvent s’adapter rapidement aux nouvelles technologies. Or, ce n’est pas vrai pour tout le monde. Le social ne peut bénéficier des progrès techniques que s’il est inclus dans une problématique de long terme. Dans le cas des impôts en ligne, cela impliquerait de se demander comment on peut assurer qu’aussi les personnes âgées et les pauvres peuvent utiliser Internet. Cela nécessite non seulement une connexion, mais aussi des compétences.

 

Pour finir une question qui intéresse sans doute celles et ceux qui réfléchissent à s’inscrire au MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Comment la science de la communication contribue-t-elle à harmoniser les horloges ?

Pour résoudre un problème, il faut d’abord comprendre les mécanismes sous-jacents. C’est le rôle essentiel des sciences. Il s’agit donc d’étudier les technologies sous l’angle d’une réalité humaine et sociale difficile. Aux personnes qui s’intéressent au MOOC : vous y apprenez notamment comment les horloges technologique, économique et sociale interagissent. Mon espoir est qu’ainsi un jour les participants au MOOC pourront contribuer eux-mêmes à « harmoniser » les horloges. En tant que scientifique, journaliste, politicien, fonctionnaire, entrepreneur… ou autre.

Timon Stuber

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Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161
  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les trois horloges des sociétés « numériques » : le temps et les approches socio-techno-économiques de l’information-communication. In: XXème Congrès 2016 de la SFSIC, Metz, 8-9 et 10 juin, 2016

Web 4.0: l’intelligence artificielle hors écrans

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Le web migre hors des écrans grâce à une intelligence artificiellement injectée dans des objets. L’équation est simple: GAFAM et IA vous facilitent la vie! Prêts à entrer dans le monde “phygital”? 

 

Réalité connectée

Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (alias les GAFAM) sont les pionniers des intelligences artificielles. Au delà des frontières de nos écrans… Le digital envahit notre environnement physique. Nul besoin d’être face à un écran pour utiliser le web 4.0. Il suffit de s’être doté de capteurs en tout genre.

Des objets connectés. Montres connectées, écouteurs sans-fil, enceintes connectées, lampes wireless, etc. Tous créés pour nous faciliter la vie. Comment ? Grâce au contrôle à distance. Reliés à nos smartphones, il nous suffit d’activer un bouton ou d’utiliser la fonction vocale. Allumer la lumière en un claquement de doigt est désormais possible!

 

Data et IA

En plus de récolter des données tout en étant nos serviteurs, ces appareils sont intelligents! Ils savent relier les data. Ils établissent des corrélations. Ils raisonnent. Ils déduisent. Ils calculent. Ils évaluent. Ils quantifient.

Algorithmes et machine learning les ont dotés d’une capacité à anticiper nos besoins. Ils apprennent seuls à nous satisfaire. Quels génies!

Phygital”. Ou la fusion du physique avec le digital. Web 4.0. Web des intelligences et de la réalité augmentée. Les GAFAM et l’IA auraient-ils rendus notre monde meilleur? Contre nos données personnelles, notre vie privée, et notre temps… oui, peut-être.

 

Vous souhaitez en savoir plus ? Dans notre ultime article, vous retrouvez une synthèse de la métamorphose du web ainsi que des perspectives futures. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Faillet, C. (2017).  “Le web 4.0 : quand le numérique franchit la frontière du physique” Technologie. Forbes. Consulté le 5 mai 2020 à l’adresse: https://www.forbes.fr/technologie/le-web-4-0-quand-le-numerique-franchit-la-frontiere-du-physique/?cn-reloaded=1

 

Article rédigé par Camille Dupertuis

« Data is King, Big Data is Emperor »

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Le Web 4.0 et les objets connectés constituent une révolution numérique déjà en marche, dont la croissance est exponentielle. L’information numérique n’est plus véhiculée seulement par votre smartphone, mais possiblement par votre voiture, votre maison et même votre montre! Quelles sont les conséquences sur nos sociétés? Est-il nécessaire d’être vigilant? Retour sur cette transformation digitale. L’institut Medi@lab de l’Université de Genève, dans le MOOC « Innovation, Médias et Transformation digitale », vous éclaire sur cette thématique d’actualité.

Êtes-vous un mobinaute 4.0?

Après le Web 1.0 et le Web 2.0, nous vivons aujourd’hui dans l’ère du Web 3.0. Ce Web Sémantique dans lequel les technologies gagnent en puissance est fondé sur l’innovation majeure qu’est la mobilité. Caractérisé par les recherches vocales, il fonctionne sur la base du langage naturel. Par exemple, Apple a instauré depuis 2010 la fonctionnalité « Siri » sur ses Iphone. Il s’agit d’une voix personnalisable, à laquelle il est possible de déléguer certaines recherches d’informations et de tâches diverses. Quel temps fait-il? Quelle est la recette de la tarte aux pommes? Dis à Maman que j’arrive… Il est encore étrange pour vous de parler à votre smartphone? Alors vous serez surpris des possibles du Web 4.0!

Web 4.0 et Big Data, un cocktail d’innovations

Le Web 4.0 est le Web Intelligent. Il est également appelé l’Internet des Objets ou « Internet of Things » (IOT).

L’Internet des Objets est une « infrastructure mondiale pour la société de l’information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets grâce aux technologies de l’information et de la communication ». UIT

Bill Gates, fondateur de Microsoft, souligne l’importance du contenu, à travers la formule « Content is King », en 1996. Cependant, la puissance des données renverse ce principe et nous parlons à présent de Big Data.

Qu’est-ce? L’essor du Big Data est caractérisé par son traitement de l’information à une échelle jamais connue auparavant! Les technologies en cours permettent des innovations majeures, prenant la forme d’objets connectés ou « smart ». Ces objets intelligents communiquent et interagissent entre eux en temps réel et récupèrent les informations sur leurs usages et usagers. Ainsi, ces nouvelles technologies renouvellent complètement la dynamique d’innovation.

Les 4V du Big Data

Le caractère pervasif du Web 4.0 dans nos vies quotidiennes

Les changements engendrés par le Web 4.0 sont nombreux et expliqués dans cette vidéo. Certains individus pensent que l’Internet des Objets possède la capacité de changer le monde par sa force de pénétration et la puissance qu’il a d’imprégner rapidement plusieurs domaines de notre quotidien.

Effectivement, les objets connectés nous dispensent de certaines tâches. Leur visée est utilitaire et veut faciliter la vie des usagers.

Dans le domaine de la santé, les objets connectés jouent sur la sécurité et l’aide à la personne, par le biais de la géolocalisation.

Par ailleurs, le concept de maison intelligente, ou « Smarthome » prend de l’ampleur via un système de domotique de plus en plus complet (portes, chauffage, lampes, réfrigérateurs, machines à laver…). Tout ce qu’il est possible de connecter devient une réalité!

Parallèlement, le phénomène de « Smart City » se développe progressivement. Les objets sont connectés cette fois à l’échelle d’une ville (voitures autonomes et partagées, drones, réalité augmentée…).

Enfin, dans le domaine de l’industrie, on voit apparaître le concept de « Industrie 4.0 ». Il s’agirait d’une nouvelle révolution industrielle, impulsée par le Web. Ce bouleversement impacte aussi bien la production que la distribution (nourriture délivrée par des robots autonomes, par exemple).

Drone connecté au smartphone

Un monde digital né sous l’impulsion de la 5G?

En télécommunications, l’appellation 5G désigne la 5ème génération des standards de téléphonie mobile. En termes de débits, ceux-ci sont encore plus rapides que la 4G! Il s’agit de la technologie clé du Web 4.0, car elle permettrait de répondre à l’innovation des objets connectés et du « tout internet » ou « Internet of Everything ».

Une innovation destructrice? Cliquez pour en apprendre plus

Charlotte Goffin

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Références :

  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Séquence 7 : Communication Digitale. Pratique de la Communication, Université de Genève.

5 inventions qui ont marqué la société de l’information

Written by Laura Puglisi. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Les précédents articles ont montrés combien les horloges technologique, économique et sociale ne riment pas toujours avec la connaissance ou l’information améliorée. Mais on ne peut nier les inventions exceptionnelles des TICS ces dernières décennies. Comment expliquer une telle croissance ? Terminons par MOOC sur les trois horloges de la société numérique par 5 inventions chronologique en images, qui ont marqué le monde de la communication !

  1. Les TICS d’abord secoué par l’arrivée du téléphone le 10 mars 1876

Graham Bell (1847-1922) inaugurant en 1892 la première liaison téléphonique de NYC à Chicago. Source: Getty Images

Bien loin de ressembler aux smartphones de nos jour, c’est un tout autre modèle qui voit le jour le  10 mars 1876 :  On assiste à la première transmission sur des fils électriques d’un message vocal entre le physicien et ingénieur américain, Alexander Graham Bell et son assistant Watson. C’est le début d’une révolution technologique (Universalis). De nos jours, nous sommes passés d’un objet ne permettant que de téléphoner, des appareils dotés d’intelligence artificielle (voir notre troisième article).

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

Les trois horloges contribuent à comprendre la société numérique. Nous présentons ce concept en six articles. Le 1er article introduit d’ailleurs, le sujet !

  1. Le télégraphe sans fil en 1896 déclenche l’ère des réseaux de diffusion

Guglielmo Marconi (1874-1937), physicien, parvient en 1896 à émettre  la première transmission sans fil. Source: Getty Images

C’est en 1901 que les premiers signaux émis à longue distance par Guglielmo Marconi et vont transformer la radio telle que nous la connaissons. Le professeur en innovation, médias et transformation digitale, Patrick-Yves Badillo(moodle, 2020) définit la radio comme le symbole de la Galaxie Marconi. L’information circule instantanément à la population et n’est pas contrôlé par la presse. C’est une ère des réseaux qui transportent de l’information par les airs ou les câbles et va préconiser la création de trois grands groupes audiovisuel américains à savoir la NBC,CBS et ABC. 

  1. Les premières transmissions d’images télévisuelles en 1926

John Logie Baird (1888-1946), ingénieur et inventeur écossais, fait sa première démonstration de télévision en 1926 aux représentants de la Royal Institution à Londres. Source: Getty Image

L’ingénieur John Logie Baird diffuse le premier signal de télévision hertzienne en 1926. Plus tard cette innovation sera rattrapée par la seconde génération de télé, marquée par les programmes et chaînes diffusées par câble ou satellite dans les années 60. Patrick-Yves Badillo (2016) définit les télécommunications, le câble et le satellite comme étant trois piliers mass media au 20ème siècle. Perçu comme un quatrième pouvoir ces médias de masses vont diffuser les informations de façon unilatéral à un public passif.

  1. Les années 60 et 70 accueillent l’informatique et l’électronique

Surnommé ‘’le maire de la Silicon Valley’’, le physicien informaticien Robert Noyce (1927 – 1990) dépose en 1959,  le brevet du premier circuit intégré. Source: wikipedia

La période des années 60 et 70  dévoile la création des circuits intégrés ( Badillot, 2016)  et la numérisation. Ils englobent tous les acteurs en informatique, audiovisuel ou télécommunications en une catégorie: Le DigiWorld. Le numérique, va alors combiner ces secteurs hétérogènes et l’électronique va simplifier le développement de la numérisation de l’information.

  1. Les années 90  propulsent la montée en puissance d’internet

En 1991, le physicien Tim Berners-Lee, crée l’HTML, les URLs et installe le tout premier serveur et navigateur Web. Source: CERN.ch

Les chercheurs Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois  voient en cette époque, le  début de la méga industrie de l’information et de la communication. Internet devient l’intégrateur d’un grand nombre de technologies et l’accélérateur d’innovations. Il rend mondiaux tous les services de télécommunication. C’est en 1991 que Tim Berners-Lee crée le World Wide Web, destiné au grand public. Le début d’une grande aventure commence ( Le Figaro, 2009). On passe des industries de l’information diffusant à des spectateurs passif, aux figures contemporaines telles que les GAFAM, faisant des usages médias, des acteurs actifs et créatif.

Il semblerait que la société de l’information est devenu le synonyme de  progrès et s’aligne à l’évolution technologique. Cette horloge technologique anime alors la dynamique des sociétés  de l’information et imprime le tempo de l’économie mondiale. Nous espérons qu’à travers ce MOOC, votre compréhension des TICS, vous aidé à mieux appréhender les trois horloges de la société numérique !

Marie Oyomo

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Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161
  • BADILLO, Patrick-Yves, BOURGEOIS, Dominique. Les trois horloges des sociétés « numériques » : le temps et les approches socio-techno-économiques de l’information-communication. In: XXème Congrès 2016 de la SFSIC, Metz, 8-9 et 10 juin, 2016
  • BADILLO, Patrick-Yves, PÉLISSIER, Nicolas. Usages et usagers de l’information numérique. In: Revue française des sciences de l’information et de la communication, 2015, vol. 6, p. 1-11. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:77576

 

Les piliers des médias traditionnels sous la pression des changements de réseaux

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Les piliers des mass media : vers une modification des paradigmes, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »

Le constat à l’heure du Web 2.0 est sans appel : les médias de l’ère Gutenberg sont remis en cause. Mais alors quels sont les piliers de ces médias traditionnels dits de masse, et par quel phénomène se voient-ils mis en danger de la sorte ?
Une réponse sous l’angle des changements d’utilisation des réseaux.

Les 3 piliers des médias de masse

Les médias imprimés sont caractéristiques du 19ème siècle : machinerie gigantesque, industrie lourde, bref, un capital investi colossal. Mais à l’heure du numérique, les piliers clés de ces médias traditionnels se voient remis en cause.

Mais alors, quels sont ces piliers ?
Selon le professeur Badillo, il existe « 3 piliers des médias de masse » (P.-Y. Badillo), ainsi définis :

  1. Contenu
  2. Distribution
  3. Supports

Par rapport à la Galaxie Gutenberg, le premier pilier, soit la production de contenu, ne se voit pas vraiment ébranlé à l’ère digitale. Par contre, le changement majeur se situe au niveau du second pilier, autrement dit, autour de tout ce qui concerne la distribution. Concrètement, avec la poussée du numérique, nous n’avons plus besoin de rotatives ni de moyens de transports pour assurer la distribution, comme cela était le cas avec les journaux traditionnels. Désormais, les médias sont consultables en 1 clic, via le numérique et l’univers de ces médias de masse se voit donc considérablement révolutionné du fait d’un recul des contraintes techniques.

La distribution et les changements d’utilisation des réseaux 

« Dès le xixe siècle, les réseaux – chemin de fer, eau, gaz et électricité – exercent de puissants effets structurants sur l’économie. C’est aussi le cas des réseaux de télécommunications qui, aujourd’hui, constituent le cœur de nos économies » (Patrick-Yves Badillo et Dominique Roux, 2009). En effet, en quelques années, les réseaux ont eux aussi subi une véritable révolution. Nous sommes ainsi passés des réseaux de diffusion « classiques » hiérarchisés (descendants de masse) aux réseaux maillés point à point (personnalisés et ciblés). Les réseaux hiérarchisés (également appelés « en arbre ») permettent aux utilisateurs d’être connectés les uns aux autres, via un appareil central qui contrôle les différentes connexions et le trafic sur le réseau. Alors que les réseaux maillés point à point possèdent un mode de transfert différent. Dans un réseau maillé, n’importe quel appareil du réseau peut servir de plateforme ou de point central, et, dans certains cas, le réseau peut même ne pas avoir de point central du tout. Il n’y a donc pas cette notion de hiérarchie centrale, mais une topologie « en filet ».

Ci-dessous, un exemple des deux types de réseaux mentionnés.

Un réseau hiérarchisé (Source : Wikipedia)

Un réseau maillé (Source : Wikipedia)

 

 

 

 

 

 

 

Avec ce changement d’utilisation des réseaux, nous sommes donc entrés dans une communication de masse personnalisée, qui entraîne à son tour une consommation de masse personnalisée. On dépasse la simple consommation d’un produit médiatique, et on entre dans une logique de distribution et de relation « ultra-ciblées ». Il devient désormais possible de combiner « action de masse » avec une diffusion plus sélective en fonction de la cible visée. On dépasse donc le stade d’une interactivité qui était très limitée jusque-là et on passe d’une logique pull, à une logique push où l’information est poussée vers les consommateurs. Pour les médias, cela a pour conséquence une modification de leurs modèles économiques, que nous vous invitons à découvrir dans notre second article « Le nouveau modèle économique des médias de masse » écrit par mon collègue Sven Grossenbacher.

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Références 

Badillo, P.-Y. « Module 1 : Innovation et médias » [notes prises dans le cadre du cours Innovation, médias et transformation digitale], Université de Genève.

Badillo, P.-Y. & Roux, D. (2009). Les 100 mots des télécommunications. Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Introduction aux réseaux maillés. Consulté à partir de https://commotionwireless.net/fr/docs/cck/networking/intro-to-mesh/

Les médias de masse et les limites de leur efficacité. Consulté à partir de http://tpe-influencedesmedias.e-monsite.com/pages/ii-les-medias-de-masse-et-les-limites-de-leur-efficacite.html#page1

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Eva MacNeill

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La convergence numérique : quel intérêt pour l’éducation ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

A la rentrée 2020, l’Université de Genève lancera un MOOC en innovation, médias et transformation digitale. Dans ce cadre, nous vous proposons six articles traitant des fondamentaux de la transformation digitale afin de donner aux futurs apprenants un avant-goût des sujets abordés dans la formation. Cette semaine, la convergence et la numérisation sont à l’honneur : ici, quid des effets de la convergence numérique dans l’éducation ?

Convergence numérique (source: pixabay)

La convergence numérique ou technologique amenée par l’arrivée d’Internet et des smartphones, fait aujourd’hui partie de notre quotidien : nous effectuons différentes tâches comme regarder la télévision ou écouter de la musique sur un même appareil, alors qu’avant ces deux activités auraient nécessité respectivement un poste de télévision et une radio. Les fonctionnalités qu’offraient auparavant différents appareils convergent (c.-à-d. se dirigent vers un point commun), de sorte à pouvoir disposer d’un maximum de ressources sur un seul et même support. Si certains évoquent l’aspect pratique de cette innovation dans la vie quotidienne, d’autres s’interrogent sur son impact dans le domaine de l’éducation.

Vers une nouvelle pédagogie… 

Cliquez dessus pour agrandir Numérisation et convergence (source: canva)

Grâce à la convergence numérique et à la numérisation croissante des données, de plus en plus de formations, tels que les MOOC, sont dispensées en ligne, en particulier durant cette période pandémique. Ceci propulse les technologies de l’information et de la communication (TIC) au centre de l’apprentissage : les enseignants scolaires utilisent des applications comme Quizlet pour enseigner les langues, les professeurs d’Université se filment pour diffuser leurs cours via Zoom et les plateformes de cours en ligne comme Moodle sont prises d’assaut. Cette « culture de la convergence », décrite par Jenkins (2006) donne lieu à de nouvelles pratiques d’apprentissage voulues par les utilisateurs : aller à la recherche de l’information afin de « faire pour apprendre » (Kerneis et al. 2012) et mettre en commun les multiples données trouvées, par des interactions sociales. Ceci implique un travail analytique supplémentaire pour l’apprenant, qui ne peut pas se reposer sur des informations vérifiées transmises directement par un expert. L’élève doit alors acquérir de nouvelles compétences afin de bénéficier de la méthode d’apprentissage désirée, ce qui peut avoir un impact positif sur sa motivation.

… et de nouvelles matières d’apprentissage

Pour les enseignants de primaire et les professeurs d’Université et de Hautes Ecoles, la convergence numérique implique également de nouveaux sujets d’apprentissage. Si les apprenants ou élèves sont maintenant familiarisés avec les outils numériques, il est nécessaire qu’ils en comprennent le fonctionnement afin de les appliquer de manière adéquate à leurs études. En effet, il apparaît d’une part que les utilisateurs de médias sociaux et numériques ne prêtent guère attention aux données sensibles pouvant être diffusées sur ces plateformes et, d’autre part, que les techniques de recherches effectuées sont limitées. De fait, elles ne sont pas applicables à des fins éducationnelles. Il est donc du ressort des professionnels qui souhaiteraient utiliser les TICs dans leurs formations, de sensibiliser et de former les apprenants à l’usage de ces outils (ibid.). Dans cette optique, le MOOC de l’Université de Genève propose un module consacré aux définitions et aux enjeux des médias, notamment numériques.

La vision présentée dans cet article est empreinte d’optimisme face à la convergence numérique dans l’éducation et à la numérisation des formations, mais un lecteur plus pessimiste pourrait se demander si la formation à distance ne finira pas par avoir un impact néfaste sur les connaissances intellectuelles, décomplexifiées par les contacts superficiels qu’offre le numérique.

LF/JN

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Références:

  • Kerneis, J., Coutant, A., Assogba, H. et Stenger, T. (2012). Les natifs numériques profitent-ils de la convergence ? Constats nuancés et pistes de réflexion pour les éducateurs. Études de communication : langages, information, médiations, (38), 53–68. doi: 10.4000/edc.3386
  • Jenkins H. (2006). La Culture de la convergence. Des médias au transmédia, trad. de l’anglais par C. Jaquet, Paris, A. Colin/Ina Éd., coll. Médiacultures, 2013 [2006], 336 pages.
  • www.villesnumeriques.org : le concept de la convergence numérique – réalité et enjeux
  • www.lebigdata.fr: convergence technologique

Le crowdsourcing: un travail d’équipe

Written by Laura Puglisi. Posted in La première ère de la transformation digitale E-commerce et Longue Traine

Genève, 25 avril 2020.  Pour la prochaine rentrée, l’Université de Genève propose un MOOC sur le thème de l’innovation qui s’intitule “La première ère de la transformation digitale : technologie de l’information, e- commerce, longue traîne”. Cette leçon apporte  notamment une réflexion sur le crowdsourcing présent et utilisé dans plusieurs secteurs. Qu’en est-il réellement ?

Le crowdsourcing, quésaco ?

Avant tout : le crowdsourcing, c’est quoi ? Cette notion  est présente dans plusieurs références, Badillo et al. ont en notamment parlé différents articles. Ce concept permet simplement de redéfinir la place du consommateur. En effet, le consommateur devient utile et entre dans l’élaboration et l’élaboration d’un produit ou d’un service qu’il utilisera. Il se transforme en consom’acteur. Pour une entreprise ou une organisation, l’idée du crowdsourcing est d’externaliser un problème en passant un appel ouvert à la grande fourmilière qu’est Internet.  En Suisse, la chaîne de distribution Migros  en a déjà bénéficié: Nouvo de la RTS en a d’ailleurs fait un intéressant reportage. De nouveaux produits sont sur les étagères des magasins grâce aux idées de la foule. En soit, cette initiative fait écho à l’expression : par nous et pour nous.

 

Femme scannant des articles avec son smartphone pour en connaître le contenu

© Pixabay

Le crowdsourcing présent dans nos assiettes

 

Collaborer pour trouver une solution ou produire un savoir, ensemble,  c’est ça le crowdsourcing. C’est dans cette optique que florissent des applications en tout genre comme Yuka, une plateforme mobile qui permet de scanner le code-barres de produits afin d’en connaître les valeurs et qualités nutritionnels et les classe de mauvais à excellent. Cette application est basée sur une plateforme riche en données: Open Food Facts.  Avec aujourd’hui près de 700’000 produits dans sa base de données française (contre 50’000 sur la version Suisse), le site collaboratif Open Food Facts est en quelque sorte le Wikipédia de l’alimentaire. Le projet vit grâce aux données que les utilisateurs recensent et chaque contribution est importante. Un consommateur peut se rendre dans un magasin ou faire le tri dans son armoire et scanner un produit pour s’assurer qu’il ne contienne pas un ingrédient en particulier. Cependant, si le produit n’est pas présent dans leur catalogue, il est possible de le scanner afin de l’envoyer à la plateforme afin qu’il soit analysé et que la base de données soit enrichie.

Le MOOC offert par l’UNIGE permet donc de s’intéresser plus profondément à cette thématique du crowdsourcing tout en intégrant plusieurs autres éléments de la transformation digitale. 

JNA

 

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Sources : 

BADILLO, Patrick-Yves, COLL, Sami, ZIMMERLI, Virginie. La ré-innovation numérique et les nouveaux usages. In: Le futur est-il e-media ?. Paris : Economica, 2014. p. 146-157.

 

BADILLO, Patrick-Yves, ROUX, Dominique. Des réseaux sociaux aux technologies sociales : une ré-innovation numérique ascendante. In: Economica (Ed.). Le futur est-il e-media ?. Paris : Economica, 2014. p. 20-34.

Youtube : Le crowdsourcing: les bonnes idées sont dans la foule

 

Le crowdsourcing : une nouvelle forme de collaboration

Written by Laura Puglisi. Posted in Innovation, information et numérisation

 

(Pixabay, 2018)

MOOC “Innovation, Médias et Transformation Digitale”| Vous vous intéressez à la transformation digitale et à son impact ? Le cours dédié aux nouvelles théories de l’innovation, de l’information et de la numérisation pourrait vous aider à mieux comprendre l’enjeu autour des technologies sociales et la manière dont ces dernières transforment les modes de fonctionnement des entreprises.

 

Les médias sociaux ont offert un large éventail de champs d’action et la plupart des entreprises ont intégré ces technologies sociales à leur mode d’organisation. D’une part, elles offrent aux entreprises la possibilité de connaître davantage leur public ainsi que leurs besoins. D’autre part, elles permettent un rapprochement et une interactivité avec ce dernier, susceptible de générer de nouveaux produits via le crowdsourcing et donc d’accroitre considérablement le chiffre d’affaires (Badillo & Roux, 2014).

Faire appel à l’intelligence collective avec le crowdsourcing

En effet, les technologies sociales se révèlent utiles du fait que le contenu généré par les usagers représente une source potentielle d’idées et de créativité. C’est pourquoi de grandes entreprises font appel à leur public pour apporter une solution à un problème et/ou de nouvelles idées créatives. Pour ce faire, ils organisent des concours à travers lesquels ils font appel à l’intelligence collective des internautes pour réaliser afin de répondre aux demandes pouvant concerner aussi bien la campagne publicitaire que l’amélioration de produits, par exemple.

Peut-être que vous avez déjà entendu parler du phénomène de crowdsourcing ? C’est de cela qu’il s’agit. C’est une nouvelle forme de collaboration horizontale axée sur l’open innovation. Découvrez sans plus attendre les entreprises qui se sont inspirées de la créativité du public.

 

#Coca-Cola et le Sweet Story Challenge

(Coca-Cola Co.)

En 2017, dans le but de ne plus utiliser des produits dérivés de la Stévia, du fruit du moine ou d’autres produits protégés, l’entreprise Coca-cola s’est mise à la recherche d’un édulcorant naturel à inclure dans ses produits.

« We’re always searching for newer, better ingredients, and we know that amazing ideas can come from anywhere. » Robert Long, vice-president senior et chef de l’innovation chez Coca-Cola

Pour ce faire, Coca-Cola a mis sur pied un concours du nom de “ Sweet Story Challenge”, pour lequel il invitait le grand public à partager des histoires sous forme d’écrit ou de vidéo présentant leurs pratiques d’utilisation d’édulcorant d’origine végétale ou celles utilisées par une culture ou une communauté. Les gagnants se sont vus remporter 20’000$.

 

 #Starbucks et la plateforme “My Starbucks idea”

Toujours dans une perspective tournée vers l’open innovation, le fondateur de Starbucks a lancé la plateforme “ My Starbucks idea”, en 2008. Cette plateforme a été conçue pour encourager les clients à soumettre leurs propositions d’amélioration sur les produits et les établissements et voir lesquelles avaient été implémentées.

Au-delà de ces aspects, elle offrait également possibilité aux usagers de voter pour des propositions émises par d’autres utilisateurs se trouvant sur la toile. Les nouvelles idées étaient évaluées en fonction de la faisabilité, du branding et de l’intérêt des utilisateurs indiqué par les votes.

Ainsi, au cours des cinq premières années d’exploitation, la plateforme a reçu plus de 150’000 idées et l’entreprise en a mis des centaines en place.

La co-création, une valeur ajoutée pour les entreprises

Ce savant mélange d’open innovation, de co-création avec les clients s’est avéré extrêmement populaire. En plus d’avoir permis à Starbucks d’innover en matière de produits, il a également contribué à accroître la fidélité de la clientèle. En donnant le pouvoir aux clients et en les incitant à participer en valorisant leurs idées, Starbucks a réussi à orienter la créativité du public.

Et vous, avez-vous déjà orienté votre créativité au service d’une entreprise, dans le cadre d’un programme d’innovation collaborative ? Si c’est le cas, racontez-nous votre expérience en laissant un commentaire !

Voici ce que vous pouvez 4 points à retenir sur le crowdsourcing  

(Canva, 2020)

 

BMA / lfo

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Références :

Badillo, P.-Y., & Roux, D. (2014). Des réseaux sociaux aux technologies sociales : Une ré-innovation numérique ascendante. In Le futur est-il e-media ? (p. 20‑34). Economica. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:77581

Burger-Helmchen, T., & Pénin, J. (2011). Crowdsourcing : Définition, enjeux, typologie. Management Avenir, n° 41(1), 254‑269. https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2011-1-page-254.htm

The Coca-Cola Co. (2018, février 23). The Sweet Story Challenge. https://www.youtube.com/watch?v=XFyh-lq_oB0

BBC News. (2008, av

L’open innovation : une démarche prometteuse

Written by Laura Puglisi. Posted in Innovation, information et numérisation

MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | Vous souhaitez comprendre la transformation qui s’opère dans le cadre du digital ? Un cours en ligne de l’Université́ de Genève et de l’Institut Medi@LAB pourrait vous apporter la réponse à vos questions. Il porte notamment sur les nouvelles théories de l’innovation, de l’information et de la numérisation et vous permettra de saisir le rôle des usagers dans l’open innovation.

 

L’open innovation à travers les médias sociaux

(Pixabay, 2016)

Le web 2.0 aussi appelé web participatif, a créé de nouveaux lieux et espaces sociaux où les usagers sont invités à produire, échanger et diffuser toutes types d’informations, d’opinions et de connaissances. Cette possibilité d’avoir des interactions sociales de tous types entre les internautes a favorisé ce que l’on nomme l’intelligence collective et a donné naissance à de nouveaux phénomènes telles que le crowdcourcing (Badillo & Roux, 2014), soit une forme de collaboration impliquant des tierces-parties externes à l’organisation.

En ce sens, le développement des médias sociaux a eu un impact majeur.  Théoriquement, les chercheurs s’accordent à penser que ces technologies sociales, de par leur capacité de concentration de ressources, d’informations et d’idées, peuvent favoriser l’innovation et cela notamment dans les entreprises. Actuellement, il semblerait que les recherches menées à ce sujet soient toujours en cours.

Cependant, il est intéressant que constater que dans une logique d’open innovation, les technologies sociales et l’intelligence collective peuvent également être au service du bien commun avec le cas du SARS-Cov-2.

 

L’intelligence collective contre le coronavirus

Récemment, un hackathon « #VersusVirus Suisse » a été lancé en vue de trouver des solutions innovantes pour lutter contre le COVID-19. L’objectif consistait à concevoir, développer et tester des solutions numériques et analogiques pour lutter contre la pandémie (Moeckli, 2020).  Au cours de cet évènement, de nombreux thèmes ont été abordés notamment :

  • La protection des groupes à risque
  • L’impact économique
  • L’après la crise
  • La réduction des fake news

Ce marathon virtuel s’est tenu du 3 au 5 avril 2020, sous le patronage du Département fédéral de l’intérieur (DFI) et du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

(Pixabay, 2020)

 

Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, n’hésitez à découvrir, sans plus attendre, notre article qui s’intéresse aux entreprises qui ont opté pour l’open innovation en s’inspirant de la créativité du public, dans les phases de lancement et d’amélioration de produits. C’est par ici.

 

BMA / lfo

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Référence :

Bacchetta Von Beckh, A. A., Beck, M., & Badillo, P.-Y. (2019). Leveraging open innovation through social media : A study on Geneva based SMEs. In Managing digital open innovation. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:116484

Badillo, P.-Y., & Roux, D. (2014). Des réseaux sociaux aux technologies sociales : Une ré-innovation numérique ascendante. In Le futur est-il e-media ? (p. 2034). Economica. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:77581

Borloz, E. (2020, février 4). L’intelligence collective contre le coronavirus. 24Heures. https://www.24heures.ch/vaud-regions/intelligence-collective-coronavirus/story/10804815

Moeckli, A. (s. d.). Versus Virus ou comment l’intelligence collective peut sauver la Suisse ? Bilan. Consulté 28 avril 2020, à l’adresse https://www.bilan.ch/opinions/alexis-moeckli/versusvirus-ou-comment-lintelligence-collective-peut-sauver-la-suisse

Normand, J. (2020, avril 2). L’intelligence collective suisse pour trouver des solutions face au COVID-19. Croissance et économie inclusive. https://blogs.letemps.ch/jonathan-normand/2020/04/02/lintelligence-collective-suisse-pour-trouver-des-solutions-face-au-covid-19/

L’influence de l’Usager dans le processus d’« Open Innovation » dans les Entreprises

Written by Laura Puglisi. Posted in La première ère de la transformation digitale E-commerce et Longue Traine

Une image illustrant les principes et encrages de l’Innovation

Genève, le 29 Avril 2020

Pour le semestre de Printemps 2020, l’Université de Genève met en avant la Transformation digitale. Le MOOC porte sur la première ère de la transformation digitale : Technologie de l’information, e-commerce, longue traîne. Cette première leçon se propose de faire découvrir le concept d’« Open Innovation ». De permettre aux étudiants d’en avoir les connaissances fondamentales. En passant par son historique, le rôle des usagers dans son ascension et sa pratique.

Un concept récent théorisé dans les années 2000
Les entreprises ont tendance à se fier à un modèle descendant, fermé. De l’entreprise vers les clients, le marché. Or, c’est une pratique qui ne tient pas en compte l’avis du client. L’open Innovation, un concept plutôt récent, est la solution à ce dilemme. Ce terme, de 2003 est créé par le professeur américain Henry Chesbrough. Il tire son inspiration de la vision de Joseph Schumpeter sur le « Technology push ». Une technologie qui prône la science comme étant la base de l’innovation. Selon Chesbrough, l’open innovation désigne le fait que « les idées nouvelles peuvent venir de l’extérieur et impliquer des acteurs qui n’étaient pas prévus au départ ». Autrement dit, c’est un processus orienté vers l’extérieur et marqué par le partage. Son but est généralement la création d’un produit/service.

Une évolution centrée sur l’utilisateur ?
Avec internet et les big data, une pléthore d’informations sur les usagers est accessible en ligne. Ces idées de toutes origines peuvent être facilement utilisées. Il incombe aux entreprises de choisir la bonne approche d’innovation. Cette innovation est une collaboration entre les acteurs et est marquée par l’entrée/ la sortie d’idées. Le principe est d’importer la connaissance, le savoir-faire et le vécu des acteurs externes. De les interpréter pour répondre au mieux aux attentes des usagers. Des méthodes comme le crowdsourcing, les communautés de marque sont utilisées pour la collecte de données. Avec les lois sur la protection des données, il est primordial de « trouver un équilibre entre un monde où l’information circulerait librement, (…) et un monde fermé où l’information ferait l’objet d’une protection particulièrement développée ». L’usager est passé du stade de passif à celui d’actif. Il a cette volonté de participer, d’être pris en compte. Sans cela, le processus d’open innovation est faussé.

Dell et sa communauté d’Open innovation
Communauté de Marque Dell
Dans une communauté, les membres échangent et proposent de nouvelles idées. L’usager a le choix de partager ou non ses données. Dell Technologies, une entreprise américaine dans la construction d’ordinateurs s’en est inspiré. C’est leur principale source de collecte de données. Sur leur plateforme (IdeaStorm), les usagers publient leurs idées. L’entreprise les note et y répond. Ce système permet à Dell d’appliquer de nombreuses idées et de comprendre les besoins spécifiques de ses usagers. Par exemple, l’installation de gadgets en découle. En termes de cout, l’open innovation est peu onéreux. Et ainsi bénéficier les parties prenantes.

Mariama Faye Mané

Concepts clés : Open innovation, Usager, Numérique, Communauté de Marque

Références
• Patrick-Yves Badillo, Sami Coll et Virginie Zimmerli, « La ré-innovation numérique et les nouveaux usages »
• Patrick-Yves Badillo, Chloé Rosselet et Sandra Zanelli, « Des réseaux sociaux aux technologies sociales : une ré-innovation numérique ascendante »
• Henry Chesbrough, Wim Vanhaverbeke and Joel West, eds., “Open Innovation: researching a new paradigm”, 2005

Coronavirus, l’épidémie 2.0: conseils et outils pour déceler les fake news

Written by Laura Puglisi. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Vous avez tous déjà sûrement reçu des fausses recommandations via Facebook, depuis le début de la crise du Covid-19. Comment les reconnaître et surtout comment faire pour les combattre? Découvrez comment devenir un internaute averti en 5 conseils! Dans son MOOC «Innovation, Médias et Transformation digitale», l’institut Medi@lab de l’Université de Genève vous fournit les outils pour privilégier une information fiable et de qualité!

Modèle d’affaires des géants du numérique et fake news, ou l’histoire de l’arroseur arrosé

Tout d’abord, un constat: les fake news sur le Covid-19 se multiplient depuis le début de la crise. Les grands acteurs du numérique, comme Facebook, Amazon et Google, assurent pourtant mettre en place des actions contre les fake news

Le problème est que le modèle d’affaires de ces acteurs numériques est basé sur le partage de ces fausses informationsPrenons l’exemple de Facebook et de son modèle fondé sur la publicité, l’équation est simple : plus les membres du réseau social interagissent et partagent du contenu, plus ils vont susciter des clics et plus Facebook gagnera de l’argent! 

Roger McNamee, ancien conseiller de Mark Zuckerberg et aujourd’hui grand critique du réseau social, déclarait en septembre dernier dans le journal «Le Temps»: « Facebook a beau s’impliquer contre les discours haineux, les  fake news  ou les théories du complot, c’est précisément le contenu qui fait le plus réagir, le contenu qui est le plus partagé – et c’est exactement ce que cherche à faire Facebook ». 

En considérant la véritable nature des réseaux sociaux, nous sommes en droit de nous demander : dans ce contexte, les grands acteurs du numériques peuvent-ils vraiment combattre les fake news efficacement? 

Les 5 conseils pour combattre les fake news

Maintenant que vous savez comment fonctionne le monde merveilleux de Facebook, Google ou encore Amazon, il ne vous reste plus qu’à connaître les conseils à suivre et les bons outils pour distinguer fake news et information de qualité!

Tout d’abord, voici les 5 conseils pour déceler les fake news:

  • Regardez en détail les photos, les vidéos, tout en les écoutant minutieusement. En effet, vous trouverez ainsi la réponse à vos questions sans aide extérieure.
  • Lisez les commentaires pour chaque photo ou vidéo vue sur le web! C’est là que vous trouverez la réponse. 
  • Ne laissez pas de place aux doutes! Cherchez la source d’une information vue sur les réseaux sociaux ou sur le web. Pour cela, retapez le texte, la légende ou le titre d’une photo, d’une vidéo sur un moteur de recherche ! Ceci marchera très souvent, car certains sites vont se copier entre eux pour essayer de vous tromper. 
  • Soyez prudents! Lorsque vous avez un doute ne partagez pas l’information! Faite attention à la légende, à la date ou encore au lieu d’origine et méfiez-vous des injonctions telles que «Partagez en masse!». 
  • Enfin, utilisez la recherche d’images inversées! Cela vous aidera  à comprendre l’origine de l’image. Utile, en particulier, pour vérifier si une image ou une vidéo correspond bien au contexte ou à la période donnée.

Les outils pour débusquer les fake news

Parfois, il vous faudra passer par des aides extérieures pour démêler le vrai du faux ! C’est pour cette raison que nous vous dévoilerons aussi les (bons) outils pour combattre les fausses informations. 

Le premier outil est Factuel, le fact-checking de l’AFP (Agence France-Presse). Cette dernière est une agence d’information composée d’un réseau de journalistes déployé sur 151 pays, leader mondial de l’investigation numérique. Cet outil est disponible en quatre langues – français, anglais, portugais ou espagnol – avec pour but de « présenter au public et aux médias des conclusions vérifiées sur des informations qu’ils voient circuler sur internet, qu’elles soient diffusées via  les réseaux sociaux, des articles de presse, des vidéos, ou des déclarations ». 

Le deuxième outil est le Décodex fondé sur une base de données qui fait référence à des centaines de sites. Cet outil indique en couleurs aux utilisateurs la fiabilité des sources. Le but étant d’inciter les internautes à vérifier une information avant de la partager. En outre, vous aurez le loisir de choisir entre trois outils : une extension sur Chrome ou Firefox, un moteur de recherche ou un bot Facebook, dont le rôle sera de vous aider à vérifier la fiabilité des informations. 

Vous vous rappelez du cinquième conseil pour déceler les fake news: « Utilisez la recherche d’images inversées » ? Et voilà les trois derniers outils, tous voués à mettre en pratique ce conseil sur diverses plateformes. 

Le premier TinEye vous consentira de trouver la source des photos employées hors contexte à des fins d’intox. Le deuxième CitizenEvidence est un outil crée par Amnesty International. Le principe est le même, mais cette fois pour les vidéos chargées sur Youtube. Enfin, un outil plus technique, mais diablement efficace pour voir si une photo a été modifiée est Fotoforensics. 

Voilà, maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas!  

Pour en savoir plus! 

Episode de la série “Yadebat” du 7 avril dernier (“Tataki”) !

Giacomo Annicchiarico

Participez activement à la lutte contre les fakes news en allant liker et partager cet article sur les réseaux de Medi@LAB-Genève

 

 

Références:

Konbini. (2019, janvier 2). 5 conseils pour débusquer les fake news [Fichier vidéo]. Consulté à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=-5BoejLNc9A
La chronique numérique – Les fake news sur le coronavirus se démultiplient – Radio. (2020, avril 28). Consulté à l’adresse https://www.rts.ch/play/radio/la-chronique-numerique/audio/la-chronique-numerique-les-fake-news-sur-le-coronavirus-se-demultiplient?id=11143594
Perrier, F. (2018, octobre 26). Fake news : 6 outils pour les traquer. Consulté à l’adresse https://www.frenchweb.fr/fake-news-6-outils-pour-les-traquer/339248
Seydtaghia, A. (2019, septembre 27). Roger McNamee: «Facebook crée une poupée vaudoue de nous». Le Temps. Consulté à l’adresse https://www.letemps.ch
Seydtaghia, A. (2020, mars 17). Coronavirus: Facebook, Amazon et Google sont des pompiers pyromanes. Le Temps. Consulté à l’adresse https://www.letemps.ch

Déontologie dans la communication : entre loyauté et transparence

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

Dans le cadre du projet Mooc « Innovation, médias et transformations digitales » les étudiants du master de Journalisme et communication de Genève vous invite à une réflexion sur les médias à l’ère du numérique. Les articles qui suivent passeront en revue les codes éthiques et déontologiques de deux professions liées dans la rivalité : journaliste et communicant.

Depuis l’essor du capitalisme, le métier de communicant a pris de l’importance, tout comme les mouvements sociaux qui font évoluer les moeurs. Ainsi, Nos sociétés voient naître des codes de déontologie dans toutes les professions, y compris celles relatives aux médias : la déontologie journalistique est souvent mise en lumière, mais que dire de celle des communicants ?

Dans Morale, éthique et déontologie dans la communication (1996), Pierre Bonfils explique que : « Dans le domaine de la communication (…), nous avons assisté au cours des dernières années à l’émergence, (…) d’un très fort courant moral, éthique et déontologique ». Si ces propos datent de 1996, le respect des valeurs professionnelles est de nos jours une nécessité absolue. Si certains métiers profitent d’une “ligne de conduite“ claire, il semble, selon l’auteur, que ce n’a pas toujours été le cas pour la profession de communicant. Cependant, après une prise en main fastidieuse de la part de l’association des directeurs de la communication (Entreprises & Médias) en 1992, un fil rouge se dessine. Ainsi, quatre principes éthiques font surface :

Un code de conduite des années 90 à l’ère numérique : une contradiction ?  

À l’ère numérique, les communicants font, plus que jamais, face à une forme de contrôle social. Sur les réseaux sociaux, chacun peut interférer très rapidement avec les informations sortantes. Ainsi, les communicants doivent toujours être honnêtes, et donc appliquer en permanence la transparence. Cependant, lorsque l’on observe les principes cités par Bonfils, il est possible de se demander si solidarité et transparence font toujours bon ménage.

Cette question reste ouverte, mais une réponse peut se trouver dans un autre principe : la responsabilité. Pour que transparence et loyauté fonctionnent, il suffirait, pour les communicants (comme pour toutes les professions), de prendre la responsabilité personnelle de choisir de travailler pour une entreprise éthique. Ce principe se retrouve également dans la déontologie journalistique, aujourd’hui mise à mal. L’article qui suit vous propose une réflexion sur un dilemme moral bouillant qui lie plus que jamais les journalistes à leurs opposés : les communicants http://medialab-geneve.ch/garder-ses-princ…e-du-journalisme/

Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
-Yves Agnès, Manuel de journalisme, l’écrit et le numérique, La Découverte, Paris, 2002.
-Pierre Bonfils, Morale, éthique et déontologie dans la communication, Victoires éditions « Legicom », 1996.

Kelly Chapman

Garder ses principes ou survivre : le dilemme du journalisme

Written by Laura Puglisi. Posted in Journalisme et communication

Le monde d’aujourd’hui a évolué de telle sorte que même les principes fondamentaux doivent être mis à jour. Il en est donc de même pour l’éthique journalistique dont la charte n’est plus respectée entièrement par ses professionnels.

Tout d’abord, rappelons-nous brièvement les principes et devoirs du métier de journaliste. Un journaliste a pour mission de rassembler des informations, de les traiter et de les diffuser à travers les médias à l’attention de la population. Il représente une sorte d’intermédiaire entre le pouvoir et le peuple et a donc une responsabilité sociale conséquente de par la légitimité que le peuple lui donne (Brunet P. J., 2001). D’ailleurs, celle-ci est rarement remise en cause, étant donné la stricte déontologie journalistique.


Pixabay

En effet, le journaliste se doit de respecter la vérité, de ne pas plagier, de « Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire » (OIJ, 1971) ou encore « faire la distinction entre nouvelle et publicité et éviter les informations qui mêlent les deux » (Sigma Delta Chi, 1996). Ces deux derniers points, provenant de deux chartes journalistes différentes, rappellent à quel point les métiers de journaliste et de communicant sont éthiquement opposés, malgré la relation d’interdépendance qui les lie (Lire aussi Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité ou Réseaux sociaux : une nouvelle arène et de nouvelles règles pour les journalistes et les communicants. pour mieux comprendre les enjeux de cette relation).

Le journalisme traverse aujourd’hui une crise dans laquelle il dépend financièrement des métiers de la communication, malgré leurs positions opposées. La situation des journalistes, principalement dans la presse, est si délicate qu’ils sont obligés de se promouvoir afin de retrouver une position stable dans le monde médiatique (Brunet P. J., 2001). Mais quelles sont les meilleures techniques permettant d’obtenir une meilleure visibilité auprès de la population et pouvant la séduire ?

Les techniques de la communication : un outil non-négligeable pour la reconquête de la presse.

Les journalistes se trouvent donc face à un dilemme. Le seul moyen qui leur permet de remonter la pente est officiellement condamné par leur charte. Inutile de rappeler qu’enfreindre les règles de la charte concernant les relations avec les communicants compromet leur légitimité auprès de leurs lecteurs. Cependant, la réalité d’aujourd’hui est différente et il serait peut-être temps pour cette institution de s’adapter à ce nouveau monde en évoluant avec lui. Ainsi, les lignes de la charte concernant les métiers de la communication devraient être légèrement assouplies de sorte à permettre aux divers médias souffrant de l’arrivée des nouvelles technologies d’utiliser ouvertement les techniques de communication pour se promouvoir. Cette visibilité leur permettra d’attirer plus d’audience et garantira une certaine sécurité financière. Nous conclurons notre réflexion par cette phrase énoncée par le Professeur P.-Y Badillo qui résume merveilleusement bien la situation :

« Cela ne sert à rien de changer ou d’opprimer le média, il faut l’accompagner et l’adapter à la société. »

Pauline Sitbon
étudiante de Medi@LAB

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Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
– Brunet Patrick J. , L’éthique dans la société de l’information, 2001.
– Organisation internationale des journalistes (OIJ), Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, 1971.
– Sigma Delta Chi, Code déontologique de la société journaliste américaine, 1996.
– Cours « Innovation, médias et transformation digitale » donné par le Professeur Patrick-Yves Badillo

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La numérisation : quels enjeux dans notre société ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Dans le cadre du MOOC proposé par Medi@LAB et l’Université de Genève, nous expliciterons les grandes phases de l’innovation et la transformation digitale, au travers de 6 articles. Cette semaine le principe de convergence et la numérisation sont à l’honneur. Cet article a pour but d’exposer brièvement les différents aspects de la numérisation.

La numérisation (source : rts.ch)

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC), comme les sites internet ou les forums, a favorisé et facilité les échanges d’informations. C’est de ce contexte que la numérisation a fortement progressé, donnant accès à d’innombrables contenus de par le monde. La numérisation est le fait transformer des fichiers, quels que soient leur format (texte, audio, vidéo, photo) en données numériques afin d’être lues et traitées par un ordinateur. Elle permet de stocker et de diffuser ces documents, alors devenus électroniques. Si le phénomène de numérisation est actuellement en pleine explosion, c’est en partie dû aux progrès technologiques. Les ordinateurs étant devenus plus puissants, il est maintenant possible de stocker de plus grandes quantités d’informations. Tout ceci est expliqué dans notre précédent article sur la Loi de Moore.

Les avantages de la numérisation

Cliquez dessus pour agrandir Numérisation et convergence (source: Canva)

Comme nous pouvons l’imaginer, la numérisation de fichiers présente de nombreux avantages. Le premier étant qu’elle offre la possibilité de lire plusieurs types de fichiers sur un seul et même appareil : c’est ce que l’on appelle la convergence. Deuxièmement, elle est tout autant utile aux professionnels qu’aux étudiants. Qui n’a pas été soulagé de trouver en ligne l’article de référence tant espéré, sans avoir besoin de se rendre dans une bibliothèque ? Cette facilité d’accès à l’information est plus que nécessaire en cette période de pandémie qui force une majorité de citoyens à rester à la maison. Grâce à la numérisation, un grand nombre de documents si précieux pour l’avancée des travaux des étudiants sont rendus disponibles.

Dans les milieux professionnels, elle est aussi importante car elle permet de stocker et de rendre visible aux employés différents documents (comptables, courriers, emails, contrats etc…) essentiels au travail quotidien des collaborateurs. La crise liée au coronavirus a rappelé l’importance du partage et de la diffusion d’informations. Difficile donc d’imaginer un monde connecté sans numérisation !

Le revers de la médaille

Comme dans bien des domaines, le nerf de la guerre est l’argent. Le financement de la digitalisation des documents conservés dans les bibliothèques se chiffre en millions. C’est ainsi que Google s’est lancé dans la numérisation de livres en 2004. Ils prévoyaient de scanner 15 millions de livres en 10 ans pour un coût de 200 millions de dollars1. Au fil des années, le géant du numérique a conclu de multiples partenariats avec des bibliothèques et compte désormais plus de 40 millions de livres numérisés. Craignant un monopole de l’entreprise américaine, l’Union Européenne s’est elle aussi organisée pour créer une bibliothèque numérique : Europeana.

Même si la numérisation permet un échange de savoirs au niveau mondial et une circulation des idées sans précédent, elle reste coûteuse. Cependant, elle pourrait rapporter gros. Beaucoup de documents en ligne sont libres d’accès mais la question de la gratuité se pose déjà. Certains fichiers sont payants alors que d’autres proposent un avant-goût gratuit avant de devoir payer pour bénéficier de la totalité du contenu. La question est à présent de savoir qui sera le ou les grands gagnants de la numérisation.

Pour aller plus loin vous pouvez consulter l’article du blog traitant de l’avenir du livre.

JN/LF

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Références :