Télévision, symbole de la galaxie Marconi: trois générations pour trois usages différents

Written by Isabelle A.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] La télévision, grand média de la Marconi, voit le jour en 1926. Son évolution va passer par trois générations. Avant d’être la télévision telle que nous la connaissons aujourd’hui, elle était diffusée par voie hertzienne dès 1929, puis apparaissent le câble ainsi que le satellite dans les années 70. L’arrivée d’internet donne naissance à la télévision 3.0. Ces différentes étapes ont radicalement changé les manières de consommer l’information. Si les théories de l’innovation, de l’information et de la numérisation vous parlent, cet article dans le cadre d’une thématique du MOOC est fait pour vous.

 

Télévision de salon vers 1960. Source: Musée de la communication de Berne

La télévision hertzienne: le temps d’une télévision unificatrice

La première génération représente la télévision hertzienne qui comporte peu de chaînes et ne permet que peu d’heures de visionnage par jour. C’est la BBC qui a commencé à émettre la première chaîne en 1929, mais la qualité de l’image n’attirait pas encore un grand public (Badillo et Roux, 2009). C’est à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, grâce à la technologie de télévision à balayage électronique, que la télévision va connaître un grand succès. (Bertho-Lavenir, 2009). A cette époque, elle est très familiale et rassembleuse puisque tous regardent la même émission au même moment, ce qui permet d’imaginer la population en tant que communauté et tendre vers un « nous » rapproché. La télévision est comme imposée aux téléspectateurs et ce qui était diffusé à l’écran était considéré comme acquis. La télévision était pensée comme une contribution à la construction de l’identité nationale. Elle avait un projet de service public qui consistait à élever le téléspectateur et lui permettait de mieux comprendre les communautés et son entourage. S’adressant à un public de masse, elle représentait un médium de flux qui permettait une certaine synchronisation de la population.

 

L’apparition de la télévision par câble et satellite

La seconde génération débute dans les années 1970 et correspond à la télévision « multi-channels ». La transmission est toujours majoritairement hertzienne, mais le câble fait son apparition. Alors que la télévision par câble naît aux Etats-Unis à la fin des années 40 grâce à John Watson, ce n’est que dans les années 70 qu’elle connaît une progression. Le câble permet une meilleure réception des signaux hertziens de télévision dans les régions montagneuses ou excentrées (Badillo et Roux, 2009). A la fin des années 70, aux États-Unis, ce sont près de 16 millions de ménages qui sont abonnés. En parallèle, en 1975, Gérald Levin introduit, avec HBO (Home Box Office), le principe de la télévision payante en s’appuyant sur des satellites. C’est la première fois dans l’histoire de la télévision qu’une chaîne utilise la voie des câbles et des satellites qui était auparavant réservées à la radio (Balle, 1995).

L’émission de Temps présent de la RTS s’est rendue en décembre 1980 au Québec pour un reportage présentant « la télévision de demain », selon le journaliste. Celui-ci a visité le siège de Videotron, une entreprise pionnière de la télévision par câble qui comptait à cette époque 100’000 abonnés et qui proposait 35 programmes. Regardez le reportage:

Ces innovations permettent une diversité au niveau des chaînes, ce qui créé une segmentation de l’offre. « Avant, c’est la télévision qui donnait rendez-vous au téléspectateur, aujourd’hui, de plus en plus souvent, c’est le téléspectateur qui donne rendez-vous à la télévision » (Balle, 1995). Cela tend vers une « asynchronisation » de la population. Alors qu’avant la télévision construisait un agenda, un menu de discussion, la télévision d’aujourd’hui ne créé plus cet esprit rassembleur.

 

Vers la TV 3.0

Cette troisième génération se caractérise par l’ajout d’internet aux autres moyens (hertz, câble et satellite). Si la phrase de Balle citée plus haut, faisait déjà sens en 1996 avec la révolution numérique, elle prend encore plus d’importance aujourd’hui. Avec l’avènement d’internet, les programmes sont à la demande et le visionnement d’émissions est possible en tout temps. Le support a également changé : alors qu’avant la télévision se regardait à travers un téléviseur, aujourd’hui, les contenus télévisés voyagent sur de multiples plateformes. De plus, les plateformes de streaming viennent faire de l’ombre à la télévision et semblent créer un clivage générationnel. La question qui reste en suspens est alors: comment rendre la télévision attrayante pour les milléniaux ?

Pour en savoir plus sur l’usage d’internet à travers le satellite, lisez l’article qui suit: « Empreinte satellite: du sol lausannois à l’espace ». ⬇️

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article :

Badillo, Patrick-Yves, et Dominique Roux. « Les 100 mots des télécommunications »Presses Universitaires de France, 2009, pp. 29-63.

Balle, Francis. « Chapitre III. Les médias en question », Francis Balle éd., Les médias. Presses Universitaires de France, 2020, pp. 80-114.

Balle, Francis. « L’école, la télévision et les technologies nouvelles », Réseaux, vol. 71, no. 3, 1995, pp. 117-127.

Bertho-Lavenir, Catherine. « La main sur le signal : changement technique et identité collective dans la télévision française (1935-1995) », Le Temps des médias, vol. 13, no. 2, 2009, pp. 122-140.

Les archives de la RTS, Temps présent « Bienvenue chez Videotron » (1980, 11 décembre): https://www.rts.ch/archives/tv/information/temps-present/11205578-bienvenue-chez-videotron.html.

 

 

Isabelle Aeschlimann, étudiante de Medi@LAB.

Empreinte satellite: du sol lausannois à l’espace

Written by Chloe P.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Si le satellite fait son apparition durant la guerre froide, dans un contexte de course à la technologie, il est aujourd’hui utilisé pour tout ce qui relève des télécommunications et de la recherche scientifique. Selon le Bureau des affaires spatiales de l’ONU, il y aurait environ 5’000 satellites artificiels en orbite autour de notre terre. Ceux-ci volent à environ 36’000 km de la surface terrestre. Dans cet article rédigé dans le cadre d’une thématique du MOOC de Médi@LAB, nous aborderons la puissance des connexions satellites aujourd’hui et l’impact de l’entreprise ViaSat à Lausanne concurrençant la fibre optique. 

Les satellites artificiels lancés par l’Homme dédiés aux télécommunications comprennent la téléphonie, la télévision, la radio et internet. Depuis les années 2010, nous sommes dans une apogée du satellite. Jusqu’aux années 80, deux types de satellites étaient distingués dans l’espace concernant la communication : les satellites de télévision et les satellites de télécommunications. Aujourd’hui notre technologie permet un seul et même type de satellite plus puissant (Badillo, 2009). 

Satellite de télécommunication en orbite. Source : Wikipedia

Lausanne, base européenne du marché satellitaire ? 

En 2007, l’entreprise de communication ViaSat Antenna Systems pose sa station terrestre à Lausanne, au sein de l’EPFL avec une antenne dans le bâtiment du Parc de l’innovation. L’entreprise développe des antennes et des terminaux destinés aux appareils sans connexion wifi. Elle a pour but d’être la première à fournir un accès généralisé à internet haut débit. La puissance satellitaire de ViaSat permettrait également de fournir le Moyen-Orient et une partie du continent Africain en débit internet (Bilan). D’ici à 2022, l’entreprise espère proposer internet à échelle mondiale. Selon le Temps, l’entreprise compte déjà 150 000 utilisateurs en Europe de ViaSat Antenna Systems, de quoi être prometteur! En 2019, ViaSat enregistre un chiffre d’affaire record par rapport aux autres entreprises de Telecom. D’autres innovations technologiques émergent à l’EPFL tel que SWISSto12, une start-up de cette école polytechnique qui développe des antennes pour des applications de télécommunications.

Antenne de l’entreprise ViaSat. Source : Télé Satellite.

 

Vers une extinction de la fibre optique ?

Moins chère que la fibre optique, le satellite permet d’être connecté en permanence, à n’importe quel endroit, tel que dans les trains et les transports. Pour faire passer la fibre optique, il faut creuser des sillons, pour permettre à la fibre optique ou le câble d’y passer, avec le satellite c’est plus simple, tout passe par les airs, dans l’espace sans encombrement terrestre.

Selon Bilan, « là où le déploiement de la fibre optique reviendrait à plus de 1500 dollars par an et par foyer, la solution satellitaire ne coûterait que 600 à 700 de dollars d’investissement par foyer. «  Une différence notable. De plus selon ViaSat « Le satellite ViaSat-3 devrait être opérationnel en 2020 pour fournir une capacité d’un térabit par seconde, permettant d’atteindre des vitesses comparables au meilleur de la fibre optique« . 

 

Une connexion dans les airs ? 

Outre le domaine du haut débit résidentiel terrestre, le domaine de l’aviation a connu une grande croissance également. L’entreprise ViaSat a permis à 500 avions aux USA d’être paré d’une connexion internet en leur sein, et ce, durant les vols. Pour ce faire, l’avion doit être équipé de modems et d’une petite antenne externe pour être relié aux satellites de télécommunications. Un grand nombre de compagnies aériennes a déjà signé des contrats avec l’entreprise ViaSat en collaboration avec Eutelsat tel que United Airlines ou Israël Airlines. La couverture comprend principalement les Etats-Unis et l’Europe.

Carte de la couverture satellite pour les vols exploités par ViaSat. Source : United Airlines.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article:

Badillo Patrick-Yves, Roux Dominique, « Économie des télécommunications, marchés, acteurs et réglementation », dans : Patrick-Yves Badillo éd., Les 100 mots des télécommunications. Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 2009, p. 13-15, p. 16-18, 26-27, p.31-33, p. 44-46, p. 46-47.

Bilan : https://www.bilan.ch/techno/lausanne_capitale_de_l_internet_par_satellite. Consulté le 10 mai 2020.

Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo.

Le Temps : https://www.letemps.ch/economie/pme-romandes-se-lancent-lassaut-lespace. Consulté le 10 mai 2020.

Télé Satelitte : https://www.telesatellite.com/actu/52852-chiffre-affaires-record-pour-viasat.html. Consulté le 8 mai 2020.

United Nations : Office for Outer Space Affairs : http://www.unoosa.org/oosa/en/ourwork/psa/satellite-communications.html. Consulté le 9 mai 2020.

United Airlines : https://www.united.com/ual/fr/fr/fly/travel/inflight/wifi.html. Consulté le 11 mai 2020.

 

Chloé Pellegrin, étudiante de Medi@LAB.

 

Coronavirus: quelles perspectives pour le cinéma de demain ?

Written by Chloe P.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Salles de cinéma fermées, sorties des derniers films reportées, voici la réalité actuelle de la cinématographie suisse depuis le début du confinement dû au Coronavirus. Alors que certaines sorties de film initialement prévues au cinéma, se feront en ligne, et que les plateformes de visionnage en ligne cartonnent, comment reprendra le marché du cinéma à la sortie du confinement ? Les consommateurs auront-ils pris goût au «Netflix-canapé» ou retourneront-ils en salle ? Cet article du MOOC Innovations, Médias et Transformation digitale, dans le cadre de Media@LAB, porte sur les habitudes et usages des consommateurs de films et l’avenir du cinéma. 

Alors qu’à Hollywood on annonce avec la crise sanitaire des pertes avoisinant les 20 milliards de dollars, il est difficile en Suisse selon la présidente de l’association de cinématographie suisse, de formuler un chiffre exact concernant le cinéma. Madame Epelbaum estime cependant qu’il faudrait compter une baisse d’exploitation de plus de 30 millions de francs. Avec la fermeture des cinémas de part le monde, certains studios préfèrent s’associer avec les géants d’internet et poster en ligne sur les plateformes, plutôt que de reporter la sortie de films. La démarche fait débat dans l’industrie cinématographique qui crie au boycott du 7ème art.

Le cinéma sous différents supports

Si la télévision et le cinéma ont su marcher main dans la main et se soutenir au milieu du 20ème siècle, il n’en est pas de même entre Netflix et le cinéma aujourd’hui. En effet, dans les années 1950, la télévision sauve le cinéma en lui donnant un deuxième souffle. Avec la programmation de films sur petit écran, les audiences sont captées sur les chaînes et celles-ci augmentent largement. Le cinéma participe donc au financement de la télévision en ouvrant ainsi des débouchés inattendus pour la télévision. La relation est plus complexe avec l’arrivée du cinéma en ligne.

 Cinéma contre Netflix : une guerre déjà déclarée

Le cinéma, élu plus grand divertissement de masse du 20ème siècle, s’est déjà vu fragilisé ces dernières années avec l’émergence du cinéma en ligne et des nouveaux usages de l’audiovisuel, tels que la fameuse plateforme Netflix. On le sait, les relations entre Netflix et Hollywood sont complexes à l’heure où les usages numériques bouleversent l’ensemble de l’audiovisuel mondial. En effet, même si la plateforme a d’abord été connue pour sa grande offre de séries, le géant du streaming a dépensé plus de 12 milliards de dollars et s’est fait un nom en produisant plus de 80 films et documentaires en 2019. La concurrence d’internet est bel et bien en augmentation.

Et demain ?

Même si les plateformes en ligne telles que Netflix ont mis en difficulté le monde du cinéma bien avant l’arrivée du COVID-19, ce virus pourrait faire accélérer le processus et s’avérer être un coup fatal. Les cinéphiles de demain se bousculeront-ils au guichet des cinémas à l’annonce des jours meilleurs ? Ou les spectateurs resteront-ils marqués par l’épidémie au point de favoriser complètement les abonnements Netflix virtuels aux tickets de cinéma ? Si cette hypothèse tend à se confirmer, les exploitants de salles peuvent craindre pour leur futur chiffre d’affaires. Cette peur a fait réagir la Fédération Nationale des Cinéma Français qui a mis en place avec Webedia, une campagne de communication pro-cinéma avec la création d’un hashtag #On ira tous au cinéma.

 

Confiné.e.s pour un temps, cinéphiles tout le temps ?

La définition du film se pose également dans ce contexte. L’expérience compte-elle avec le cinéma ? Un film reste-il un film peu importe le média ? Netflix mérite-t-il le nom de cinéma ? Le cinéma de demain restera-t-il un moment convivial et social sur grand écran ou bien partagerons-nous cette expérience immédiate depuis notre canapé en pyjama par le biais d’autres plateformes ? Que des questions qui, pour l’instant restent en suspens.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Article de la RTS : https://www.rts.ch/info/culture/cinema/11178416-l-industrie-cinematographique-victime-collaterale-du-coronavirus.html.

Article de Territoire et Cinéma : https://territoires-cinema.fr/2020/04/17/on-ira-tous-au-cinema/.

Balle, F. (2017). Les techniques et leurs usages. Dans : Francis Balle éd., Les médias (pp. 5-50). Paris cedex 14, France: Presses Universitaires de France.

Chiffres trouvés sur Statista : https://fr.statista.com/themes/3090/netflix/.

Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo.

 

Chloé Pellegrin, Etudiante de MédiaL@B

L’importance des radios locales africaines dans la lutte contre le coronavirus

Written by Isabelle A.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Le monde entier traverse une crise historique avec la propagation du coronavirus. La situation sur le continent africain est particulièrement précaire et les radios au cœur de la communication l’ont bien compris. Cet article du MOOC dédié aux Innovations, Médias et Transformation digitale dans le cadre de Médi@LAB, est dédié au rôle des radios locales en Afrique pour lutter contre les fake news et apporter un soutien aux populations.

Traversant une crise extraordinaire, les radios et médias du monde entier sont d’une importance non-négligeable dans la lutte contre le coronavirus, mais tout particulièrement sur le continent africain. Le COVID-19 représente un danger bien plus important qu’Ébola car il est plus contagieux et s’attaque aux capitales surpeuplées où le confinement n’est pas envisageable pour la majorité des habitants (RTSinfo). Tous les pays du continent sont touchés, la courbe de progression est la même que partout ailleurs, sauf que les hôpitaux sont en nombre insuffisant et en mauvais état. La correspondante en Tunisie et en Libye pour RTSinfo est claire : « les systèmes de santé africains ne peuvent pas affronter un tel virus ». Pour limiter les dégâts sanitaires mais également économiques, il est indispensable de freiner la propagation du virus. Les populations ont besoin d’être informées et cela de la meilleure façon qu’il soit. C’est ici qu’interviennent les radios.

Studio Tamani tente de lutter contre les fake news au Mali

Un journaliste de Studio Tamani réalise une interview à distance en temps de coronavirus. Source: Fondation Hirondelle

La Fondation Hirondelle est une organisation suisse qui soutient des radios nationales et communautaires. Parmi celles-ci, il y a Studio Tamani, un programme d’information malien qui propose des journaux d’informations au quotidien. Au Mali, 72 chaînes de radio diffusent les programmes de Studio Tamani avec 2 millions d’auditeurs en moyenne. Un véritable défi de prévention pour la radio, qui a commencé à diffuser des messages de sensibilisation à l’encontre du coronavirus depuis le mois de mars. Son rédacteur en chef souligne l’importance d’introduire un reportage sur la pandémie dans chaque émission, et ce dans 5 langues. Selon lui, les radios du continent africain ont un rôle indispensable à jouer, notamment dans la lutte contre les fake news. Alors que certains sont persuadés que le virus n’existe pas ou qu’il faut s’en remettre à Dieu pour l’éradiquer, d’autres sont convaincus que l’ail ou l’eau chaude peuvent l’éliminer. Les Marabouts quant à eux proposent leurs services sur les réseaux sociaux pour soigner le peuple du COVID-19. Les radios se doivent donc de contredire les informations non-vérifiées par les autorités sanitaires.

Quand radios et artistes locaux s’allient pour sensibiliser

La tâche n’est pas si simple. La Fondation Hirondelle rappelle qu’en Afrique il est possible qu’un discours d’une autorité aille à l’encontre du message que les médias essaient de faire passer. Souvenez-vous de l’ancien président d’Afrique du Sud qui véhiculait des messages contreproductifs pour la prévention contre le sida, une pandémie qui frappait durement le pays. Pour pallier au problème des fake news, les radios tentent d’informer de façon plus directe. Et pour cela, Studio Tamani, comme bien d’autres radios du continent, reprennent des tubes d’artistes africains pour diffuser les messages de préventions contre le coronavirus à un audience plus large. Parmi ces artistes, Smarty, un rappeur burkinabé engagéAvec la chanson « Alerte Corona », composée sous le demande d’Unicef, il veut faire taire les rumeurs dans son pays: « Ça raconte que l’homme noir ça ne le tue pas, que Corona sous le soleil ne résisterait pas (…) Les rumeurs disent que c’est la maladie des Blancs, que Mamadou le guérisseur a son médicament. (…) Monsieur Rumeur finira par enterrer l’Afrique. »

 

La radio : un vecteur de soutien pour les populations africaines

La présence des radios sur le continent africain en cette période de crise est également une source de soutien pour les habitants dont la vie est en jeu. Le défi est d’un côté de trouver les mots pour informer correctement, et de l’autre ne pas être trop lourd et pesant dans les échanges avec les auditeurs. Le Monde affirmait fin mars que la Radio Salam ou Africa Radio, ouvraient davantage leurs antennes aux auditeurs pour maintenir un lien social : « elles représentent un lien fondamental pour des gens extrêmement isolés ». D’ailleurs, selon la Fondation Hirondelle, les maliens sont inquiets et s’adressent de façon abondante à Studio Tamani pour partager leurs craintes et interrogations. Preuve ici que les propos de McLuhan (1968) concernant l’audience de la radio ne sont plus tellement d’actualité. Alors que pour lui la radio était un média qui ne nécessitait pas de participation de la part du récepteur, cette tendance a bien évolué. On peut même avancer que ce lien pluridirectionnel entre auditeur et émetteur est fondamental en ces temps de crise.

 


 

Voici les différentes références sur lesquelles nous nous sommes basées pour rédiger cet article du MOOC:

Site internet de la Fondation Hirondelle: https://www.hirondelle.org/fr/qui-sommes-nous.

Article du Monde sur les radios en Afrique: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/20/les-radios-de-la-diaspora-africaine-se-mettent-a-l-heure-du-coronavirus_6033843_3212.html.

Sujet radio de La Première concernant le rôle des radio en Afrique: https://www.rts.ch/play/radio/la-matinale/audio/le-role-des-radios-locales-africaines-dans-la-crise-du-coronavirus?id=11218366.

Intervention de Maurine Mercier, correspondante RTSinfo en Tunisie et Libye: https://www.facebook.com/RTSinfo/videos/3002690683085680/.

Article de RTSinfo sur l’intervention d’artistes locaux en Afrique dans la lutte contre le coronavirus: https://www.rts.ch/info/monde/11235382-en-afrique-les-chanteurs-se-mobilisent-pour-lutter-contre-le-coronavirus.html.

McLuhan, M. (1968). « Pour comprendre les médias. Les prolongements technologiques de l’homme. » Paris: Éditions Points.

 

Isabelle Aeschlimann, Etudiante de MédiaL@B

Le naufrage du Titanic : d’où l’importance de la radiocommunication universelle

Written by Chloe P.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Dans le cadre d’un cours au sein du master de Médi@LAB de l’Université de Genève, notre intérêt se porte dans cet article sur les prémices de la radio. C’est au physicien italien Guglielmo Marconi que l’on doit son invention. Cette transmission radiophonique se fait par le biais d’ondes électromagnétiques basées sur des signaux. Alors que la première transmission de l’histoire se fait en Suisse en 1895, ce nouveau système sera en plein essor dans le domaine maritime les années suivantes. A ce stade, cette communication connaît toutefois ses limites, dont le Titanic paiera les frais.

 

La salle de télégraphie sans fil du Titanic. Source: RTS Photo: Albert Harlingue Roger Viollet

Guglielmo Marconi poursuit en 1895 les recherches sur la radio entamées par Heinrich Rudolf Herz sept ans plus tôt. Grâce à la première transmission radio transatlantique émise depuis le sud de l’Angleterre, il reçoit le prix Nobel en 1909. En 1913, il développe sa propre société et équipe plus de 435 navires et 30 stations de son système de communication. Le Titanic fait partie des navires équipés du système de télégraphie sans fil fabriqué par la Société Marconi. L’émetteur radio du fameux paquebot avait une portée de 400 kilomètres en mer, dans n’importe quelles conditions météorologiques, ce qui était pour l’époque un système moderne et performant. Lors de la traversée, les passagers à bord du Titanic pouvaient communiquer avec des récepteurs à terre, utilisant ainsi, avec l’aide des opérateurs radiotélégraphistes, ce système radio de communication comme une messagerie personnelle.

Un appel SOS brouillé

La Convention Radiotélégraphique Internationale définit à Berlin, en 1906, le code d’alerte SOS universel en Morse dans une optique de coordonner les usages de ces nouvelles technologies. C’est le Titanic qui, en 1912, utilise pour la première fois le code SOS du système de radio Marconi pour alerter de la situation. Pendant plusieurs heures, les télégraphistes à bord du paquebot lancent des appels au secours en morse, puis en SOS, permettant de sauver une partie des passagers. Cependant, tout ne se déroule pas comme imaginé : les messages radios des passagers se mêlent à ceux émis par les postes de transmission des bateaux en mer. Le message d’alerte prévenant du danger d’un iceberg se noie dans le flux de communication, et ne se transmet pas à la passerelle du fameux paquebot. Seulement 700 personnes sont sauvées lors de la catastrophe…

 

Les titres des journaux ne retranscrivent pas le naufrage du Titanic de la même manière. Source: The Evening Sun/The New York Times

La tragédie vue par les journaux

Rapidement, les messages de détresse envoyés depuis le navire atteignent les stations de radiotélégraphie à terre. Cela dit, certaines informations se perdent, se déforment ou se mélangent, laissant place à la spéculation dans les titres des principaux journaux du monde. Le 15 avril 1912, on peut lire par exemple dans The Seattle Star « Le Titanic coule, les passagers sauvés », ou dans The Evening Sun « Tous les passagers sont sauvés, transférés dans des bateaux de sauvetage », et même scénario dans le Binghamton Press qui affirme que « Le Titanic frappe un Iceberg, 1470 personnes sauvées ». Nombre de journaux reproduisent ces dépêchent persuadés que rien de grave ne peut arriver au fabuleux paquebot. Seul le rédacteur en chef du New York Times garde son sang froid et annonce le 15 avril de simples faits. C’est le lendemain qu’il mesure l’ampleur de la catastrophe et se distingue des autres journaux en titrant « Probablement 1200 passagers périssent à bord du Titanic ». Les jours qui suivent, le suivi de l’événement est assuré et la presse du monde entier reprend les mots du New York Times. A cette époque déjà les journalistes font face au dilemme entre la rapidité à divulguer une information et à la véracité de celle-ci.

 

Visionnez la vidéo pour obtenir plus d’informations concernant la radio à bord du Titanic, et ce que cette tragédie à mis en lumière:

Réseaux de diffusion: l’implantation tardif du télégraphe en Suisse

Written by Isabelle A.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Multiples sont les découvertes majeures à travers l’histoire, théories et innovations qui ont mené à une communication qui s’exploite pourtant de façon si évidente aujourd’hui. Dans le cadre d’un cours au sein du master de Médi@LAB de l’Université de Genève, nous nous sommes intéressées à l’implantation du télégraphe, qui se situe au commencement de cette épopée, et plus particulièrement au cas de la Suisse.

Transmettre des informations simples d’un point à un autre. Voilà le but du télégraphe optique de Chappe, créé en 1794 en France. Ce premier outil de télécommunication a permis de relier Lille à Paris et à ce stade, il est utilisé à des fins militaires uniquement. Si cette communication à distance paraissait comme une réelle innovation, elle ne garantissait cependant pas la transmission en cas de mauvais temps. Selon l’ouvrage « Les 100 mots de la télécommunication » de Dominique Roux et Patrick-Yves Badillo, c’est grâce à des découvertes essentielles quelques années plus tard, la première ligne de télégraphe électrique est inaugurée et mise à disposition de la population en 1839. Et même si le système restait limité à 17 mots par minutes, on assistait aux prémices de la communication en Europe !

 

Le personnel télégraphique du bureau du télégraphe de Lucerne, 1856-7. Source: Musée de la communication, Berne

La Suisse va à son rythme…

Il faudra attendre le début des années 1850 pour que la Confédération implante ses premières lignes, se positionnant en dernière place des pays en voie d’industrialisation. L’impulsion du développement des infrastructures télégraphiques et par la suite téléphoniques, est la guerre civile du Sonderbund en 1847. Diffuser le télégraphe au moment où la Confédération est transformée en un État moderne permettait « une influence salutaire fortifiante sur l’unité morale ou matérielle du pays ». C’est ce qu’a affirmé la Commission du Conseil national sur l’établissement du réseau télégraphe électrique en Suisse dans un rapport le 27 décembre 1851. Si elle a, elle aussi, opté pour la création d’un réseau télégraphique, c’est pour une utilisation de contrôle et de défense du territoire en premier lieu.

D’une utilisation militaire à une cohésion sociale

Télégraphe, 1850. Source: Musée de la communication/Daniel Rihs (photo)

1848 est une date qui fait tilt en Suisse ! La nouvelle Confédération connaissait à cette période un réel processus de démocratisation, et le domaine des télécommunications n’en a pas été épargné. Il lui paraissait important de donner accès aux réseaux au plus grand nombre de la population, contrairement à la majorité des pays voisins qui eux limitaient l’autorisation à certaines classes sociales. C’est pourquoi des directives de tarifs bas donnaient la possibilité d’utiliser les télégraphes dans un but de faciliter les relations des publics. Le gouvernement suisse jugeait les télécommunications comme indispensables à la vie sociale du pays. Bien que la Suisse soit souvent considérée comme retardataire dans certains domaines, on ne peut lui reprocher d’avoir été sur le premier front des aspects sociaux dans les télécommunications.