Quel avenir pour le journalisme traditionnel et l’information de qualité?

Written by Giacomo A.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

La pandémie du Covid-19 met davantage en crise la presse traditionnelle, à travers la perte de nombreux revenus publicitaires. Secteur déjà en crise auparavant, sa situation ne s’arrange pas. Dans le cadre du dernier article du MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale », l’institut Medi@lab fait le lien entre la « Googlization des médias » et le secteur de la presse. Cela va être mis en exergue à travers l’interview d’un futur journaliste. Nous analysons via son cursus, son expérience et ses idées le futur de ce métier, entre crise du journalisme traditionnel et information de qualité toujours plus rare.

Giacomo Annicchiarico – En quelques mots, quel a été ton parcours dans l’objectif de devenir journaliste professionnel?

CV (initiales d’emprunt) – Mon parcours universitaire a débuté avec un bachelor en sciences économiques et sociales, et s’est poursuivi avec un master, toujours dans ce domaine. Ce qui est important pour entrer dans le journalisme, à mes yeux, ce n’est pas forcément d’avoir étudié la méthodologie au préalable, puisqu’elle va de toute manière être apprise sur le tas, lors des expériences professionnelles. Ce qui compte est le bagage accumulé précédemment, que ce soit en sociologie, en économie ou encore en sciences politiques, véritable clé de lecture qui permettra d’appréhender les divers sujets. Durant une grande partie de mes études, j’ai travaillé dans le journal de l’université. C’est à la fin du master que j’ai été engagé en stage de formation dans un média indépendant suisse romand.

Au regard de ton expérience lors du stage de formation, as-tu ressenti cette crise qui touche le secteur de la Presse? Et si oui, l’as-tu ressentie dans ton travail quotidien au sein de la rédaction?

Tout d’abord, la vie d’un média indépendant en Suisse est vraiment compliquée, davantage que celle d’un média comme « Le Temps » par exemple. Dès le début, j’ai ressenti le manque de moyens au sein de la rédaction du journal: les collègues en parlaient ouvertement lors des pauses. La question pour la plupart des médias indépendants suisses c’est: comment survivre financièrement lorsqu’on dépend du lectorat et/ou de l’autofinancement?

Au sein du journal, il y avait une pression pour trouver de nouveaux abonnés que ce soit pour le format print ou pour le web. En plus de couvrir l’actualité, il y avait une nécessité de réfléchir à comment attirer de nouveaux lecteurs de par les sujets. En fait, j’ai pu observer que la demande influence aussi le contenu. Pour assurer son avenir, le but du média est avant tout de vendre « sa production », et de chercher à attirer ainsi de nouveaux abonnés. Là où j’ai travaillé, le journalisme ne baissait pas en qualité pour autant.

Le véritable enjeu c’est de renouveler le lectorat, de chercher à attirer les jeunes

Après l’expérience vécue lors de ce stage de formation, considères-tu que l’avenir de la profession de journaliste traditionnel est en danger?

Le journalisme traditionnel devrait toujours exister. Un journal peut survivre grâce à la publicité ou encore au mécénat. Alors que l’on a parfaitement pu constater les limites de la publicité en ces temps de crise. Le véritable enjeu c’est de renouveler le lectorat, de chercher à attirer les jeunes. Les médias doivent réussir à « changer de génération ». Cet enjeu est clair, comme nous le démontre l’exemple de la RTS qui s’efforce d’attirer un public plus jeune en variant les contenus et les supports (utilisation d’Instagram).

Est-ce que tu considères que le journalisme numérique pourrait remplacer le journal print? Quels sont tes rapports avec le numérique?

La forme importe peu, l’essentiel c’est avant tout le fond. La forme ne doit tout simplement pas influencer négativement le fond. L’approche avec le numérique est différente, il faudrait éviter de tomber dans une logique tape-à-l’œil, à la recherche du click. Un exemple de risque lié au numérique, c’est celui du journal « Le Temps », qui produit massivement des articles chaque jour afin de faire « tourner » le site sans arrêt. La page d’accueil ne doit pas stagner, ne serait-ce même qu’une heure. Cette course à la productivité est un danger lié à la numérisation.

L’aide idéale serait représentée par la mise en place d’une aide fédérale

Est-ce que tu penses que l’information de qualité risque de disparaître? Comment pourrions-nous assurer sa survie?

Concrètement, les gens doivent continuer à chercher l’information de qualité. En fait, on en revient au problème générationnel. Il faut attirer un lectorat plus jeune et éduquer les nouvelles générations aux médias. L’aide cantonale directe, comme il y a eu au Canton de Vaud, ce n’est pas forcément la meilleure solution. Si le principal financement provient du Canton, le journal ne va pas remettre en question la politique cantonale. Disons que cela peut donc réduire la liberté d’un journal.

L’aide idéale serait représentée par la mise en place d’une aide fédérale, d’un niveau plus détaché. Le soutien de la Confédération à la Presse serait la solution la plus viable pour qu’un journal puisse garder la plus grande marge de liberté. Il faudrait peut-être repenser les aides à la Presse, surtout au regard de l’expérience actuelle, avec les chutes des revenus publicitaires liées au Covid-19.

Finalement, quels points positifs retiens-tu dans le journalisme d’aujourd’hui? Qu’est-ce qui te fais croire encore dans ce métier?

D’après moi, la profession de journaliste est essentielle à la vie d’une société démocratique. Le journal c’est le média, c’est-à-dire le médium (l’intermédiaire) entre la population et la politique. Le journaliste doit transmettre l’information de la façon la plus claire et concise possible, dans le but d’informer. Le journaliste, c’est aussi un garde-fou, il est là pour surveiller le monde politique, les entreprises, etc. Voilà les deux rôles clés du métier de journaliste.

L’éducation aux médias est fondamentale, et elle doit commencer plus tôt

Les mots de la fin…

Le journalisme ne doit pas disparaître, il doit être préservé! L’éducation aux médias est fondamentale, et elle doit commencer plus tôt. Il faudrait davantage éduquer les jeunes générations aux médias à l’école, et ce dès le plus jeune âge. Il est important de sensibiliser les jeunes générations à cette thématique, que l’on parle de radio, de télévision ou de presse écrite. L’important c’est d’aider les jeunes générations à comprendre que ce que l’on voit ce n’est pas forcément la réalité. Il faut leur donner les outils pour démêler le vrai du faux, et comprendre la différence entre une information de qualité sourcée, et une « fake news ». Voici le véritable rôle de la presse traditionnelle: un rôle de garde-fou focalisé sur la vérification de l’information!

Giacomo Annicchiarico

Retrouvez et lisez notre recueil d’articles sur « La Googlization des médias et la transformation digitale », où vous voulez et quand vous voulez!

Cet article vous a plu? N’hésitez pas à aller liker et partager sur les réseaux sociaux de Medi@LAB-Genève

« Data is King, Big Data is Emperor »

Written by Charlotte G.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Le Web 4.0 et les objets connectés constituent une révolution numérique déjà en marche, dont la croissance est exponentielle. L’information numérique n’est plus véhiculée seulement par votre smartphone, mais possiblement par votre voiture, votre maison et même votre montre! Quelles sont les conséquences sur nos sociétés? Est-il nécessaire d’être vigilant? Retour sur cette transformation digitale. L’institut Medi@lab de l’Université de Genève, dans le MOOC « Innovation, Médias et Transformation digitale », vous éclaire sur cette thématique d’actualité.

Êtes-vous un mobinaute 4.0?

Après le Web 1.0 et le Web 2.0, nous vivons aujourd’hui dans l’ère du Web 3.0. Ce Web Sémantique dans lequel les technologies gagnent en puissance est fondé sur l’innovation majeure qu’est la mobilité. Caractérisé par les recherches vocales, il fonctionne sur la base du langage naturel. Par exemple, Apple a instauré depuis 2010 la fonctionnalité « Siri » sur ses Iphone. Il s’agit d’une voix personnalisable, à laquelle il est possible de déléguer certaines recherches d’informations et de tâches diverses. Quel temps fait-il? Quelle est la recette de la tarte aux pommes? Dis à Maman que j’arrive… Il est encore étrange pour vous de parler à votre smartphone? Alors vous serez surpris des possibles du Web 4.0!

Web 4.0 et Big Data, un cocktail d’innovations

Le Web 4.0 est le Web Intelligent. Il est également appelé l’Internet des Objets ou « Internet of Things » (IOT).

L’Internet des Objets est une « infrastructure mondiale pour la société de l’information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets grâce aux technologies de l’information et de la communication ». UIT

Bill Gates, fondateur de Microsoft, souligne l’importance du contenu, à travers la formule « Content is King », en 1996. Cependant, la puissance des données renverse ce principe et nous parlons à présent de Big Data.

Qu’est-ce? L’essor du Big Data est caractérisé par son traitement de l’information à une échelle jamais connue auparavant! Les technologies en cours permettent des innovations majeures, prenant la forme d’objets connectés ou « smart ». Ces objets intelligents communiquent et interagissent entre eux en temps réel et récupèrent les informations sur leurs usages et usagers. Ainsi, ces nouvelles technologies renouvellent complètement la dynamique d’innovation.

Les 4V du Big Data

Le caractère pervasif du Web 4.0 dans nos vies quotidiennes

Les changements engendrés par le Web 4.0 sont nombreux et expliqués dans cette vidéo. Certains individus pensent que l’Internet des Objets possède la capacité de changer le monde par sa force de pénétration et la puissance qu’il a d’imprégner rapidement plusieurs domaines de notre quotidien.

Effectivement, les objets connectés nous dispensent de certaines tâches. Leur visée est utilitaire et veut faciliter la vie des usagers.

Dans le domaine de la santé, les objets connectés jouent sur la sécurité et l’aide à la personne, par le biais de la géolocalisation.

Par ailleurs, le concept de maison intelligente, ou « Smarthome » prend de l’ampleur via un système de domotique de plus en plus complet (portes, chauffage, lampes, réfrigérateurs, machines à laver…). Tout ce qu’il est possible de connecter devient une réalité!

Parallèlement, le phénomène de « Smart City » se développe progressivement. Les objets sont connectés cette fois à l’échelle d’une ville (voitures autonomes et partagées, drones, réalité augmentée…).

Enfin, dans le domaine de l’industrie, on voit apparaître le concept de « Industrie 4.0 ». Il s’agirait d’une nouvelle révolution industrielle, impulsée par le Web. Ce bouleversement impacte aussi bien la production que la distribution (nourriture délivrée par des robots autonomes, par exemple).

Drone connecté au smartphone

Un monde digital né sous l’impulsion de la 5G?

En télécommunications, l’appellation 5G désigne la 5ème génération des standards de téléphonie mobile. En termes de débits, ceux-ci sont encore plus rapides que la 4G! Il s’agit de la technologie clé du Web 4.0, car elle permettrait de répondre à l’innovation des objets connectés et du « tout internet » ou « Internet of Everything ».

Une innovation destructrice? Cliquez pour en apprendre plus

Charlotte Goffin

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à liker et partager sur

 

Références :

  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Séquence 7 : Communication Digitale. Pratique de la Communication, Université de Genève.

Coronavirus, l’épidémie 2.0: conseils et outils pour déceler les fake news

Written by Giacomo A.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Vous avez tous déjà sûrement reçu des fausses recommandations via Facebook, depuis le début de la crise du Covid-19. Comment les reconnaître et surtout comment faire pour les combattre? Découvrez comment devenir un internaute averti en 5 conseils! Dans son MOOC «Innovation, Médias et Transformation digitale», l’institut Medi@lab de l’Université de Genève vous fournit les outils pour privilégier une information fiable et de qualité!

Modèle d’affaires des géants du numérique et fake news, ou l’histoire de l’arroseur arrosé

Tout d’abord, un constat: les fake news sur le Covid-19 se multiplient depuis le début de la crise. Les grands acteurs du numérique, comme Facebook, Amazon et Google, assurent pourtant mettre en place des actions contre les fake news

Le problème est que le modèle d’affaires de ces acteurs numériques est basé sur le partage de ces fausses informationsPrenons l’exemple de Facebook et de son modèle fondé sur la publicité, l’équation est simple : plus les membres du réseau social interagissent et partagent du contenu, plus ils vont susciter des clics et plus Facebook gagnera de l’argent! 

Roger McNamee, ancien conseiller de Mark Zuckerberg et aujourd’hui grand critique du réseau social, déclarait en septembre dernier dans le journal «Le Temps»: « Facebook a beau s’impliquer contre les discours haineux, les  fake news  ou les théories du complot, c’est précisément le contenu qui fait le plus réagir, le contenu qui est le plus partagé – et c’est exactement ce que cherche à faire Facebook ». 

En considérant la véritable nature des réseaux sociaux, nous sommes en droit de nous demander : dans ce contexte, les grands acteurs du numériques peuvent-ils vraiment combattre les fake news efficacement? 

Les 5 conseils pour combattre les fake news

Maintenant que vous savez comment fonctionne le monde merveilleux de Facebook, Google ou encore Amazon, il ne vous reste plus qu’à connaître les conseils à suivre et les bons outils pour distinguer fake news et information de qualité!

Tout d’abord, voici les 5 conseils pour déceler les fake news:

  • Regardez en détail les photos, les vidéos, tout en les écoutant minutieusement. En effet, vous trouverez ainsi la réponse à vos questions sans aide extérieure.
  • Lisez les commentaires pour chaque photo ou vidéo vue sur le web! C’est là que vous trouverez la réponse. 
  • Ne laissez pas de place aux doutes! Cherchez la source d’une information vue sur les réseaux sociaux ou sur le web. Pour cela, retapez le texte, la légende ou le titre d’une photo, d’une vidéo sur un moteur de recherche ! Ceci marchera très souvent, car certains sites vont se copier entre eux pour essayer de vous tromper. 
  • Soyez prudents! Lorsque vous avez un doute ne partagez pas l’information! Faite attention à la légende, à la date ou encore au lieu d’origine et méfiez-vous des injonctions telles que «Partagez en masse!». 
  • Enfin, utilisez la recherche d’images inversées! Cela vous aidera  à comprendre l’origine de l’image. Utile, en particulier, pour vérifier si une image ou une vidéo correspond bien au contexte ou à la période donnée.

Les outils pour débusquer les fake news

Parfois, il vous faudra passer par des aides extérieures pour démêler le vrai du faux ! C’est pour cette raison que nous vous dévoilerons aussi les (bons) outils pour combattre les fausses informations. 

Le premier outil est Factuel, le fact-checking de l’AFP (Agence France-Presse). Cette dernière est une agence d’information composée d’un réseau de journalistes déployé sur 151 pays, leader mondial de l’investigation numérique. Cet outil est disponible en quatre langues – français, anglais, portugais ou espagnol – avec pour but de « présenter au public et aux médias des conclusions vérifiées sur des informations qu’ils voient circuler sur internet, qu’elles soient diffusées via  les réseaux sociaux, des articles de presse, des vidéos, ou des déclarations ». 

Le deuxième outil est le Décodex fondé sur une base de données qui fait référence à des centaines de sites. Cet outil indique en couleurs aux utilisateurs la fiabilité des sources. Le but étant d’inciter les internautes à vérifier une information avant de la partager. En outre, vous aurez le loisir de choisir entre trois outils : une extension sur Chrome ou Firefox, un moteur de recherche ou un bot Facebook, dont le rôle sera de vous aider à vérifier la fiabilité des informations. 

Vous vous rappelez du cinquième conseil pour déceler les fake news: « Utilisez la recherche d’images inversées » ? Et voilà les trois derniers outils, tous voués à mettre en pratique ce conseil sur diverses plateformes. 

Le premier TinEye vous consentira de trouver la source des photos employées hors contexte à des fins d’intox. Le deuxième CitizenEvidence est un outil crée par Amnesty International. Le principe est le même, mais cette fois pour les vidéos chargées sur Youtube. Enfin, un outil plus technique, mais diablement efficace pour voir si une photo a été modifiée est Fotoforensics. 

Voilà, maintenant vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas!  

Pour en savoir plus! 

Episode de la série “Yadebat” du 7 avril dernier (“Tataki”) !

Giacomo Annicchiarico

Participez activement à la lutte contre les fakes news en allant liker et partager cet article sur les réseaux de Medi@LAB-Genève

 

 

Références:

Konbini. (2019, janvier 2). 5 conseils pour débusquer les fake news [Fichier vidéo]. Consulté à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=-5BoejLNc9A
La chronique numérique – Les fake news sur le coronavirus se démultiplient – Radio. (2020, avril 28). Consulté à l’adresse https://www.rts.ch/play/radio/la-chronique-numerique/audio/la-chronique-numerique-les-fake-news-sur-le-coronavirus-se-demultiplient?id=11143594
Perrier, F. (2018, octobre 26). Fake news : 6 outils pour les traquer. Consulté à l’adresse https://www.frenchweb.fr/fake-news-6-outils-pour-les-traquer/339248
Seydtaghia, A. (2019, septembre 27). Roger McNamee: «Facebook crée une poupée vaudoue de nous». Le Temps. Consulté à l’adresse https://www.letemps.ch
Seydtaghia, A. (2020, mars 17). Coronavirus: Facebook, Amazon et Google sont des pompiers pyromanes. Le Temps. Consulté à l’adresse https://www.letemps.ch

Fake News : La maladie numérique du 21ème siècle

Written by Charlotte G.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Fake News: La maladie numérique du 21ème siècle

La disparition progressive d’une information de qualité au détriment de l’intox s’insère directement dans le contexte de la «Googlization des médias» et plus largement de la transformation digitale. Devenez des défenseurs avertis de l’information en seulement 5 minutes de lecture ! L’institut Medi@LAB de l’Université de Genève, autour du MOOC «Innovation, Médias et Transformation digitale», vous donne des réponses.

Fake News: Un terme à la mode aujourd’hui, mais d’où provient-il ?

Source Buzzsumo

Le 10 décembre 2016, environ un mois après son élection, Donald Trump utilise pour la première fois l’expression «fake news» dans un tweet. Au départ, le Président américain pointait du doigt les médias véhiculant des informations néfastes à son propos. Mais le phénomène a pris de l’ampleur… et s’étend en 2020 à l’échelle mondiale.

Bien que ce concept soit largement utilisé de nos jours, une fake news désigne avant tout de faux articles, des informations erronées et partagées en masse sur les réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de l’intention de l’émetteur (désinformation) ou d’une erreur (misinformation), les fake news sont en croissance exponentielle. Les réseaux sociaux ouvrent ainsi un nouveau chapitre de l’information, parfois appelé «ère de la post-vérité».

Le numérique: Acteur et coupable ?

Internet est considéré comme le 6ème média de masse, avec pour particularité la personnalisation des contenus et l’interactivité des internautes sur la Toile.

Cliquez pour agrandir! Source Statista

ATAWAD: Any Time, Any Where, Any Device. Cet acronyme résume parfaitement le monde numérique actuel, basé sur une indispensable mobilité. Les utilisateurs sont poussés implicitement à une consommation de masse de l’information, disponible en tout temps, en tout lieu et sur n’importe quel support. Les mobinautes sont actuellement plus nombreux que les internautes à l’échelle mondiale! Considérez que près de 70% de la population sur Terre navigue sur son smartphone, c’est-à-dire plus de 5 milliards d’individus!

De nombreuses expressions et néologismes ont vu le jour, décrivant alors cette surabondance de l’information en ligne.

  • «Infobésité» : contraction d’information et d’obésité
  • «Digital tsunami» (BADILLO & BOURGEOIS, 2015)
  • «Désordre informationnel» (WARDLE & DERAKHSHAN, 2017)

Finalement, elles signifient toutes la même chose: une avalanche d’informations.

La presse s’effondre dangereusement: Quels enjeux ?

Comme nous l’avons vu dans notre premier article, les piliers de la presse traditionnelle s’écroulent. Les réseaux sociaux numériques, tels que Facebook, occupent donc le terrain de l’information et s’apparentent à des acteurs indétrônables, dans la logique de «the winner takes all». Puissants et impitoyable, ils s’imposent dans le paysage médiatique de notre siècle.

D’un point de vue économique, la course au trafic et la monétisation des données amènent une défaillance de marché pour produire de l’information de qualité.

En conséquence, la crise de confiance dans les médias traditionnels grandit, car ceux-ci n’inspirent plus confiance aux lecteurs, qui perdent petit à petit goût à l’actualité…

On aperçoit également se dessiner un risque pour la démocratie. Une des solutions serait alors d’éduquer les nouvelles générations à ce paradigme digital et leur apprendre comment échanger et interagir dans l’espace public qu’est aujourd’hui Internet.

Pourquoi les Fake News sont si visibles et relayées sur Internet ?

Les fake news sont véhiculées par un mécanisme très particulier. Les réseaux sociaux, leur domaine de prédilection, contribuent fortement à leur diffusion planétaire. En effet, elles sont partagées et retweetées sur Twitter en majorité par des bots, des robots informatiques algorithmiquement construits. S’ajoute à cela la viralité de l’information: diffusion très rapide et souvent imprévisible d’un contenu. L’immédiateté du simple clic peut rapidement propulser une information à la tête de l’agenda médiatique.

Enfin, on note que les internautes 2.0 sont friands d’informations fraîches et privilégient les scoops à sensations, parfois aux dépens de leur fiabilité.

Les réseaux sociaux, par leur fonctionnement intrinsèque, sont donc les principaux acteurs du phénomène de fakes news. Soucieux de remédier à leur image et de participer à la lutte contre ces informations fallacieuses, Facebook et Twitter mettent en place une politique de signalement des contenus «partiellement faux».

Récemment, la célèbre plateforme de microblogging dénonce une vidéo, dont l’émetteur n’est autre que Donald Trump! Info ou Intox… à vous de juger!

Pour aller plus loin!

Émission Géopolitis, RTS Info – 18/01/2019

Charlotte Goffin

Vous souhaitez appliquer cette théorie à un cas d’actualité ? Allez lire «Coronavirus, l’épidémie 2.0: conseils et outils pour déceler les fake news »

Participez activement à la lutte contre les fakes news en allant liker et partager cet article sur les réseaux de Medi@LAB-Genève

 

Références :

  • Salerno, S. (2019). Séance 5 : Démocratie. Sociologie des médias, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Vanbremeersch, N. (2018). De quoi les fake news sont-elles le nom ?. Le Débat (n°200),15 – 22.
  • Daignes, G. (2019). Pour en finir avec les fake news. Le Débat (n° 204), 110 – 116.
  • Wardle, C. & Derakhshan, H. (2017). Information Disorder : Toward an interdisciplinary framework for research and policy making. Council of Europe Report (27).

La «Googlization des médias»: un changement de paradigme

Written by Giacomo A.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

La «Googlization des médias»: un changement de paradigme

La «Googlization des médias» correspond à un changement de paradigme. Il s’agit du passage d’un modèle de presse traditionnel à un nouveau, centré sur les grands acteurs du numérique. Ce nouveau modèle, basé sur la transformation digitale, crée une concentration des médias et transforme l’information en bien public.

Du modèle traditionnel de la presse à la «Googlization des médias» 

Dans l’ancien modèle de presse, les journaux définissaient une ligne éditoriale finalisée à la création d’une information et d’une audience. La presse fonctionnait donc sur un marché à deux versants: les recettes d’un journal étaient basées d’un côté sur le paiement des lecteurs et de l’autre côté sur les ressources de la publicité. 

Orl’information est aujourd’hui consommée avant tout sur les réseaux sociaux et sur le Web. En outre, la majorité des recettes de la publicité est vampirisée par les grands acteurs du numérique, avec les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) en figure de proue. Ces éléments ont favorisé l’émergence d’un nouveau modèle, celui de la  «Googlization des médias», introduit par les professeurs Badillo (Université de Genève) et Bourgeois (Université de Fribourg).  

Selon ce nouveau modèle, les médias recherchent avant tout du trafic sur le web et non plus de l’audience. La ligne éditoriale disparaît donc au détriment des données et du trafic de ces dernières. Voici les points clés qui caractérisent la «Googlization des médias». 

La concentration des médias, conséquence de la «Googlization»

La concentration des médias ne cesse d’augmenter en Suisse. En conséquence, le pluralisme diminue et les médias se concentrent toujours davantage.

En effet, les quatre grands groupes suisse(RingierTamediaAdmeira et NZZ) équivalaient à 54% du marché en 2005, alors qu’en 2017 le pourcentage s’élevait à 81%.

Aujourd’hui l’information de qualité se raréfie de plus en pluspuisque les entreprises du numérique se focalisent sur le trafic des données, point central de la «Googlization des médias». 

À titre d’exemple, Facebook et Google contrôlent les flux entrants du journal «Le Temps». En effet, en comparant la source de trafic des réseaux sociaux et celle dérivante des moteurs de recherche, le résultat est le suivant: 86% du trafic dérive de Facebook, tandis que 99% (ouivous avez bien lu!) provient de Google. 

Vous pouvez donc constater que Google et Facebook ont la mainmise sur les flux entrants de données menant à la majorité des médias! 

L’information devenue bien public 

En parlant d’information, nous nous référons à une information de qualitéessentiellement produite par la presse écrite. Le passage à l’ère de la «Googlization» fait de l’information un bien public. Un bien public est par définition non excluable, et non rivalEn effetl’information est non excluable car elle circule amplement via les sites web et les réseaux sociaux ; elle est non rivale, car la lecture d’un article online nen privera pas quelqu’un d’autre. 

Nous en revenons à la notion de gestion du trafic et des Data, objectif prioritaire des acteurs du numérique. En effet, ces derniers ne produisent pas d’information, mais ils se limitent à la polariser au moyen du trafic des données. Le grand perdant se trouve être la presse qui voit fuiter son information de qualité tout en perdant ses recettes publicitaires au détriment des grands acteurs du numérique.

Comment la Presse va-t-elle renouveler son modèle pour faire face à cette information rendue accessible gratuitement?

La suite dans les prochains articles!

GA de l’équipe Medi@lab

 

 

Le monopole des GAFAM : acteurs indétrônables du Web ?

Written by Charlotte G.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Le monopole des GAFAM : acteurs indétrônables du Web?

Au cœur de la révolution numérique, le 21ème siècle est marqué par l’hégémonie des géants du Web. Plus communément, l’acronyme «GAFAM» désigne successivement Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Envahissant notre quotidien et détenant un pouvoir non négligeable sur nos vies d’utilisateurs, ces puissantes multinationales sont-elles vouées à devenir les « maîtres du monde » ?  

Qui sont-ils?

Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Bill Gates… Difficile de ne pas connaître ces références iconiques! En effet, ces innovateurs à succès sont souvent qualifiés de visionnaires et leur nom doit sûrement résonner dans votre esprit. Appelés également les «Big Five», ou «the Five», ils dominent aujourd’hui le marché du numérique. Plus largement, ils appartiennent à un ensemble grandissant de multinationales de l’économie digitale, comprenant par exemple AirBnB ou Uber. 

En termes de capitalisation boursière, ces entreprises ont atteint le seuil symbolique des 1 000 milliards. Cette somme faramineuse leur confère le statut d’entreprises avec les plus hautes valeurs de marché au monde. En comparaison, il s’agit de l’équivalent du PIB d’un pays tel que l’Indonésie! 

« Innover, c’est savoir abandonner des milliers de bonnes idées »

Steve JOBS

Quelle recette magique de succès?  

Cliquez dessus pour agrandir !

Le modèle économique ou «business model» est la manière dont l’entreprise va générer de la rentabilité. À ne pas confondre avec le modèle d’affaires, qui est propre à chaque entreprise et possède donc une infinité de variantes! 

Le modèle économique des GAFAM repose sur la gratuité des services. Au fond, ce n’est rien d’autre quune illusion comme le rappelle le célèbre adage «si c’est gratuit, c’est que le produit c’est vous». Effectivement, à partir d’une activité de cœur, dont le rôle n’est pas forcément de générer des revenus, le but est de créer d’autres sources de revenus indirectes.C’est le cas de Facebook, pour qui les véritables clients sont les entreprises annonceurs. La puissance de ce géant numérique n’est autre qu’un ciblage publicitaire très pertinent. 

Comment cela fonctionne? Lorsque l’internaute navigue sur le Web, vous par exemple à ce moment précis, il laisse des traces de son activité, ce que l’on appelle des «data». Ces données personnelles, une fois collectées, permettent aux entreprises de dresser un profil de consommateur. Ce dernier va des affinités, aux comportements de navigation, jusqu’à l’historique de commande… Tout ceci étant recoupé avec les données de l’entourage de l’utilisateur. 

L’enjeu ici relève de l’exploitation du data par les entreprises. Il pose ainsi diverses questions sociétales et éthiques. Les lois se développent de manière progressive afin de s’adapter à ces nouveaux acteurs et les changements qu’ils opèrent.

La mort de la concurrence?  

La toute puissance des GAFAM est basée sur de nouvelles économies numériques, provoquant une disruption avec les anciens modèles. Ainsi, un phénomène de concentration laisse peu de place à une potentielle concurrence… au point que la France détermine même une mesure spéciale, dénommée «taxe GAFA» en 2019. Cette loi concerne les services numériques et part du principe phare suivant : grâce à l’activité de l’utilisateur, créant de la valeur, les multinationales se développent et surtout s’enrichissent. Ainsi, l’idée de ce projet est de taxer ces entreprises surpuissantes à hauteur de 3% du chiffre d’affaires réalisé. 

On observe également un phénomène dit «acquisition tueuse» : explicitement, le rachat de start-up innovantes qui développent des services concurrents. Le but consiste à «les mettre en sommeil» et donc conserver une position de leader dans le domaine.  À l’avenir, la situation monopolistique des GAFAM pourrait bien constituer une menace pour l’économie et la société…

Quel futur pour les GAFAM? 

La domination de ces cinq géants du Web va provoquer incontestablement des bouleversements majeurs d’ici 2022. Leur pouvoir va-t-il se renforcer avec le temps? Ou au contraire, va-t-il s’épuiser afin de laisser place à l’apparition de nouvelles ressources?  

CG de l’équipe Medi@lab

Pour aller plus loin !

Documentaire réalisé par Yannick Adam de Villiers, diffusé sur France2 le 01/11/18