Une nouvelle ère des réseaux: les lois de Moore et Metcalfe

Written by Lisa F.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Metcalfe, presse-agrumes et Bitcoin

 

Source: pixabay

Dans les années 70, Robert Metcalfe crée l’Ethernet. Avec cette innovation, il affirme que « l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ceux qui l’utilisent ». Cette loi est à présent au cœur de la transformation digitale et nous permet de comprendre l’engouement des réseaux sociaux, mais aussi le fonctionnement d’évolutions numériques telles que le Bitcoin.

Bien avant l’arrivée des réseaux sociaux modernes, des chercheurs comme Milgram et Granovetter avaient déjà démontré l’importance des réseaux humains, notamment dans la recherche d’emploi ou dans la transmission de courrier (voir La Théorie du Petit Monde de Milgram). Robert Metcalfe, ingénieur aujourd’hui retraité, va s’inspirer d’un réseau de communication de l’Université de Hawaï afin de créer un protocole de transmission de données informatiques, que l’on connaît sous le nom d’Ethernet. C’est ainsi qu’il parvient à mathématiser les recherches de ses prédécesseurs à l’ère moderne. A ce jour, Facebook et Instagram, et plus récemment TikTok, suivent tous la loi de Metcalfe, expliquée plus simplement dans les prochaines lignes.

Metcalfe et le presse-agrumes

« L’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ceux qui l’utilisent ». Telle est la théorie mise en avant par Robert Metcalfe. Oui, mais encore ? Pour les effrayés de la mathématique, cela signifie simplement que plus un réseau a d’utilisateurs, plus il gagne en valeur. Par exemple, imaginons que vous vouliez vendre le vieux presse-agrumes de votre grand-maman sur un site de vente en ligne : vous avez le choix entre, d’une part, un site au design et à la prise en mains agréables, sur lequel il y a deux membres. D’autre part, on vous propose un site très basique, dont les fonctionnalités sont limitées, mais qui est utilisé par une large communauté. Lequel choisirez-vous ? Selon une logique d’offre et de demande, vous choisirez probablement la deuxième plateforme, car le nombre d’utilisateurs élevé multiplie vos chances de trouver des demandeurs pour acquérir votre bien. Peut-être ne le saviez-vous pas, mais c’est une parfaite représentation de la loi en question : plus le réseau de la plateforme de vente en ligne est grand, plus il aura de valeur pour un vendeur.

Le Bitcoin

Plus concrètement, cette théorie trouve un terrain de jeu dans le domaine économique et notamment dans celui de la cryptomonnaie. Aujourd’hui, la société de Marck Zuckerberg vaut environ 500 milliards de dollars grâce au nombre d’individus qui chaque jour se connectent à Facebook. Si ce nombre devait diminuer de moitié, la valeur du réseau social en serait considérablement impactée elle aussi. Le même fonctionnement s’applique au Bitcoin, cette monnaie virtuelle créée il a une dizaine d’années : fin janvier 2020, sa valeur était de 8’897,64 dollars, alors qu’en 2010 elle n’en valait que quelques centimes. Pourquoi un tel changement ? La raison tient en huit lettres. Metcalfe ! En effet, il y a actuellement une trentaine de millions de personnes qui se prêtent au jeu de la cryptomonnaie, ce qui a pour conséquence d’agrandir le réseau et ainsi d’en augmenter la valeur.

La loi de Metcalfe est un fondamental de la transformation digitale car elle démontre l’importance du lien entre les utilisateurs et les nouvelles technologies : sans utilisateurs, une innovation n’a pas de valeur et par extension, pas d’utilité. Il convient alors de se demander comment cette conception des réseaux a façonné notre société moderne et quelle en sera l’évolution prochaine.

JNA/LFR

Une nouvelle ère des réseaux: les lois de Moore et Metcalfe

Written by Jennifer N.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Dans le cadre du lancement d’un MOOC en innovation, médias et transformation digitale par l’Université de Genève, nous vous présenterons des sujets relatifs à la transformation digitale durant les deux prochains mois. Cette semaine, nous vous décortiquons les lois de Moore et de Metcalfe.

Evolution de la loi de Moore

 

Source: wikipedia.org

 

En 1965, Gordon Moore annonce qu’à coût constant le nombre de transistors présents dans les ordinateurs doublerait tous les deux ans. Provoquant ainsi une augmentation constante de la puissance des ordinateurs à des prix toujours décroissants.

Lorsqu’on évoque la transformation digitale, l’une des premières choses qui nous vient à l’esprit est probablement l’ordinateur. Bien que cet objet fasse désormais partie de notre quotidien et semble être un élément indispensable au fonctionnement de notre société moderne, il n’a pas toujours été si performant et facile à transporter. La loi de Moore explique en partie le progrès fulgurant de cette technologie. Pour mieux comprendre les enjeux de cette fameuse loi, un brin de contexte s’impose.

Histoire

En 1965, le premier mini-ordinateur apparaît. Un progrès majeur compte tenu de la taille des ordinateurs jusque-là. C’est l’association de deux technologies, les transistors et les circuits intégrés, qui a permis une telle innovation. Inventé en 1947, le transistor est, pour résumer, un composant d’un système électronique permettant de contrôler un courant. Plus tard, en 1958, arrive le circuit intégré, plus communément appelé puce électronique. Ces puces regroupent sur une petite surface, les composants électroniques nécessaires au bon fonctionnement des ordinateurs, dont les transistors. C’est l’alliance de ces deux technologies qui a permis d’abandonner les circuits externes utilisés jusqu’alors, réduisant ainsi l’espace nécessaire au développement des ordinateurs et ouvrant de nouvelles perspectives d’amélioration.

 

Source: thedayintech.wordpress.com & pixabay

Loi de Moore

C’est en observant les avancées réalisées à cette époque que Gordon Earle Moore – un des trois fondateurs de l’entreprise Intel – propose, en 1965, la théorie suivante : à coût égal, la complexité des circuits intégrés double tous les deux ans. Dix ans plus tard, il reformule sa proposition en précisant que ce ne sont pas les circuits qui deviennent plus complexes mais que c’est le nombre de transistors présents dans ceux-ci qui double tous les deux ans.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Simplement que les transistors présents dans les circuits intégrés vont diminuer en taille tout en augmentant en nombre, et ce, de manière exponentielle. Ceci entraîne, chaque 24 mois, une réduction de la taille et des coûts des ordinateurs tout en augmentant leur puissance. 

Mort de la loi de Moore ?

Même si les dernières décennies ont donné raison à Gordon Moore, cette loi se trouve à la fois au cœur de la transformation digitale mais aussi aux limites de celle-ci. Avec un nombre de transistors doublant tous les deux ans, un ordinateur devient obsolète au moment de sa première utilisation. Cependant, on assiste actuellement à un ralentissement de croissance des puces électroniques qui ne se fait plus chaque deux ans. La loi de Moore serait-elle morte ? Pas vraiment. Moore lui-même avait prédit qu’à partir de 2017 cette croissance se heurterait à une limite physique : la taille des atomes. Arrivera donc un moment où il ne sera plus possible de réduire la taille des circuits. D’ici là, un autre dispositif permettra peut-être aux ordinateurs d’augmenter leur performance.

Pour en savoir plus

LFR/JNA