Réseaux de diffusion: l’implantation tardif du télégraphe en Suisse

Written by Isabelle A.. Posted in La galaxie Marconi, l'ère des réseaux de diffusion

[MOOC: Innovations, Médias et Transformation digitale] Multiples sont les découvertes majeures à travers l’histoire, théories et innovations qui ont mené à une communication qui s’exploite pourtant de façon si évidente aujourd’hui. Dans le cadre d’un cours au sein du master de Médi@LAB de l’Université de Genève, nous nous sommes intéressées à l’implantation du télégraphe, qui se situe au commencement de cette épopée, et plus particulièrement au cas de la Suisse.

Transmettre des informations simples d’un point à un autre. Voilà le but du télégraphe optique de Chappe, créé en 1794 en France. Ce premier outil de télécommunication a permis de relier Lille à Paris et à ce stade, il est utilisé à des fins militaires uniquement. Si cette communication à distance paraissait comme une réelle innovation, elle ne garantissait cependant pas la transmission en cas de mauvais temps. Selon l’ouvrage « Les 100 mots de la télécommunication » de Dominique Roux et Patrick-Yves Badillo, c’est grâce à des découvertes essentielles quelques années plus tard, la première ligne de télégraphe électrique est inaugurée et mise à disposition de la population en 1839. Et même si le système restait limité à 17 mots par minutes, on assistait aux prémices de la communication en Europe !

La Suisse va à son rythme…

Le personnel télégraphique du bureau du télégraphe de Lucerne, 1856-7. Source: Musée de la communication, Berne

Il faudra attendre le début des années 1850 pour que la Confédération implante ses premières lignes, se positionnant en dernière place des pays en voie d’industrialisation. L’impulsion du développement des infrastructures télégraphiques et par la suite téléphoniques, est la guerre civile du Sonderbund en 1847. Diffuser le télégraphe au moment où la Confédération est transformée en un État moderne permettait « une influence salutaire fortifiante sur l’unité morale ou matérielle du pays ». C’est ce qu’a affirmé la Commission du Conseil national sur l’établissement du réseau télégraphe électrique en Suisse dans un rapport le 27 décembre 1851. Si elle a, elle aussi, opté pour la création d’un réseau télégraphique, c’est pour une utilisation de contrôle et de défense du territoire en premier lieu.

D’une utilisation militaire à une cohésion sociale

Télégraphe, 1850. Source: Musée de la communication/Daniel Rihs (photo)

1848 est une date qui fait tilt en Suisse ! La nouvelle Confédération connaissait à cette période un réel processus de démocratisation, et le domaine des télécommunications n’en a pas été épargné. Il lui paraissait important de donner accès aux réseaux au plus grand nombre de la population, contrairement à la majorité des pays voisins qui eux limitaient l’autorisation à certaines classes sociales. C’est pourquoi des directives de tarifs bas donnaient la possibilité d’utiliser les télégraphes dans un but de faciliter les relations des publics. Le gouvernement suisse jugeait les télécommunications comme indispensables à la vie sociale du pays. Bien que la Suisse soit souvent considérée comme retardataire dans certains domaines, on ne peut lui reprocher d’avoir été sur le premier front des aspects sociaux dans les télécommunications.

Les médias publics en Suisse

Written by Chen X.. Posted in Service public et médias

Les médias publics suisses existent depuis presque cent ans, mais ils étaient confrontés, en 2018, à l’heure du grand débat « No Billag » : Faudrait-il supprimer les redevances radio et télévision ?

Source de l’image : https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/detec/votations/initiative-no-billag.html

 

Le parcours de la Société Suisse de radiodiffusion et télévision

Afin de permettre à de nombreuses radios régionales dispersées de réaliser une planification globale et des opérations coordonnées, la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) a été officiellement fondée en 1931. Les premières stations nationales de radio et de télévision de la SSR étaient installées en Suisse romande, puis dans les régions germanophones et italophones, finalement en Suisse romanche, suite à l’introduction de la langue romanche comme quatrième langue nationale en 1938.

Les programmes aux chaînes de radio et de télévision diffusés s’agissent de Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) en allemand, Radio Télévision Suisse (RTS) en français, Radiotelevisione svizzera (RSI) en italien et Radiotelevisiun Svizra Rumantscha (RTR) en romanche. En plus de ces programmes, le site swissinfo.ch (SWI) propose les services internationaux de diffusion d’informations de radio et de télévision de la Suisse en dix langues.

 

Initiative « No Billag », oui ou non ?

Le 4 mars 2018, les Suisses faisaient face à l’initiative « Oui à la suppression des redevances radio et télévision », connue sous le nom de « No Billag ». Les entreprises et les ménages privés devaient s’acquitter de la redevance audiovisuelle qui s’élevait à 451 francs par année. Cette initiative populaire fédérale visant la suppression de la redevance audiovisuelle favorise l’accès gratuit au contenu des médias publics. Toutefois, une ressource financière moins élevée pourrait affaiblir les agences de service public, qui nuirait la qualité et la diversité des médias suisses.

Le résultat des votations du 4 mars 2018 avait conduit à un résultat opposé de 71,6%, l’idée de s’appuyer sur la technologie digitale pour obtenir des informations gratuites et de qualité n’a finalement pas convaincu le peuple suisse. Suite à ce débat, les médias publics suisses se retrouvent face à une révolution économique et stratégique : ils doivent minimiser les coûts de production, tout en gardant la même qualité de contenu. A l’avenir, l’arrivée de l’ère numérique est un défi à relever pour capter l’audience des jeunes.

Les enjeux des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Aujourd’hui, le devenir des médias publics est une question centrale dans notre société. Le numérique prend peu à peu la place des médias traditionnels. En Suisse, les médias publics sont l’objet d’un grand débat parlementaire et public. Quel est l’avenir des médias de service public ?

 

Service public et médias

Le service public s’occupe de la gestion des biens publics purs et des biens collectifs. Ces biens ont deux caractéristiques importantes : la non-rivalité et la non-exclusion. La télévision a toujours répondu à ces deux critères mais cela a changé avec le numérique où il est possible de faire payer. En Suisse, le service public audiovisuel est confié à la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) et à des entreprises privées ayant un mandat de service public.

Le média public doit pouvoir répondre aux besoins de la population en intégrant la logique du service public. La notion de médias publics est apparue très récemment avec l’idée que le cloisonnement des différents médias n’a plus de sens. Les informations doivent pouvoir être transmises en s’adaptant aux différents publics et donc utiliser différents supports. Le numérique a totalement bouleversé les médias.

 

Le paradoxe des médias publics

Les médias de service publics ont pour vocation d’informer l’ensemble des citoyens. Cette vocation va à l’encontre des médias privés qui, eux, ont pour but de maximiser leur audience. Ce but de maximisation découle directement du financement par la publicité ou l’abonnement : plus il y a d’audience, plus il y aura d’abonnements, ainsi, le coût des publicités sera plus élevé.

Les médias privés ne sont donc pas indépendants, au contraire des médias de service publics qui se doivent de l’être. Cet objectif n’est pourtant pas simple à mettre en œuvre. Les médias de service public veulent attirer des publics diversifiés pour pouvoir continuer à vivre face au numérique. Mais ils doivent aussi fournir des services pas forcément demandés par les usagers afin de répondre à ses devoirs. La question de la « valeur publique » est centrale face à ces enjeux de taille.

Une nouvelle ère des réseaux: les lois de Moore et Metcalfe

Written by Lisa F.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Metcalfe, presse-agrumes et Bitcoin

 

Source: pixabay

Dans les années 70, Robert Metcalfe crée l’Ethernet. Avec cette innovation, il affirme que « l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ceux qui l’utilisent ». Cette loi est à présent au cœur de la transformation digitale et nous permet de comprendre l’engouement des réseaux sociaux, mais aussi le fonctionnement d’évolutions numériques telles que le Bitcoin.

Bien avant l’arrivée des réseaux sociaux modernes, des chercheurs comme Milgram et Granovetter avaient déjà démontré l’importance des réseaux humains, notamment dans la recherche d’emploi ou dans la transmission de courrier (voir La Théorie du Petit Monde de Milgram). Robert Metcalfe, ingénieur aujourd’hui retraité, va s’inspirer d’un réseau de communication de l’Université de Hawaï afin de créer un protocole de transmission de données informatiques, que l’on connaît sous le nom d’Ethernet. C’est ainsi qu’il parvient à mathématiser les recherches de ses prédécesseurs à l’ère moderne. A ce jour, Facebook et Instagram, et plus récemment TikTok, suivent tous la loi de Metcalfe, expliquée plus simplement dans les prochaines lignes.

Metcalfe et le presse-agrumes

« L’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ceux qui l’utilisent ». Telle est la théorie mise en avant par Robert Metcalfe. Oui, mais encore ? Pour les effrayés de la mathématique, cela signifie simplement que plus un réseau a d’utilisateurs, plus il gagne en valeur. Par exemple, imaginons que vous vouliez vendre le vieux presse-agrumes de votre grand-maman sur un site de vente en ligne : vous avez le choix entre, d’une part, un site au design et à la prise en mains agréables, sur lequel il y a deux membres. D’autre part, on vous propose un site très basique, dont les fonctionnalités sont limitées, mais qui est utilisé par une large communauté. Lequel choisirez-vous ? Selon une logique d’offre et de demande, vous choisirez probablement la deuxième plateforme, car le nombre d’utilisateurs élevé multiplie vos chances de trouver des demandeurs pour acquérir votre bien. Peut-être ne le saviez-vous pas, mais c’est une parfaite représentation de la loi en question : plus le réseau de la plateforme de vente en ligne est grand, plus il aura de valeur pour un vendeur.

Le Bitcoin

Plus concrètement, cette théorie trouve un terrain de jeu dans le domaine économique et notamment dans celui de la cryptomonnaie. Aujourd’hui, la société de Marck Zuckerberg vaut environ 500 milliards de dollars grâce au nombre d’individus qui chaque jour se connectent à Facebook. Si ce nombre devait diminuer de moitié, la valeur du réseau social en serait considérablement impactée elle aussi. Le même fonctionnement s’applique au Bitcoin, cette monnaie virtuelle créée il a une dizaine d’années : fin janvier 2020, sa valeur était de 8’897,64 dollars, alors qu’en 2010 elle n’en valait que quelques centimes. Pourquoi un tel changement ? La raison tient en huit lettres. Metcalfe ! En effet, il y a actuellement une trentaine de millions de personnes qui se prêtent au jeu de la cryptomonnaie, ce qui a pour conséquence d’agrandir le réseau et ainsi d’en augmenter la valeur.

La loi de Metcalfe est un fondamental de la transformation digitale car elle démontre l’importance du lien entre les utilisateurs et les nouvelles technologies : sans utilisateurs, une innovation n’a pas de valeur et par extension, pas d’utilité. Il convient alors de se demander comment cette conception des réseaux a façonné notre société moderne et quelle en sera l’évolution prochaine.

JNA/LFR

Le bonheur des GAFAM fait le malheur de la presse

Written by Marie O.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »¦ Le cours en ligne de l’Université de Genève et du Medi@LAB vous propose une approche afin de comprendre la transformation digitale et la société numérique : les trois horloges.  Cette approche aide à saisir la montée en puissance des GAFAM et la chute des médias traditionnels.

L’horloge technologique imprime le tempo de l’économie mondiale. L’horloge économique suit le mouvement, les GAFAM en sont l’exemple.

Mille milliards de dollars. C’est en 2019 la valeur boursière astronomique de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft selon les statistique du site statista.fr. Les dites GAFAM deviennent à ce jour, les plus grosses sociétés numériques jamais cotées. Mille milliards de dollars. C’est plus que le produit intérieur brut de pays comme les Pays-Bas, l’Arabie Saoudite, la Turquie ou la Suisse. L’évolution des GAFAM est vertigineux : Parmi ces entreprises stars de la Silicon Valley californienne, certaines ont à peine 20 ans. Facebook, créé en 2004 va totaliser en début d’année 2019 plus de 2,3 milliards d’utilisateurs actifs mensuels.  Google voit le jour en 1998 et rachètera Youtube en 2006. Le site comptabilise à l’heure actuelle plus d’un milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour. Comment expliquer cette montée des GAFAM ?

GAFAM s’emparent des dernières technologies

Pour répondre à cette question on peut se servir du concept des trois horloges présenté dans l’article « Allons-nous vers une utopie ou vers une dystopie numérique ? ». Le voile est levé par le Professeur Badillo dans sa récente thèse  des « trois horloges de la société de l’information ». L’horloge technologique « imprime le tempo de l’économie mondiale », écrit-il. L’horloge économique suit le mouvement, les GAFAM en sont l’exemple. La montée en puissance des GAFAM est donc conditionnée par la technologie dont les GAFAM s’en servent : l’internet, le smartphone, les algorithmes ou la technologie des circuits intégrés. Ces derniers deviennent par exemple rapidement le point fort d’Apple qui propose dans ses produits, une autonomie de batterie plus préservée.

Les jeunes s’informent plus sur les réseaux sociaux qu’avec les médias traditionnels. Image: Canva

Des gagnants et des perdants

Ce développement implique non seulement des gagnants mais aussi des perdants. Qui sont-ils ? L’exemple emblématique sont les médias traditionnels. Les consommateurs cherchent à s’informer de plus en plus via les réseaux sociaux ou les moteurs de recherches. Ils sollicitent donc moins les canaux de médias traditionnels tels que la radio, la télévision et la presse écrite. Résultat : Une chute des revenus des médias traditionnels qui en paient fort le prix. 31 pays de l’OCDE, enregistrent entre 2000 et 2008, une baisse de 2,7% du tirage total de leur quotidiens. Cette évolution ne fait pas halte devant la Suisse. Elle engendre par exemple un lot des difficultés pour la presse Suisse. À commencer par la disparition de l’Hebdo et du Matin papier ou la consolidation de la presse à travers des reprises ou des fusions.

Est-ce qu’il est déjà trop tard pour les médias pour attraper leur décalage à l’horloge technologique et les GAFAM ? Quelles stratégies pourraient-ils employer ? Ces questions restent ouvertes. Inscrivez-vous au MOOC pour trouver vos propres réponses.

 

Allons-nous vers une utopie ou vers une dystopie numérique ?

Written by Timon S.. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦ MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Vous êtes en recherche d’une formation continu pour mieux comprendre la transformation digitale ? Un cours en ligne de l’Université de Genève et du Medi@LAB pourrait être la solution parfaite pour vous. Il porte notamment sur un concept clé pour comprendre la société numérique : les trois horloges.

Les horloges technologique, économique et sociale tournent avec des rythmes différents.

La technologie c’est dieu. Elle va résoudre tous les maux de l’homme. Voire le rendre immortel. Ayez un peu de patience. Bientôt vous auriez le paradis sur terre. Cette vision n’est pas un conte de fées mais le projet poursuit par des futuristes de la Silicon Valley dont le plus connu est Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google. La technologie de communication nous a notamment offert des inventions exceptionnelles ces dernières décennies : le smartphone, les réseaux sociaux, et l’intelligence artificielle. Mais ces inventions sont-ils vraiment au profit de tout le monde ? Ou est-ce seulement un nombre restreint d’entreprises, de régions de la terre et de groupes sociaux qui en profitent principalement ? Pour mettre la lumière sur ces questions les chercheurs s’appuient sur« les trois horloges de la société numérique ».

L’horloge technologique serait sans pilote

L’idée de base de cette approche est que la dynamique de nos sociétés numériques peut être décryptée à travers trois horloges : Les horloges technologique, économique et sociale. « Notre approche distingue les rythmes désynchronisés de ces trois horloges », écrivent les chercheurs Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois dans un article publié en 2016. Patrick-Yves Badillo est Directeur du Medi@LAB de l’Université de Genève et Maître de conférences du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Le MOOC porte sur les trois horloges en guise de conclusion. Dans leur article, Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois constatent que l’horloge technologique accélère sans cesse et répond de moins en moins aux besoins sociaux. Elle serait mue par des mécanismes économiques privilégiant la rentabilité à court terme. Ils concluent que « nous sommes en direction de la dystopie ».

La technologie va-t-elle nous rendre immortel ? Image: canva

 

Comment tourner la roue ?

Pouvons-nous encore tourner la roue et aller vers l’utopie ? Dans les cinq articles prochains nous montrerons les enjeux de la société numériques et des solutions potentielles.

  1. Nous montrerons l’essor vertigineux des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les conséquences drastiques sur d’autres acteurs économiques comme la presse.
  2. Nous expliquerons le mythe techniciste de Ray Kurzweil et les critiques envers elle.
  3. Nous vous montrerons les disparités sociales suscitées ou amplifiées par les horloges économiques et techniques.
  4. Nous vous raconterons l’histoire de la TIC (technologie de l’information et de la communication) de la presse Gutenberg jusqu’aux réseaux sociaux.
  5. Enfin nous nous interrogerons sur les possibilités pour mieux harmoniser les rythmes des trois horloges et rapprocher l’humanité le plus que possible au paradis décrit par Ray Kurzweil.

Bonne lecture ! Et peut-être, à bientôt dans une salle numérique du MOOC.

Une nouvelle ère des réseaux: les lois de Moore et Metcalfe

Written by Jennifer N.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Dans le cadre du lancement d’un MOOC en innovation, médias et transformation digitale par l’Université de Genève, nous vous présenterons des sujets relatifs à la transformation digitale durant les deux prochains mois. Cette semaine, nous vous décortiquons les lois de Moore et de Metcalfe.

Evolution de la loi de Moore

 

Source: wikipedia.org

 

En 1965, Gordon Moore annonce qu’à coût constant le nombre de transistors présents dans les ordinateurs doublerait tous les deux ans. Provoquant ainsi une augmentation constante de la puissance des ordinateurs à des prix toujours décroissants.

Lorsqu’on évoque la transformation digitale, l’une des premières choses qui nous vient à l’esprit est probablement l’ordinateur. Bien que cet objet fasse désormais partie de notre quotidien et semble être un élément indispensable au fonctionnement de notre société moderne, il n’a pas toujours été si performant et facile à transporter. La loi de Moore explique en partie le progrès fulgurant de cette technologie. Pour mieux comprendre les enjeux de cette fameuse loi, un brin de contexte s’impose.

Histoire

En 1965, le premier mini-ordinateur apparaît. Un progrès majeur compte tenu de la taille des ordinateurs jusque-là. C’est l’association de deux technologies, les transistors et les circuits intégrés, qui a permis une telle innovation. Inventé en 1947, le transistor est, pour résumer, un composant d’un système électronique permettant de contrôler un courant. Plus tard, en 1958, arrive le circuit intégré, plus communément appelé puce électronique. Ces puces regroupent sur une petite surface, les composants électroniques nécessaires au bon fonctionnement des ordinateurs, dont les transistors. C’est l’alliance de ces deux technologies qui a permis d’abandonner les circuits externes utilisés jusqu’alors, réduisant ainsi l’espace nécessaire au développement des ordinateurs et ouvrant de nouvelles perspectives d’amélioration.

 

Source: thedayintech.wordpress.com & pixabay

Loi de Moore

C’est en observant les avancées réalisées à cette époque que Gordon Earle Moore – un des trois fondateurs de l’entreprise Intel – propose, en 1965, la théorie suivante : à coût égal, la complexité des circuits intégrés double tous les deux ans. Dix ans plus tard, il reformule sa proposition en précisant que ce ne sont pas les circuits qui deviennent plus complexes mais que c’est le nombre de transistors présents dans ceux-ci qui double tous les deux ans.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Simplement que les transistors présents dans les circuits intégrés vont diminuer en taille tout en augmentant en nombre, et ce, de manière exponentielle. Ceci entraîne, chaque 24 mois, une réduction de la taille et des coûts des ordinateurs tout en augmentant leur puissance. 

Mort de la loi de Moore ?

Même si les dernières décennies ont donné raison à Gordon Moore, cette loi se trouve à la fois au cœur de la transformation digitale mais aussi aux limites de celle-ci. Avec un nombre de transistors doublant tous les deux ans, un ordinateur devient obsolète au moment de sa première utilisation. Cependant, on assiste actuellement à un ralentissement de croissance des puces électroniques qui ne se fait plus chaque deux ans. La loi de Moore serait-elle morte ? Pas vraiment. Moore lui-même avait prédit qu’à partir de 2017 cette croissance se heurterait à une limite physique : la taille des atomes. Arrivera donc un moment où il ne sera plus possible de réduire la taille des circuits. D’ici là, un autre dispositif permettra peut-être aux ordinateurs d’augmenter leur performance.

Pour en savoir plus

LFR/JNA