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Devenir journaliste: les exigences ont changé !

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

Dans le cadre du projet MOOC « Innovation, médias et transformations digitales » les étudiants du master de Journalisme et communication de Genève vous invitent à une réflexion sur les médias à l’ère du numérique. Les articles qui suivent proposent un questionnement sur les formations des journalistes et des communicants.

Aujourd’hui, pour accéder au respectable titre de journaliste, une formation dans le domaine n’est plus requise. Alors que les écoles de journalisme continuent à offrir des formations de qualité, les journaux embauchent aussi bien des diplômés d’autres spécialisations tel que droit, mathématique ou encore géographie. Ce phénomène est qualifié de « malaise » entre les écoles de journalisme et les journaux (Sales, 1998).

Les exigences d’aujourd’hui pour accéder au métier de journaliste ne sont plus les mêmes qu’autrefois, c’est un fait. Les journalistes peuvent aujourd’hui avoir suivi différentes formations n’ayant aucun lien avec le domaine et présenter, pourtant, un bon profil pour le job. Comment cela se fait-il ?
Plusieurs spécialistes se sont penchés sur la question et en ont déduit que la révolution médiatique accompagnée de la crise économique sont les facteurs principaux qui ont influencé ce changement d’exigence au sein des agences de presse (Sales, 1998). Ainsi, c’est « un véritable festival de nouveaux médias, qui a bouleversé le paysage de la presse » (Sales, 1998). Autrement dit, l’informatique a totalement « modifié les processus de fabrication et (…) les métiers du journalisme ».

Un saut dans le passé

A l’époque, « les journalistes étaient issus des milieux intellectuels » (Charon, 1992,). Ils avaient fait de longues études et avaient des connaissances généralistes. Au fil du temps, des formations spécialisées en journalisme ont vu le jour, principalement afin de doter les journalistes d’une expertise dans les nouveaux médias (Charon, 1992) et de répondre aux exigences déontologiques des populations. Les écoles les plus réputées sont l’école de journalisme de Paris qui forme depuis 1899 et celle de Lille qui existe depuis 1924 (Badillo, 2020). Aujourd’hui, on considère que seulement 40% des journalistes sont des « vrais journalistes » (Sales, 1998). Comment conserver une certaine légitimité professionnelle dans la formation journalistque lorsque 60% des pigistes n’en ont pas suivi mais qu’ils possèdent autant de compétences que de « vrais journalistes ?»

Canva

Comment distinguer les « vrais journalistes » des « faux journalistes » ?

Un journaliste sur cinq a suivi une formation dans ce domaine (Sales, 1998). C’est un chiffre extrêmement bas. L’enquête de Sales débouche sur la création d’un nouveau concept : le vrai vs le faux journaliste. Sans surprise, le vrai est celui qui a suivi une formation structurée autour des dilemmes et des stratégies du journalisme. Il est préparé à subir toutes les pressions de la profession et connaît l’éthique et la déontologie du métier par coeur. Contrairement aux « faux journalistes », ayant suivi une spécialisation particulière dans un autre domaine et qui se forment au métier de journalisme par les expériences médiatiques qu’ils trouvent. Peut-être, qu’au final, tous deux sont aptes à nous transmettre clairement les informations que nous désirons. Cependant, le traitement de l’information ne sera pas le même.

À chacun son titre !

Ainsi, Sales propose une solution intéressante et cohérente : celle de spécifier exactement le titre des employés au sein des structures médiatiques(1998). Ceux ayant suivi une formation de journalisme obtiennent, par conséquent, le titre de journaliste qui témoigne de leur parcours académique. Les autres employés, qui, aujourd’hui, sont appelé journalistes car, concrètement, ils effectuent la même tâche que les journalistes eux-même avec une approche différente, se verront affecter une carte de presse (Sales, 1998). De cette manière, le titre de « journaliste » sera justement assigné aux personnes ayant étudié cette discipline dans des établissements qui portent son nom. Et, c’est ainsi que le terme « faux » journaliste n’aura plus raison d’être.

Pauline Sitbon
étudiante de Medi@LAB

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Références:
Charon J.-M., (1992). Journalisme : l’éclatement, dans : Réseaux, volume 10, n°52. La radio. pp. 97-114;
Sales C., (1998). Les écoles de journalisme : analyse d’un malaise, dans : Communication et langages, n°116, 2ème trimestre.
Cours « Innovation, médias et transformation digitale » donné par le Professeur Patrick-Yves Badillo, 2020

 

 

Garder ses principes ou survivre : le dilemme du journalisme

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

Le monde d’aujourd’hui a évolué de telle sorte que même les principes fondamentaux doivent être mis à jour. Il en est donc de même pour l’éthique journalistique dont la charte n’est plus respectée entièrement par ses professionnels.

Tout d’abord, rappelons-nous brièvement les principes et devoirs du métier de journaliste. Un journaliste a pour mission de rassembler des informations, de les traiter et de les diffuser à travers les médias à l’attention de la population. Il représente une sorte d’intermédiaire entre le pouvoir et le peuple et a donc une responsabilité sociale conséquente de par la légitimité que le peuple lui donne (Brunet P. J., 2001). D’ailleurs, celle-ci est rarement remise en cause, étant donné la stricte déontologie journalistique.


Pixabay

En effet, le journaliste se doit de respecter la vérité, de ne pas plagier, de « Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire » (OIJ, 1971) ou encore « faire la distinction entre nouvelle et publicité et éviter les informations qui mêlent les deux » (Sigma Delta Chi, 1996). Ces deux derniers points, provenant de deux chartes journalistes différentes, rappellent à quel point les métiers de journaliste et de communicant sont éthiquement opposés, malgré la relation d’interdépendance qui les lie (Lire aussi Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité ou Réseaux sociaux : une nouvelle arène et de nouvelles règles pour les journalistes et les communicants. pour mieux comprendre les enjeux de cette relation).

Le journalisme traverse aujourd’hui une crise dans laquelle il dépend financièrement des métiers de la communication, malgré leurs positions opposées. La situation des journalistes, principalement dans la presse, est si délicate qu’ils sont obligés de se promouvoir afin de retrouver une position stable dans le monde médiatique (Brunet P. J., 2001). Mais quelles sont les meilleures techniques permettant d’obtenir une meilleure visibilité auprès de la population et pouvant la séduire ?

Les techniques de la communication : un outil non-négligeable pour la reconquête de la presse.

Les journalistes se trouvent donc face à un dilemme. Le seul moyen qui leur permet de remonter la pente est officiellement condamné par leur charte. Inutile de rappeler qu’enfreindre les règles de la charte concernant les relations avec les communicants compromet leur légitimité auprès de leurs lecteurs. Cependant, la réalité d’aujourd’hui est différente et il serait peut-être temps pour cette institution de s’adapter à ce nouveau monde en évoluant avec lui. Ainsi, les lignes de la charte concernant les métiers de la communication devraient être légèrement assouplies de sorte à permettre aux divers médias souffrant de l’arrivée des nouvelles technologies d’utiliser ouvertement les techniques de communication pour se promouvoir. Cette visibilité leur permettra d’attirer plus d’audience et garantira une certaine sécurité financière. Nous conclurons notre réflexion par cette phrase énoncée par le Professeur P.-Y Badillo qui résume merveilleusement bien la situation :

« Cela ne sert à rien de changer ou d’opprimer le média, il faut l’accompagner et l’adapter à la société. »

Pauline Sitbon
étudiante de Medi@LAB

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Cet article a été rédigé grâce aux références suivantes:
– Brunet Patrick J. , L’éthique dans la société de l’information, 2001.
– Organisation internationale des journalistes (OIJ), Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, 1971.
– Sigma Delta Chi, Code déontologique de la société journaliste américaine, 1996.
– Cours « Innovation, médias et transformation digitale » donné par le Professeur Patrick-Yves Badillo

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Communicants et journalistes : une coopération dissimulée par une rivalité

Written by Pauline S.. Posted in Journalisme et communication

« Associés-rivaux » est le terme utilisé pour définir la relation entre les journalistes et les communicants. Cependant, leur association est bien plus forte qu’ils ne veulent laisser paraître : ils sont dépendants l’un de l’autre.

L’éthique journalistique et l’éthique communicante sont réputées pour défendre des valeurs différentes. La première est une supportrice de la démocratie et lutte pour la liberté. La seconde a pour priorité de défendre les intérêts commerciaux ou partisans de son employeur. Pourtant, les journalistes et les communicants ont parfois, et même souvent, intérêt à collaborer. Cette association leur est indispensable pour optimiser leur travail.

Les journalistes et les communicants trouvent leurs avantages dans une coopération

Pixabay, 2020

En effet, malgré les différends moraux, les journalistes sont avantagés par une telle collaboration pour deux motifs principaux.

D’abord, une telle collaboration leur donne un accès direct à des informations détaillées, déjà traitées et récentes. Cela leur permet également de gagner du temps car ils évitent de s’épuiser à la recherche d’informations. Grâce à ce contact avec des communicants, ils peuvent également espérer rencontrer des figures importantes d’entreprise pour des interviews par exemple. Du côté des communicants, l’échange d’information leur donne un certain pouvoir sur ce qui sera publié. En effet, ils agissent tel un filtre sur les données qui passent d’une entreprise aux médias, comme l’explique le Professeur Badillo.

Ensuite, cette collaboration constitue un revenu primordial pour la survie des journaux, grâce à la publicité. C’est bien connu, les journaux subissent aujourd’hui une crise financière qui menace leur existence. La publicité faisant partie intégrante des stratégies de communication, elle offre des avantages aux deux professions : un revenu aux journalistes et une visibilité aux projets des communicants.

Une relation compromise dans l’arène des réseaux sociaux

C’est pourquoi, aujourd’hui la collaboration entre journalistes et communicants devient de plus en plus importante. Elle sert les deux causes équitablement. Pour les journalistes, elle représente une aide indéniable pour le processus d’écriture et financièrement. Pour les communicants, elle constitue un appui décisif pour mener à bien leur stratégie de communication. Cependant, les règles de cette relation changent dans le monde des médias sociaux. En effet, les réseaux sociaux offrent de nombreux services, qui peuvent compromettre la bonne entente entre journalistes et communicants.