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Les enjeux des médias publics

Written by Laura Puglisi. Posted in Service public et médias

Aujourd’hui, le devenir des médias publics est une question centrale dans notre société. Le numérique prend peu à peu la place des médias traditionnels. En Suisse, les médias publics sont l’objet d’un grand débat parlementaire et public. Quel est l’avenir des médias de service public ?

 

Service public et médias

Le service public s’occupe de la gestion des biens publics purs et des biens collectifs. Ces biens ont deux caractéristiques importantes : la non-rivalité et la non-exclusion. La télévision a toujours répondu à ces deux critères mais cela a changé avec le numérique où il est possible de faire payer. En Suisse, le service public audiovisuel est confié à la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) et à des entreprises privées ayant un mandat de service public.

Le média public doit pouvoir répondre aux besoins de la population en intégrant la logique du service public. La notion de médias publics est apparue très récemment avec l’idée que le cloisonnement des différents médias n’a plus de sens. Les informations doivent pouvoir être transmises en s’adaptant aux différents publics et donc utiliser différents supports. Le numérique a totalement bouleversé les médias.

 

Le paradoxe des médias publics

Les médias de service publics ont pour vocation d’informer l’ensemble des citoyens. Cette vocation va à l’encontre des médias privés qui, eux, ont pour but de maximiser leur audience. Ce but de maximisation découle directement du financement par la publicité ou l’abonnement : plus il y a d’audience, plus il y aura d’abonnements, ainsi, le coût des publicités sera plus élevé.

Les médias privés ne sont donc pas indépendants, au contraire des médias de service publics qui se doivent de l’être. Cet objectif n’est pourtant pas simple à mettre en œuvre. Les médias de service public veulent attirer des publics diversifiés pour pouvoir continuer à vivre face au numérique. Mais ils doivent aussi fournir des services pas forcément demandés par les usagers afin de répondre à ses devoirs. La question de la « valeur publique » est centrale face à ces enjeux de taille.

Une nouvelle ère des réseaux: les lois de Moore et Metcalfe

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Metcalfe, presse-agrumes et Bitcoin

 

Source: pixabay

Dans les années 70, Robert Metcalfe crée l’Ethernet. Avec cette innovation, il affirme que « l’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ceux qui l’utilisent ». Cette loi est à présent au cœur de la transformation digitale et nous permet de comprendre l’engouement des réseaux sociaux, mais aussi le fonctionnement d’évolutions numériques telles que le Bitcoin.

Bien avant l’arrivée des réseaux sociaux modernes, des chercheurs comme Milgram et Granovetter avaient déjà démontré l’importance des réseaux humains, notamment dans la recherche d’emploi ou dans la transmission de courrier (voir La Théorie du Petit Monde de Milgram). Robert Metcalfe, ingénieur aujourd’hui retraité, va s’inspirer d’un réseau de communication de l’Université de Hawaï afin de créer un protocole de transmission de données informatiques, que l’on connaît sous le nom d’Ethernet. C’est ainsi qu’il parvient à mathématiser les recherches de ses prédécesseurs à l’ère moderne. A ce jour, Facebook et Instagram, et plus récemment TikTok, suivent tous la loi de Metcalfe, expliquée plus simplement dans les prochaines lignes.

Metcalfe et le presse-agrumes

« L’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ceux qui l’utilisent ». Telle est la théorie mise en avant par Robert Metcalfe. Oui, mais encore ? Pour les effrayés de la mathématique, cela signifie simplement que plus un réseau a d’utilisateurs, plus il gagne en valeur. Par exemple, imaginons que vous vouliez vendre le vieux presse-agrumes de votre grand-maman sur un site de vente en ligne : vous avez le choix entre, d’une part, un site au design et à la prise en mains agréables, sur lequel il y a deux membres. D’autre part, on vous propose un site très basique, dont les fonctionnalités sont limitées, mais qui est utilisé par une large communauté. Lequel choisirez-vous ? Selon une logique d’offre et de demande, vous choisirez probablement la deuxième plateforme, car le nombre d’utilisateurs élevé multiplie vos chances de trouver des demandeurs pour acquérir votre bien. Peut-être ne le saviez-vous pas, mais c’est une parfaite représentation de la loi en question : plus le réseau de la plateforme de vente en ligne est grand, plus il aura de valeur pour un vendeur.

Le Bitcoin

Plus concrètement, cette théorie trouve un terrain de jeu dans le domaine économique et notamment dans celui de la cryptomonnaie. Aujourd’hui, la société de Marck Zuckerberg vaut environ 500 milliards de dollars grâce au nombre d’individus qui chaque jour se connectent à Facebook. Si ce nombre devait diminuer de moitié, la valeur du réseau social en serait considérablement impactée elle aussi. Le même fonctionnement s’applique au Bitcoin, cette monnaie virtuelle créée il a une dizaine d’années : fin janvier 2020, sa valeur était de 8’897,64 dollars, alors qu’en 2010 elle n’en valait que quelques centimes. Pourquoi un tel changement ? La raison tient en huit lettres. Metcalfe ! En effet, il y a actuellement une trentaine de millions de personnes qui se prêtent au jeu de la cryptomonnaie, ce qui a pour conséquence d’agrandir le réseau et ainsi d’en augmenter la valeur.

La loi de Metcalfe est un fondamental de la transformation digitale car elle démontre l’importance du lien entre les utilisateurs et les nouvelles technologies : sans utilisateurs, une innovation n’a pas de valeur et par extension, pas d’utilité. Il convient alors de se demander comment cette conception des réseaux a façonné notre société moderne et quelle en sera l’évolution prochaine.

JNA/LFR

Le bonheur des GAFAM fait le malheur de la presse

Written by Laura Puglisi. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale »¦ Le cours en ligne de l’Université de Genève et du Medi@LAB vous propose une approche afin de comprendre la transformation digitale et la société numérique : les trois horloges.  Cette approche aide à saisir la montée en puissance des GAFAM et la chute des médias traditionnels.

L’horloge technologique imprime le tempo de l’économie mondiale. L’horloge économique suit le mouvement, les GAFAM en sont l’exemple.

Mille milliards de dollars. C’est en 2019 la valeur boursière astronomique de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft selon les statistique du site statista.fr. Les dites GAFAM deviennent à ce jour, les plus grosses sociétés numériques jamais cotées. Mille milliards de dollars. C’est plus que le produit intérieur brut de pays comme les Pays-Bas, l’Arabie Saoudite, la Turquie ou la Suisse. L’évolution des GAFAM est vertigineux : Parmi ces entreprises stars de la Silicon Valley californienne, certaines ont à peine 20 ans. Facebook, créé en 2004 va totaliser en début d’année 2019 plus de 2,3 milliards d’utilisateurs actifs mensuels.  Google voit le jour en 1998 et rachètera Youtube en 2006. Le site comptabilise à l’heure actuelle plus d’un milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour. Comment expliquer cette montée des GAFAM ?

GAFAM s’emparent des dernières technologies

Pour répondre à cette question on peut se servir du concept des trois horloges présenté dans l’article « Allons-nous vers une utopie ou vers une dystopie numérique ? ». Le voile est levé par le Professeur Badillo dans sa récente thèse  des « trois horloges de la société de l’information ». L’horloge technologique « imprime le tempo de l’économie mondiale », écrit-il. L’horloge économique suit le mouvement, les GAFAM en sont l’exemple. La montée en puissance des GAFAM est donc conditionnée par la technologie dont les GAFAM s’en servent : l’internet, le smartphone, les algorithmes ou la technologie des circuits intégrés. Ces derniers deviennent par exemple rapidement le point fort d’Apple qui propose dans ses produits, une autonomie de batterie plus préservée.

Les jeunes s’informent plus sur les réseaux sociaux qu’avec les médias traditionnels. Image: Canva

Des gagnants et des perdants

Ce développement implique non seulement des gagnants mais aussi des perdants. Qui sont-ils ? L’exemple emblématique sont les médias traditionnels. Les consommateurs cherchent à s’informer de plus en plus via les réseaux sociaux ou les moteurs de recherches. Ils sollicitent donc moins les canaux de médias traditionnels tels que la radio, la télévision et la presse écrite. Résultat : Une chute des revenus des médias traditionnels qui en paient fort le prix. 31 pays de l’OCDE, enregistrent entre 2000 et 2008, une baisse de 2,7% du tirage total de leur quotidiens. Cette évolution ne fait pas halte devant la Suisse. Elle engendre par exemple un lot des difficultés pour la presse Suisse. À commencer par la disparition de l’Hebdo et du Matin papier ou la consolidation de la presse à travers des reprises ou des fusions.

Est-ce qu’il est déjà trop tard pour les médias pour attraper leur décalage à l’horloge technologique et les GAFAM ? Quelles stratégies pourraient-ils employer ? Ces questions restent ouvertes. Inscrivez-vous au MOOC pour trouver vos propres réponses.

Marie Oyomo

Retrouvez Medi@LAB-Genève sur les réseaux sociaux !

Was ist Twitter? Einfach erklärt - CHIP

 

Sources:

  • Badillo P.-Y., « Les « trois horloges » de la « société de l’information ». De la disharmonie à la rupture ? ». Chapitre 7 in Mathien M. (Dir.), Le sommet mondial sur la société de l’information, et « après » ? Perspectives sur la cité globale, Éditions Bruylant, Bruxelles, 2008, ISBN : 978-2-8027- 2475-9, pp. 139-161

Allons-nous vers une utopie ou vers une dystopie numérique ?

Written by Laura Puglisi. Posted in Les 3 horloges de la société numérique

¦ MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale » ¦ Vous êtes en recherche d’une formation continu pour mieux comprendre la transformation digitale ? Un cours en ligne de l’Université de Genève et du Medi@LAB pourrait être la solution parfaite pour vous. Il porte notamment sur un concept clé pour comprendre la société numérique : les trois horloges.

Les horloges technologique, économique et sociale tournent avec des rythmes différents.

La technologie c’est dieu. Elle va résoudre tous les maux de l’homme. Voire le rendre immortel. Ayez un peu de patience. Bientôt vous auriez le paradis sur terre. Cette vision n’est pas un conte de fées mais le projet poursuit par des futuristes de la Silicon Valley dont le plus connu est Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google. La technologie de communication nous a notamment offert des inventions exceptionnelles ces dernières décennies : le smartphone, les réseaux sociaux, et l’intelligence artificielle. Mais ces inventions sont-ils vraiment au profit de tout le monde ? Ou est-ce seulement un nombre restreint d’entreprises, de régions de la terre et de groupes sociaux qui en profitent principalement ? Pour mettre la lumière sur ces questions les chercheurs s’appuient sur« les trois horloges de la société numérique ».

L’horloge technologique serait sans pilote

L’idée de base de cette approche est que la dynamique de nos sociétés numériques peut être décryptée à travers trois horloges : Les horloges technologique, économique et sociale. « Notre approche distingue les rythmes désynchronisés de ces trois horloges », écrivent les chercheurs Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois dans un article publié en 2016. Patrick-Yves Badillo est Directeur du Medi@LAB de l’Université de Genève et Maître de conférences du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale ». Le MOOC porte sur les trois horloges en guise de conclusion. Dans leur article, Patrick-Yves Badillo et Dominique Bourgeois constatent que l’horloge technologique accélère sans cesse et répond de moins en moins aux besoins sociaux. Elle serait mue par des mécanismes économiques privilégiant la rentabilité à court terme. Ils concluent que « nous sommes en direction de la dystopie ».

La technologie va-t-elle nous rendre immortel ? Image: canva

 

Comment tourner la roue ?

Pouvons-nous encore tourner la roue et aller vers l’utopie ? Dans les cinq articles prochains nous montrerons les enjeux de la société numériques et des solutions potentielles.

  1. Nous montrerons l’essor vertigineux des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les conséquences drastiques sur d’autres acteurs économiques comme la presse.
  2. Nous expliquerons le mythe techniciste de Ray Kurzweil et les critiques envers elle.
  3. Nous vous montrerons les disparités sociales suscitées ou amplifiées par les horloges économiques et techniques.
  4. Nous vous raconterons l’histoire de la TIC (technologie de l’information et de la communication) de la presse Gutenberg jusqu’aux réseaux sociaux.
  5. Enfin nous nous interrogerons sur les possibilités pour mieux harmoniser les rythmes des trois horloges et rapprocher l’humanité le plus que possible au paradis décrit par Ray Kurzweil.

Bonne lecture ! Et peut-être, à bientôt dans une salle numérique du MOOC.

Une nouvelle ère des réseaux: les lois de Moore et Metcalfe

Written by Laura Puglisi. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Evolution de la loi de Moore

 

Source: wikipedia.org

 

En 1965, Gordon Moore annonce qu’à coût constant le nombre de transistors présents dans les ordinateurs doublerait tous les deux ans. Provoquant ainsi une augmentation constante de la puissance des ordinateurs à des prix toujours décroissants.

Lorsqu’on évoque la transformation digitale, l’une des premières choses qui nous vient à l’esprit est probablement l’ordinateur. Bien que cet objet fasse désormais partie de notre quotidien et semble être un élément indispensable au fonctionnement de notre société moderne, il n’a pas toujours été si performant et facile à transporter. La loi de Moore explique en partie le progrès fulgurant de cette technologie. Pour mieux comprendre les enjeux de cette fameuse loi, un brin de contexte s’impose.

Histoire

En 1965, le premier mini-ordinateur apparaît. Un progrès majeur compte tenu de la taille des ordinateurs jusque-là. C’est l’association de deux technologies, les transistors et les circuits intégrés, qui a permis une telle innovation. Inventé en 1947, le transistor est, pour résumer, un composant d’un système électronique permettant de contrôler un courant. Plus tard, en 1958, arrive le circuit intégré, plus communément appelé puce électronique. Ces puces regroupent sur une petite surface, les composants électroniques nécessaires au bon fonctionnement des ordinateurs, dont les transistors. C’est l’alliance de ces deux technologies qui a permis d’abandonner les circuits externes utilisés jusqu’alors, réduisant ainsi l’espace nécessaire au développement des ordinateurs et ouvrant de nouvelles perspectives d’amélioration.

 

Source: thedayintech.wordpress.com & pixabay

Loi de Moore

C’est en observant les avancées réalisées à cette époque que Gordon Earle Moore – un des trois fondateurs de l’entreprise Intel – propose, en 1965, la théorie suivante : à coût égal, la complexité des circuits intégrés double tous les deux ans. Dix ans plus tard, il reformule sa proposition en précisant que ce ne sont pas les circuits qui deviennent plus complexes mais que c’est le nombre de transistors présents dans ceux-ci qui double tous les deux ans.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Simplement que les transistors présents dans les circuits intégrés vont diminuer en taille tout en augmentant en nombre, et ce, de manière exponentielle. Ceci entraîne, chaque 24 mois, une réduction de la taille et des coûts des ordinateurs tout en augmentant leur puissance. 

Mort de la loi de Moore ?

Même si les dernières décennies ont donné raison à Gordon Moore, cette loi se trouve à la fois au cœur de la transformation digitale mais aussi aux limites de celle-ci. Avec un nombre de transistors doublant tous les deux ans, un ordinateur devient obsolète au moment de sa première utilisation. Cependant, on assiste actuellement à un ralentissement de croissance des puces électroniques qui ne se fait plus chaque deux ans. La loi de Moore serait-elle morte ? Pas vraiment. Moore lui-même avait prédit qu’à partir de 2017 cette croissance se heurterait à une limite physique : la taille des atomes. Arrivera donc un moment où il ne sera plus possible de réduire la taille des circuits. D’ici là, un autre dispositif permettra peut-être aux ordinateurs d’augmenter leur performance.

Pour en savoir plus

LFR/JNA

Les cinq fonctions des médias

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Les cinq fonctions | Avril 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article listera les principales fonctions des médias afin de comprendre les pratiques et usages qui en découlent.


© Infographie – Fonction des médias

Un poste de télévision, un ordinateur, un site web, une tablette, un téléphone mais également une entreprise, tout est média. Donner une définition précise au terme « média » est  donc une tâche complexe. Alors, quelles sont les caractéristiques qui désignent un supposé média comme tel ?

Remise en question du fonctionnement

Après la Première Guerre Mondiale, la réflexion est dédiée au fonctionnement de la presse traditionnelle. Elle énonce quelques principes qui sont toujours en vigueur dans le système contemporain. Les fonctions de l’information, de divertissement et de vente sont mis au premier plan des activités. La presse est là pour résoudre les conflits et aplanir les discussions. Les consommateurs, les professionnelles ou n’importe quel individu peut intervenir dans les médias. On retrouve cette logique de nos jours, notamment avec les débats télévisés ou alors sur les réseaux sociaux.

Les cinq fonctions

1. La fonction première d’un média est d’informer. Les médias vont décider de ce qui est important ou non dans la masse des événements. Ils surveillent l’environnement et fournissent une image du monde en fonction de choix éditoriaux. 

2. La deuxième fonction est de transmettre la culture. En général, le lieu de la transmission est l’école. Les médias transmettent quant à eux les tâches culturelles des générations.

3. La troisième fonction des médias est la mise en relation. Le media s’offre comme un forum, un espace d’expression publique. Ainsi, il permet la création d’une opinion publique.

Ces paramètres semblent s’accorder sur les fonctionnalités d’un média. Mais n’oublions pas qu’un média est également un espace de visibilité.

4. Une autre fonction attribuée aux médias est la vente. Ils sont les principaux bénéficiaires de la publicité. Rupert Murdoch, mania de la presse, souligne cette fonction en affirmant que « le journal est un support de l’information et un vendeur de publicité ».

5. La dernière fonction est celle du divertissement. La culture de masse s’octroie du bien-être à travers les médias. Cette fonction n’est pas des moindres puisqu’elle agit comme un calmant des sociétés qui sont envahies par une masse d’informations. De plus, la recherche du divertissement est une préoccupation actuelle si l’on observe la popularité des médias tels que les réseaux sociaux, Netflix, etc. 

.Les médias ne sont pas une science exacte

Les multiples approches constituent des points d’entrée possibles pour cerner la complexité du monde des médias. En réalité, il n’existe pas de régime pur et absolument parfait. Gardons à l’esprit que les médias oscillent selon les périodes et qu’ils détiennent un fort potentiel d’influence. La télévision, la radio, les films, Internet et la presse influent sur notre culture, nos comportements et nos esprits. La puissance des médias réside dans la capacité de façonner le monde.


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Cet article a été rédigé sur la base de publications scientifiques et d’extraits du cours « Innovation, media et transformation digitale » :  

  • Les médias : de l’éthique de l’information aux critères de qualité de l’information rédigé par Pierre-Yves Badillo, Dominique Bourgeois, Jean Baptiste Lesourd et Steven Schilizzi.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Information et organisations internationales; fonctions des médias

Le système technique des médias

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Le système technique des médias | Mars 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article passera en revue la technique et l’évolution des médias afin de comprendre l’écosystème sur lequel il repose.


© Infographie – Système Techniques

A l’heure où certaines rotatives sont à l’arrêt, le retour de la télévision au coeurs des foyers résonne comme une victoire pour ce média traditionnel. Avant de prendre place dans nos salons, il lui a fallu quelques innovations et évolutions techniques. Découvrons ensemble le parcours de la TV au fil du temps !

Les réseaux de diffusion

Contrairement au chemin de fer, les réseaux transportent désormais de l’information et des messages. L’intérêt d’une approche historique est de montrer que des formes préexistantes préfigurent dans les modèles de communication. Le système technique des médias transforme ces modèles en les informatisant.

Concernant les réseaux de diffusion, la hiérarchie est descendante et unilatérale. Un point émetteur central diffuse les messages vers les points récepteurs. Les points récepteurs sont passifs. Ils ne renvoient pas l’information. Les modalités de transport se font par les airs ou bien par les câbles. 

Trois générations de réseaux

  • Le réseau Hertzien : En 1926, la télévision se développe progressivement. Il s’agit d’une télévision hertzienne qui fonctionne par les airs. Les usagers ont des antennes de réception et reçoivent le signal qui correspond. Le poste de télévision de 1950 propose très peu de chaînes et il ne diffuse qu’à certaines heures. La télévision agit comme un unificateur des familles. 
  • Le réseau câblé : En 1970-80, de nouvelles technologies apparaissent pour diffuser les chaînes : le câble et le satellite. Les progrès techniques permettent la diffusion de nombreuses images. Elles restent unilatérales puisqu’elles sont contrôlées par les stations de diffusion. La logique unificatrice cède sa place à une segmentation forte des usages. La multiplication des chaînes s’accompagne de la diversité des points de vue. 
  • La réseau satellite : Les systèmes techniques s’amplifient de génération en génération. Cela implique également des sauts technologiques successifs. De nos jours, les télécoms permettent de regarder la télévision par le biais d’un opérateur câblé ou via le smartphone. Toutefois, les télécoms sont en déclin depuis une décennie à cause de phénomènes nouveaux, comme par exemple la nouvelle télévision autour d’Internet. TV 3.0

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Un média qui organise les sociétés

La télévision se révèle être une réelle innovation car elle contribue à un ancrage fortement technologique des médias. Le système technique découle de l’héritage des courants théoriques. Il est aussi lié à la fonction des médias. Les médias ont pour but d’informer, mais ils interviennent également dans l’organisation des sociétés.

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Histoire des médias, les courants d’influence

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Histoire des médias, les courants d’influence | Mars 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article dégagera les grandes périodes et les approches théoriques qui en découlent afin de comprendre les effets des médias.


© Infographie – Modèle de Communication

En quête d’informations fiables, les consommateurs se pressent sur les plateformes de marques reconnues. Dans cette nébuleuse d’informations, les médias ont une responsabilité collective. Un impact qui, aujourd’hui, apparaît plus évident que jamais. Pour comprendre cet impact, revenons à l’évolution des médias et de leurs effets au fil du temps.

Les grands courants

Dans ses origines, la thématique des médias est indissociable de la notion d’information. Les modèles de communication abordés ci-dessous traduisent les pratiques et l’influence des médias relatives à chaque périodes.

Dans les années 1940, on considère que les mass médias ont un effet immédiat et massif. La relation de l’émetteur et du récepteur est unidirectionnelle. Les populations sont considérées comme de simples récepteurs. Cette relation à sens unique favorise l’influence qu’exercent les médias sur les foules. Cette période repose sur un modèle linéaire de la communication.

Dans les années 1960, l’impact massif est remis en cause par une approche empirique de Katz et Lazarsfeld : les effets limités. Les opinions préexistantes et les relations interpersonnelles du récepteur filtrent les médias. Les effets des médias ne sont plus directs. Les récepteurs sont capables de certains choix et se révèlent moins passifs. L’influence des médias est donc considérée comme sélective.

La troisième période introduit le modèle circulaire de la communication. La nature de la relation émetteur et récepteurs change de statut. En particulier pour le récepteur qui peut désormais répondre par le biais de courriers de lecteurs. Les émetteurs cherchent également à connaître l’avis de l’audience. Les effets sont alors sélectifs et limités.

La possibilité d’interagir induit des effets complexes

Plus les médias ont évolué dans le temps, plus leurs effets sont devenu complexes. Aujourd’hui, ces effets prennent en compte le rôle des récepteurs et de leurs usages, autrement dit ce que les gens font des médias. Cette tendance peut être observée avec la considération accrue d’un média par un lecteur dans un contexte de crise.

Les effets complexes traduisent l’idée que les médias ont une influence profonde et à long terme sur les perceptions, les valeurs, et les comportements des individus. Le pouvoir des médias est donc un phénomène multi-directionnel, complexe et ambivalent.

 

 

 

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Le livre et l’origine de la société

Written by Laura Puglisi. Posted in La Galaxie de Gutenberg, premier âge des "mass media", Le livre : de son origine à sa numérisation, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Depuis la nuit des temps, les inventions de l’Homme n’ont cessé de le faire évoluer. Et parmi toutes celles que l’on pourrait citer, une seule invention semblerait être à l’origine de la société telle que nous la connaissons aujourd’hui : celle de l’imprimerie.

Il est indéniable, les médias prennent une place non négligeable dans nos vies. Aujourd’hui de plus en plus numériques, les médias ont pour fonction première d’informer. Cependant, ces derniers constituent bien plus qu’un simple organisme informationnel, comme l’ont montré Kietzmann et al (2012). En effet, sociologiquement, les médias ont, depuis le milieu du XXe siècle, assuré la fonction de régulateur de la société en créant notamment une sorte d’agenda, qui provoquait une synchronisation des horloges, pour une société qui avait l’impression de faire un. En effet, toute la population, du moins celle qui avait les moyens de s’offrir le luxe qu’était le poste de télévision à l’époque, suivait avec ferveur le téléjournal, chaque jour à la même heure. Les médias ont en ce sens défini un certain environnement sociologique de l’Homme. Mais comment en sont-ils arrivés là ? Les médias sont-ils réellement à l’origine de notre société ? Ou celle-ci pourrait se trouver ailleurs, à des siècles des premiers médias ?

Marshall McLuhan et sa Galaxie Gutenberg

Cette question n’est pas récente et a fait l’objet de plusieurs études, et ce dès la seconde moitié du siècle précédent. C’est chez un grand intellectuel canadien qu’elle est apparue pour la première fois. Marshall McLuhan, professeur de littérature anglaise et théoricien de la communication, avait la conviction profonde que les médias bouleversent tous les aspects de la vie humaine.

Le médium, ou processus, de notre temps —la technologie électrique — remodèle et
restructure les modes d’interdépendance sociale et tous les aspects de notre vie
personnelle. Il nous force à reconsidérer et réévaluer pratiquement chaque pensée et
chaque action, chaque institution antérieurement prise pour acquise. Tout change —
vous, votre famille, votre voisin, votre éducation, votre emploi, votre gouvernement, votre
relation « aux autres ». Et ils changent radicalement. (The Medium is the Massage, p. 8)

Pour lui, l’évolution des médias permet de comprendre l’histoire humaine dans son ensemble. Une histoire qu’il divise en trois périodes :  la civilisation de l’oralité, la civilisation de l’imprimerie (la galaxie Gutenberg) et la civilisation de l’électricité (la galaxie Marconi). La question qui reste donc à se poser est la suivante : à partir de quand parle-t-on de médias ? Dans son livre La Galaxie Gutenberg, Marshall McLuhan donne une réponse. Pour lui, tout a commencé à partir de l’invention de l’imprimerie.

L’imprimerie à l’origine de notre société

Si l’oralité et l’écriture sont un art, l’imprimerie a constitué une mécanisation de celui-ci, ce qui a profondément bouleversé et remodelé la société de l’époque. Pour l’auteur de La Galaxie Gutenberg, l’imprimerie a permis le tirage de millions de livres, dans toutes les langues possibles, ce qui a donné naissance au nationalisme. Puis, le livre étant portable, il a permis à l’Homme de penser individuellement, ce qui a donné naissance à l’individualisme. Finalement, le monde livresque sorti de l’imprimerie a habitué l’Homme a utiliser son sens de l’observation uniquement, excluant ainsi l’ouïe, le goût et l’odorat, ce qui a fait de lui un être linéaire et unidimensionnel tel qu’il a été connu à cette période. En somme, pour Marshall McLuhan, l’âge de l’imprimé a conduit à la révolution industrielle, aux progrès dans le domaine de la physique, et à la création du roman de narration. En soi, l’imprimerie et le livre, peuvent être considérés comme se trouvant à l’origine de tout ce qui s’est passé, de la Renaissance à nos jours. 

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Références 

McLuhan M., The Gutenberg Galaxy: The Making of Typographic Man, University of Toronto Press, 1962.

Tremblay G., « De Marshall McLuhan à Harold Innis ou du village global à l’empire mondial », tic&société, Vol. 1, n°1 | 2007

Vidéo Youtube : McLuhan – La Galaxie Gutenberg

 

Le cours « Storytelling »

Written by Laura Puglisi. Posted in Medi@studies

Tu aimerais savoir comment captiver le lecteur en l’embarquant dans une histoire ? Le cours « Storytelling » te montrera entre autres, comment les professionnels du marketing et de la communication nous font adhérer à un produit ou à une marque en nous racontant DES HISTOIRES !  

Introduction en quelques mots : Ce cours aborde les techniques du Storytelling, ou Art de raconter une histoire, en se basant sur l’actualité, notamment le numérique. Des procédés narratifs à l’analyse de contenus Storytelling en passant par la rédaction de textes, ce cours est l’occasion de découvrir une technique de communication extrêmement répandue !

Pour en savoir plus : voici le témoignage d’une étudiante qui a apprécié ce cours :

Storytelling.pdf

Well’comm: Et toi? T’as choisi ton Master?

Written by Laura Puglisi. Posted in Well'comm

Face à la diversité des masters proposés en Suisse romande, il n’est pas toujours évident de faire un choix. C’est dans ce contexte que s’inscrit Well’comm !

Well’comm est un projet réalisé par cinq étudiantes du MAJCOM dans le cadre du cours de « Stratégie de communication ». Il consiste en la réalisation de deux vidéos sous forme d’interview en binôme. Le premier binôme est composé de deux étudiants de première année. Le second, de deux anciens étudiants #alumnis.

 

Les interviewés vont échanger autour de leur expérience académique et de leur parcours professionnel respectif. Cela te permettra d’en savoir plus sur ce master et ses débouchés.

 

Alors si toi aussi tu es intéressé par le domaine de la communication et que tu penses continuer tes études…

 

Reste connecté sur #Medialab !

  

 

#Askmedialab : au cœur de sa création

Written by Laura Puglisi. Posted in Non classé

Le projet #Askmedialab est un projet universitaire élaboré par trois étudiantes de l’Université de Genève. Il a vu le jour dans le cadre du cours de Stratégie de communication et projet dispensé au sein du Master en Journalisme et Communication par le Professeur Badillo.

Ce cours, obligatoire pour les étudiants-tes de première année, s’inscrit dans un apprentissage mêlant théorie et pratique. L’application de théories vues en cours à travers l’élaboration d’un plan de communication permet de les rendre concrètes.

Vous êtes-vous déjà demandé comment se forment les slogans ? Ceux que l’on connaît par cœur rien qu’à en entendre la mélodie ? Savez-vous ce qu’est un audit ? Maîtrisez-vous le GanttProject ? Ce sont des questions auxquelles le cours de Stratégie de communication et projet offre des réponses.

« Une étape-clé : le brainstorming »

#Askmedialab a été réalisé en suivant des étapes-clés, telles que le brainstorming, permettant aux étudiants-tes de laisser libre cours à leur créativité. Le partage d’idées a permis aux membres du projet de se mettre d’accord sur la volonté de se rendre utiles pour les futurs étudiants du Master : apporter des informations sur des concepts étudiés durant la première année du Master a été l’objectif central du projet.

Les objectifs, ainsi qu’une description plus approfondie du cours de Stratégie de communication et projet sont apportés sur le site de l’Université de Genève :

Stratégie de communication et projet – Programme des cours – Master en Journalisme et Communication

Le « self fulling prophecy », ça te parle?

Written by Laura Puglisi. Posted in Non classé

Le “self fulling prophecy”, la prophétie autoréalisatrice.

Le self fully prophecy est une définition d’abord fausse d’une situation mais qui toutefois induit un nouveau comportement chez les acteurs, rendant cette situation vraie. Dans ce cadre, il est possible de considérer l’information comme un levier d’action. En effet, il s’agit d’un phénomène essentiel qui nous montre que certaines informations peuvent être totalement erronées mais agir sur un système de représentation des acteurs qui affecte les comportements individuels rendant la prédiction vraie. Les fausses nouvelles, par exemple, procèdent par prophétie autoréalisatrice. Pour mieux comprendre les prophétie autoréalisatrices, le plus simple est d’en donner un exemple: « En mars 1979, les journaux californiens commencèrent à faire beaucoup de bruit autour d’une importante et imminente pénurie d’essence ; les automobilistes californiens se ruèrent alors sur les pompes à essence pour remplir les réservoirs de leur véhicules, et les maintenir aussi pleins que possible. Le remplissage des douze millions de réservoirs épuisa les énormes réserves d’essence disponibles, et entraîna quasiment du jour au lendemain la pénurie annoncée».

Ce concept est présenté dans le séminaire « Traitement de l’information » du professeur Dr. Amey.

“Medium is the massage” (McLuhan). On fait passer le massage sur #AskMedialab

Written by Laura Puglisi. Posted in Non classé

 

Marshall McLuhan est un professeur de littérature anglaise et un théoricien de la communication canadien. De par son intérêt qu’il porte aux médias et leur place au sein de la société, il s’inscrit comme l’un des auteurs marquants des sciences de la communication. Il est surtout connu pour ses nombreux aphorismes, dont la plus connue est “medium is the message”. Cette formule a été choisie comme titre pour l’un de ses ouvrages, mais suite à une maladresse typographique, ce titre s’est transformé en “medium is the massage”. McLuhan soutient que la technologie est le prolongement de l’être humain. Les médias prolongent donc nos sens et altèrent notre monde social.

 

 

Ce théoricien est présenté dans le séminaire « Introduction à la Communication digitale » du professeur Badillo.

#AskMedialab, un projet qui te donne envie de communiquer !

Written by Laura Puglisi. Posted in Non classé

#AskMedialab est un projet de communication réalisé par 3 étudiantes du Master en Journalisme et Communication. Ce projet a pour but d’apporter des informations aux étudiants de l’Université de Genève concernant les différents thèmes pouvant être abordés durant le cursus du Master. 

De par sa présence sur les réseaux sociaux ainsi que sur le blog de Medi@Lab, #Askmedialab vise une communication digitale à la portée de tous les futurs étudiants du Master. Rédigés sous forme de questions-réponses, l’étudiant a l’opportunité de découvrir certains concepts qui sont approfondis dans certains cours et séminaires proposés par l’Institut Medi@Lab. 

Les membres du projet #AskMedialab souhaitent susciter de l’intérêt et de la curiosité pour la formation universitaire en journalisme et communication, et présenter un avant-goût des possibilités qui se présentent aux futurs étudiants.