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La survie des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Genève, le 12 mai 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | L’apparition d’Internet et des réseaux sociaux a profondément changé la consommation des médias. La question de l’avenir des médias de service public est centrale face aux transformations digitales. Comment faire évoluer les médias publics à l’ère numérique ?

 

Un changement d’habitudes

 

Les médias sociaux au cœur de l’information. 

Avec l’apparition d’Internet, les habitudes de consommation des médias ont été bouleversées. Auparavant, il suffisait d’attirer les lecteurs ou téléspectateurs grâce à un contenu de qualité. Aujourd’hui, cela n’est plus possible. Avec Internet, une masse d’informations est accessible gratuitement. Un coup dur pour les médias publics. Le secteur des médias est désormais hautement concurrentiel. La multitude de choix n’avantage pas les médias publics. Selon le Digital News Report 2018, les individus suisses entre 18 et 34 ans choisissent des sites en ligne et des médias sociaux comme source d’information. Ils sont habitués à se rendre directement sur les moteurs de recherche, perçus d’ailleurs comme des sources directes plutôt que comme des agrégateurs de contenus. Ils passent aussi par les réseaux sociaux qui sont dans leurs habitudes consommation. Les jeunes ne considèrent donc pas du tout les médias publics. Ils ont pourtant une opinion favorable de ceux-ci. Ils estiment même que les radiodiffuseurs publics sont les plus fiables du pays. Pourquoi donc ne les consomment-t-ils pas ? Les médias publics sont moins adaptés à une expérience personnalisée que les jeunes affectionnent particulièrement. Ces médias sont aussi perçus comme « dépassés ». Les jeunes ne veulent pas consommer les mêmes médias que leurs parents et essaient donc de se démarquer avec une consommation différente.

 

Se reconnecter avec les jeunes

La question de lavenir des médias publics inquiète. La première Conférence internationale des médias publics a eu lieu le 4 mars 2019. Ils ont discuté de l’avenir des médias publics et de la façon dont ils réagissent aux changements politiques, financiers et technologiques. Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF s’est exprimé à ce sujet :  « Notre mission aujourd’hui est de toucher les plus jeunes. Nous devons nous adresser à eux sur des supports et des modes qui correspondent à leurs attentes ». Pour toucher des publics différents sur des supports multiples, les médias publics devraient avoir un plein accès à ces supports. Une des possibilités pour les médias publics suisses serait d’investir dans des contenus suisses produits localement qui pourraient être mis ensuite à disposition sur des plateformes de streaming plus innovantes et sur mesure. L’un des points sur lequel tout le monde est d’accord est que « seuls ceux qui sont bien informés peuvent prendre des décisions éclairées » (étude de l’EPFZ, 2017). Dans le contexte démocratique suisse où les citoyens sont amenés à voter très régulièrement, la survie des médias publics est cruciale.

En temps de crise sanitaire que l’on connaît actuellement, l’information fiable est une réelle nécessité. Comment vont évoluer les médias publics ?

 

Références

 

A.B. Etudiante Medi@LAB

Médias publics et « fake news »

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Genève, le 28 avril 2020 | MOOC « Innovation, Médias et transformation digitale » | L’ère du numérique pose de nouvelles questions sur la fiabilité des informations. Dans ce contexte, les médias publics restent une source d’information fiable. Pourtant, ceux-ci sont de moins en moins consommé au profit notamment des médias sociaux. Comment éviter les « fake news » dans un cadre où l’information est partout ?

 

Source : pixabay

 

Combattre la désinformation

Se poser les bonnes questions. Source : pixabay

Aujourd’hui, la démultiplication de l’information est telle que l’on retrouve de l’information partout. Chacun peut d’ailleurs être son propre média. Les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information et amplifie sa propagation via notamment les retweets et partages. Les « fake news » propagées sur Internet n’ont aucun contrôle éditorial. Pour les combattre, des entreprises ont mis un œuvre le « fact checking ». Il a pour but de vérifier la véracité et l’exactitude des faits tout en évaluant le niveau d’objectivité du média communiquant l’information. Un travail peut aussi être fait à un niveau individuel. Chacun peut détecter les « fake news ». Il est nécessaire pour cela de vérifier la fiabilité de la source, de lire l’article en entier, de déterminer le type de média ainsi que de consulter d’autres articles provenant d’autres médias afin d‘avoir une perspective plus large. Le plus important face à l’information est de garder un esprit critique.

 

L’union francophone fait la force

Dans la lutte contre les « fake news », les médias publics se sont associés pour créer Les Médias Francophones Publics en janvier 2016. Cette association regroupe dix médias publics suisse, français, belge et canadien. Elle a pour mission de favoriser les collaborations et échanges entre les médias publics francophones. Face au changement médiatique, elle accompagne les médias et tente de faire entendre la voix des diffuseurs publics. Les médias publics se sont engagés dans une démarche volontaire pour renforcer la qualité et la pertinence de l’information. La fiabilité de ces organismes est primordiale dans ce contexte numérique. D’autant plus que la population suisse fait confiance aux médias publics. Selon elle, les médias de service public doivent freiner la diffusion de ces « fake news ». Près de 55% de la population considère ces médias comme des « institutions de vérité« . Pour 44% d’entre eux, c’est bien à l’Etat de contrer les « fake news ». La survie des médias publics suisses est donc primordiale. Mais comment la réaliser ?

 

Références

  • https://wp.unil.ch/tvelargie/2017/05/les-medias-francophones-publics-a-lassaut-des-fake-news/
  • https://www.letemps.ch/opinions/face-fake-news-necessaire-union-medias-publics-francophones
  • https://www.lenouvelliste.ch/articles/suisse/medias-les-suisses-considerent-les-fake-news-comme-un-danger-pour-la-democratie-789913
  • Source chiffres : Sondage en ligne du centre de recherche Sotomo, 2018

 

A.B. Etudiante Medi@LAB

 

Les enjeux des médias publics

Written by Alexia B.. Posted in Service public et médias

Aujourd’hui, le devenir des médias publics est une question centrale dans notre société. Le numérique prend peu à peu la place des médias traditionnels. En Suisse, les médias publics sont l’objet d’un grand débat parlementaire et public. Quel est l’avenir des médias de service public ?

 

Service public et médias

Le service public s’occupe de la gestion des biens publics purs et des biens collectifs. Ces biens ont deux caractéristiques importantes : la non-rivalité et la non-exclusion. La télévision a toujours répondu à ces deux critères mais cela a changé avec le numérique où il est possible de faire payer. En Suisse, le service public audiovisuel est confié à la Société Suisse de radiodiffusion et télévision (SRG SSR) et à des entreprises privées ayant un mandat de service public.

Le média public doit pouvoir répondre aux besoins de la population en intégrant la logique du service public. La notion de médias publics est apparue très récemment avec l’idée que le cloisonnement des différents médias n’a plus de sens. Les informations doivent pouvoir être transmises en s’adaptant aux différents publics et donc utiliser différents supports. Le numérique a totalement bouleversé les médias.

 

Le paradoxe des médias publics

Les médias de service publics ont pour vocation d’informer l’ensemble des citoyens. Cette vocation va à l’encontre des médias privés qui, eux, ont pour but de maximiser leur audience. Ce but de maximisation découle directement du financement par la publicité ou l’abonnement : plus il y a d’audience, plus il y aura d’abonnements, ainsi, le coût des publicités sera plus élevé.

Les médias privés ne sont donc pas indépendants, au contraire des médias de service publics qui se doivent de l’être. Cet objectif n’est pourtant pas simple à mettre en œuvre. Les médias de service public veulent attirer des publics diversifiés pour pouvoir continuer à vivre face au numérique. Mais ils doivent aussi fournir des services pas forcément demandés par les usagers afin de répondre à ses devoirs. La question de la « valeur publique » est centrale face à ces enjeux de taille.