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Du Web 1.0 au Web 4.0 : une évolution fulgurante

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Du monde scientifique à la vie quotidienne, le Web se développe à une vitesse impressionnante. En voulant nous simplifier la vie, il se pourrait bien qu’il en fasse trop. L’évolution du web : montée au paradis ou descente aux enfers ?

Source: cours Innovation, médias et transformation digitale (Badillo, UNIGE, 2019)

De l’invention à l’innovation

Badillo (2019) explique qu’Internet atteint 50% des ménages en moins de 5 ans (Cours Innovation, médias et transformation digitale, UNIGE, 2019). A titre comparatif, il aura fallu environ 70 ans au téléphone, 50 ans à la radio et 15 ans à la télévision pour s’imposer. Pour les réseaux sociaux qui s’ensuivent, c’est moins de 2 ans avant d’atteindre la moitié des ménages. Ces chiffres soulignent la rapidité avec laquelle cette invention « Web » pénètre la société, la changeant à jamais. En se propageant, l’invention se transforme en innovation.

Evolution du Web 

Alors que le web 1.0 se développe dans le monde scientifique du CERN, il prend quelques années seulement à atteindre le commun des mortels. Il commence par changer les mondes économiques et commerciaux. Avec les réseaux sociaux, le web 2.0 transforme le monde social : correspondre avec des individus à l’autre bout du monde n’a jamais été si simple et rapide. Les relations amicales, amoureuses et même sexuelles prennent un nouveau tournant. Le web 3.0 se met à détecter « nos » goûts : ses algorithmes orientent nos recherches et formatent nos sources d’intérêts. Émerge alors le web 4.0 qui va jusqu’à modifier la structure même des foyers : les objets connectés sont intelligents et ils vivent à nos côtés. Les robots nous accompagnent, chaque jour, sous toutes les formes.

Rien ne s’est passé comme prévu ?

Même si tout n’était pas prévu, Berners-Lee – l’inventeur du World Wide Web – a toujours rêvé d’un grand avenir pour son invention. Mais que nous réserve la suite ? Car s’il permet un accès illimité à de grandes quantités d’informations, le Web met de plus en plus en péril des valeurs fondamentales, comme le droit à la vie privée. Traquées au quotidien, dans toutes les activités, nos données personnelles sont stockées par les géants du Web qui possèdent un pouvoir gigantesque. Quelle sera la suite ? Un renforcement de ce système inégal entre traqueurs et traqués ? Ou un changement de voie pour garder le meilleur du Web… en supprimant ses mauvais côtés ?

Un avenir prometteur

Dans une interview accordée à Bosch, Berners-Lee souligne ce grand problème du Web : « Les gens se rendent compte que leurs données personnelles sont utilisées dans un système et que ce système est utilisé pour manipuler les gens. » [traduction personnelle] Pour résoudre ce problème, il travaille sur une plateforme nommée Solid. L’objectif ? « Que les données ne soient plus stockées par des entreprises individuelles telles que Google, Amazon ou les fournisseurs de médias sociaux, même si leurs logiciels sont utilisés. Elles devraient plutôt être stockées là où l’utilisateur le souhaite. De cette façon, chacun pourrait mieux contrôler ses propres données, qui seraient stockées dans des pods. Les paramètres de chaque pod permettraient aux utilisateurs de décider eux-mêmes quels fournisseurs, tels que les applications de santé, sont autorisés à accéder aux données qu’il contient. » [traduction personnelle]

Cette nouvelle invention permettra certainement au Web de continuer son chemin impressionnant, au-delà des nuages qui se dressent sur sa route.

 

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les différents « Web » ? Retrouvez nos articles sur les Web 1.0, 2.0, 3.0 et 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Berners-Lee, T. (2019). The future of the Internet. Bosch. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.bosch.com/stories/future-of-the-internet/

Bosch Global (2019). Experts@IoT: Tim Berners-Lee, Inventor of the World Wide Web. Youtube. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://www.youtube.com/watch?v=aEL_iVLBjrY&feature=emb_logo

Solid. Consulté le 9 mai 2020 à l’adresse: https://solid.mit.edu/

Zapater, J. J. S. (2014, April). From web 1.0 to web 4.0: The evolution of the web. In Proceedings of the 7th Euro American Conference on Telematics and Information Systems (pp. 1-1).

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

Web 3.0: un web intelligent

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. Dans les années 2010, le web interactif va encore plus loin: on parle de web sémantique. En plus de connecter les gens, il connecte désormais les savoirs. Le metaweb fait son apparition, pour le meilleur et pour le pire. Et il n’est pas près de s’arrêter.

Web sémantique

La multiplicité des supports et des applications augmente encore davantage la quantité de données. Image: © geralt / Pixabay

Le web 3.0 est un web « smart ».  Son but est simple. La quantité de données stockées sur internet est énorme: il faut les exploiter! Les ordinateurs doivent pouvoir comprendre ces données afin d’apporter à l’utilisateur ce qu’il cherche réellement. Le tagging – hashtags et étiquettes – permet notamment au web de se structurer et de faciliter la connexion des savoirs des individus.

Le but final de ce web intelligent? «Transformer la masse ingérable des pages Web en un gigantesque index hiérarchisé.» (futura-sciences)

Ce web sémantique se développe dans une société marquée par le metadata: des données accessibles partout, en tout temps… et sur tout support. Avec la multiplication de smartphones, tablettes et ordinateurs en tout genre, l’individu est toujours connecté. Il génère alors continuellement des données sur ces différents supports, dans différents contextes. Le big data commence à poindre à l’horizon.

Entre algorithmes et recommandations

Le web 3.0 utilise ces données pour les intégrer et les réutiliser à travers diverses applications. C’est le début de l’automatisation des requêtes des individus. Qui n’a jamais entendu parler des algorithmes, même si leur fonctionnement exact peut parfois nous paraître flou? Qui n’a jamais reçu de recommandations, de Netflix, Spotify, Youtube et tant d’autres? Avec le web 3.0, les algorithmes se font de plus en plus puissants et les recommandations de plus en plus précises.

Ce web semble pertinent et presque louable: les intérêts et les goûts de chacun sont au centre de ses priorités. Mais ne marquerait-il pas le début d’un web trop présent?

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 4.0. Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

© Gerd Altmann / Pixabay

Références:

Badillo, P.-Y. (2020). Cours « Innovation, médias et société numérique ». Module 4. Medi@lab. Université de Genève.

Getting, B. (2007). Basic Definitions: Web 1.0, Web. 2.0, Web 3.0, sur le site PracticalEcommerce. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: http:// www.practicalecommerce.com/articles/464/Basic-Definitions-Web-10-Web-20-Web-30/

La rédaction JDN (2019). Qu’est-ce que le Web 3.0 ?, sur le site Journal du net. Consulté le 23 avril 2020 à l’adresse: https://www.journaldunet.fr/web-tech/dictionnaire-du-webmastering/1203249-web-3-0-definition/

L’Évolution d’Internet – Le Web 3.0 Expliqué, sur le site Binance Academy. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.binance.vision/fr/blockchain/the-evolution-of-the-internet-web-3-0-explained

Web sémantique, sur le site futura-sciences, section tech. Consulté le 24 avril 2020 à l’adresse: https://www.futura-sciences.com/tech/definitions/internet-web-semantique-3993/

Web sémantique, sur le site Wikipédia L’encyclopédie libre. Consulté le 22 avril 2020 à l’adresse: https://fr.wikipedia.org/wiki/Web_s%C3%A9mantique

 

Article rédigé par Sophie Duperrex

Web 1.0 : Tim Berners-Lee et la création du World Wide Web

Written by Laura Puglisi. Posted in Du web 1.0 au web 4.0

Rien ne s’est passé comme prévu. En 1989, l’informaticien britannique Tim Berners-Lee invente les prémices d’internet: le World Wide Web (WWW). Ses collègues et lui sont remplis de rêves et d’espoirs sur l’avenir de cette invention. Ils n’ont aucune idée des proportions que prendra le net, trente ans plus tard.

Tim Berners-Lee crée internet dans les années 90. Il lui prête déjà un grand avenir. Image: © Paul Clarke / ICT Journal

Quand Berners-Lee pose les jalons du Web 1.0, il travaille pour le CERN. Il a alors deux objectifs:

1. Partager toutes les informations du CERN sur un seul réseau pour faciliter la communication,

2. Connecter les membres internationaux du laboratoire.

A partir de 1990, Berners-Lee et quelques membres du CERN développent les trois principales technologies du Web. Chacun connaît leurs noms, mais peu connaissent leur origine. URL, HTTP et HTML débarquent dans la société. L’inventeur appelle ce premier programme World Wide Web (WWW).

Deux rêves 

Ce premier web est un web statique, sans interactions possibles entre les différents usagers. Avec le web 1.0, Berners-Lee a de grands rêves. Le premier consiste en «un espace commun d’information dans lequel nous communiquons en partageant des informations». Le deuxième consiste en un «Web (qui) soit utilisé de manière si générale qu’il devienne un miroir réaliste de la manière dont nous travaillons, jouons, socialisons».

Un système compatible avec tous les ordinateurs est rapidement créé. Image: © Sergei Tokmakov / Pixabay

Son premier rêve se réalise rapidement. Le World Wide Web est proposé dans le domaine public. Mais il reste limité: utilisable sur un seul type d’ordinateur et très cher. Un système compatible avec tous les ordinateurs est bientôt créé: internet peut s’exporter dans le monde! De plus en plus d’individus s’aperçoivent de son potentiel et permettent le développement de cette technologie. Des entités internationales rejoignent la course, parmi lesquelles IBM, Nokia et Microsoft. 

Son deuxième rêve n’est pas encore réalisé dans les années 90, mais des signes et des projets rendent confiant. Des langages informatiques sont conçus pour être traités par des machines plutôt que par des humains. En 1998, l’inventeur soulignait déjà: «Le potentiel de ce mélange d’humains et de machines travaillant ensemble et communiquant par le biais du web pourrait être immense.»

Internet passe donc du domaine scientifique du CERN au domaine commercial et public. Mais ce n’est que le début: avec le web 2.0, défini comme le web social, internet atteindra de nouveaux sommets. 

 

Vous souhaitez en savoir plus? Lisez notre article sur le passage au web 2.0Inscrivez-vous aussi au MOOC de l’Université de Genève Innovation, médias et transformation digitale dispensé par Medi@lab sur la plateforme Coursera!

 

©Gerd Altmann / Pixabay

 

Références:

Shivalingaiah, D., & Naik, U. (2008). Comparative Study of web 1.0, web 2.0 and web 3.0. Disponible à l’adresse: https://ir.inflibnet.ac.in/bitstream/1944/1285/1/54.pdf

The World Wide Web: A very short personal history. Tim Berners-Lee on World Wide Web Consortium (W3C) (1998). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.w3.org/People/Berners-Lee/ShortHistory.html

Photographie de Berners-Lee: ICT JournalChavanne, Yannick. Tim Berners-Lee reçoit le «prix Nobel d’informatique» (2017). Consulté le 22 mars 2020 à l’adresse: https://www.ictjournal.ch/news/2017-04-06/tim-berners-lee-recoit-le-prix-nobel-dinformatique

Article rédigé par Sophie Duperrex

Histoire des médias, les courants d’influence

Written by Laura Puglisi. Posted in L'ère des médias, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Histoire des médias, les courants d’influence | Mars 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article dégagera les grandes périodes et les approches théoriques qui en découlent afin de comprendre les effets des médias.


© Infographie – Modèle de Communication

En quête d’informations fiables, les consommateurs se pressent sur les plateformes de marques reconnues. Dans cette nébuleuse d’informations, les médias ont une responsabilité collective. Un impact qui, aujourd’hui, apparaît plus évident que jamais. Pour comprendre cet impact, revenons à l’évolution des médias et de leurs effets au fil du temps.

Les grands courants

Dans ses origines, la thématique des médias est indissociable de la notion d’information. Les modèles de communication abordés ci-dessous traduisent les pratiques et l’influence des médias relatives à chaque périodes.

Dans les années 1940, on considère que les mass médias ont un effet immédiat et massif. La relation de l’émetteur et du récepteur est unidirectionnelle. Les populations sont considérées comme de simples récepteurs. Cette relation à sens unique favorise l’influence qu’exercent les médias sur les foules. Cette période repose sur un modèle linéaire de la communication.

Dans les années 1960, l’impact massif est remis en cause par une approche empirique de Katz et Lazarsfeld : les effets limités. Les opinions préexistantes et les relations interpersonnelles du récepteur filtrent les médias. Les effets des médias ne sont plus directs. Les récepteurs sont capables de certains choix et se révèlent moins passifs. L’influence des médias est donc considérée comme sélective.

La troisième période introduit le modèle circulaire de la communication. La nature de la relation émetteur et récepteurs change de statut. En particulier pour le récepteur qui peut désormais répondre par le biais de courriers de lecteurs. Les émetteurs cherchent également à connaître l’avis de l’audience. Les effets sont alors sélectifs et limités.

La possibilité d’interagir induit des effets complexes

Plus les médias ont évolué dans le temps, plus leurs effets sont devenu complexes. Aujourd’hui, ces effets prennent en compte le rôle des récepteurs et de leurs usages, autrement dit ce que les gens font des médias. Cette tendance peut être observée avec la considération accrue d’un média par un lecteur dans un contexte de crise.

Les effets complexes traduisent l’idée que les médias ont une influence profonde et à long terme sur les perceptions, les valeurs, et les comportements des individus. Le pouvoir des médias est donc un phénomène multi-directionnel, complexe et ambivalent.

 

 

 

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