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L’ère du Big Data : Le monde à la merci des données

Written by Jennifer N.. Posted in Les fondamentaux de la transformation digitale

Le Big Data est apparu dans les années 90 grâce aux améliorations des systèmes de stockage de l’information. Il a pris une ampleur telle que selon de nombreux économistes le Big Data représente l’or noir du 21ème siècle. Pour mieux comprendre ce que cela signifie, nous allons détailler les enjeux de ce phénomène.

Le Big Data signifie en français « données massives » ou encore « mégadonnées ». Il est question ici de toutes les informations que l’on peut récolter grâce à des appareils électroniques connectés. Lorsque l’on fait une recherche sur Google ou que l’on « like » une photo sur Facebook, ceci génère une information qui est ensuite stockée sous forme de données. Cependant, telles quelles, les données ne peuvent pas réellement être utilisées. Il a donc fallu créer des algorithmes assez puissants pour traiter, organiser et exploiter ces données.

Comprendre le Big Data en 5 points 

Pour mieux concevoir ce qu’est le Big Data, il est possible de le définir et de le décortiquer selon 5 paramètres clés, les 5V :

Une innovation à double tranchant 

Vous l’aurez compris, ces données représentent une mine d’or pour toute personne ou groupe sachant les maîtriser. Mises bout à bout, elles peuvent déterminer les habitudes de consommation d’une personne ou d’une population entière ou encore prédire des événements divers tels que la météo, le taux de remplissage d’un hôtel ou l’apparition de maladies. Cependant, comme dans toute technologie, des avantages et des inconvénients existent.

Les avantages :

  • Optimiser les ventes : que ce soit pour les entreprises privées ou publiques, les données sont primordiales. Elles permettent d’optimiser l’offre en fonction des clients ou utilisateurs. Ainsi les CFF sont capables de prévoir le taux de remplissage de leurs trains pour offrir à l’usager la possibilité de choisir la course qui lui conviendra le mieux. Dans un autre domaine, Apple par exemple utilise les données pour améliorer ses produits et augmenter ses ventes.
  • Aider les patients : dans le secteur médical, les données sont d’une aide précieuse lorsqu’il s’agit de mettre en place ou d’ajuster le traitement d’un patient.

Les inconvénients :

  • La protection des données : c’est l’inconvénient majeur car il est difficile de garantir une protection complète de la vie privée sur internet. En effet, on se souvient tous des scandales liés à des vols de données ces dernières années.
  • Garantir la démocratie : comment garantir une démocratie totale lorsque des informations sur le comportement de vote et sur les intérêts d’un peuple sont utilisées pour promouvoir un camp plutôt qu’un autre ? Cette problématique est parfaitement illustrée par l’affaire Cambridge Analytica.

Cette technologie étant relativement jeune, tout l’enjeu sera de trouver un équilibre pour que ces données profitent au plus grand nombre, et ce, avec le minimum d’effets négatifs.

Le développement du Big Data a été possible, grâce aux avancées technologiques de ces dernières années que nous vous avons détaillées dans nos précédents articles. Pour en savoir plus, découvrez le MOOC « Innovation, médias et transformation digitale » de l’Université de Genève. Il vous permettra de suivre des cours en ligne pour approfondir, entre autres, vos connaissances sur les fondements technologiques et économiques de la transformation digitale.

60 secondes pour mieux comprendre le Big data:

JN/LF

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Références:

Fake News : La maladie numérique du 21ème siècle

Written by Charlotte G.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

Fake News: La maladie numérique du 21ème siècle

La disparition progressive d’une information de qualité au détriment de l’intox s’insère directement dans le contexte de la «Googlization des médias» et plus largement de la transformation digitale. Devenez des défenseurs avertis de l’information en seulement 5 minutes de lecture ! L’institut Medi@LAB de l’Université de Genève, autour du MOOC «Innovation, Médias et Transformation digitale», vous donne des réponses.

Fake News: Un terme à la mode aujourd’hui, mais d’où provient-il ?

Source Buzzsumo

Le 10 décembre 2016, environ un mois après son élection, Donald Trump utilise pour la première fois l’expression «fake news» dans un tweet. Au départ, le Président américain pointait du doigt les médias véhiculant des informations néfastes à son propos. Mais le phénomène a pris de l’ampleur… et s’étend en 2020 à l’échelle mondiale.

Bien que ce concept soit largement utilisé de nos jours, une fake news désigne avant tout de faux articles, des informations erronées et partagées en masse sur les réseaux sociaux. Qu’il s’agisse de l’intention de l’émetteur (désinformation) ou d’une erreur (misinformation), les fake news sont en croissance exponentielle. Les réseaux sociaux ouvrent ainsi un nouveau chapitre de l’information, parfois appelé «ère de la post-vérité».

Le numérique: Acteur et coupable ?

Internet est considéré comme le 6ème média de masse, avec pour particularité la personnalisation des contenus et l’interactivité des internautes sur la Toile.

Cliquez pour agrandir! Source Statista

ATAWAD: Any Time, Any Where, Any Device. Cet acronyme résume parfaitement le monde numérique actuel, basé sur une indispensable mobilité. Les utilisateurs sont poussés implicitement à une consommation de masse de l’information, disponible en tout temps, en tout lieu et sur n’importe quel support. Les mobinautes sont actuellement plus nombreux que les internautes à l’échelle mondiale! Considérez que près de 70% de la population sur Terre navigue sur son smartphone, c’est-à-dire plus de 5 milliards d’individus!

De nombreuses expressions et néologismes ont vu le jour, décrivant alors cette surabondance de l’information en ligne.

  • «Infobésité» : contraction d’information et d’obésité
  • «Digital tsunami» (BADILLO & BOURGEOIS, 2015)
  • «Désordre informationnel» (WARDLE & DERAKHSHAN, 2017)

Finalement, elles signifient toutes la même chose: une avalanche d’informations.

La presse s’effondre dangereusement: Quels enjeux ?

Comme nous l’avons vu dans notre premier article, les piliers de la presse traditionnelle s’écroulent. Les réseaux sociaux numériques, tels que Facebook, occupent donc le terrain de l’information et s’apparentent à des acteurs indétrônables, dans la logique de «the winner takes all». Puissants et impitoyable, ils s’imposent dans le paysage médiatique de notre siècle.

D’un point de vue économique, la course au trafic et la monétisation des données amènent une défaillance de marché pour produire de l’information de qualité.

En conséquence, la crise de confiance dans les médias traditionnels grandit, car ceux-ci n’inspirent plus confiance aux lecteurs, qui perdent petit à petit goût à l’actualité…

On aperçoit également se dessiner un risque pour la démocratie. Une des solutions serait alors d’éduquer les nouvelles générations à ce paradigme digital et leur apprendre comment échanger et interagir dans l’espace public qu’est aujourd’hui Internet.

Pourquoi les Fake News sont si visibles et relayées sur Internet ?

Les fake news sont véhiculées par un mécanisme très particulier. Les réseaux sociaux, leur domaine de prédilection, contribuent fortement à leur diffusion planétaire. En effet, elles sont partagées et retweetées sur Twitter en majorité par des bots, des robots informatiques algorithmiquement construits. S’ajoute à cela la viralité de l’information: diffusion très rapide et souvent imprévisible d’un contenu. L’immédiateté du simple clic peut rapidement propulser une information à la tête de l’agenda médiatique.

Enfin, on note que les internautes 2.0 sont friands d’informations fraîches et privilégient les scoops à sensations, parfois aux dépens de leur fiabilité.

Les réseaux sociaux, par leur fonctionnement intrinsèque, sont donc les principaux acteurs du phénomène de fakes news. Soucieux de remédier à leur image et de participer à la lutte contre ces informations fallacieuses, Facebook et Twitter mettent en place une politique de signalement des contenus «partiellement faux».

Récemment, la célèbre plateforme de microblogging dénonce une vidéo, dont l’émetteur n’est autre que Donald Trump! Info ou Intox… à vous de juger!

Pour aller plus loin!

Émission Géopolitis, RTS Info – 18/01/2019

Charlotte Goffin

Vous souhaitez appliquer cette théorie à un cas d’actualité ? Allez lire «Coronavirus, l’épidémie 2.0: conseils et outils pour déceler les fake news »

Participez activement à la lutte contre les fakes news en allant liker et partager cet article sur les réseaux de Medi@LAB-Genève

 

Références :

  • Salerno, S. (2019). Séance 5 : Démocratie. Sociologie des médias, Université de Genève.
  • Badillo, P-Y. (2020). Module 4 : Transformation Digitale & Googlization des médias. Innovation, Médias et Société Numérique, Université de Genève.
  • Vanbremeersch, N. (2018). De quoi les fake news sont-elles le nom ?. Le Débat (n°200),15 – 22.
  • Daignes, G. (2019). Pour en finir avec les fake news. Le Débat (n° 204), 110 – 116.
  • Wardle, C. & Derakhshan, H. (2017). Information Disorder : Toward an interdisciplinary framework for research and policy making. Council of Europe Report (27).

Qu’est-ce qu’une information de qualité ?

Written by Geraldine O.. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Qu’est-ce qu’une information de qualité ? | Mai 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias. Cet article interrogera plus particulièrement la qualité journalistique. Internet permet la diffusion rapide d’une quantité d’informations toujours plus grande. Dans ce contexte, savoir différencier une bonne information d’une mauvaise est primordial !


Infographie expliquant les différents critères nécessaires à une information de qualité

Infographie – Fonction des médias

Depuis le mois de mars, le coronavirus s’est imposé comme sujet privilégié de toutes les discussions. Les informations autour du covid-19 sont omniprésentes à la radio, à la TV, dans la presse, mais également sur internet et les réseaux sociaux. Dans cette masse de messages, il est important de discerner quelles sont les informations de qualité auxquelles se fier. Alors quels sont les critères qui font une bonne information ?

Comment définir la qualité d’une information ?

Pour qu’une information de qualité soit considérée comme telle, elle est soumise à quatre critères : l’intelligibilité, la vérité, la sincérité et la justesse.

  • Intelligibilité : tout discours doit être compris, au préalable, de toutes les parties concernées
  • Vérité : les faits décrits doivent être objectivement exacts
  • Sincérité : l’évaluation de l’exactitude d’un message est subjective
  • Justesse : les énoncés doivent être conformes aux normes qui régissent le contexte

L’intérêt de ces critères pour les médias

Ces critères doivent absolument être respectés par les médias traditionnels dont l’activité principale est d’informer.

  • L’intelligibilité consiste en une information claire et facile à comprendre. Elle permet une économie d’effort de compréhension et d’analyse de la part des récepteurs.
  • La vérité concerne les faits pouvant être justes ou faux. Dans le cas des médias, il est primordial que la vérité soit recherchée à la fois par les émetteurs et les récepteurs afin d’éviter la propagation de fake news.
  • La sincérité instaure un climat de confiance entre un lectorat et un journaliste ou un journal. Ce critère remplace parfois celui de vérité pour des informations qui ne sont pas directement vérifiables.
  • La justesse oblige les médias à construire des énoncés qui sont pertinents et qui sont conformes à différentes normes établies. Par exemple, l’écriture journalistique nécessite le choix d’un angle et le respect de la règle des 5W (what ? who ? where ? when ? why ?).

D’où viennent ces critères ?

Les critères d’intelligibilité, de vérité, de sincérité et de justesse proviennent de l’agir communicationnel inventé par Jürgen Habermas. Jürgen Habermas est un théoricien allemand en philosophie et en sciences sociales qui fait partie de l’École de Francfort. L’agir communicationnel est une nouvelle théorie de la société basée sur la communication. Lors d’un acte de communication, si ces quatre critères sont respectés, un consensus se forme et une compréhension intersubjective apparaît.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé sur la base de publications scientifiques et d’extraits du cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • RTS. (16 mars 2020). Comment se prémunir contre les fausses informations sur le Covid-19 ?. En ligne https://www.rts.ch/info/sciences-tech/11168250-comment-se-premunir-contre-les-fausses-informations-sur-le-covid-19-.html, consulté le 11 mai.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Fonctions des médias

 

Le rôle principal des médias : informer

Written by Geraldine O.. Posted in L'ère des médias

| L’ère des médias | Fonctions des médias | Le rôle principal des médias : informer | Avril 2020 |

Durant le semestre de printemps 2020, dans le cadre du MOOC « Innovation, Médias et Transformation Digitale », les étudiants de l’Université de Genève en journalisme et communication vont définir ce qu’est l’ère des médias et ses différentes composantes. Cet article questionnera le rôle premier des médias, celui d’informer. Dans le contexte actuel de crise sanitaire, la population montre un intérêt particulier pour les informations des médias traditionnels, illustrant ainsi l’importance de cette fonction.


L'infographie illustre les différentes fonctions des médias et plus particulièrement la fonction d'information

© Infographie – Fonction des médias

En cette période de coronavirus, le rôle des médias traditionnels se résume principalement à informer la population. Les lecteurs, les téléspectateurs et les internautes sont à la recherche d’informations fiables. Cet engouement peut aisément se comprendre au vu du grand nombre de fake news autour du covid-19.

Qui sont les médias et quels sont leurs rôles ?

Les médias traditionnels se voient attribuer plusieurs rôles tels que transmettre la culture, divertir, faire acheter à travers la publicité ou encore servir de forum, cependant leur objectif principal reste d’informer. À l’origine, le terme « média » fait référence aux médias de masse traditionnels. Il comprend la presse écrite, la télévision, la radio, l’affichage et le cinéma. De nos jours, ce terme englobe des éléments supplémentaires. Internet et les réseaux sociaux constituent les médias de masse personnalisés. Désormais, tout un chacun peut être considéré comme un média.

Informations et internet : quelles dysfonctions ?

Depuis le début des années 2000, les informations ne sont plus uniquement produites par les médias de masse traditionnels, mais par un panel toujours plus large d’utilisateurs. Le flux des informations se répand à une vitesse accélérée. Internet et le web 2.0 permettent le passage d’un modèle linéaire à un modèle interactif où l’usager est à la fois émetteur et récepteur. Les audiences, considérées jusqu’alors comme passives, deviennent actives.

Parmi les différents rôles des médias, la fonction d’information a pour but de surveiller l’environnement et de fournir une image du monde. Cette activité peut dysfonctionner si les individus ne contrôlent pas leurs sources ou donnent une image déformée de la réalité. Certains internautes partagent des informations de mauvaise qualité. Les utilisateurs sont face à une « pollution informationnelle » avec certaines informations qui sont des rumeurs, des mensonges ou des tentatives de manipulation.

Pourquoi est-il primordial de diffuser des informations vraies ?

Dans ce tourbillon médiatique, la capacité du récepteur à intégrer et hiérarchiser les informations reste limitée. Face à cette quantité de messages provenant de sources diverses, il est parfois difficile de démêler le vrai du faux. La vérité doit donc être considérée comme la qualité essentielle de toute information. Fournir des informations véridiques est la responsabilité de chaque individu et plus particulièrement celle des médias traditionnels car la population leur accorde un degré de confiance supérieur.

Vous souhaitez en savoir plus sur les médias ? Découvrez les MOOCs de l’Université de Genève !

 

L’article a été rédigé en s’appuyant sur une publication scientifique et le cours « Innovation, médias et transformation digitale » :

  • Badillo P.-Y., Bourgeois D., Lesourd J-B., Schilizzi S., « Les médias : de l’éthique aux critères de qualité de l’information. Réflexion à partir de l’agir communicationnel d’Habermas », chapitre 49 in Sonnac N. et Greffe X. (Dir.), Culture Web – création, contenus, économie numérique-, Paris, Dalloz, 2008, ISBN 978-2-247-07971-1, pp. 865-876.
  • Extrait du cours Innovation, Médias et Transformations Digitales enseigné par PROF. Pierre-Yves Badillo | Module 2 | Leçon 1: L’ère des médias | Séquence 3: Fonctions des médias

La «Googlization des médias»: un changement de paradigme

Written by Giacomo A.. Posted in "Googlization" et transformation digitale, MOOC Innovation, médias, transformation digitale

La «Googlization des médias»: un changement de paradigme

La «Googlization des médias» correspond à un changement de paradigme. Il s’agit du passage d’un modèle de presse traditionnel à un nouveau, centré sur les grands acteurs du numérique. Ce nouveau modèle, basé sur la transformation digitale, crée une concentration des médias et transforme l’information en bien public.

Du modèle traditionnel de la presse à la «Googlization des médias» 

Dans l’ancien modèle de presse, les journaux définissaient une ligne éditoriale finalisée à la création d’une information et d’une audience. La presse fonctionnait donc sur un marché à deux versants: les recettes d’un journal étaient basées d’un côté sur le paiement des lecteurs et de l’autre côté sur les ressources de la publicité. 

Orl’information est aujourd’hui consommée avant tout sur les réseaux sociaux et sur le Web. En outre, la majorité des recettes de la publicité est vampirisée par les grands acteurs du numérique, avec les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) en figure de proue. Ces éléments ont favorisé l’émergence d’un nouveau modèle, celui de la  «Googlization des médias», introduit par les professeurs Badillo (Université de Genève) et Bourgeois (Université de Fribourg).  

Selon ce nouveau modèle, les médias recherchent avant tout du trafic sur le web et non plus de l’audience. La ligne éditoriale disparaît donc au détriment des données et du trafic de ces dernières. Voici les points clés qui caractérisent la «Googlization des médias». 

La concentration des médias, conséquence de la «Googlization»

La concentration des médias ne cesse d’augmenter en Suisse. En conséquence, le pluralisme diminue et les médias se concentrent toujours davantage.

En effet, les quatre grands groupes suisse(RingierTamediaAdmeira et NZZ) équivalaient à 54% du marché en 2005, alors qu’en 2017 le pourcentage s’élevait à 81%.

Aujourd’hui l’information de qualité se raréfie de plus en pluspuisque les entreprises du numérique se focalisent sur le trafic des données, point central de la «Googlization des médias». 

À titre d’exemple, Facebook et Google contrôlent les flux entrants du journal «Le Temps». En effet, en comparant la source de trafic des réseaux sociaux et celle dérivante des moteurs de recherche, le résultat est le suivant: 86% du trafic dérive de Facebook, tandis que 99% (ouivous avez bien lu!) provient de Google. 

Vous pouvez donc constater que Google et Facebook ont la mainmise sur les flux entrants de données menant à la majorité des médias! 

L’information devenue bien public 

En parlant d’information, nous nous référons à une information de qualitéessentiellement produite par la presse écrite. Le passage à l’ère de la «Googlization» fait de l’information un bien public. Un bien public est par définition non excluable, et non rivalEn effetl’information est non excluable car elle circule amplement via les sites web et les réseaux sociaux ; elle est non rivale, car la lecture d’un article online nen privera pas quelqu’un d’autre. 

Nous en revenons à la notion de gestion du trafic et des Data, objectif prioritaire des acteurs du numérique. En effet, ces derniers ne produisent pas d’information, mais ils se limitent à la polariser au moyen du trafic des données. Le grand perdant se trouve être la presse qui voit fuiter son information de qualité tout en perdant ses recettes publicitaires au détriment des grands acteurs du numérique.

Comment la Presse va-t-elle renouveler son modèle pour faire face à cette information rendue accessible gratuitement?

La suite dans les prochains articles!

GA de l’équipe Medi@lab