Romaine Jean

Romaine Jean

Par Anne Skouvaklis

Mardi 27 février, Romaine Jean a proposé aux étudiants de Medi@lab un retour sur les changements qui ont agité la planète des médias ces dernières décennies.

Dans sa carrière de journaliste, Romaine Jean a tout testé. Le travail en agence de presse dans les années 1980 alors que l’on utilisait encore les bandes citron. Puis la radio, qu’elle a aimé considérer comme «le prolongement direct de sa pensée de journaliste». Enfin, la télévision, où elle a présenté le journal télévisé, avant de devenir, en avril 2012, Directrice des magazines de la Radio Télévision Suisse Romande (RTS). Elle a ainsi suivi et subi les mutations des médias, qu’elle attribue principalement au web et à l’apparition sur le marché des journaux gratuits.

« Facts and only facts »

La manne publicitaire a diminué et les salaires des journalistes ont baissé… Les journaux gratuits ne proposent «que des sujets que les lecteurs ont envie de lire», la télévision «meuble» quand elle n’a rien à dire et internet produit vingt-quatre heures sur vingt-quatre de l’information indifférenciée. Dans ce monde d’«absolue communication», il devient difficile pour un journaliste de rester focalisé sur les faits et uniquement les faits. D’autant qu’en parallèle, le temps imparti pour rendre un papier est toujours plus court, et les communicants travaillent à rendre leurs produits le plus attractif possible.

C’est la raison pour laquelle Romaine Jean évoque le rôle du public. Un téléspectateur, un auditeur, un lecteur ne devrait pas consommer des médias sans se poser de questions. Développer un esprit critique, aller chercher «ce que l’on ne nous dit pas», tel est le conseil que Romaine Jean nous a transmis.