«La génération Y vit au rythme de la milliseconde»

Written by Sandra Zanelli. Posted in Actualités

Interview parue dans la Tribune de Genève du 19 juin 2014

pyb_russelAuteur: Paul Ronga

Martha Russell, responsable de l’incubateur de startups «MediaX» de Stanford, donnait une conférence ce mercredi à Uni Mail. Entretien.

Genève, le 18 juin 2014. Conférence de Martha Russell à Uni Mail.

Martha Russell était l’invitée du Medi@LAB de l’UNIGE, dirigé par le prof. Patrick-Yves Badillo (à gauche).

Uni Mail a pris des airs de Silicon Valley ce mercredi. L’Université de Genève accueillait Martha Russell, spécialiste des écosystèmes d’innovation à Stanford. Cette chercheuse dirige l’incubateur de startups «MediaX» de la prestigieuse université californienne. Au programme: une conférence sur «la prochaine vague de destruction créatrice». Celle-ci serait liée à la «génération Y» (née entre les années 1980 et 2000 environ), qui baigne depuis l’enfance dans les nouvelles technologies et «vit au rythme de la milliseconde», selon Martha Russel. Explications.

Qu’est-ce que la «destruction créatrice»?
La destruction créatrice (creative disruption, ndlr.) cherche à déplacer complètement ce qui était en place auparavant. A la différence de la création par étapes, qui se construit plus harmonieusement sur le passé, la destruction créatrice tente de le remplacer par quelque chose d’entièrement nouveau.

Ce phénomène se serait-il accentué?
Oui, je pense qu’on observe en ce moment une grande créativité destructive, ou qui semble destructive. Le rythme du changement a accéléré. Ce qui aurait pris auparavant dix ou quinze ans peut maintenant apparaître beaucoup plus vite à cause de l’omniprésence de la communication.

Comment faire partie de ceux qui innovent?
Il y a cinq règles de succès : répéter les essais, apprendre rapidement de ses erreurs, les admettre, partager ses échecs, impliquer les meilleurs. Et j’en ajouterais encore deux… Pour un bon climat entrepreneurial, il faut respecter la «règle des deux pizzas» de Jeff Bezos (ndlr: le PDG d’Amazon). Dans l’équipe, il faut toujours pouvoir partager deux pizzas. Être plus nombreux, c’est inviter la bureaucratie, ce qui va vous ralentir. L’autre règle très importante est celle du groupe de jazz: chacun a sa spécialité, joue de son mieux et écoute les autres.

Un débat sur la génération Y fait rage: selon certains chercheurs, ses représentants posent problème au travail. D’autres rétorquent que c’est un mythe…

Créé: 18.06.2014, 18h46